La transformation du paysage urbain de Rennes : Moins de publicité, plus d'art et d'espace

Plan de Rennes Métropole montrant les zones concernées par le RLPi

Rennes et sa métropole se préparent à une mutation significative de leur paysage urbain. Dès juillet 2024, un nombre conséquent de panneaux publicitaires disparaîtront des rues, marquant une étape majeure dans la lutte contre la pollution visuelle et la préservation des panoramas locaux. Cette initiative, portée par Rennes Métropole, vise à encadrer strictement la publicité dans l'espace public à travers l'application d'un nouveau règlement. L'objectif est clair : créer un environnement plus harmonieux et moins saturé visuellement, tout en favorisant d'autres formes d'expression.

Le Règlement Local de Publicité Intercommunal (RLPi) : Une feuille de route pour le changement

La décision de réduire la présence publicitaire n'est pas une nouveauté. Elle a été approuvée par le conseil métropolitain en juin 2022 avec l'adoption du Règlement local de publicité intercommunal (RLPi). Ce document constitue la pierre angulaire de cette transformation. Il est conçu pour préserver les paysages et l'environnement en ciblant spécifiquement la suppression de certains types de panneaux. La réglementation doit être effective au 12 juillet 2024, comme le rappelle Rennes Métropole dans un communiqué.

Le RLPi a été élaboré en complémentarité du Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi), assurant ainsi une cohérence dans l'aménagement du territoire. Il concerne un large éventail de dispositifs publicitaires et marque une volonté forte de la part des élus de réduire l'impact visuel et environnemental de la publicité.

#79 : Société : L'impact de la publicité sur l'environnement (ca bouge un peu... ou pas)

Les dispositifs publicitaires concernés par le RLPi

Le nouveau règlement s'applique à divers supports publicitaires visibles dans les rues ou le long des routes, modifiant en profondeur les pratiques actuelles.

  • Publicités et préenseignes : Ces supports voient leur taille drastiquement réduite de 12 à 2 m². De plus, les publicités, préenseignes et enseignes sont désormais interdites sur les toitures et les clôtures, à l'exception des zones d'activités. Cette mesure vise à libérer les vues et à restaurer la lisibilité architecturale des bâtiments.

  • Panneaux de 12 et 8 m² : Les grands panneaux publicitaires de 12 et 8 m², qui jalonnent actuellement les axes de circulation, vont progressivement disparaître. Plus de 250 de ces grands panneaux seront retirés définitivement ou remplacés par des formats plus petits au cours de l'été.

  • Dispositifs numériques : Les panneaux numériques, qui sont de plus en plus contestés pour leur impact écologique et visuel, ne seront plus autorisés que dans les zones d'activités économiques, et ce, dans un format également réduit de 8 m² à 2 m². Cette restriction répond aux préoccupations de consommation d'énergie et d'incitation à la consommation.

Répercussions spécifiques pour la capitale bretonne

À l'échelle de Rennes, l'application du RLPi est particulièrement significative. Cela représente la suppression de 74 panneaux de 8 m² sur le domaine public. Ces dispositifs sont souvent situés dans des zones à forte affluence, comme le centre-ville.

Les mobiliers urbains qui comportaient un écran numérique seront quant à eux transformés. Ils seront désormais dédiés à de l'affichage papier, toujours au format de 2 m². Cela concerne 30 panneaux, majoritairement situés en centre-ville, notamment à République et autour de la gare, souvent intégrés aux abris de bus. Les panneaux numériques installés essentiellement dans le centre-ville de Rennes, près de la gare, sur l'esplanade de Gaulle ou place de la République, seront démontés pour être remplacés par de petits supports dédiés à l'affichage papier.

Sur le domaine privé, l'impact est également majeur puisque 300 panneaux de 8 et 12 m² devront disparaître, témoignant de l'ampleur de la révision engagée par Rennes Métropole.

Comparaison visuelle entre l'ancien paysage publicitaire et le futur paysage urbain de Rennes

Une démarche globale de réduction de l'empreinte visuelle et environnementale

Le nouveau règlement va au-delà de la simple réduction de la taille des panneaux. Il diminue drastiquement le nombre, la taille et l’aspect lumineux des enseignes. Cette démarche s'inscrit dans une tendance plus large, où la pollution visuelle, la consommation d’énergie et l'incitation à la consommation générées par les panneaux publicitaires sont de moins en moins tolérées par les citoyens et les collectivités.

Réglementation des enseignes et publicités lumineuses

Le RLPi cible également les publicités lumineuses. Elles doivent désormais être éteintes de 23 h à 7 h du matin. Une exception est prévue pour les abris voyageurs du réseau de bus, où les affiches pourront être éclairées 15 minutes avant et après le début du service afin d'informer et de sécuriser les usagers. Quant aux enseignes des magasins, elles devront s'éteindre une heure après la fermeture, contribuant ainsi à la sobriété lumineuse nocturne.

Des restrictions sont aussi prévues pour les enseignes indiquant la présence de commerces ou d'entreprises. Leurs dimensions seront limitées à 6 m² et elles ne pourront plus être disposées dans les zones en lisière ville campagne, patrimoniales et paysagères. Le contrôle de la mise en conformité des dispositifs incombe à chacune des communes de Rennes Métropole. Une douzaine d'afficheurs et régies publicitaires interviennent comme prestataires sur les domaines public et privé, et la régie publicitaire Cityz Media (ex Clear Channel) est titulaire du marché public pour la gestion du mobilier urbain.

Le rôle des militants et la conscience écologique

Régulièrement, les militants d’Alternatiba Rennes mènent des actions contre les panneaux publicitaires numériques. Ils qualifient ces dispositifs de « non-sens écologique et social », soulignant leur impact négatif. Dans le centre-ville de Rennes, ces panneaux dynamiques devraient disparaître de l'espace public, remplacés par des affichages papier ou des œuvres d'art, une proposition qui s'aligne avec les objectifs du RLPi. Cette mobilisation citoyenne montre une prise de conscience collective de l'importance de réduire l'empreinte de la publicité.

La préservation de l'expression artistique et du patrimoine

Si le RLPi vise à réduire l'omniprésence publicitaire, il ne remet pas en cause les supports dédiés à l'expression artistique. Rennes Métropole rassure en affirmant que les panneaux qui servent de support à des créations artistiques, comme ceux de l'avenue Aristide-Briand, à l'est du centre-ville, "sont bien évidemment conservés". Ces supports ne sont pas considérés comme des dispositifs d'affichage publicitaire, mais comme des éléments contribuant à l'enrichissement culturel et visuel de la ville.

Rennes : Une ville entre histoire et modernité

Rennes, souvent traversée pour rejoindre des destinations comme Saint-Malo, cache en réalité une énergie vibrante de ville étudiante et une scène gastronomique qui rivalise avec Lyon. Ses quartiers mêlent harmonieusement l'art contemporain et l'architecture médiévale, offrant un cadre de vie riche et diversifié.

Les façades à colombages colorés de la place du Champ-Jacquet, la majesté de pierre du Parlement de Bretagne, et les quais de la Vilaine qui serpentent à travers la ville, sont autant de facettes qui caractérisent Rennes. Le Parlement de Bretagne, l'un des rares bâtiments du XVIIe siècle à avoir survécu au grand incendie de 1720, témoigne de la résilience historique de la ville.

Affiches artistiques de Rennes mettant en valeur les maisons à colombages

Les maisons à colombages du centre historique sont emblématiques de Rennes. Leurs façades penchées, peintes en rouge, bleu, jaune, orange, créent un patchwork de couleurs qui s'accorde à toutes les saisons. Des rues comme la rue du Chapitre, la place des Lices et la rue Saint-Malo sont des témoignages vivants de ce patrimoine.

Le parc du Thabor, poumon vert de Rennes, offre dix hectares de jardins à la française, à l'anglaise et botanique, faisant la fierté des Rennais. C'est cette Rennes vivante, avec ses habitudes, ses recoins et ses rituels, que les affiches artistiques cherchent à restituer, bien au-delà de la simple carte postale.

L'art de l'affiche et la mise en valeur du territoire

Les affiches rennaises, avec leurs couleurs vives des colombages sur fond de pierre grise, créent un contraste saisissant qui s'intègre harmonieusement dans tous les intérieurs. Dans un salon contemporain, un cadre noir met en valeur les couleurs, tandis que dans une maison de caractère, un cadre en bois prolonge l'esprit des lieux. Ces affiches sont imprimées en France sur papier Fine Art 305g coton et sont disponibles en plusieurs formats, dont le 30x40cm avec cadre noir, particulièrement adapté aux intérieurs contemporains.

Plusieurs affiches couvrent le Parlement, les colombages et différentes vues de la ville, permettant aux habitants et aux visiteurs de s'approprier un morceau du patrimoine rennais. Lorsqu'il s'agit de choisir entre Rennes et Saint-Malo pour une affiche bretonne, Rennes est souvent privilégiée par un local attaché à sa ville, tandis que Saint-Malo séduit un amateur de mer.

Diversité des affiches de villes bretonnes, incluant Vitré

Au-delà de Rennes : La beauté de l'arrière-pays breton

Au-delà de Rennes, des villes comme Vitré, souvent considérée comme l'une des plus belles petites villes de Bretagne, méritent également d'être découvertes. Son château médiéval, ses rues pavées et ses maisons à colombages composent un ensemble préservé qui transporte le visiteur cinq siècles en arrière. Ces villes de l'arrière-pays breton, bien que souvent oubliées des circuits touristiques classiques, offrent des trésors cachés et des expériences authentiques. Leurs affiches constituent des cadeaux personnels et uniques pour ceux qui connaissent ces adresses secrètes, célébrant la richesse et la diversité du patrimoine breton.

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Une démarche progressive et collective

La mise en œuvre de ce nouveau règlement s'étendra progressivement sur le territoire de Rennes Métropole, qui compte 43 communes. L'application concrète des mesures, approuvées en juin 2022, sera effective à partir du 12 juillet 2024. Au cours de l'été, les plus grands panneaux, ainsi que les plus petits, seront supprimés, de même que tous les panneaux numériques. Cette approche progressive permet aux acteurs concernés de s'adapter aux nouvelles exigences.

La démarche de Rennes n'est pas isolée. Elle s'inscrit dans un mouvement national de révision des réglementations publicitaires dans les grandes villes françaises. Grenoble a été pionnière en la matière, et plus récemment, des villes comme Lyon et Nantes ont également pris des mesures similaires pour réduire l'impact de la publicité dans l'espace public. Cette convergence témoigne d'une prise de conscience croissante de l'importance de préserver la qualité de vie et l'esthétique urbaine.

Carte de France montrant les villes ayant mis en place un RLPi

Le contexte administratif et la gestion des services publics

Les informations relatives à la Direction régionale des Finances publiques (DRFiP) de Bretagne et d'Ille-et-Vilaine illustrent la complexité administrative et l'étendue des services publics sur le territoire. La DRFiP, dont le siège est situé boulevard de la Liberté à Rennes, gère de nombreuses entités et services à travers le département, comme en témoignent les multiples adresses et codes SIREN mentionnés. Ces structures, actives depuis 2011, relèvent de l'Administration publique générale (code APE 84.11Z).

Par exemple, on trouve des services des impôts des entreprises (SIE) à Rennes, Fougères, Redon et Vitré, ainsi que des services de publicité foncière. Certains de ces services ont été fermés ou réorganisés au fil du temps, reflétant l'évolution constante de l'organisation administrative. Les adresses comme la Cité Administrative avenue Jean Janvier ou le boulevard de la Liberté sont des points névralgiques de l'administration publique à Rennes. La présence de la DRFiP de Bretagne et d'Ille-et-Vilaine, ainsi que la Paierie Régionale de Bretagne (située au 283 avenue Général George S. Patton), soulignent le rôle central de Rennes en tant que pôle administratif régional.

Ces données, bien que détaillées, montrent la complexité des structures publiques qui opèrent en parallèle des initiatives de régulation urbaine. Elles illustrent l'arrière-plan institutionnel qui soutient et encadre les politiques locales, y compris celles relatives à l'affichage et à l'aménagement du territoire.

Actualités et initiatives complémentaires de Rennes Métropole

Au-delà de la régulation publicitaire, Rennes Métropole mène plusieurs autres initiatives importantes pour le développement et la qualité de vie de ses habitants.

  • Inondations en Ille-et-Vilaine : En réponse à des inondations exceptionnelles, l'Ille-et-Vilaine a été maintenue en vigilance rouge aux crues. Rennes Métropole a dû intervenir pour démentir une rumeur persistante concernant de prétendus lâchers d'eau pour faire baisser le niveau de l'eau dans la ville.

  • Développement du covoiturage : À partir du 1er janvier 2025, Rennes Métropole mettra en place un nouveau service pour développer le covoiturage, en partenariat avec la plateforme BlaBlaCar. Ce dispositif facilitera la mise en relation des conducteurs et des passagers pour les trajets domicile-travail, s'inscrivant dans une démarche de mobilité durable.

  • Accès à la propriété et crise du logement : Face à la crise du logement en France, la présidente de Rennes Métropole, Nathalie Appéré, est en première ligne. Le dispositif du Bail Réel Solidaire (BRS), lancé en 2018, est étendu pour donner un sérieux coup de pouce à l'accession à la propriété, offrant des solutions innovantes pour faciliter l'accès au logement.

Ces initiatives démontrent la volonté de Rennes Métropole d'agir sur plusieurs fronts, de l'aménagement urbain à la mobilité en passant par le logement, pour améliorer le cadre de vie de ses citoyens.

tags: #affiche #brf #rennes