Le repiquage est une étape charnière dans la vie d'un jardinier. Pratiqué depuis le néolithique, ce procédé consiste à déplacer une plante et à changer son milieu de culture. Qu'il s'agisse de plantes ornementales, potagères, de fruitiers ou d'arbres d'ornement, le principe reste le même : offrir à la plante des conditions optimales pour son développement futur. Cette opération, bien que très fiable, demeure un stress pour les végétaux, et sa réussite repose sur une compréhension fine des besoins de chaque espèce.

Pourquoi repiquer ses semis ?
Plusieurs situations nous amènent à effectuer un repiquage. Lorsque les semis ne sont pas effectués en place, c'est-à-dire faits en pépinière, sous châssis, en caissette ou en godet, il faut ensuite installer les jeunes plants dans le potager ou les massifs. Lorsque les graines sont semées très serrées ou dans un contenant réduit, le plant ne possède plus suffisamment d'espace pour pouvoir se développer correctement. Cette situation peut favoriser le développement de maladies telles que la fonte des semis.
Le repiquage permet d'avancer tout le cycle de production. En semant sous abri puis en repiquant, il est possible d'obtenir bien plus rapidement des plantes productives que ne le permettent les semis en pleine terre. De plus, le repiquage constitue un tri qui vous permet de ne garder que les plantes avec la meilleure vigueur. Il permet de donner une chance à vos plantes de se renforcer avant d’aller poursuivre leur croissance à l’extérieur.
Le calendrier et le moment idéal
Il n’existe pas de règle immuable pour toutes les plantes. Même s’il est possible de repiquer tout au long de l’année, deux périodes sont à retenir : le printemps et l’automne. Le printemps, en particulier une fois les Saints de Glace passés, marque la sortie des transplants à l’extérieur.
Le repiquage entraîne un arrêt de la végétation de la plante et il lui faudra quelques jours pour reprendre sa croissance. Plus la plante est jeune, plus il lui est facile de se remettre de cette opération. Aussi, il est conseillé d’effectuer les premiers repiquages le plus tôt possible, dès que les premières vraies feuilles sont sorties (2 ou 3). Généralement, on procède au repiquage des semis environ 4 à 6 semaines après la germination. Quand vos semis ont atteint 4 à 6 vraies feuilles, c’est le moment de les transplanter.
Techniques de manipulation selon le type de plant
Le repiquage demande de la délicatesse. Prenez votre temps pour éviter un trop gros choc à vos semis. Pour les semis effectués serrés, ou ceux sous châssis, vous allez devoir prélever délicatement les plants, sans les abîmer ni abîmer les plants voisins; une fourchette vous sera très utile.
3 gestes que la plupart des gens ne font pas
On distingue plusieurs types de repiquage :
- Le transplant simple : Courant pour les salades.
- Les racines nues : Pour les rosiers et certains fruitiers.
- Le transplant en mottes : Pour le basilic, la ciboulette et autres plantes en touffes.
Pour les plants qui sont en godets individuels, démoulez-les doucement en veillant à ce que la motte reste bien collée aux racines. Si les racines sont denses et apparentes, n’hésitez pas à casser la motte et démêler délicatement les racines afin d’optimiser leur contact avec le sol et éviter qu’elles ne forment un chignon en se développant.
La profondeur de plantation : un facteur clé
La plupart du temps, un repiquage « collet à terre » convient, où le collet se trouve au ras du sol. Toutefois, pour les plantes plus sensibles dont le collet risque de pourrir, comme les fraises, les betteraves ou les salades, il vaut mieux faire un repiquage « collet flottant », c’est-à-dire enfoncer à peine le plant dans le sol.
À l'opposé, pour les tomates, piments et autres solanacées, on pratique le repiquage profond, aussi appelé « collet enterré ». Il consiste à enterrer le collet, l'hypocotyle et même les premières feuilles jusqu'à leur sommet. La tomate a besoin d'une attention spéciale : on doit la planter couchée, dans une petite tranchée, laissant seulement les 3 ou 4 feuilles supérieures hors du sol pour favoriser le développement racinaire.
Préparation du sol et acclimatation
Avant de repiquer vos beaux semis, il convient de préparer efficacement le sol de votre jardin. La veille de la plantation, préparez le potager en le désherbant et en ameublissant son sol. Enfouissez aussi un peu de compost ou d’engrais tout usage dans la terre. Idéalement, vous repiquerez lors d’une journée grise; sinon, en soirée.

Les légumes frileux (tomate, poivron, courge, concombre, melon, etc.) nécessitent plus de chaleur. Acclimatez les semis aux conditions de plein air avant de les repiquer. Placez-les 3 jours à l’ombre, 3 jours à la mi-ombre et 3 jours au soleil. Certaines plantes sont plus fragiles que d’autres et redoutent le repiquage. C’est le cas des concombres et autres cucurbitacées comme les melons et les courges. Informez-vous bien pour ne pas nuire à vos plantes.
Soins post-repiquage et gestion du stress
Durant un repiquage, les plants sont extraits de la terre pour être réimplantés dans un nouveau milieu. Cette transition implique un passage des racines à l’air libre. En cas de contact prolongé, certaines racines peuvent sécher et mourir. À la plantation, le végétal devra utiliser une partie de ses réserves pour créer de nouvelles racines avant de pouvoir continuer son développement aérien.
Après avoir repiqué les semis, arrosez-les abondamment. Il faut maintenir le sol légèrement humide mais pas trop. L’astuce est de garder le sol humide, mais pas mouillé. Pour vérifier l’état de vos godets, sous-pesez-les. S’ils sont légers, vous pouvez les bassiner. Pour les 24 heures suivant la transplantation, gardez vos semis loin de la lumière pour limiter le choc.
Il est également important de ne pas trop tasser la terre lors d’un repiquage. Égalisez le terreau en prenant soin de laisser un espace d’environ 1-2 cm entre le sommet du godet et votre terreau. Pour les plantes à racines nues, il peut être conseillé de réaliser un pralinage des racines, c'est-à-dire les enduire d'une bouillie d'eau et de terre, pour favoriser la reprise.