Guide d'achat et de taille du cognassier : Un fruitier aux multiples attraits

Illustration d'un cognassier en pleine floraison printanière

Le cognassier (Cydonia oblonga) est un arbre fruitier à pépins, cousin du pommier et du poirier, qui offre une beauté ornementale certaine et une production de fruits parfumés. Moins couramment cultivé que ses cousins, il est pourtant un excellent choix pour les jardins, alliant esthétique et productivité avec une facilité d'entretien remarquable. Sa silhouette tortueuse et alanguie, sa floraison printanière lumineuse et son feuillage automnal doré en font un sujet de choix pour agrémenter un espace vert.

Description de l'arbre à coing : Une élégance naturelle

L’arbre à coing, le cognassier, se distingue par sa petite taille et sa silhouette étalée et buissonnante, atteignant en moyenne 5 à 8 mètres de hauteur pour une envergure de 4 à 6 mètres. Ses branches duveteuses émanent d'un tronc marbré d'auréoles pâles. Ses feuilles caduques, de forme simple et ovale, mesurent une dizaine de centimètres de long. Disposées de manière alterne sur les rameaux, elles sont légèrement duveteuses sur leur bord et d'un vert plutôt sombre, ce qui met parfaitement en valeur la floraison.

Fleurs blanc-rosé du cognassier

La floraison du cognassier, proche de celle de l’églantier, se produit au printemps, généralement vers le mois de mai. Elle est souvent très généreuse, ornant l'arbre de fleurs blanc-rosé odorantes composées de 5 pétales arrondis et d’un cœur jaune orné de longues étamines. Les fruits à pépins, qui sont en réalité des piridions - des faux-fruits formés par la transformation du réceptacle floral autour du vrai fruit (le trognon et les pépins) - sont en forme de poires ou de pommes bien dodues. Verts et duveteux tant qu’ils ne sont pas mûrs, ils perdent facilement leur duvet à l'automne, deviennent d'un beau jaune doré et embaument. La saison du coing est l'automne, et les fruits peuvent peser entre 300 g et 1,5 kg, en fonction des variétés.

Le cognassier est présent dans toutes les régions tempérées d’Eurasie, de la Méditerranée au Caucase et à l'Iran. En France, il pousse de préférence dans le Sud en raison de la nécessité de longs étés pour la fructification, mais il est très rustique, supportant des températures allant jusqu’à -25°C.

Le coing peut se consommer cru, mais seulement dans les pays suffisamment chauds où il a eu le temps de mûrir. Ailleurs, il est consommé cuit, car le fruit immature est très dur, acide et particulièrement astringent. Il est même fréquent en France d’attendre qu’il ait gelé pour le récolter, ce qui le rend plus tendre et atténue ses tanins.

Assortiment de confitures et gelées de coing

Les recettes à base de coing sont nombreuses : compote, pâte, confiture, ou gelée de coing. Cependant, elles ne se limitent pas au sucré ; le coing s’adapte très bien aux plats de viande, auxquels il apporte un parfum très original.

Le bois du cognassier est un beau bois dur, veiné de blond, apprécié pour la fabrication d'instruments à cordes et pour la marqueterie.

Le saviez-vous ? Le cognassier est également appelé “cydonia”, et son fruit “la poire de Cydon”, car il était autrefois très consommé en Crète par les Grecs, notamment dans la ville de Cydon. C’est d’ailleurs l’origine de son nom botanique, Cydonia oblonga. La culture du cognassier aurait même précédé celle du pommier, comme l'indique le Cantique des cantiques. Chez les Grecs anciens, le coing était un cadeau rituel fait à l'occasion des mariages, Plutarque ayant même mentionné que la mariée grecque grignotait un coing pour parfumer son baiser avant d'entrer dans la chambre nuptiale.

Utilisations du cognassier au jardin : Un atout polyvalent

Le cognassier est un bel arbre fruitier dont la silhouette tortueuse et alanguie peut joliment agrémenter le jardin d’ornement, à condition de disposer d'un espace suffisant, car bien que de petite taille, il occupe un espace assez conséquent. En fond de massif, en haie, ou même en isolé, le cognassier a toute sa place. Sa floraison printanière est tout simplement magnifique, tout comme les teintes automnales de son feuillage. Pour les petits jardins, il est toujours possible de le conduire palissé contre un mur ou un grillage.

Le cognassier se plante bien sûr également au verger, où il a la double utilité d'être à la fois un fruitier producteur et un excellent porte-greffe pour le poirier commun.

Variétés de cognassier à fruits : Pomme ou poire, une question de goût

Tous les cognassiers ne se ressemblent pas, et il existe des différences en matière de goût et de texture des fruits. Les cognassiers sont souvent répartis en deux groupes, selon la forme de leurs fruits : les cognassiers maliformes (en forme de pomme), Cydonia oblonga maliformis, et les cognassiers piriformes (en forme de poire), Cydonia oblonga piriformis.

Les coings pomiformes ont une chair plus ferme, mais plutôt sèche et sont donc plus aromatiques. Ils conviennent bien à la transformation en confiture ou en gelée.

Les coings piriformes sont nettement plus mous et moins acidulés. Ils constituent donc une base idéale pour un jus de coings-pommes ou des variations de liqueurs.

Parmi les variétés notables, on trouve :

  • Le cognassier ‘Champion’ : C'est un fruitier très rustique, bien ramifié, qui produit de gros fruits (jusqu’à 500 g) piriformes très appréciés pour la confiture ou la compote. Ses fruits sont à récolter entre la fin du mois d’octobre et le début du mois de novembre.
  • Le cognassier ‘Vranja’ : Également appelé ‘Monstrueux de Vranja’ ou ‘Géant de Vranja’, il offre des fruits encore plus gros, pouvant atteindre jusqu’à 1,5 kg. L’arbre est plutôt érigé, avec de longues branches. Ses coings sont matures à peu près à la mi-octobre. Le cognassier ‘Géant de Vranja’ est un arbre érigé, très vigoureux et particulièrement productif, avec des fruits gros, allongés, à épiderme de couleur jaune vif et à chair juteuse et tendre.

Votre pépiniériste pourra vous conseiller utilement sur le choix de la variété la plus adaptée à vos besoins et à votre région.

Conseils sur la plantation : Les clés d'une bonne installation

Où planter un cognassier ?

Le cognassier en lui-même peut pousser dans toutes les zones tempérées. Cependant, il ne donnera des fruits que sous certaines conditions : des hivers relativement froids (moins de 7°) et de longues périodes de chaleur pour le mûrissement des fruits. Il déteste les étés humides, qui favorisent l’entomosporiose, une maladie courante.

Peu exigeant, cet arbre fruitier se plaît dans toute bonne terre assez fraîche, même s’il a une préférence pour les sols riches, neutres à légèrement acides (7 à 8 % de calcaire maximum). Un sol un peu calcaire lui conviendra, mais il y fructifiera moins bien. On évitera un emplacement où stagne l'humidité en été.

Pour planter un arbre à coing, vous choisirez un emplacement ensoleillé, dégagé et abrité des vents dominants. La proximité d’une pièce d’eau est particulièrement appréciée, car elle offrira au cognassier un sol frais en permanence.

À savoir : les cognassiers sont autofertiles, mais il est néanmoins recommandé d’en planter plusieurs pour un meilleur rendement.

Quand et comment planter un cognassier ?

Le cognassier sera planté durant la période de repos végétatif, entre l’automne et le printemps (idéalement fin d'hiver, lorsque les gros froids sont passés mais avant la reprise de la végétation). Il est généralement vendu en racines nues, il est donc judicieux de réaliser un habillage des racines si nécessaire, suivi d’un pralinage, pour une meilleure reprise.

  • L’habillage des racines est un nettoyage, très utile lorsque les racines sont un peu abîmées ou trop longues. Ces dernières seront dans ce cas légèrement raccourcies et les racines cassées seront supprimées.
  • Le pralinage est un enrobage des racines dans un mélange de fumier ou de compost (ou encore de bouse de vache), de terre de préférence argileuse et d’eau. L'arbuste est laissé dans un seau contenant le pralin pendant au moins 24 heures. Le pralin évite le dessèchement des racines, facilite la cicatrisation des plaies s’il y a eu habillage et favorise l’enracinement du cognassier.

Vous aurez creusé un trou assez large pour que les racines puissent s’étaler, dans lequel vous installerez le cognassier dans une terre ameublie et enrichie. Attention au point de greffe, qui doit se trouver bien au-dessus de la surface. Si vous plantez plusieurs cognassiers côte à côte, veillez à les espacer de 5 m au moins ; pour une haie, 2,50 m suffisent entre ce fruitier et les autres essences.

Une fois l’arbre à coing en place, arrosez copieusement.

Attention : Contrairement à ce qui est pratiqué pour de nombreux arbres plantés en racines nues, les branches du cognassier ne doivent pas être taillées lors de la plantation.

Conseils sur l'entretien du cognassier : Un soin minimal pour une belle récolte

Cognassier : Plantation, Culture et Entretien 🌳

Pour ses besoins, l’arbre à coing ne se montre pas très exigeant. Le principal est de lui éviter les périodes de sécheresse, surtout lorsqu’il est encore jeune.

Arrosage

Les feuilles et fruits du cognassier sont recouverts d’un duvet blanc protégeant la plante du dessèchement. Un cognassier adulte n’a donc pas besoin d’arrosages supplémentaires. Jusqu’à ce qu’il soit suffisamment robuste, votre cognassier a cependant besoin de votre aide pendant quelques années. Un arrosage régulier est particulièrement nécessaire au cours des premiers mois après sa plantation. Pour favoriser la croissance en profondeur des racines de l’arbre, arrosez de préférence rarement, mais en revanche laissez couler l’eau pendant 30 minutes environ, pour favoriser la pénétration dans les couches de terre plus profondes.

Des arrosages seront réalisés en période sèche, et vous veillerez alors à maintenir le sol propre tout autour du tronc pour limiter la concurrence.

Fertilisation

Si vous avez apporté à la plantation suffisamment d’engrais ou de compost, ce fruitier n’aura finalement quasiment pas besoin de nutriments supplémentaires. Pour apporter des nutriments à cet arbre gourmand, vous pouvez lui offrir au printemps un peu d’engrais organique et/ou un paillage de fumier ou de compost à l’automne. Au printemps, avant le redémarrage, vous pouvez apporter un peu de compost ou de raclures de corne autour du tronc. Après cinq années au plus tard, vous pouvez y renoncer totalement.

Taille du cognassier : Esthétique et productivité

Tailler un cognassier, ce n’est pas seulement une question d’esthétique ; une bonne taille aide l’arbre à produire de beaux fruits, à rester sain et à bien vieillir. Le cognassier fructifie sur des rameaux de un an et sur de courts rameaux appelés “bouquets de mai”.

Schéma des différentes coupes de taille sur un cognassier

À l’inverse des pommiers et poiriers, les cognassiers n’ont pas besoin de taille particulière pour fournir de bons rendements à long terme. Cependant, une taille de nettoyage est vraiment utile et se réalise durant l’hiver. Elle consiste à ôter toutes les branches mal placées ou mal orientées, ainsi que celles qui sont abîmées, et à supprimer les rejets qui poussent au pied. La taille de formation est elle aussi recommandée. Elle se fait la première année après la plantation et a pour but d’établir une bonne charpente.

Périodes clés pour la taille :

  • Fin d’hiver (février - mars) : C'est la grande période de taille du cognassier, lorsque les gros froids sont passés mais avant la reprise de la végétation. Éclaircissez la couronne de préférence tous les deux ans en mars, pour que le soleil parvienne aussi au centre du végétal. La méthode la plus simple pour que la couronne soit parcourue de lumière est de laisser pousser l’arbre en largeur durant les premières années. Sur les arbres plus anciens, il peut arriver que quelques branches soient moins productives au fil des ans. La taille du cognassier consiste essentiellement à supprimer le bois mort, aérer le centre et équilibrer la charpente, afin de permettre aux rayons du soleil de pénétrer à travers les branchages. Le gobelet à trois branches est la forme de base du cognassier. La première année et à partir d'un scion d'un an, coupez votre sujet à 60 cm du sol. Choisissez 3 à 4 bourgeons qui donneront de futures branches charpentières. La seconde année et les suivantes, il faudra nettoyer les branches à l'intérieur, afin d'éviter une trop grande confusion.
  • Été : On parle moins souvent de la taille d’été, mais elle peut être utile pour un cognassier, à condition de rester légère. On reste toutefois prudent, une taille trop forte en été peut fatiguer l’arbre et réduire la mise à fruit de l’année suivante. En revanche, on peut enlever une branche cassée par le vent ou le poids des fruits et/ou supprimer un rameau manifestement malade (en désinfectant bien l’outil).
  • Automne : En général, on évite les grosses tailles à l’automne pour les fruitiers, y compris le cognassier.

Si votre cognassier est très âgé, peu productif, ou très enchevêtré, une taille de rajeunissement peut être envisagée. Dans ce cas, on ne cherche pas à tout refaire en une fois.

En respectant ce calendrier de taille pour votre cognassier, vous l’aidez à rester sain, bien structuré et productif, sans le fatiguer inutilement.

Récolte et stockage des coings : La patience récompensée

Commençons par la mauvaise nouvelle : les cognassiers ne sont malheureusement pas pour les impatients. Après plantation d’un jeune sujet, il peut falloir jusqu’à huit années avant que l’arbre ne produise ses premiers fruits. Pourtant la patience paie. Un cognassier en bonne santé vous récompense de récoltes de 30 kg voire plus, les sujets adultes pouvant même produire jusqu’à 50 kg.

Coings mûrs sur une branche, prêts à être récoltés

Comment savoir si les coings sont mûrs ?

Trois choses permettent de savoir si les coings sont mûrs :

  1. Changement de couleur : Dès octobre, la couleur vire du vert au jaune.
  2. Disparition du duvet : La fine pubescence sur la peau devient plus discrète.
  3. Facilité de détachement du duvet : La facilité avec laquelle le duvet qui recouvre les fruits se détache au frottement est un signe de maturité.
  4. Chute naturelle : La récolte des fruits du cognassier se fait avant les gelées et lorsque les fruits commencent à tomber.

La récolte des coings, en octobre-novembre, doit avoir lieu à l'approche de leur maturité, lorsqu'ils jaunissent et perdent le duvet qui, jusqu'alors, les recouvrait. Il est préférable de réfléchir à l’avance sur la façon de transformer voire d’offrir votre récolte de coings. Car il ne faut en aucun cas laisser les fruits sur l’arbre au-delà de la mi-novembre, au risque que le gel ne les brunisse et ne leur fasse perdre un peu de leur arôme. De plus, il faut éviter qu’ils ne tombent d’eux-mêmes, car cela les abîme. Le moment de la récolte joue également un rôle pour leur utilisation : une récolte tardive est parfaite pour la production de jus de coing.

Stockage des coings

Par chance, les coings se stockent sans problème. Leur stockage se fait dans un endroit frais et sombre et peut durer 2 à 3 mois dans de bonnes conditions. Étalez-les en une seule couche et ne les placez pas près d’autres fruits. Évitez de placer ces fruits dans le local où vous comptez conserver vos poires et pommes, car leur odeur est pénétrante et risquerait de se communiquer à toute votre récolte. Comme il est très parfumé, on fera attention de ne pas les placer dans le même contenant que d’autres fruits auxquels il pourrait transmettre son parfum. Vos coings ne pourront pas se conserver très longtemps et il ne faudra pas trop attendre pour les déguster. Le coing étant fragile et pourrissant facilement, nous vous conseillons de le transformer rapidement après la cueillette ou de le surveiller régulièrement là où vous le conservez.

Maladies du cognassier : Prévention et gestion

Le cognassier est très sensible à certaines maladies, principalement fongiques.

Feuilles de cognassier atteintes de l'entomosporiose

  • Le feu bactérien : C'est une maladie fatale due à une bactérie (et non un champignon, contrairement à l'information initiale fournie). Seul le feu bactérien ne pourra être évité, il n’existe aucun traitement contre cette maladie.
  • L'entomosporiose : Cette maladie est due à un champignon. Les symptômes en sont des taches sombres sur les feuilles, avec des croûtes caractéristiques, et une chute prématurée des feuilles. L'entomosporiose est une maladie qui provoque des taches beige clair sur le feuillage et les fruits. Prévoyez des traitements, en même temps que ceux effectués sur vos arbres à pépins, à la chute des feuilles puis en prédébourrement, c'est-à-dire juste avant l'éclatement des bourgeons, au printemps, en utilisant de la bouillie bordelaise.
  • La moniliose : Elle touche les fruits qui se marquent de taches concentriques de pourriture, parsemées de pustules blanches. Pour limiter la propagation de ce champignon d’années en années, vous éliminerez les feuilles et les fruits momifiés.

Pour limiter ces risques de maladie, toutes provoquées par des champignons, vous pourrez appliquer à titre préventif de la bouillie bordelaise à deux moments de l’année : à la chute des feuilles et à l’ouverture des bourgeons.

Multiplication du cognassier

Le cognassier peut être multiplié par marcottage ou par greffage.

Un peu de botanique

Le cognassier est un arbuste ou un petit arbre caduc qui appartient à la famille des Rosacées, cousin du pommier et du poirier. Originaire d’Eurasie, plus précisément du Caucase et d’Iran, il semble avoir été cultivé depuis encore plus longtemps que la pomme, et était bien connu des Grecs et des Romains.

Ses fruits à pépins sont en réalité des piridions, de faux-fruits qui ne proviennent pas de la seule transformation du pistil. Le piridion est un fruit complexe, formé du vrai fruit (ici le trognon entourant les pépins) et de la partie charnue qui entoure le fruit, qui est le résultat de la transformation du réceptacle floral. D’autres piridions célèbres sont la pomme, la poire et la nèfle.

Infographie comparant la structure d'un coing, d'une pomme et d'une poire

La sélection des arbres fruitiers pour un jardin est souvent compliquée. Il faut jongler entre ses goûts, ses habitudes culinaires, le climat, la nature du terrain, ses capacités de jardiniers, entre autres critères. Le cognassier n’est pas un arbre fruitier auquel on pense souvent, mais il a pourtant un grand nombre d’atouts. Ses fruits très particuliers en sont un, tout comme la beauté de l’arbre, tortueux, avec une écorce originale, une floraison des plus romantiques et un feuillage automnal doré.

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