Maîtriser la Taille des Tomates à la Plantation : Guide Complet pour une Récolte Abondante

La tomate, ce légume-fruit emblématique et prisé dans les cuisines du monde entier, est au cœur de nombreuses discussions parmi les jardiniers, notamment en ce qui concerne sa taille. Souvent perçue comme un geste complexe, la taille des tomates, ou l'égourmandage, est pourtant une étape clé pour assurer une production généreuse et de qualité. Découvrons ensemble les secrets d'une taille réussie, de la plantation à la récolte, en explorant toutes les facettes de cette pratique ancestrale.

Plan de travail avec plants de tomates, sécateur et gants de jardinage

La Tomate : Un Fruit, un Légume, une Histoire Fascinante

Avant de plonger dans les techniques de taille, il est essentiel de comprendre ce qu'est réellement la tomate et d'où elle vient. Pour mettre fin à la polémique, les tomates sont à la fois des fruits et des légumes, appartenant à la catégorie des légumes-fruits. En botanique, un légume est une partie comestible d’une plante (racine, feuille, tubercule ou fruit), tandis que le fruit est la partie d’une plante issue de la fleur après fécondation, où l’ovaire devient le péricarpe et les ovules deviennent les graines. Les tomates sont donc les deux à la fois.

Les Français consomment près de 15 kg de tomates par an et par personne, ce qui témoigne de sa popularité. Il existe des milliers de variétés de tomates différentes, avec plus de 4000 dans le catalogue européen et 480 dans le catalogue français, sans compter les variétés non inscrites officiellement. Ces variétés sont rangées dans sept familles principales, chacune avec ses spécificités :

  • La grosse tomate côtelée : Idéale pour les tomates farcies et diverses préparations culinaires.
  • La tomate ronde, régulière : Se consomme crue ou cuite, polyvalente en cuisine.
  • La tomate grappe : Parfaite pour les salades et se conserve très bien, les fruits étant laissés sur les grappes.
  • La tomate cocktail : De petit calibre, légèrement sucrée, se déguste crue.
  • La tomate cerise : Encore plus petite et plus sucrée, convient parfaitement aux apéritifs.
  • La tomate allongée : Peu juteuse et contenant peu de pépins, elle est excellente à cuire, notamment pour la sauce des spaghettis à la bolognaise.

L'histoire de la tomate est riche et remonte aux grandes conquêtes espagnoles. Les conquistadors espagnols découvrirent la tomate, consommée par les Aztèques au Mexique, et largement domestiquée par les Incas avant d'être rapportée en Europe. L'agriculture des peuples incas fut parmi les plus prodigieuses au monde, produisant plus de 70 espèces alimentaires majeures entre 0 et 4 000 m d'altitude, sur une étendue de 4 000 km². Ils avaient amélioré un petit fruit originaire des Andes péruviennes (Lycopersicon cerasiforme) pour en obtenir un plus gros, proche du fruit que nous connaissons maintenant.

Faisant partie de la famille des Solanacées, comme la belladone et la mandragore, une réputation de toxicité la suit pendant les trois siècles qui suivent sa découverte. Son introduction dans le vieux monde se serait faite à Séville en 1528 dans les caravelles de Cortez. Sa culture aurait été initiée dans les monastères puis la plante aurait gagné l'Italie par le royaume de Naples qui appartenait à l'Espagne. Les Italiens l’ont beaucoup plus facilement adoptée, la baptisant même "pommodoro" (pomme d’or). Dans le sud de la France, où elle réussit une percée, elle est aussi connue sous le nom de "pomme d’amour". Il faut attendre 1778 pour qu'elle passe des pages du jardin d’agrément à celles des plantes potagères du catalogue de référence de l’époque, celui de messieurs Vilmorin et Andrieux. C’est finalement grâce à la Révolution qu’elle finit par conquérir Paris, lorsque les révolutionnaires marseillais arrivèrent dans la capitale, réclamant des tomates.

Carte de la route des tomates d'Amérique du Sud vers l'Europe

Les États-Unis mettront encore plus de temps à accepter ce fruit, jugé "trop rouge et trop fessu pour être honnête", malgré les exhortations du président des États-Unis Thomas Jefferson, en 1809. Elle fut diffusée davantage comme un médicament miracle sous la forme de "tomato pills" que comme un aliment délicieux à consommer frais. Le nom latin de la tomate, "Solanum lycopersicum", vient du grec ancien "λύκος" (lúkos) qui signifie "loup" et du latin "persicum" qui signifie "pêche". Le terme "tomate" est un emprunt de l'espagnol "tomate", puis par diverses traductions, au nahuatl (langue de la famille uto-aztèque) "tomatl" qui désignait le fruit du tomatillo (Physalis ixocarpa). La première attestation de "tomate" en français date de 1598 dans la traduction de l'ouvrage de José de Acosta, Historia natural y moral de las Indias, par Robert Regnauld.

On trouve, dans le goût de la tomate et particulièrement de la sauce tomate, la cinquième saveur fondamentale, l'umami. L’umami est liée à la présence d'acide glutamique dans le fruit mûr. En japonais, il signifie « délicieux » ou « savoureux ». La saveur umami est un goût plaisant, proche du sucré, qui provoque la salivation et une sensation de douceur sur la langue.

La tomate est riche en eau, peu énergétique, mais bien pourvue en vitamines et minéraux (calcium, magnésium, zinc, fer, acide folique, vitamines C et E). Elle participe ainsi au bon équilibre nutritionnel de l'alimentation. Que la tomate soit consommée en hors-d'œuvre de crudités ou sous forme de jus, ses vertus apéritives sont appréciées.

De nombreuses fêtes de la tomate sont organisées dans le monde, notamment en Europe, aux États-Unis et dans divers pays comme Israël, l'Argentine ou l'Australie. Il s’agit souvent de "fêtes des plantes" axées sur la tomate et parfois d'autres légumes, où l'on présente des fruits de nombreuses variétés et organise des concours. C’est alors l'occasion pour les passionnés d'échanger des semences ou de découvrir de nouvelles recettes. En France, deux fêtes principales de ce type sont organisées : une "fête de la tomate et des légumes anciens" à Haverskerque (Nord) et le « festival de la tomate et des saveurs » au château de la Bourdaisière (à côté de Tours), où l'on peut découvrir le Potager Conservatoire de la Tomate, agréé par le CCVS, réunissant plus de 700 variétés. À l’étranger, la « National Tomato Competition » à Gunnedah en Australie est un concours de la plus grosse tomate, et à Bunyol, en Espagne, "la Tomatina" se distingue par son caractère de bataille festive où les seules munitions sont des tomates bien mûres.

001 - L'histoire de la tomate

Préparer la Plantation des Tomates

La tomate fait partie de la famille des Solanacées. C'est une plante très gourmande qui épuise très vite le sol de ses éléments nutritifs. Elle trouvera sa place dans la rotation après une culture de légumes feuilles ou, mieux encore, une période de jachère. La tomate ne supporte ni le froid ni le gel. Les tomates ne se sèment pas directement en pleine terre. Le repiquage des plants de tomate dans des godets individuels est nécessaire lorsqu'ils possèdent deux vraies feuilles. On repique en pleine terre lorsque les plants mesurent au moins 10 à 15 cm et qu'il n'y a plus aucun risque de gelées, la température nocturne devant rester supérieure à 10°C.

Choisir l'Emplacement et Préparer le Sol

Choisissez un emplacement bien ensoleillé et à l'abri du vent. Quelques semaines avant le jour J, préparez le sol : nettoyez et aérez-le à l'aide d'une grelinette (biogriffe) et d'un croc. Pour les plantations en pleine terre, les amendements effectués à l'automne, ou juste avant la plantation, ainsi que l'apport de corne broyée le jour de la plantation vont permettre aux tomates de se nourrir tout au long de leur développement (la corne broyée est un fertilisant à libération lente).

Jardin potager avec des plants de tomates tuteurés

Au moment de la plantation, incorporez du compost riche dans le sol. Un fumier composté avec de la tourbe, des algues et des crustacés constitue un excellent choix, car il fournit une base solide. En pot, du terreau mélangé à du compost fera très bien l'affaire. Si vous utilisez un terreau bas de gamme, ajoutez au moins 1/3 de compost. Vous pouvez aussi prendre de la terre de jardin et du compost (moitié-moitié), ou n’utiliser que du compost.

Les Étapes Clés de la Plantation

La plantation des tomates suit des règles précises pour garantir une bonne reprise et une production généreuse :

  1. Préparer les plants : Attendez que tout risque de gel soit définitivement écarté. Les plants doivent mesurer 15 à 20 cm et présenter 5 à 7 vraies feuilles. Arrosez les godets quelques heures avant la plantation pour faciliter le dépotage et préserver les racines.
  2. Préparer le terrain : Choisissez une journée nuageuse ou travaillez en fin d'après-midi pour que la fraîcheur favorise la reprise. Creusez des trous de plantation espacés de 50 à 70 cm sur le rang, et espacez les rangs de 80 cm à 1 m. Cette distance permet une bonne circulation de l'air et limite les maladies. Enrichissez le fond de chaque trou avec des amendements naturels bien décomposés.
  3. Planter en profondeur : Dépotez délicatement chaque plant. Supprimez les feuilles du bas sur 10 à 15 cm de tige. Cette opération permet une plantation profonde. Installez le plant dans son trou en l'enterrant jusqu'aux premières feuilles. Cette plantation profonde favorise le développement de racines supplémentaires le long de la tige enterrée, ce qui rend le plant plus vigoureux et résistant à la sécheresse. Comblez le trou avec la terre extraite mélangée aux amendements. Tassez légèrement autour du pied et formez une cuvette d'arrosage. Une méthode courante consiste à creuser une petite tranchée de 10 cm de large sur 15 ou 20 cm de profondeur. On dispose au fond des orties ou de la consoude coupées et séchées préalablement quelques jours au soleil. On recouvre ce "lit" de terre jusqu'au niveau initial du sol. Creusez ensuite de larges trous de plantation, ayant une profondeur correspondant à la largeur des mottes et une largeur correspondant à la hauteur des plants. Retirez les plants de tomate de leurs godets avec leurs mottes. Disposez les mottes horizontalement dans les trous. Recouvrez de terre en prenant soin de laisser 10 cm de tige ressortir à la verticale (la plier très délicatement).
  4. Installer les tuteurs : Plantez immédiatement un tuteur solide près de chaque plant. Enfoncez-le profondément dans le sol sans blesser les racines. Un tuteur de 1,50 m à 2 m convient selon les variétés. Les tomates cerises et certaines variétés anciennes nécessitent des supports plus hauts ou des cages spécifiques. Prévoyez la taille adulte des plants lors du choix des tuteurs.
  5. Arroser et pailler : Arrosez abondamment au pied de chaque plant, en apportant 5 à 10 litres d'eau. Cet arrosage généreux assure le contact entre les racines et le sol. Installez un paillage épais autour de chaque pied quelques jours après la plantation. Le paillis s'installe au moment de la plantation. Il a pour rôles de préserver la fraîcheur du sol (et limiter les arrosages), d'éviter le développement des mauvaises herbes et de limiter les risques de mildiou. L'utilisation d'un paillis organique a aussi l'avantage d'enrichir et d'aérer le sol lorsqu'il se dégrade.

Associations Bénéfiques

La tomate, par son odeur forte, repousse de nombreux parasites. Elle éloigne la mouche de la carotte, tandis que l'odeur forte de la carotte repousse les pucerons des tomates. Elle repousse également la teigne du poireau qui s'attaque quelquefois à l'ail, tandis que l'ail protège la tomate de la rouille et des araignées rouges. Les radis, navets et choux, souvent victimes des altises, sont aussi protégés par la tomate. Par ailleurs, le basilic et la tomate s'entendent à merveille, favorisant leur développement mutuel et une parfaite santé. Le persil bénéficie également de la présence des tomates pour sa germination. L'œillet d'Inde provoque un effet répulsif sur les pucerons et les mouches blanches. Il est donc conseillé de planter un plant d'œillet d’Inde sur le rang entre chaque pied de tomate ou de bien semer des graines sur un rang parallèle. Jean-Paul Thorez, auteur du best-seller Le guide du jardin bio, suggère de planter des capucines sur les lignes, ou de la moutarde.

Tableau des associations de plantes bénéfiques pour les tomates

La Taille des Tomates : Pour ou Contre ?

La taille des tomates est un sujet qui divise les jardiniers. Faut-il oui ou non tailler les tomates ? Bien des jardiniers se posent la question chaque printemps. La taille des tomates par égourmandage est destinée à augmenter le calibre des fruits et leur précocité. Cela facilite également le ramassage des fruits sur le plant. Cependant, cette méthode comporte aussi des inconvénients : elle nécessite du temps et fragilise la plante.

Les Arguments en Faveur de la Taille

  • Moins de risques de maladies : Des feuilles mouillées et un fort taux d’humidité sont le siège de la plupart des maladies de la tomate. En taillant vos plants, vous faciliterez la circulation d’air et permettrez à l’eau de s’évaporer. Le plant buissonnant sera bien plus difficile à tuteurer le long d’un tuteur. Que ce soit un bambou, un roseau, un piquet ou autre support à tomates. Il faudra ficeler de tous les côtés pour maintenir la structure en hauteur et éviter qu’elle ne s’abîme au sol. Dans les climats un peu moins humides, on peut cependant cultiver des variétés à port déterminé directement sur le sol, en les laissant ramper. Une cagette ou autre « rehausse » pourra être utilisée pour surélever légèrement le plant du sol.
  • Une récolte plus belle et surtout plus rapide : Réduire la quantité de feuilles et supprimer les gourmands permettraient d’optimiser le transport de sève. Conséquence : des fruits plus gros et arrivés à maturation plus rapidement. Les premières tomates de Guillaume en Corrèze le 17 mai sont un exemple de la précocité obtenue par la taille (et un semis précoce).
  • Un tuteurage plus facile : Difficile de poser un tuteur sur des plants qui partent dans tous les sens. La taille aide à maintenir une structure plus ordonnée.
  • Des associations de culture plus faciles : Les tomates aiment les associations avec d’autres cultures. Mais il est difficile d’envisager de cultiver à proximité de tomates envahissantes. La taille libère de l'espace.
  • La taille facilite la culture et la récolte : Pour des questions pratiques, tailler vos tomates facilitera à la fois leur entretien (arrosage et tuteurage) et leur récolte.
  • Meilleure aération : Un plant non taillé peut être confronté à un manque d’aération, surtout si les plants ne sont pas suffisamment espacés. En cas d’humidité, cela peut vite générer des maladies, empêcher une bonne photosynthèse et nuire au développement optimal des plants.

Différence entre un plant de tomate taillé et un plant non taillé

Les Arguments Contre la Taille

  • Une récolte plus importante (par plant) : Supprimer les gourmands revient à sacrifier une partie de votre récolte potentielle. Des plants de tomate non taillés portent davantage de fruits, mais ces fruits sont généralement plus petits et moins précoces.
  • Des fruits plus petits mais plus savoureux : Si la quantité prime sur le calibre et la précocité, ne pas tailler peut être une option.
  • Le temps nécessaire : La taille des tomates ne se fait pas qu’une fois mais régulièrement, ce qui demande du temps et de la disponibilité.
  • Plaies et maladies : La taille crée des plaies. Si la cicatrisation est rapide, ce n’est pas très grave et le plant s’en remettra vite. Cependant, dans des conditions humides, cela pourrait être une porte d'entrée pour des maladies cryptogamiques comme le mildiou, bien que des études n'aient jamais démontré que la taille favorise directement l'apparition de ce champignon.
  • Développement en buisson : En ne les taillant pas, les tomates vont rapidement se développer pour au final se transformer en véritables buissons. Vous aurez ainsi une production plus tardive, mais plus importante par plant. Ils prendront plus de place, et pourront résister nettement moins aux maladies comme le mildiou, particulièrement en contexte humide.

Le Compromis : Une Solution Nuancée

Plutôt que de trancher en faveur ou en défaveur de la taille, il est préférable de répondre par « ça dépend ». De très nombreux jardiniers choisissent une alternative entre la taille totale et la non-taille totale, à savoir de tailler « un peu » ! On pourra supprimer une grande partie des gourmands et parfois en laisser un ou deux. Le plant de tomates va ainsi se développer sur deux ou trois tiges principales.

Olivier privilégie des plants bien oxygénés, assez taillés, faciles à tuteurer, en veillant à toujours tailler par temps sec. Au final, une grande partie de ses plants sont sur une tige principale. Quelques-uns, notamment des plants greffés toujours très vigoureux, sont sur deux, voire trois tiges principales. Les plants de tomates cerises, eux, buissonnent bien plus conséquemment avec des ficelles qui les encerclent pour tenter de les tuteurer au mieux. Guillaume taille la plupart de ses plants, mais il lui arrive tous les ans de faire des plants un peu moins taillés, et même de laisser des buissons en extérieur.

C'est aux aspirations du jardinier de dicter les bons gestes à réaliser. Envie de laisser faire la nature au risque de « galérer » à tuteurer la culture, au risque de ne voir jamais des gros fruits se développer ? Oui, mais le plant ne sera jamais blessé et fera sa vie. Envie de praticité, d’un jardin éclairci, de plants bien oxygénés, bien en hauteur avec des fruits plus gros ? Eh bien taillez vos tomates ! Envie de trouver un compromis ? On taille par ci, on laisse un gourmand par là. Cela ne compromettra pas vos récoltes, la tomate est si généreuse et vigoureuse !

001 - L'histoire de la tomate

Les Différentes Techniques de Taille

La taille des tomates ne se limite pas à la suppression des gourmands. Plusieurs opérations peuvent être réalisées pour optimiser la croissance et la production.

L'Ébourgeonnage (Suppression des Gourmands)

L’ébourgeonnage consiste à éliminer tous les gourmands, ces jeunes pousses qui se développent entre la tige principale et les différentes tiges secondaires, à l’aisselle des feuilles. Il n’est pas rare d’en voir certains se développer également sur des rameaux secondaires.

Illustration montrant un gourmand de tomate à l'aisselle d'une feuille

  • Quand et comment supprimer les gourmands ? : La suppression des gourmands se nomme aussi ébourgeonnage et s'opère environ un mois après la plantation du pied et ce, jusqu'à l'arrachage du pied car les gourmands poussent sans cesse. L’idéal sera de passer jour après jour pour supprimer les nouveaux gourmands. Il suffira de les pincer entre les doigts pour les couper. Lorsqu'ils sont repérés assez tôt, les gourmands peuvent être retirés à la main. Gardez à l’esprit que plus les gourmands sont petits et plus ils sont faciles à retirer. En revanche, lorsqu’ils sont déjà bien développés (d’un bon centimètre de diamètre), il est préconisé d’utiliser un ciseau ou un sécateur. La taille doit être nette. On coupe à la base du gourmand en faisant attention de ne pas blesser la tige principale et la tige secondaire. Une simple entaille peut être une porte d’entrée à de nombreuses maladies. Faites très attention si vous arrosez votre plant dans les jours qui suivent la taille.

  • Fréquence : Certains jardiniers préconisent une taille tous les 3 jours. Nous vous conseillons en outre de procéder à la taille le matin.

  • Précautions :

    • Évitez d’éliminer trop de gourmands en une seule fois, car trop tailler peut à terme fragiliser vos plants.
    • Ne taillez jamais vos tomates par temps humide, car l’humidité est un vecteur de maladie, en particulier le redouté mildiou. Taillez donc de préférence quand le temps est chaud et sec.
    • Désinfectez régulièrement vos outils de taille.
    • Ne jetez pas tous vos gourmands, car certains d'entre eux peuvent être « bouturés ».

L'Effeuillage (Suppression des Feuilles)

L’effeuillage consiste à supprimer certaines feuilles. En règle générale, aucun outil n’est nécessaire pour ôter certaines des feuilles de vos tomates.

  • Feuilles basses : Les feuilles basses sont les premières à jaunir (phénomène de sénescence). Vous devrez impérativement les supprimer, car au contact du sol, elles pourraient être vectrices de maladies. En intervenant dès le début de croissance de votre plant (les 4 à 6 premiers centimètres), vous éliminerez les premières feuilles qui pourraient venir toucher le sol et propager les maladies.
  • Autres feuilles : Par la suite, de nombreux maraîchers effeuillent les plants au fur et à mesure de l’arrivée à maturité des tomates. Quand le bouquet de tomate est mûr, les feuilles sont coupées à même hauteur, et ainsi de suite jusqu’au sommet du plant. Cela permet de concentrer l’eau et l’énergie dans les bouquets restants et les feuilles restantes. Les « vieilles » feuilles consomment plus de sucres qu’elles n’en offrent au plant, et donc aux fruits. Elles sont en compétition avec les fruits.
  • Avantages : Cette manière de tailler les tomates, leurs feuilles, permet aussi de faire en sorte que la lumière atteigne à nouveau le sol. Et qui dit lumière, dit possibilité de cultiver ! Ainsi, on pourra profiter de cet effeuillage pour mettre en culture au pied des tomates en fin de saison, par exemple, des laitues en septembre. Sur la photo ci-dessous, un léger effeuillage a permis d’en retrouver suffisamment. Après un effeuillage même minime, on retrouve de la place et de la lumière au pied des tomates. Les études de productivité montrent que les plants se développent tout aussi bien, voire mieux, avec une partie du feuillage en moins, tout en économisant de l’eau (jusqu’à 40% d’eau consommée en moins en septembre et octobre).
  • Précautions : Attention toutefois à ne pas trop couper. Vos plants de tomates ont besoin d’un minimum de feuilles pour que le processus de photosynthèse puisse se faire. En règle générale, trois feuilles apparaissent toutes les semaines sur un plant de tomates.

L'Étêtage (Suppression de la Tige Principale)

Enfin, on pourra tailler son pied de tomate au niveau de la tige principale. Cette opération aura tendance à concentrer l’énergie sur les bouquets existants et accélérer leur maturité. Cela peut être fort utile dans des régions où la fraîcheur arrive très vite, trop vite en fin de saison, laissant les tomates vertes et le jardinier tout pâlot.

  • Quand étêter ? : Vous pourrez ainsi étêter les plants au-dessus du sixième/cinquième bouquet, peut-être même quatrième dans les régions les plus froides. L’arrivée à maturité des fruits sera bien accélérée. Le coup de sécateur final en fin de saison de début à fin août selon les régions. Rappelez-vous qu’il faut environ 60 jours entre la fleur et la récolte du fruit. N’hésitez donc pas à supprimer les futures fleurs si c’est « trop tard ».

Cas Particulier des Tomates Cerises

Reste à traiter le cas particulier de la taille des tomates cerises. On isole souvent ce cas précis puisque ici les tomates n’ont pas à bien grossir. On pourra alors bien plus facilement laisser buissonner les plants et récolter à la folie. Seule contrainte, celle du tuteurage et parfois d’un étouffement du plant. Là aussi on pourra jouer de compromis si on le souhaite, laisser quatre, cinq, six gourmands et supprimer les autres pour trouver un bel équilibre. On peut laisser les tomates cerises se développer comme elles le souhaitent, ou intervenir un peu, c’est comme on veut : on ne cherche pas à avoir de grosses tomates.

Entretien Post-Plantation et Gestion des Maladies

Une fois vos plants de tomates bien installés dans le jardin, le véritable travail commence. Pour transformer ces jeunes pousses en plantes productives, une attention régulière est requise.

Arrosage

Les plants de tomates ont besoin de beaucoup d'eau et d'un arrosage régulier pour s'épanouir et porter leurs fruits. Un arrosage irrégulier, avec des périodes de sécheresse suivies de fortes pluies, peut non seulement ralentir la croissance, mais aussi provoquer des problèmes de carence, notamment en calcium.

  • Technique : Arrosez toujours au pied de la plante, en évitant le feuillage. Arrosez de manière constante et modérée. Un système de goutte-à-goutte est idéal, car il délivre l'eau lentement et directement aux racines.
  • Fréquence : La fréquence dépend du type de sol, des conditions météorologiques et de la présence de paillis. Le paillage doit être épais. Les sols auront été enrichis préalablement, car la tomate est gourmande en compost. Il est important que les arrosages soient réguliers, sinon le cul noir risque de s’installer.

Fertilisation

Les tomates sont des plantes gourmandes qui épuisent rapidement les nutriments du sol.

  • Au moment de la plantation : Incorporez du compost riche dans le sol.
  • Pendant la croissance végétative : Une fois la plante bien établie, elle a besoin d'azote (N) pour développer un feuillage sain et luxuriant. Durant le premier mois, vous pouvez effectuer 2 apports de purin d'ortie pour donner un coup de fouet à la croissance.
  • De la floraison à la fructification : Les besoins de la plante changent. Il est temps de réduire l'azote et de privilégier le potassium (K), essentiel au développement, au goût et à la couleur du fruit. Le besoin en calcium et en magnésium est également à son maximum pour assurer des fruits fermes. Il est recommandé, mais pas indispensable, d’ajouter un engrais adapté tous les 15 jours, en particulier en début de production.

Tuteurage

Le tuteurage est crucial, surtout pour les variétés indéterminées, qui peuvent atteindre jusqu'à 2 mètres de haut. Il supporte le poids des fruits, prévient le contact avec le sol (évitant ainsi les maladies et les limaces) et facilite l'entretien général. Tuteurer les tomates, bien que cela ne soit pas indispensable, facilitera largement la récolte. Le feuillage et les fruits, moins humides que s'ils traînaient au sol, n'en seront que plus sains.

  • Matériel : Des tuteurs en bois ou en bambou sont préférables aux tuteurs métalliques, qui peuvent chauffer au soleil. Pour les variétés indéterminées, prévoyez une hauteur d'au moins 2 mètres.
  • Comment attacher ? : Au fur et à mesure de la croissance de la plante, attachez la tige au tuteur avec des liens souples (raphia, ficelle, clips spécifiques). Ne serrez jamais trop fort. D'autres techniques de tuteurage existent : palissage sur ficelles, treillis, tipis, etc.

Gestion des Maladies et Ravageurs

  • Mildiou : Provoqué par des alternances de temps chaud et humide, le mildiou peut se développer très rapidement et gagner feuilles et fruits en quelques jours. On retrouve bien souvent le mildiou dans les régions humides. Les bonnes actions préventives consistent en de bons binages et arrosages au purin d'ortie ou à la tisane de prêle. L'utilisation de cuivre n'est pas recommandée car potentiellement mauvaise pour le sol et les plants. La meilleure solution est donc de cultiver vos plants de tomates sous serre si vous avez un climat relativement humide. En cas d’attaque, éliminer les parties malades et désinfecter les outils.
  • Nécrose apicale (cul noir) : Cette maladie, qui apparaît comme une tache noire et sèche sur le fond du fruit, n'est pas une maladie mais le résultat d'une mauvaise absorption du calcium, liée à des irrégularités dans les apports en eau. Il faut donc bien veiller à arroser de façon extrêmement régulière pour conserver l'équilibre des éléments dans le sol. Si le fruit touché est mûr, couper la partie atteinte et le consommer.
  • Ravageurs : Les principaux ravageurs de la tomate sont les pucerons et les aleurodes (mouches blanches), susceptibles de transmettre des virus. L'installation d'un filet anti-insectes, la pulvérisation de savon noir ou la suppression à la main des foyers sont de bonnes solutions. Les attaques d'acariens sont plus rares mais observables par temps chaud et sec. Outre ces trois maladies principales, les tomates peuvent être victimes d’attaques de noctuelles (chenilles polyphages), d'oïdium ou autres.

Endurcissement des Plants

Il est possible de sortir les plants la journée après la levée et les rentrer le soir pour les endurcir. On peut aussi les mettre dans un tunnel hors gel.

Récolte et Conservation

Idéalement, laissez les fruits mûrir sur la plante pour récolter des tomates bien colorées et savoureuses. La coloration de la peau et la souplesse du fruit au toucher indiquent s’il est temps de récolter.

  • Quand récolter ? : Quand la température baisse régulièrement en dessous de 10°C, il est temps de ramasser tous les fruits restants.
  • Mûrir les tomates vertes : Pour les faire rougir, stockez-les dans un sac en papier avec une pomme ou une banane.
  • Conservation : La tomate est un fruit dit “climactérique”, qui continue à mûrir et à s’enrichir en vitamines et autres antioxydants une fois cueilli. Mieux vaut donc la conserver à température ambiante, ce qui préservera également sa saveur. Fraîches, les tomates doivent être consommées le plus rapidement possible sans passage au froid (qui leur retire une partie de leur saveur).
  • Nettoyage du jardin : Une fois la saison terminée, arrachez les plants. S'ils ont montré des signes de maladie, jetez-les pour éviter de contaminer votre sol.

Utilisation Culinaire et Autres Applications

Crues ou cuites, à condition d’avoir été cultivées dans de bonnes conditions et d’être de saison, les tomates sont d’authentiques régals dont il serait bien difficile de se passer. En salades, farcies, grillées, réduites en sauces, en purées ou coulis, elles se prêtent avec bonheur à toutes les inventions culinaires. Comme exemple de recette, citons les œufs pochés dans une compotée de tomates anciennes.

Le marc de tomate, sous-produit de la transformation industrielle des tomates, est parfois utilisé comme aliment du bétail. Le purin de tomate, obtenu par macération des feuilles et des tiges dans l'eau, serait efficace au jardin pour prévenir ou éloigner certains insectes parasites, notamment les pucerons.

Plat de tomates farcies fraîchement préparées

Récupérer les Graines de Tomate

Pour récupérer les graines de la tomate, c’est très simple ! Il suffit de couper le fruit en deux et récupérer les graines au cœur. La première étape consiste à bien retirer toute la pulpe qui englobe la graine. Pour cela, faites-les tremper dans un récipient rempli d’eau pendant deux à trois jours. Retirez l’eau et rincez les graines à nouveau dans une passoire. Placez-les sur un papier essuie-tout et laissez-les sécher pendant trois semaines dans une pièce sombre, fraîche et aérée. Il ne vous reste plus qu’à les mettre dans un sachet et étiqueter ce dernier en indiquant variété et date. Les graines de tomate ont une durée germinative d’environ quatre ans.

En appliquant ces principes de manière cohérente, vous ne vous contenterez pas de cultiver des tomates ; vous les cultiverez avec expertise, pour une récolte qui récompensera tous vos efforts.

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