L'expression "3 maillets bordure engelee" évoque une richesse de sens, mélangeant symbolisme maçonnique, techniques de transport ancestrales et méthodes de protection contre les nuisibles. En approfondissant chaque aspect, nous découvrons des pratiques et des significations souvent méconnues.
Les trois maillets : Instruments d'ordre et de diffusion de la Lumière
Dans le contexte des loges maçonniques, les trois maillets sont des instruments d'une importance capitale. Ils accompagnent la diffusion de la Lumière en loge, notamment par l'allumage des trois piliers Sagesse, Force et Beauté. Cet outil impose un ordre collectif autant qu’il invite à un ordonnancement individuel. L'autorité qu'ils représentent doit être exercée avec discernement : les coups sont dosés, réguliers, symboles d'une force maîtrisée, créatrice et non destructrice, qui sert à guider le groupe comme chacun dans sa quête de sagesse et de perfectionnement.
Rôles et positions des officiers
Dans la loge, la Vénérable Maîtresse, PREMSUR et SECSUR sont les trois qui frappent. La Vénérable Maîtresse siège à l'Orient, symbole de son autorité spirituelle, et tient un maillet flamboyant. PREMSUR et SECSUR, souvent perçus comme ne faisant rien, dirigent en réalité la loge. Leur rôle est crucial dans l'ouverture et la fermeture des travaux. Une différence importante est à noter : l'autorité de la Vénérable Maîtresse est spirituelle, tandis que celle de PREMSUR et SECSUR est purement temporelle. Les officiers s’identifient par leur cœur contre l’épaule gauche et siègent à leurs colonnes respectives.

Les trois coups frappés marquent le passage du profane au sacré, définissant un espace devenu sacré. C’est pourquoi trois frappent, rendant la loge sacrée. Les travaux se déroulent de midi à minuit, une période symbolique. Les maillets ont la capacité de renvoyer le son, de le concentrer par réflexion, notamment au midi.
Les trois colonnes et leurs fonctions
Trois colonnes sont au cœur du fonctionnement de la loge. La Vénérable Maîtresse, la couvreuse, l’oratrice et la secrétaire, toutes trois, changent à tour tous les trois ans. La disposition des colonnes, de l'Orient à l'Occident, est fondamentale. PREMSUR et SECSUR ne dirigent pas à proprement parler la loge, mais la dirigent. Rappelons que le sacré s’oppose au profane, que d’une séparation.
Un appel à l'unité
Les trois maillets symbolisent également un appel à l'unité, un "à moi, mes sœurs" qui résonne pour l'ensemble des membres de la loge, les incitant à travailler ensemble vers un but commun.
Le transport des grumes : ingéniosité et force de l'attelage
Au-delà des significations symboliques, l'expression "bordure engelee" peut renvoyer, par association d'idées, aux techniques de transport forestier d'antan, où la "bordure" des forêts gelées facilitait parfois le déplacement des troncs massifs. Le transport de grumes imposantes, comme celle de 12 m³ et 12 tonnes présentée dans la Petite Gazette, nécessitait une ingéniosité remarquable. Les attelages de chevaux étaient la force motrice principale.
L'attelage de trois chevaux en ligne
Une photographie ancienne montre un attelage de trois chevaux en ligne pour le transport d'un tronc. L’avantage d’un tel attelage est évident : trois chevaux attelés donnent une puissance cumulée de 24 à 30 cv, à peine supérieure à celle d’une Citroën 2cv4 à 2cv6, mais suffisante pour déplacer des charges colossales. Un cheval de trait développe en continu une puissance de 8 à 10 cv Din.

Techniques de chargement et de déchargement
Le chargement d'un tronc de cette taille sur une charrette était une opération complexe. La charrette était positionnée parallèlement à la grume. Entre les deux, deux fortes pièces de bois servaient de rampes pour hisser le tronc. La charrette était débarrassée de ses roues du côté du tronc à charger, et ses essieux reposaient alors sur des « dames », des chambrières ou béquilles de charrette. Le tronc était ensuite tiré grâce à un ingénieux dispositif de chaînes par un ou plusieurs chevaux selon sa taille. Un croquis de M. Warlomont illustre parfaitement cette méthode.

Le triqueballe, une sorte de voiture à flèche, était spécifiquement conçu pour le transport des grumes. Il se compose d’une limonière et d’un train de grandes roues (diamètre 1,50 à 2m) réunies par un essieu qui supporte une courte poutre transversale en orme appelée mouton, sur laquelle prend une flèche longitudinale en frêne. La grume était cerclée d’une chaîne appelée cravate, placée au voisinage du centre de gravité. En renversant la flèche, on accrochait les extrémités de la cravate sur une des faces du mouton. Pour manier des grumes plus volumineuses, on employait des triqueballes à essieu coudé. Certains modèles possédaient un treuil vertical à vis carrée permettant de soulever des grumes plus lourdes que ne le permettrait la manœuvre de la flèche. Une perche servait à « tordre » la chaîne qui solidarisait la grume à la longe du chariot, une deuxième chaîne étant située juste avant l’essieu arrière.
Pour le déchargement, les scieries étaient équipées de monorail avec palan. Certaines, comme la scierie Jadot à Anthisnes, possédaient un monorail et au sol un système de rail Decauville avec wagonnet. Le tracé des rails ceinturait le dépôt de grumes. Après chargement d’une grume sur le wagonnet, le scieur ou son aide faisait rentrer le wagonnet à l’intérieur du site de sciage, comme le précisait Monsieur Jadot fils.
Les scieries d'antan et le sciage des grumes
L'acheminement des grumes jusqu'à la scierie n'était que la première étape d'une série de manutentions. Les frères Delgombe de Comblain-au-Pont, transporteurs, utilisaient deux chariots de ce type, avec deux chevaux côte à côte séparés par le timon du chariot. Pour gravir les côtes importantes, les deux chevaux du second chariot étaient placés « à la volée » en tête des deux autres chevaux.
Monsieur Raymond Gillet a mené une enquête passionnante sur ces pratiques. Il rapporte les propos de M. André Jadot, de la scierie Jadot à Anthisnes. Sur le dépôt de grumes, un mécanisme ingénieux permettait de déplacer aisément et en toute sécurité ces énormes troncs. Un imposant pilier ou pylône (1A) se dressait du côté de la scierie, un second (1B) lui faisait face à l'extrémité du chantier. Au sol, les rails du « Décauville » permettaient aux wagonnets de transporter les grumes vers la scierie. La voie ceinturait entièrement le dépôt de grumes et, grâce à un système d’aiguillage, pénétrait dans la scierie même.

Le sciage des grumes était réalisé avec des scies alternatives spéciales. Monsieur André Jadot était en position pour entamer le tronçonnage de la grume avec cet outil. Le moteur électrique de commande était une grosse pièce cylindrique contre le morceau de tronc écorcé. L'ouvrier avait la main gauche sur le commutateur marche/arrêt du moteur de la scie. Le châssis de la scie, qui faisait penser à une brouette avec ses deux bras et ses deux pieds, était ainsi plus aisé à déplacer et à manœuvrer. Il reposait sur un train de roues (diamètre 52 cm) indispensables pour le déplacement de l’unité de sciage. Le long du longeron du châssis, à hauteur des mains de l’ouvrier, un levier était utilisé pour modifier la position de l’axe du train de roues et pour assurer la stabilisation de la scie grâce à son appui sur la roue de stabilisation (diamètre 41 cm).

Un tronc particulièrement imposant, 12 m³, a été amené le long de la route à Goffontaine en septembre 1942. Ce tronc a été amputé d’une partie principale importante, côté « souche » d’au moins 1,50 m.
Lisière engelée : Une protection naturelle et surprenante
L'expression "bordure engelée" peut également faire référence à une lisière, au sens d'extrémité d'un lieu, comme l'orée d'un champ ou la bordure d'une étoffe. Dans le contexte de la protection des propriétés, cette notion de "lisière" prend un sens inattendu et efficace contre les sangliers.
Les lisières en tricot et leur utilité
En tricot, les lisières sont les bords situés sur les deux côtés de l’ouvrage. Leur but principal est de permettre d’obtenir de la régularité de chaque côté du tricot. Pour une jolie écharpe et ses bordures, lorsqu’elles constituent l’extrémité apparente de l’ouvrage, elles servent à créer des bords propres et nets. Mais ces lisières peuvent aussi être invisibles lorsqu’elles sont réservées aux coutures. Suivant le rendu désiré, il existe différentes manières de tricoter les lisières. Pour obtenir une bordure un peu plus solide et rigide qui évite que le tricot ne s’enroule sur lui-même, le patron peut proposer la technique de la lisière couture mousse, très décorative. Pour réaliser une lisière chaînette, il faut suivre les indications du patron, et pour les rangs envers, refaire pareil mais à l’envers. La petite variante de cette lisière chaînette est la version « lisière chaînette mousse » qui donne un rendu plat à la bordure.
La protection contre les sangliers avec des cheveux
Vivre en bordure des bois, et donc proche de la nature, est souvent agréable, mais des visiteurs moins discrets et bien plus encombrants que les écureuils, comme les sangliers, peuvent venir labourer les propriétés. Une lectrice, habitant non loin des bois du Sart-Tilman, a entendu parler d'un moyen efficace et sans risque pour les animaux : se procurer chez un coiffeur une quantité de cheveux que l'on assemblerait en boules et qui, fichées sur de petits tuteurs placés en bordure de propriété, dissuaderaient les sangliers d'entrer.
Madame Monique Fréçon, de Neupré, a elle aussi constaté l’efficacité de cette méthode après la visite de sangliers qui avaient retourné sa pelouse. Son interlocuteur lui a conseillé d’éparpiller des cheveux sur le sol, tout autour de la pelouse. Elle a pu constater que les sangliers ont épargné sa pelouse par la suite. Trois mois après, sa pelouse n'avait plus été dévastée.
L'efficacité de cette méthode repose sur le fait que les sangliers sont méfiants et intelligents. Ils s’adaptent très vite au changement de leur environnement. Les poils provenant du toilettage des chiens sont également très efficaces. La solution la plus valable reste toujours la clôture, soit décorative (châtaignier refendu) soit classique, que l’on peut cacher par une haie au besoin. Cependant, le sanglier est capable de « bourrer » dans le bas d’une clôture, profitant d’un creux de terrain pour se frayer un passage. Du sol, un ou deux fils de fer barbelé classique peuvent compenser la faible résistance mécanique de l'ursus (allusion aux sangliers, bien que le terme "ursus" se réfère aux ours).

Histoires de vie et de résilience
Ces récits de travail, de transport et de protection se mêlent souvent à des histoires de vie marquées par la résilience et l'ingéniosité humaine. L'exemple d'un homme né le 3 juillet 1923 dans un petit village du Condroz liégeois, dont les parents vivaient des maigres revenus de leur petite ferme, illustre parfaitement cette époque.
Huit vaches à l’étable et un cheval constituaient tous leurs avoirs. Année après année, deux cochons étaient élevés et toutes les charcuteries étaient préparées à la maison. À 14 ans, après l'école, il devient apprenti boucher dans une boucherie réputée sur le Mont à Esneux. Il y apprend un métier qu’il adore, travaillant du lundi matin au samedi, logeant sur place la semaine.
Le 10 mai 1940, la guerre éclate. Trop jeune pour être enrôlé à 17 ans, il prend la route vers Dunkerque avec des copains, dans l'espoir de rejoindre les troupes en Angleterre. Le voyage est plus long que prévu en raison des foules de civils fuyant l’avancée des armées allemandes. Arrivé en vue des bateaux, il est trop tard : les troupes anglaises sont rembarquées en urgence sous les tirs de l’aviation allemande. Il reprend son travail à la boucherie, où de nombreuses tâches deviennent clandestines et dangereuses. Avec son patron, il maîtrise l'abattage à la makète et la confection de charcuteries, intervenant dans des endroits saugrenus pour les habitants qui élèvent des cochons en cachette. Son patron, actif dans un mouvement de résistance, est déporté et ne rentrera jamais. L'apprenti, par exception, était rentré à la ferme ce jour-là.
La guerre à peine finie, il est appelé sous les drapeaux. Démobilisé, il trouve du travail comme boucher-livreur à l’Union Coopérative, fidèle à l'idéal familial. Il y rencontre l’amour, la gérante d’une des épiceries de sa tournée. La promesse d’un meilleur salaire le mène ensuite au volant d’une ambulance du service de la Santé publique de la Ville de Liège, puis au sein du corps des pompiers où il atteindra le grade d’adjudant-chef, instructeur ambulancier. Son épouse devient gérante d’un supermarché de la Coop abritant un atelier de boucherie où il travaille dès qu’il quitte son uniforme de pompiers ou quand il ne se charge pas des livraisons à domicile. Une vie humble mais magnifique, marquée par une bonne humeur contagieuse, un sens incroyable de la famille et de l'amitié, toujours optimiste malgré les épreuves.