Culture professionnelle de l'abricotier : Guide complet pour une récolte abondante

L'abricotier (Prunus armeniaca) est un arbre fruitier prisé pour ses fruits délicieux et ses fleurs ornementales. Cultivé depuis des millénaires, cet arbre originaire d'Asie Centrale et Orientale s'est acclimaté dans de nombreuses régions du monde. Bien que ce fruitier préfère les climats chauds et ensoleillés des régions méridionales, il est possible de récolter de délicieux abricots "maison" dans les autres régions de France. Disposer d’un abricotier dans son jardin lie l’utile à l’agréable : de jolies fleurs et de bons fruits. Cet arbre fruitier est non seulement apprécié pour ses fruits gorgés de soleil, mais également pour sa forte résistance à la sécheresse et sa facilité d'entretien. Sa culture exige néanmoins un peu de connaissances quant à ses besoins en termes de plantation, d'entretien et de taille pour conserver l'abricotier en bonne santé, car il est sensible à de nombreuses maladies et peut être la cible de ravageurs.

Abricotier en fleurs

Origine et caractéristiques de l'abricotier

Contrairement à ce que son nom latin Prunus armeniaca pourrait faire penser, l’abricotier ne vient pas d’Arménie, mais d’Asie Mineure, un territoire au climat affirmé. Il y a 2000 ans, sa culture s'est diffusée dans le Moyen-Orient puis le Proche-Orient. Enfin, il est arrivé en France au début du XVIᵉ siècle. L'abricotier est un arbre fruitier qui aime la chaleur, résistant à la sécheresse et aux températures très basses (jusqu’à -25 °C en hiver). Il est toutefois sensible aux zones humides, il lui faut donc un sol bien drainé. C'est un arbre de petite taille qui dépasse rarement les 6 mètres, avec un port naturellement étalé. Ses rameaux portent des feuilles luisantes, un peu coriaces et ovales, crénelées-dentées sur les bords. L'abricotier peut vivre entre 30 et 40 ans et peut résister à des températures allant jusqu'à -18 degrés. Les abricotiers sont des arbres fruitiers qui peuvent atteindre jusqu'à 8 mètres et se distinguent par une croissance rapide et une production généreuse de fruits riches en vitamines A et C. L’abricotier laisse couler de la gomme de son tronc, soit naturellement, soit à la suite de plaies ou d’incisions.

Carte de l'origine de l'abricotier

Choix de l'emplacement et du sol pour la plantation

La plantation de ce fruitier commence par le choix d'un emplacement adapté, qui influence directement sa croissance et sa fructification. L'abricotier a besoin d'un minimum de 6 heures de soleil par jour pour fructifier correctement. Il est donc important de choisir un endroit ensoleillé et abrité des vents froids, notamment ceux du nord et de l'est. Un emplacement contre un mur exposé au sud peut être idéal, car il accumule la chaleur durant la journée et la restitue la nuit. L’abricotier aime la chaleur et préfère le climat méridional où il vient admirablement en plein vent à toutes expositions. Dans l’est et le centre, il se plaît mieux dans une situation bien abritée avec une exposition sud, sud-est et sud-ouest. Si vous habitez au nord de la Loire, l’idéal est de l’abriter du vent, par exemple le long d’un mur orienté au sud. Si vous craignez des rafales intempestives, pensez aux abricotiers en palmette à adosser le long d'un mur : l'arbre fruitier profitera ainsi de la chaleur accumulée dans les pierres et sera protégé.

En ce qui concerne le sol, l'abricotier préfère un sol bien drainé, car il craint l'humidité stagnante qui peut faire pourrir ses racines. Un sol sain, meuble, parfaitement désherbé, riche en nutriments et un peu sableux est idéal. Il prospère dans une bonne terre riche en humus et légère, s'accommodant également des terres calcaires. Une terre compacte, argileuse et humide ne lui convient pas du tout. Si votre sol est argileux, vous pouvez l'améliorer en y ajoutant du sable et du compost. Pour les professionnels, il est essentiel d'analyser la composition du sol afin d'identifier toute carence et de corriger le pH si nécessaire. Le pH idéal se situe entre 6 et 7.

Type de sol idéal pour l'abricotier

Période et méthodes de plantation

La meilleure période de l’année pour planter un abricotier débute en novembre et se termine en mars-avril, hors période de gel. La période de prédilection s’étale entre l’automne (octobre à décembre) et le début du printemps (février à avril). Privilégiez l’automne si vous souhaitez que votre abricotier s’enracine tranquillement pendant la saison froide. Vous pourrez installer un abricotier à floraison tardive jusqu’en avril (ce sont les variétés qui seront les plus adaptées aux régions fraîches) pour une récolte sur fin juillet-août. Évitez de planter pendant les périodes de gel, car le froid peut endommager les racines.

Préparation et mise en place

Après avoir travaillé et ameubli la terre, creusez un trou de plantation suffisamment large et profond, d'environ 80 cm de profondeur et de largeur, soit deux fois la taille de la motte. Ameublissez le fond du trou avec une fourche bêche pour favoriser le drainage. Si votre sol est pauvre, mélangez la terre extraite avec du compost ou du fumier décomposé pour l'enrichir. Une fois les arbustes plantés dans les règles de l’art, il faut leur accorder un suivi attentif pour garantir leur croissance et, plus tard, leur productivité. Avant de planter, un supplément de phosphore et de potassium est recommandé pour stimuler le développement des racines. Pour la culture biologique, un bon apport de matière organique sera effectué à la plantation.

Pour un abricotier à racines nues, recoupez légèrement les racines droites aux extrémités et praliner (un pralin est un mélange de terre + eau + fumier) ou enduire les racines d'une boue argileuse, qui va les protéger et stimuler la reprise. Pour un abricotier en motte, l’immerger dans de l’eau. Placez la motte au centre du trou, en veillant à ce que le collet (la base du tronc) soit au niveau du sol et n’enterrez pas le bourrelet de greffe. Si vous plantez l’abricotier le long d’un mur, penchez-le vers celui-ci. Rebouchez le trou avec la terre amendée, en tassant légèrement autour de la motte pour éliminer les poches d'air. Arrosez abondamment après la plantation, environ 15 à 20 litres d'eau, pour tasser la terre et assurer un bon contact entre les racines et le sol. Tuteurez l’arbre les premières années pour le maintenir droit et le protéger des vents forts. Formez une cuvette autour du tronc pour retenir l’eau lors des arrosages suivants.

Espacement et densités de plantation

Si l’on souhaite planter plusieurs abricotiers, il est important de les espacer suffisamment les uns des autres. Prévoyez au moins 1,5 mètre d’espace entre deux plants. L'abricotier peut atteindre 5 à 6 mètres de haut et autant de large à maturité. Espacez-le d'au moins 5 mètres des autres arbres et constructions. Pour les vergers professionnels, une densité de plantation recommandée est de 200 à 250 arbres par hectare, avec un espacement de 6 à 7 mètres, ce qui assure un bon développement des arbres.

Multiplication de l'abricotier

L’abricotier se multiplie par semis ou par greffage. Vous pouvez démarrer la culture à partir d’un noyau, d’un plant ou d’une greffe d’abricotier.

  • Semis d’abricot : Il ne coûte rien à mettre en place, si ce n’est les abricots que vous pourrez manger. Il est conseillé de récupérer délicatement les amandes des noyaux (en prendre plusieurs pour multiplier les chances), et de les faire tremper dans de l’eau tiède une journée. La stratification (passage du noyau par le froid) est obligatoire : laissez le noyau sécher quelques jours, puis placez-le dehors, dans un pot rempli de sable ou de billes d’argile. Il sera ainsi exposé au froid pendant toute la saison hivernale. Ne reste plus qu’à attendre le printemps et voir quels noyaux ont germé. Rempotez les jeunes pousses et laissez-les tranquillement se développer. Placez votre abricotier en terre à son emplacement définitif quand il aura atteint une quinzaine de cm.

  • Plants d’abricotier : Achetés dans le commerce, ils sont prêts à être plantés directement dans le sol. Un abricotier en motte est moins contraignant à l'achat, mais peut être plus cher.

  • Greffe de l’abricotier : Il faut greffer un abricotier sur franc (abricotier issu de semis), amandier, pêcher ou prunier. Greffé sur prunier, il convient aux sols argileux et argilo-calcaires. Ces porte-greffes sont obtenus par semis, marcottage ou bouturage. Le greffage se fait en écusson, au mois d’août, à 5 centimètres au-dessus du collet pour une taille en espalier et à 1 mètre. Le choix du porte-greffe est important, car il influence la vigueur, la résistance aux maladies et l'adaptation au sol de l'abricotier.

Tailler un abricotier

Entretien de l'abricotier

L'abricotier est un arbre fruitier qui demande un entretien régulier pour assurer une bonne production de fruits et le maintenir en bonne santé. Une fois établi, l’abricotier supporte modérément la taille, il est donc bon de la limiter.

Arrosage

Un arrosage régulier est crucial pour les jeunes arbres, surtout pendant les périodes de sécheresse. Les arbres adultes nécessitent moins d'arrosage, sauf en cas de sécheresse prolongée. En général, un à deux arrosages par semaine peuvent être nécessaires, en fonction des conditions météorologiques et de l'humidité du sol. Il est important de veiller à ne pas laisser le sol devenir trop sec entre les arrosages. L'abricotier, même s'il est relativement résistant à la sécheresse, a besoin d'eau pour une bonne croissance, notamment dans les régions les plus chaudes. Le printemps est une période de croissance importante, durant laquelle le sol doit rester assez frais. L'été, les périodes de sécheresse sont difficiles à traverser pour tous les végétaux.

Paillage et désherbage

Le sol autour du pied des abricotiers doit être nu. On ne pose donc aucun paillis, car cela ne ferait que multiplier les risques de maladies. Cependant, d'autres sources indiquent qu'un paillis épais au pied de l'arbre permet de maintenir une température plus stable au niveau des racines et de limiter les effets du gel au sol. Le paillage peut aussi limiter l’évaporation du sol et doit être pour cela assez épais (feuilles mortes, tontes de gazon). L'abricotier apprécie un bon paillage au pied. Après la plantation, désherbez régulièrement autour du tronc (les mauvaises herbes entrent en concurrence avec le jeune arbre).

Fertilisation

La fertilisation est importante chez les abricotiers, surtout au printemps, avec des engrais équilibrés qui favorisent la croissance végétative et la fructification, mais elle ne doit commencer que la 4ème année qui suit la plantation. Si l’abricotier manque d’éléments nutritifs, les feuilles ont un aspect pâle et décoloré dans le courant de l’été. Chaque année, enfouissez une poignée d’engrais complet, soit en granulés, soit sous forme liquide, à l’aplomb de la couronne de l’arbre, là où se situent les racines.

Pour la culture biologique, une fertilisation équilibrée est nécessaire à un développement harmonieux. Les fertilisants et autres engrais bio pour l’abricotier sont : fumier et compost bien décomposés, corne broyée, algues marines, guano, cendre de bois, poudre d’os, engrais type 4-4-8. Le premier printemps après la plantation, apportez une matière organique rapide très azotée pour compenser une probable faim d’azote si vous avez apporté de la matière organique à la plantation. Une alternative : paillez autour du tronc avec du BRF déjà composté. Un apport de compost ou de fumier sera fait en automne comme engrais de fond. La cendre de bois est riche en potasse qui favorise la fructification, répandez-en une pelletée au cours de l’hiver. Cet apport peut également être fait grâce à du guano, épandu au printemps, si votre abricotier manque de vigueur. Cet amendement est en effet également riche en potasse, ainsi qu’en azote et en phosphore, ce qui représente une fertilisation coup de fouet pour un arbre carencé. Un engrais bio rapide à la nouaison est aussi conseillé. La gestion de la fertilisation est basée sur une analyse foliaire régulière pour ajuster les apports selon les besoins réels des arbres.

Taille de l'abricotier

La taille de l'abricotier est un aspect crucial pour assurer une bonne production de fruits et maintenir sa santé. Elle s’effectue de préférence à la fin de l'hiver ou au début du printemps, avant le débourrement (l'ouverture des bourgeons), idéalement de novembre à mars, hors période de gel.

Taille de formation

La taille de formation commence l’année qui suit la plantation et vise à structurer l'arbre. Pendant les 4 premières années, il est préférable de supprimer les rejets du tronc. Pour les jeunes arbres, la première année, coupez la tige principale à environ 60-80 cm de hauteur pour encourager la formation de branches latérales. Les années suivantes, sélectionnez 3 à 5 branches charpentières (les plus vigoureuses et bien réparties autour du tronc) et supprimez les autres. Raccourcissez les branches charpentières d'environ un tiers de leur longueur. Éliminez les gourmands, qui sont des pousses verticales se développant à la base du tronc ou sur les branches et qui consomment la sève inutilement. Si vous avez opté pour un jeune abricotier (un scion), sélectionnez trois ou quatre branches principales au moment de la taille d'hiver.

Différentes tailles sont possibles : en U double (espalier), en gobelet haute tige ou demi-tige. La forme se choisit notamment en fonction de la région et donc du climat. Il est aussi possible d’opter pour une forme libre. Palissez les jeunes pousses sur l’espalier.

Schéma de la taille en gobelet

Taille d'entretien

Une taille d’entretien annuelle, réalisée en hiver ou au début du printemps, permet d'éliminer le bois mort, d'alléger la structure du fruitier et de stimuler la formation de nouveaux fruits. Elle consiste à supprimer le bois mort, les branches abîmées, celles qui poussent vers l'intérieur de l'arbre ou qui se croisent, pour favoriser la circulation de l'air et de la lumière. Lorsqu'on peut le cultiver en tige, il faut aérer la couronne en supprimant le bois en excès. En revanche, l'abricotier ne supporte pas les tailles sévères. Si vous tenez à tailler l'abricotier, effectuez une taille légère les premières années pour bien charpenter l'arbre. Ces tailles consistent à éliminer le bois mort et à éliminer les branches les plus longues en ne conservant que 3 yeux.

Outils et cicatrisation

Avant de commencer, assurez-vous d’avoir des outils propres et bien aiguisés (sécateur, ébrancheur, scie d'élagage). Désinfectez-les pour éviter la propagation de maladies. Recouvrez soigneusement les plaies avec du mastic ou une pulvérisation de purin de consoude. Le mastic à cicatriser est indispensable, car l'abricotier produit de la gomme en cas de plaies.

Maladies et ravageurs de l'abricotier

L'abricotier est sensible à de nombreux parasites et maladies, ce qui peut décourager un jardinier débutant. Les abricotiers peuvent être soumis à des ennemis naturels que sont les maladies et ravageurs.

Maladies cryptogamiques (dues à des champignons)

  • Moniliose (Monilia laxa) : C'est l'une des maladies les plus fréquentes et les plus graves. Elle s’attaque aux fleurs, aux jeunes pousses et aux fruits, provoquant leur flétrissement et leur pourriture. Les fleurs se dessèchent et noircissent aux extrémités. Les fruits atteints se momifient et restent accrochés à l'arbre. Le champignon hiverne dans les plaies des arbres ou dans les fruits et fleurs contaminées. Le calendrier des traitements bio de l’abricotier contre la moniliose : une fois les feuilles tombées, effectuez une application de bouillie bordelaise sur toute la ramure de l’arbre. Durant l’hiver, passez le tronc de l’abricotier au blanc arboricole. En biocontrôle, ce sont les levures Saccharomyces cerevisiae qui sont généralement employées. Un sujet très atteint sera détruit, pour éviter la contamination à toutes les autres Rosacées des environs.

  • Oïdium (Podosphaera tridactyla) : Aussi appelée maladie du blanc, elle se manifeste par un feutrage blanc grisâtre d'aspect farineux à la surface des feuilles, des tiges et parfois des fleurs. L'oïdium peut éventuellement provoquer la déformation des feuilles. L'oïdium sera traité tous les 10 jours au printemps avec de la décoction de prêle, du bicarbonate de soude, qui est également un antifongique (le soufre mouillable est également utilisé). Il est conseillé de bien nettoyer les feuilles mortes autour des arbres et d’espacer les cultures.

  • Criblure (Stigmina carpophila) : Provoque des petites taches circulaires sur les feuilles, qui se perforent ensuite, donnant un aspect criblé. Elle peut également atteindre les fruits. Le coryneum est souvent appelé “criblure”. Des taches rondes, brunes, ourlées d’un bord rouge, apparaissent sur les feuilles. En cas d’attaque forte, les rameaux et les fruits sont également touchés. Une décoction de prêle sera appliquée en pulvérisations hebdomadaires dès que la végétation repart, puis au débourrement, vous appliquerez de la bouillie bordelaise.

  • Tavelure (Venturia carpophila) : Cause des taches brunes sur les feuilles et les fruits, qui peuvent se craqueler. La tavelure est une maladie cryptogamique due au champignon phytopathogène de la famille des Venturia comme V. carpophila ou encore V. inaequalis. Les pluies printanières trop fréquentes favorisent la tavelure. La prévention passe par des vaporisations de purin d’ortie sur le feuillage et d’un produit soufré avant l’apparition des fleurs puis après la floraison. Pour limiter les risques de réapparition l’année suivante, il faut ramasser et détruire systématiquement les feuilles atteintes et les fruits malades qui jonchent le sol. Les décoctions de prêle renforcent les défenses immunitaires de l’arbre. Des applications de cuivre peuvent être faites juste avant la floraison.

  • Cloque du pêcher (Taphrina deformans) : Bien que plus fréquente sur le pêcher, elle peut aussi affecter l'abricotier. Elle provoque des déformations et un rougissement des feuilles, qui finissent par se dessécher. Vous pulvériserez du cuivre (bouillie bordelaise) sur tout le feuillage à l’automne, puis avant le débourrement. Renouveler encore l’application 3 fois durant le mois qui suit.

  • Verticilliose (Verticillium dahliae) : Champignon qui s'attaque aux racines et provoque un flétrissement des feuilles et des branches, pouvant entraîner la mort de l'arbre. Cette maladie se signale par un feuillage qui jaunit puis se flétrit et des rameaux brunis qui se dessèchent. Il est important de couper et détruire au plus tôt les organes atteints.

  • Apoplexie ou folletage : Maladie complexe dont les causes ne sont pas entièrement élucidées (champignons, bactéries, stress). Elle provoque un dépérissement rapide de l'arbre, souvent en été.

Maladies bactériennes

  • Gommose : C'est une maladie bactérienne. Les Pseudomonas pénètrent dans le bois par les plaies que causent les fortes gelées et les tailles trop sévères ou encore par les chancres. Pulvériser les abricotiers avec un purin de prêle. Appliquer avant la floraison du pêcher et après la chute des pétales de fleurs un fongicide naturel soufré efficace contre de nombreuses maladies fongiques. Le chancre bactérien se caractérise par des lésions brunes qui marquent la base des rameaux au printemps, et des écoulements de gomme sont également visibles. Les feuilles peuvent se tacher de marques transparentes. En automne, à partir de la chute des feuilles, pulvérisez du cuivre durant 2 mois tous les 15 jours. Un badigeon de chaux sur le tronc est passé en hiver, suivi d’une pulvérisation de solution cuprique. Curez les lésions au printemps puis badigeonnez les plaies.

Maladies virales

  • Sharka : Maladie virale qui cause des lésions nécrotiques profondes dans les fruits. Elle est transmise par des parasites, notamment les pucerons. La lutte contre les pucerons est donc à privilégier pour limiter l’extension de cette maladie. Les abricotiers atteints doivent être arrachés.

Ravageurs

  • Pucerons : Petits insectes suceurs de sève, ils affaiblissent le fruitier en drainant les nutriments au niveau des feuilles et des jeunes pousses. Ils apparaissent en avril sous le limbe des feuilles, provoquant la crispation et le recroquevillement des feuilles. Ils sont particulièrement dangereux car ils peuvent faire de grands dégâts au feuillage et transportent de nombreux virus. Pour empêcher les colonies de s’étendre, employez les prédateurs de ces parasites : coccinelles, syrphes, chrysopes. Éviter les engrais azotés, et essayer d’ajouter des prédateurs naturels. Des bandes de glu fixées sur le tronc limitent le nombre de fourmis qui viennent en aide aux pucerons et les transportent. Le purin d’ail est un bon répulsif contre les pucerons, le savon noir est également utilisé.

  • Cochenilles : Notamment la cochenille farineuse et la cochenille à carapace, elles se fixent sur les branches et les feuilles des abricotiers. Elles sucent la sève et peuvent provoquer des déformations, une décoloration des feuilles et un affaiblissement général de l’arbuste. Le blanchiment du tronc de l’abricotier est efficace pour détruire les formes hivernantes. À la fin du printemps, l’infusion d’origan sera un bon traitement.

  • Chenilles du sphinx (Sphinx ligustri) : Elles se nourrissent des feuilles des abricotiers, provoquant des défoliations importantes.

  • Mouches de fruits (Drosophila suzukii) : Également connues sous le nom de mouches des cerises, elles peuvent infester les abricots. Les femelles pondent leurs œufs dans les fruits mûrs, et les larves qui en émergent provoquent des pourritures et des déformations. Les fruits infestés deviennent mous et non comestibles.

  • Acariens : Ils provoquent des décolorations et des déformations des feuilles.

  • Carpocapse des pommes et des poires (Cydia pomonella) : Bien que son nom l'indique, il peut aussi attaquer les abricots en y pondant ses œufs. Les larves pénètrent dans les fruits et les rendent impropres à la consommation. Des pièges à phéromones et la pose de sachets autour des fruits protégeront ceux-ci.

  • Oiseaux : Certains oiseaux peuvent également causer des dégâts en picorant les fruits.

Dégâts de la moniliose sur abricots

Prévention et traitements des maladies et ravageurs

La prévention et les traitements sont essentiels pour maintenir la santé de l'abricotier.

Mesures prophylactiques et bonnes pratiques culturales

  • Choix de variétés résistantes : Lors de la plantation, privilégier les variétés moins sensibles aux maladies. Évitez par contre les cultivars trop sensibles comme ‘Bergeron’ ou ‘Héléna du Roussillon’ pour la moniliose. Deux variétés récentes ont été créées dans ce but, toutes 2 issues de la variété suisse ‘Luizet’ et proposant sa qualité gustative et sa précocité : la variété ‘Lisa’ est résistante à la moniliose, la variété ‘Mia’ est résistante à la bactériose, ou chancre bactérien. L’abricot ‘Muscat’ est résistant à la moniliose et est une ancienne variété méridionale à maturité à la mi-juillet. L’abricot ‘Commun de Nicole’ est également résistant à la moniliose, avec une maturité début juillet. L’abricot ‘Colonne somo’ est résistant à la moniliose, et se récolte fin juillet.

  • Nettoyage régulier : Nettoyez régulièrement votre jardin, notamment au pied des arbres fruitiers. Il est conseillé de brosser le tronc du pommier pour éliminer les mousses qui hébergent les parasites. Si jamais vous avez un fort précédent, vous pouvez badigeonner vos troncs de chaux éteinte et de silicate de soude.

  • Suppression des parties atteintes : Si un végétal est malade, supprimez les parties atteintes et détruisez-les, que ce soient les feuilles, les bouquets floraux, les branches. Les fruits restés sur l’arbre et momifiés sont aussi enlevés et détruits.

  • Désinfection des outils : Désinfectez vos outils de coupe entre chaque végétal.

  • Application de cicatrisant : Après une coupe, appliquez un produit cicatrisant sur la plaie.

  • Taille par temps sec : Ne taillez que par temps sec.

  • Favoriser la biodiversité : Cultiver des plantes compagnes à proximité immédiate des abricotiers afin de favoriser la biodiversité. L'abricotier apprécie la présence du basilic, des capucines et de la tanaisie à sa proximité. Installez haies libres, friches, hôtels à insectes pour favoriser la biodiversité dans le jardin.

  • Bonnes pratiques culturales : Assurer une bonne circulation de l'air, un bon drainage et une fertilisation équilibrée.

Traitements biologiques et préventifs

Les soins bio pour une maladie cryptogamique de l’abricotier restent centrés sur la bouillie bordelaise. Le cuivre est en effet un excellent fongicide et ce produit est toujours autorisé en culture bio.

  • Bouillie bordelaise et soufre : Des traitements préventifs à la bouillie bordelaise et au soufre en sortie d'hiver sont recommandés pour la moniliose, l'oïdium ou la cloque. Des traitements à base de bouillie bordelaise (contre les maladies cryptogamiques) peuvent être effectués en automne et au printemps. Traitements à la bouillie bordelaise ou à l'oxyde ferreux peuvent être appliqués dès le début du débourrement pour prévenir les attaques de maladies comme la moniliose, la cloque du pêcher et le coryneum.

  • Purin de prêle : Pulvériser les abricotiers avec un purin de prêle.

  • Fongicide soufré : Appliquer avant la floraison du pêcher et après la chute des pétales de fleurs un fongicide naturel soufré efficace contre de nombreuses maladies fongiques.

  • Insecticides biologiques : En cas d'attaques de cochenilles ou de pucerons, commencez par un bon coup d’arrosage, puis insistez en pulvérisant un insecticide à base d’huile de colza qui étouffe ces prédateurs.

Traitements curatifs

En cas d’attaque, des traitements spécifiques peuvent être utilisés en fonction de la maladie ou du parasite identifié. Si malgré tout, votre arbre est touché, éliminez les parties atteintes au plus vite.

Tailler un abricotier

Floraison et fructification de l'abricotier

L'abricotier produit ses premières fleurs entre février et avril, selon la variété, le climat et la région. Cette floraison précoce le rend particulièrement sensible aux coups de froid et aux gelées qui peuvent survenir avant le mois de mai. Il suffit que la température descende à -2°C pour que toutes les fleurs d’un abricotier meurent. Les fleurs sont très fragiles face aux gelées printanières. Prenez garde cependant : une fois sa floraison printanière gelée, n’espérez plus d’abricots en été. D’où l’intérêt d’opter pour des variétés tardives pour les régions septentrionales.

Après la floraison, l’abricotier commence sa fructification dès lors que les fleurs sont pollinisées à partir de mai. L'abricotier est autofertile, il se pollinise seul, bien que la présence d'un autre sujet soit conseillée car elle favorise et améliore la fructification. La fructification peut nécessiter une pollinisation croisée, mais aujourd’hui, de nombreuses variétés étant auto-fertiles, cela n’est plus indispensable pour pouvoir produire des abricots. La pollinisation sera difficile si le climat est pluvieux pendant la floraison, et les fleurs seront détruites si la température atteint les -2 degrés. Pour optimiser la pollinisation, il est possible d'introduire des ruches.

Ce n’est généralement pas avant la quatrième année suivant la plantation que l’abricotier produit des fruits. La fructification intervient 2 à 3 ans après la plantation. L'abricotier commence à donner quelques fruits dès la troisième ou la quatrième année qui suit la plantation, mais il faut 8 à 10 ans pour récolter 100 kg d’abricots. L'abricotier atteint sa pleine maturité et sa production maximale vers l'âge de 7 ans. Un verger bien entretenu peut produire jusqu'à 12 kg de fruits par arbre.

Récolte et conservation des abricots

Les abricots apparaissent généralement en été, environ 3 à 4 mois après la floraison. La période de récolte des abricots se situe généralement en été, de juin à août, selon les régions et les variétés. L'abricot est une drupe possédant un noyau dur contenant une grosse graine (amande), issu de la pollinisation des fleurs de l’abricotier. L’abricotier ‘Rouge du Roussillon’, précoce, ses fruits rouge-orange se dégustent dès juillet. L’abricotier ‘Polonais’ produit des fruits fondants et sucrés fin juillet, ce qui en fait une variété parfaite pour les jardins au nord de Bordeaux.

L’abricot est jugé suffisamment mûr lorsque à sa couleur verte a franchement succédé une teinte jaunâtre ou rougeâtre. Lorsqu’il est mûr, l’abricot est d’une belle couleur orangée, légèrement juteux et bien tendre. Ils doivent être récoltés lorsqu'ils sont encore un peu fermes mais montrent, malgré tout, des signes de mûrissement, comme une coloration gourmande car ils sont un peu rosés ou orangés avec de jolies taches de rousseur. Cueilli trop mûr, le fruit présente une chair pâteuse qui manque de jus. Les fruits doivent être récoltés à la main. Il est possible de secouer l’arbre pour faire tomber les abricots, mais ceux-ci seront alors abîmés et se conserveront moins bien. Les abricots ne peuvent pas être conservés plus d’une semaine. L’éclaircissement des fruits en surnombre est important pour ne pas épuiser l’arbre.

Abricots mûrs

Protection contre les gelées tardives

La floraison précoce de l'abricotier le rend particulièrement vulnérable aux gelées tardives. Ces dernières peuvent compromettre la récolte en détruisant les fleurs ou les jeunes fruits.

Choix de l'emplacement et de la variété

Plantez l'abricotier dans un endroit ensoleillé et abrité des vents froids, idéalement exposé plein sud ou sud-ouest. Un mur peut offrir une protection supplémentaire en accumulant la chaleur durant la journée et en la restituant la nuit. Privilégiez les variétés à floraison tardive, moins susceptibles d'être touchées par les gelées printanières. Le choix d’un bon emplacement et d’une variété adaptée sont les méthodes les plus accessibles aux jardiniers amateurs.

Protection physique

  • Voile d'hivernage : En cas de gel annoncé, recouvrez l'arbre d'un voile d'hivernage. Veillez à ce que le voile ne touche pas les fleurs pour ne pas les abîmer. Une structure légère peut être mise en place pour maintenir le voile à distance des branches. Cette méthode est particulièrement efficace pour les jeunes arbres et les formes palissées.
  • Paillage : Un paillis épais au pied de l'arbre permet de maintenir une température plus stable au niveau des racines et de limiter les effets du gel au sol.
  • Rempotage : Si vous avez un abricotier en pot, paillez-le et protégez-le du froid avec un voile d’hivernage. Prévoyez ensuite un rempotage tous les 3 ans.

Techniques utilisées par les professionnels

  • Aspersion : L'aspersion d'eau sur les arbres crée une fine couche de glace qui libère de la chaleur et protège les bourgeons floraux. Cette technique est complexe à mettre en œuvre pour un particulier et nécessite un matériel spécifique.
  • Chauffage : L'utilisation de chaufferettes ou de bougies dans les vergers permet de réchauffer l'air et de limiter les risques de gel. Cette méthode est coûteuse et peu adaptée aux jardins particuliers.

Conseils supplémentaires

  • Surveillance : Surveillez attentivement les prévisions météorologiques et soyez prêt à agir rapidement en cas de gel annoncé.
  • Taille : Une taille appropriée favorise la circulation de l'air et limite les zones de stagnation d'air froid.

Culture de l'abricotier en pot

Oui, il est tout à fait possible de cultiver un abricotier en pot, bien que cela demande quelques précautions particulières. Le mini abricotier nain ‘Garden Aprigold’ (pas plus d’1 mètre adulte) a été mis au point pour s’épanouir en pot. Réservez-lui une situation abritée et un pot de grande dimension.

Choix du pot et du substrat

Choisissez un contenant de grande taille (au moins 50 cm de diamètre et de profondeur) dès le départ, car l'abricotier a besoin d'espace pour ses racines. Préférez un pot en terre cuite, qui est poreux et permet une bonne aération des racines, ou un pot en plastique résistant. Assurez-vous qu'il possède des trous de drainage pour éviter l'accumulation d'eau. L'abricotier aime les sols légers et bien drainés. Utilisez un mélange de terreau de plantation de qualité, de terre de jardin et de sable grossier pour assurer un bon drainage. Vous pouvez également ajouter des billes d'argile au fond du pot pour améliorer le drainage.

Abricotier en pot

Variétés d'abricotiers

Il existe de nombreuses variétés d'abricotiers, chacune ayant ses propres caractéristiques en termes de taille, de goût, de période de floraison et de maturité, ainsi que de résistance aux maladies et au froid. Voici quelques exemples :

  • Abricotier rouge du Roussillon : Fruit pour l’industrie et pour les desserts.
  • Abricotier De Nancy : Propose des fruits d’une belle couleur jaune pâle marbrée de carmin sur ses faces exposées au soleil. En bouche, il présente une saveur sucrée et particulièrement parfumée, et se déguste frais ou en tarte. Cette variété est relativement résistante au froid avec un port semi-érigé. Sa floraison est plus tardive, donc les fleurs sont moins sujettes aux gelées hivernales.
  • Abricotier ‘Polonais’ ou ‘Abricot orangé de Provence’ : Ce cultivar produit des fruits fondants et sucrés fin juillet, ce qui en fait une variété parfaite pour les jardins au nord de Bordeaux.
  • Abricotier nain ‘Garden Aprigold’ : Pas plus d’1 mètre adulte, il est conçu pour s’épanouir en pot.
  • Variété ‘Lisa’ : Résistante à la moniliose.
  • Variété ‘Mia’ : Résistante à la bactériose, ou chancre bactérien.
  • Abricot ‘Muscat’ : Résistant à la moniliose. Cette ancienne variété méridionale est à maturité à la mi-juillet. Les fruits sont de calibre moyen, à la saveur musquée et juteuse.
  • Abricot ‘Commun de Nicole’ : Résistant à la moniliose. Une maturité début juillet pour ce petit abricot à épiderme clair et à saveur parfumée et sucrée.
  • Abricot ‘Colonne somo’ : Résistant à la moniliose. Moins précoce, celui-ci se récolte fin juillet.

La culture biologique de l'abricotier

La culture de l’abricotier bio implique de respecter la nature de l'arbre et de le cultiver selon ses besoins, de la plantation jusqu’aux soins. Des conditions de culture adaptées à l’arbre fruitier sont le gage d’un arbre sain, bien nourri, capable de résister efficacement aux agressions. L'envie de bio gagne sérieusement le jardin et les vergers, pour le bien de tous, en réponse à la protection de la biodiversité et au besoin de consommation de produits sains et de jardinage sans produits toxiques.

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