Guide Complet sur la Cueillette et les Récoltes : Profession, Pratiques et Durabilité

La cueillette, qu'elle soit une activité professionnelle rigoureuse ou une pratique de loisir ressourçante, constitue un pilier fondamental de notre lien avec la terre. Ce guide explore les multiples facettes de cette activité, depuis le métier d'aide agricole jusqu'à la gestion durable des ressources sauvages, en passant par les techniques de jardinage.

Illustration représentant un panier de fruits frais dans un verger

La profession de cueilleur : un pilier de l'agriculture

Le cueilleur de fruits et légumes exerce une profession fondamentale en récoltant les produits de la terre avec une rigueur particulière, veillant scrupuleusement au respect des normes de qualité et de sécurité. Dans son quotidien, il collabore étroitement au sein d’une équipe, démontrant ainsi une capacité à travailler en harmonie pour atteindre les objectifs de la récolte.

Le cueilleur se distingue par son adaptabilité constante aux différentes saisons agricoles. Identifié sous le code ROME A1401, l’aide agricole en arboriculture doit être équipé d’un véhicule et bénéficier d’une bonne condition physique pour mener à bien la récolte et le conditionnement des fraises, pêches, pommes, raisins, châtaignes une fois arrivés à maturité. Le cueilleur ou la cueilleuse exerce principalement de la fin du printemps à l’automne, contribuant ainsi à la commercialisation de la production fruitière de l’arboriculteur.

Ce travailleur agricole saisonnier identifie les fruits arrivés à maturité, les cueille avec précaution, puis les entrepose en vue de leur conditionnement et de leur vente ultérieure. Aucun diplôme n’est formellement requis pour embrasser la carrière de cueilleur. Il n’existe pas de formation pour devenir cueilleur. La formation s’apprend le plus souvent « sur le tas ». Le recrutement s’appuie sur la bonne condition physique du ramasseur et de la cueilleuse et sur sa motivation. Si vous vous destinez aux métiers de l’horticulture ou du maraîchage, un ou plusieurs postes d’aide viticole, d’aide agricole en arboriculture vous permettront de conforter votre choix de carrière dans ces métiers.

La profession est en tension et recherche des techniciens arboricoles pour planter et entretenir les vergers et les vignes. Le ramasseur peut également être amené à installer le matériel de plantation, à évaluer les dommages causés par des nuisibles et à remonter ces informations. L’aide agricole en arboriculture, qu’il s’agisse d’une cueilleuse ou d’un cueilleur, évolue dans un environnement exigeant où l’endurance physique et la maîtrise des techniques de manutention sont essentielles.

Compétences et conditions de travail

Cette profession requiert un fort degré d’autonomie pour repérer et cueillir les fruits à maturité. En plus de ces qualités, l’aide agricole doit faire preuve d’une dextérité précise pour manipuler les fruits avec soin, garantissant ainsi une récolte efficace. Sa minutie se révèle particulièrement importante lors de la manipulation et du tri des fruits, assurant la qualité du produit final.

Sa polyvalence s’exprime aussi dans sa capacité à conditionner les produits en fonction de leur spécificité, du mode de transport ou des commandes, contribuant ainsi à la réussite globale de la récolte. Formé à diverses tâches, il peut effectuer des travaux d’entretien des plants, comme l’éclaircissage, l’ébourgeonnage ou le palissage, participant activement à la santé et à la productivité des cultures.

L’environnement de travail du cueilleur exige une solide capacité physique, puisque ce travail implique de rester debout pendant de longues heures en extérieur, exposé aux conditions météorologiques. La nécessité d’une capacité à travailler rapidement et efficacement est indispensable pour garantir une cueillette optimale des fruits et légumes. La disponibilité à travailler tôt le matin ou tard le soir est également essentielle pour répondre aux exigences saisonnières de la cueillette.

Rémunération et perspectives

Le salaire de l’ouvrier de cueillette est généralement aligné sur le SMIC, totalisant un montant net de 1 398,69 €, qui est également le salaire médian dans ce domaine. Les aides agricoles en arboriculture, au fil de leur expérience, peuvent prétendre à des rémunérations mensuelles brutes allant jusqu’à 2 419 €. Les revenus annuels bruts pour un débutant se situent autour de 21 203 €, tandis qu’un ouvrier agricole saisonnier expérimenté, comme un vendangeur, peut aspirer à une rémunération brute annuelle atteignant 29 028 €. Cela équivaut à un salaire annuel net de 22 642 €.

Le cueilleur est un métier saisonnier qui n’offre pas de perspective de carrière, à moins de rejoindre une formation dans le domaine ou de se former auprès de l’employeur. La plupart des employeurs recherchant des cueilleurs se situent dans des domaines variés tels que les exploitations de productions fruitières, les vignobles, les pépinières et les plantations spécialisées.

maîtrisez les compétences de coupe de fruits !

La cueillette comme loisir : se reconnecter à la terre

La cueillette de loisir répond en partie à l’envie de se rapprocher de la nature et de retrouver les goûts du terroir. Elle repose avant tout sur l’expérience et une bonne connaissance des techniques et des outils en fonction des plantes à ramasser.

Se balader dans les champs entourés d’arbres géants et de chants d’oiseaux, en sortant les légumes de la terre, ça change beaucoup du bitume et du bruit de la ville de tous les jours. On se gare dans le parking dédié et on prend une brouette. On peut peser ses contenants vides à l’entrée, pour faire la tare à la caisse. On cueille les fruits, légumes ou fleurs selon les instructions indiquées à côté du champ, où il y a aussi le prix au kilo ou à l’unité. Certains produits ne sont pas à cueillir soi-même mais sont cultivés dans la ferme et mis à disposition déjà à côté des caisses : pommes de terre, citrouilles, pivoines.

Avant de se déplacer, vérifiez sur le site des cueillettes si un calendrier des récoltes est disponible. C’est une activité 100% plein air : si la météo prévoit de la pluie toute la journée, la meilleure chose à faire est de reprogrammer ; au contraire, s’il y a du soleil prévu, amenez un chapeau et de la crème solaire. Ramenez des barquettes en plastique légères pour les fruits et légumes délicats ainsi que des sacs de course lavables ou en plastique (vous aurez sûrement de la terre avec vos légumes !).

Schéma explicatif du matériel nécessaire pour une cueillette en libre-service

Gestion durable et bonnes pratiques de cueillette

Le Guide de bonnes pratiques de cueillette s’adresse à tous les professionnels de la filière, qu’ils soient cueilleurs, gestionnaires d’espaces naturels, forestiers, propriétaires fonciers ou encore entreprises acquéreuses de plantes sauvages, centres de formation, etc. Il s’adresse également aux cueilleurs amateurs souhaitant inscrire leurs pratiques dans cette démarche de durabilité et de respect.

Il a pour vocation d’informer et de sensibiliser l’ensemble des publics en lien avec la cueillette sur la question de la gestion de la ressource en plantes sauvages, afin de favoriser la régression des mauvaises pratiques qui nuisent autant aux populations de plantes qu’à la biodiversité. Il propose des éléments de réflexion, de connaissances, des méthodes et des outils concernant la gestion durable de la ressource en plantes sauvages.

Les volets du guide

La partie générale du guide, publiée en 2022, est un ouvrage de préconisations générales compilant connaissances et méthodes pour assurer la pérennité de nos ressources en plantes sauvages par une collecte éthique (la cueillette pas à pas, réglementations, notions d’écologie, constitution et gestion d’un territoire de cueillette, etc.). Les livrets techniques par espèce viennent compléter la partie générale. Ils déclinent les caractéristiques et recommandations spécifiques à chaque espèce, notamment les gestes et les modalités de gestion propices à la préservation des populations et des milieux associés.

Le comité de synthèse, composé de référents scientifiques, de coordinatrices et d’un groupe de cueilleurs référents (GCR), assure la qualité et la pertinence de ces documents. L'effort s'est porté tant lors de la collecte des données que dans le processus même d’écriture, visant à protéger des ressources emblématiques ou sous pression comme l’arnica, la gentiane jaune, les lavandes ou l’ail des ours.

Optimisation des récoltes au jardin et gestion des surplus

Pour celui qui cultive son propre potager, la récolte est l'aboutissement d'un cycle. Plusieurs principes permettent d'améliorer la productivité et la santé du sol :

  1. Nourrissez votre sol : utilisez et valorisez la diversité. Pour qu’un sol soit fertile, il doit être vivant. Il faut couvrir votre sol (le « mulcher ») avec une bonne épaisseur de matière organique (10 à 15 cm).
  2. Augmentez votre surface de culture sans augmenter l’encombrement au sol.
  3. Arrêtez de tout mettre en rang.
  4. Valorisez la 3ème dimension : la hauteur. En plus de vous apporter des récoltes supplémentaires, ils pourront être le cœur d’un groupe de cultures multi-étagées.
  5. Créez vos propres « guildes » potagères : ces plantes peuvent s’échanger divers services (fertilisation, action répulsive ou toxique sur des insectes ravageurs, attraction de pollinisateurs).
  6. Programpez les successions dans vos cultures.
  7. Prolongez la saison des récoltes.
  8. Faites la part belle aux vivaces.
  9. Apprenez à redevenir cueilleur.

Diagramme des étapes de maturation du compost

Concernant le compost, le processus peut prendre entre 2 mois et 2 ans. Un compost mûr se caractérise par sa couleur sombre, sa bonne odeur de forêt ainsi que sa texture fine et friable. On ne peut plus y distinguer les déchets d'origine. Pour le récolter dans un tas, allez au centre, ou tout en bas du bac pour le compostage en bac.

La gestion des surplus et le don alimentaire

Au-delà d'un seuil réglementaire de 400 m², les super et hypermarchés sont tenus de proposer un conventionnement avec une association d’aide alimentaire pour définir les modalités de don de leurs invendus. Il en est de même pour les opérateurs de restauration collective préparant plus de 3 000 repas par jour, et les opérateurs de l’industrie agroalimentaire et du commerce de gros ayant un chiffre d’affaires supérieur à 50 millions d’euros.

Les denrées périssables données doivent l'être au moins 48 heures avant l'échéance de leur date limite de consommation (DLC). Pour les établissements agréés, toutes les denrées peuvent être données dès lors qu’elles sont définies comme telles dans leur plan de maîtrise sanitaire. Erreur d'étiquetage ou mauvais calibrage : les entreprises peuvent gérer des produits non-conformes à leurs exigences qualité, mais non dangereux pour la santé. À réception, les bénévoles vérifient systématiquement les règles d'hygiène et la DLC. Il convient de ne pas confondre celle-ci avec la DDM (date de durabilité minimale).

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