Le paillage, également connu sous le terme de mulching, est une technique agroécologique démocratisée, adoptée de façon quasi-systématique dans les jardins en permaculture. Cette méthode consiste à recouvrir le sol d'une couche protectrice de matériaux, appelée paillis ou mulch, afin de le nourrir et de le protéger. Largement utilisée, elle est devenue une technique de base du jardinage, respectueuse de la biodiversité du sol et bénéfique pour les plantes. Au-delà de son aspect esthétique qui peut donner au potager un aspect propre et net, le paillage présente de multiples avantages pour la santé de votre jardin.

Les Multiples Avantages du Paillage
Le paillage est bien plus qu'une simple couverture pour le sol ; c'est un allié précieux pour le jardinier, offrant une panoplie de bénéfices.
1. Économie d'Eau et Maintien de l'Humidité
L'une des fonctions primordiales du paillage est l'économie d'eau. Dès que la température de l'air est supérieure à celle du sol, l'eau s'évapore. Plus la surface du jardin est grande, plus il y a de vent, et plus le taux d'humidité de l'air est faible, plus l'évaporation est forte. Un paillage efficace agit comme une couverture isolante, limitant ainsi ce phénomène d'évaporation. Selon les estimations, un bon paillage pourrait réduire l'irrigation de 40%, voire plus sur certaines cultures gourmandes en eau comme le melon. Il permet d'absorber l'eau et de maintenir l'humidité du sol beaucoup plus longtemps, et ce, même en profondeur. Avant de pailler, il est intéressant de biner la surface superficielle de son sol. L'eau qui s'évapore à la surface du sol attire avec elle l'eau emmagasinée en profondeur par capillarité. Le binage permet de briser les canaux superficiels et donc de garder son sol humide plus longtemps. Il est idéal de biner et de pailler son sol au printemps pour conserver le plus longtemps possible les stocks d'eau constitués en hiver en profondeur.
2. Limitation de la Prolifération des Mauvaises Herbes
Le paillage empêche la lumière d'atteindre la surface du sol, ce qui ne permet pas aux plantes adventices (mauvaises herbes) de germer et de se développer. Ainsi, il constitue un rempart efficace contre la prolifération des herbes indésirables, réduisant considérablement le besoin de désherbage chimique. Il est cependant crucial de désherber avant de pailler, car les vivaces indésirables (chiendent, pissenlit, liseron, etc.) doivent être éliminées, racines et rhizomes compris, car le paillis n'empêchera pas leur pousse.
3. Protection du Sol et Amélioration de sa Structure
Le paillage protège la surface du sol des aléas climatiques. Il évite la surchauffe en été, le vent et le gel en hiver, en maintenant une température plus douce et une humidité constante près de la surface. Cette protection est cruciale pour les racines des plantes et prévient le phénomène de battance (tassement de la terre sous l'action de la pluie) des sols argileux. Vous évitez ainsi la formation d'une croûte imperméable en surface qui empêcherait l'eau des prochaines pluies ou arrosages de s'infiltrer. En utilisant un paillage organique qui finira par se décomposer en humus, vous enrichissez le complexe argilo-humique de votre sol et en augmentez la fertilité. Les paillages nourrissent les sols en se décomposant, contribuant ainsi à améliorer la structure et la vie du sol sur lequel ils sont déposés.
Le paillage au potager : comment améliorer vos récoltes de manière écologique ?
4. Création d'un Refuge pour les Insectes Utiles et Stimulation de la Vie Microbienne
Les matériaux utilisés pour le paillage servent de refuge pour les insectes utiles pendant l'hiver, favorisant ainsi la biodiversité du jardin. De plus, la surface du sol est sujette à des changements réguliers de températures, d'humidité et de concentration en composés organiques. Le paillage permet de conserver ces facteurs les plus constants possible et propices au développement des micro-organismes. Ce sont eux qui rendront les éléments nutritifs (des engrais et amendements) disponibles par leur travail de digestion, un processus appelé minéralisation.
5. Préservation de la Propreté des Fruits et Légumes
Au potager, le paillage permet aux fruits et légumes de rester propres en évitant le contact direct des plantations avec le sol. Cela prévient les éclaboussures et garde les récoltes saines et propres. De plus, cela limite la propagation des spores de champignons pathogènes qui se trouvent sur le sol et peuvent être néfastes pour vos cultures.
6. Amélioration de la Croissance et de la Santé des Végétaux
Le paillage atténue les stress ressentis par les plantes, agissant de façon préventive pour éviter tout trouble de croissance ou sensibilité aux attaques parasitaires. Il peut retarder le réchauffement du sol et le débourrement (l'éclosion des bourgeons) au pied de certains arbres fruitiers en fin d'hiver, ce qui peut être un avantage dans certaines situations.
7. Réduction des Risques de Maladies
Le paillage maintient une atmosphère plus sèche autour des légumes et limite la propagation des spores de champignons pathogènes. L'eau transporte les champignons qui se trouvent sur le sol et qui peuvent être néfastes pour vos cultures. Le paillage vous permettra d'éviter qu'ils ne soient disséminés sur vos plantations.
8. Contribution à l'Esthétique du Jardin
Enfin, le paillage a une vocation esthétique, mettant en valeur les plantes et le design du jardin. Il existe même des paillis colorés qui peuvent être un élément de design à part entière et embellir vos massifs.

Où Appliquer la Technique du Paillage ?
La technique du paillage est versatile et peut être appliquée presque partout dans le jardin. La terre nue étant un état anormal dans la nature, le paillage est la solution idéale pour couvrir le sol.
- Au potager et au verger : Pour les légumes, les fraisiers, les tomates, les melons, et les arbres fruitiers.
- Au pied des arbres, des haies et des massifs : Qu'il s'agisse de jeunes haies, de jeunes arbres et arbustes, de massifs de plantes vivaces ou annuelles.
- Dans les pots et jardinières : Même les plantes en contenants peuvent bénéficier du paillage.
- Dans les allées de serre : Pour améliorer l'aspect esthétique, éliminer les mauvaises herbes et conserver l'humidité du sol.
Choisir le Bon Paillage : Une Question de Matériaux et d'Usage
Le meilleur paillage pour votre jardin dépendra de votre région, des plantes que vous souhaitez faire pousser, et de la durée de protection recherchée. Il existe deux grands types de paillis : les paillis organiques et les paillis inorganiques (ou minéraux).

I. Les Paillis Organiques
Les paillis organiques sont composés d'éléments végétaux et sont biodégradables. Ils se décomposent au fil du temps, ajoutant des éléments nutritifs au sol pour l'enrichir et améliorer sa fertilité. Leur dégradation est plus ou moins rapide, dépendant de leur concentration en lignine.
A. Matériaux Organiques "Verts" (Riches en Azote)
Ces paillis sont le plus souvent constitués de végétaux fraîchement coupés, riches en azote. Ils se décomposent très facilement et rapidement, et leurs éléments nutritifs (azote, minéraux) sont rapidement utilisables par les plantes. Utilisez-les partout, mais surtout sur les cultures à cycle court, au potager ou pour les plantes annuelles, afin de nourrir le sol.
- Tontes de gazon : Un paillage facile d'accès et un bon apport en azote. Il est recommandé de faire sécher légèrement les tontes de gazon avant de les épandre pour éviter la macération et la pourriture. Ne les utilisez pas en couche trop épaisse (5 cm maximum) pour ne pas empêcher l'air et l'eau de circuler.
- Herbes vertes : Disponibles au printemps, elles constituent un meilleur paillis que les tontes de gazon car elles ne prennent pas en masse.
- Herbes sèches : Disponibles au printemps et à l'été, elles sont plus faciles à poser que la paille et se dégradent plus vite.
- Engrais verts : Des plantes cultivées spécifiquement pour être enfouies ou laissées en surface comme paillage. Ils constituent rapidement une source de nutriments. Parmi eux, les orties sont très riches en azote, et la consoude est très riche en potasse.
- Fanes de carottes, navets ou radis : Plutôt que de les jeter, utilisez-les en paillis.
- Fougères : Elles se décomposent en quelques semaines, produisent un humus actif et nutritif. Elles sont aussi un excellent paillis anti-froid.
- Paillis de courte durée de vie : Composés de feuilles tendres (tilleul, noisetier, robinier, charme, prunus, etc.) et de brindilles vertes. Riches en azote, ils se dégradent en quelques semaines.
B. Matériaux Organiques "Bruns" (Riches en Carbone et Lignine)
Ces paillis sont souvent des végétaux ligneux, riches en carbone et lignine. Ils se décomposent plus lentement et peuvent mettre un an ou plus à se dégrader. Ils sont moins nourriciers directement mais structurent durablement le sol et sont stables. Utilisez-les plutôt pour les plantes pérennes : arbres, arbustes, massifs de vivaces, pour structurer le sol.
- Paille : Un résidu issu des cultures céréalières, très facile à étendre sur le sol. C'est un très bon isolant car c'est une tige creuse, et elle empêche efficacement la prolifération des mauvaises herbes. Elle contient peu d'azote mais en se décomposant, elle constitue un très bon humus qui enrichit le sol pour de belles récoltes. Étant un matériau propre, la paille est aussi très utile pour éviter le contact des fruits avec le sol. Elle doit être disposée en couche bien épaisse (environ 7 cm) et se décompose en une année. Elle couvrira mieux le sol si elle est hachée. Elle constitue un rempart efficace contre le froid mais doit être enlevée dès la fin des gelées hivernales afin que le sol puisse se réchauffer convenablement.
- Foin : Plus fin que la paille, il se décompose encore plus rapidement (environ 6 mois) et délivre ses éléments nutritifs plus vite. Le foin provient de la fauche de prairies et peut contenir de très nombreuses graines. Très riche en éléments nutritifs, il est recommandé de laisser reposer le foin frais plusieurs mois pour laisser les graines germer puis mourir.
- Feuilles mortes : L'un des meilleurs matériaux de paillage. Elles enrichiront efficacement le sol de votre potager et sont très abondantes à l'automne. Veillez à suffisamment déchiqueter les feuilles avant de les répandre au sol pour permettre à la terre de respirer et faciliter le travail de décomposition des micro-organismes. Cependant, par prudence, évitez le paillage avec des feuilles de noyer fraîches, car le noyer contient de la juglone, une toxine qui inhibe la croissance de certaines plantes. Les paillis de feuilles coriaces (platane, lierre, érables, laurier-sauce…) sont des paillis de longue durée de vie.
- Copeaux de bois et plaquettes : Esthétique, pratique et uniforme, idéal dans les massifs et potées. Il couvre le sol efficacement et se décompose en 3 à 4 ans. Plus le paillage de bois est gros, moins vite il se décompose. Les paillages les plus fins sont indiqués pour les plantes en pots, ainsi que les massifs de vivaces ou de plantes annuelles. Il est recommandé de ne pas trop l'incorporer à la terre, car il risquerait de consommer de l'azote, privant les autres plantes de celui-ci ; il est donc déconseillé dans les potagers.
- Écorces : Généralement des écorces de pin, qui ont la propriété d'acidifier les sols calcaires. Elles seront les bienvenues pour pailler les pieds des conifères ainsi que les plantes de terre de bruyère, des arbres et arbustes, en évitant les rosiers.
- Bois Raméal Fragmenté (BRF) : Produit du broyage des branches et rameaux d'arbres et arbustes. Il contient des parties vertes et des parties ligneuses. Ce paillage contribue fortement à la vie des sols et est idéal pour les grands massifs ou au pied des arbres.
- Miscanthus : Une plante cultivée qui constitue un excellent paillage pour vos plantes. Il convient pour les plantes vertes, les fruitiers, les légumes et les fleurs. Biodégradable, ce paillage permet de nourrir votre terre, empêche les adventices de se développer et repousse les nuisibles.
- Paillis de lin et de chanvre : Des paillis légers, avec des paillettes de Miscanthus, de lin, de chanvre, ou cosses de sarrasin ou encore cosses de cacao. Ils se décomposent en 2 à 3 ans et sont particulièrement indiqués pour les massifs et potagers avec bordure ou les pots, car ils se dispersent facilement. Les rouleaux de chanvre sont une approche rapide et facile pour pailler votre potager.
- Cosses de sarrasin : Un paillage très fin qui a l'avantage de freiner les limaces. Sa couleur foncée attire et garde la chaleur, le rendant intéressant dans les régions nord et ouest. Il est tout indiqué pour les cultures en pot, ainsi qu'au potager en couche pas trop épaisse.
- Cosses de cacao : Légères et faciles à manipuler, elles apportent de l'azote, du phosphate et de la potasse en se décomposant. Elles ont une odeur assez marquée et se décomposent en un an. Elles s'utilisent principalement dans les massifs fleuris en couche pas trop épaisse, pour ne pas risquer qu'il croûte, voire qu'il moisisse et produise une odeur désagréable.
- Coques de noix et noisettes : Un paillage original et naturel qui contribue à la longue durée de vie.
- Aiguilles de pin : Courantes dans les régions forestières, elles se décomposent lentement et, bien qu'acides, n'auront pas d'impact significatif sur le pH du sol. Ce matériau est plus difficile à étaler mais se tient bien une fois en place.
- Compost grossier et mûr : Également appelé "Mulch", très efficace et nutritif. Les résidus de plantes annuelles et potagères peuvent aussi être coupés, hachés ou broyés en vue de pailler la surface du sol : il s'agit de compostage direct.
- Algues : Riches en potassium, magnésium et oligo-éléments. Si vous résidez en bord de mer, les algues peuvent constituer un paillage intéressant. Il est essentiel d'éliminer le sel qu'elles contiennent pour éviter de brûler les plantations ou de saliniser la terre.

II. Les Paillis Minéraux (Inorganiques)
Ces paillages ne sont pas biodégradables et possèdent donc une durée de vie infinie. Ils sont efficaces pour empêcher le développement des mauvaises herbes et sont adaptés aux jardins secs ou méditerranéens où l'eau est rare. Ils sont à proscrire au potager, le paillage minéral risquant de se mélanger à la terre.
- Graviers, pouzzolane, briques concassées, billes d'argile, paillettes d'ardoise : La pouzzolane est une roche constituée de projections volcaniques riches en silice. Les billes d'argiles, ardoises concassées, débris de poteries sont également utilisés.
- Coquilles d'huîtres ou de moules : Peuvent apporter un effet maritime.
- Paillis de schiste : Un autre type de paillis minéral.
III. Les Paillis Plastiques ou Textiles (Synthétiques)
Ces paillis sont appliqués en toiles tendues sur le sol. Les films plastiques sont plus ou moins biodégradables et restent inesthétiques. Les toiles tissées, en jute ou autres matières textiles, ont aussi comme utilité de retenir efficacement la terre des talus pentus ou les berges d'un plan d'eau. Bien qu'efficaces pour réchauffer le sol et empêcher le développement de mauvaises herbes, ils mettront des décennies à se dégrader en microplastiques et pollueront l'environnement pendant des siècles.
Les Règles d'Or pour un Paillage Efficace
Pour maximiser les bénéfices du paillage et éviter les problèmes potentiels, quelques gestes simples sont à respecter scrupuleusement.
1. Préparation du Sol
- Désherbez avant de pailler : Les vivaces indésirables (chiendent, pissenlit, liseron, etc.) doivent être éliminées (racines et rhizomes compris), car le paillis n’empêchera pas leur pousse. La terre doit être parfaitement désherbée car le paillage n'est pas un désherbant, il permet d'empêcher la pousse des adventices.
- Binez et ameublissez le sol : Avant de procéder au paillage, il est intéressant de biner la surface superficielle de son sol. Le binage permet de briser les canaux superficiels et donc de garder son sol humide beaucoup plus longtemps, et ce, même en profondeur. Étendez des couches de paillis sur un sol ameubli et décompacté.
- Apport de compost : Faites, si possible, un léger apport de compost avant le paillage. Une bonne pratique consiste à étendre une couche de compost bien riche et de couleur noire, de façon à capter les rayons du soleil et favoriser ainsi le réchauffement du sol. En plus de fertiliser la terre, ce paillis de compost permettra de contrer les problèmes de faim d'azote qui risquent de survenir plus tard au moment du paillage.
- Humidifiez le sol : Assurez-vous au préalable que le sol est suffisamment humide avant de pailler. Appliquer un paillis sur un sol sec augmentera encore la sécheresse du sol. Arrosez la terre si nécessaire. En été, lors des grosses chaleurs, épandre le mulch sur le sol humide.
2. Application du Paillis
- Épaisseur de la couche : Étendez des couches de paillis de 3 à 5 cm environ (davantage pour les feuilles mortes) aux pieds des plantes. Épandez le paillage en une couche épaisse de 7 cm environ. Pour les paillis de courte durée de vie ou les matériaux fins comme la tonte de gazon, une couverture de quelques millimètres à un centimètre maximum suffira. Un paillis trop épais risque d'asphyxier le sol et les racines de vos cultures. Plus le paillis est grossier (type écorces) ou aéré (paille, aiguilles de pin…), plus le paillis pourra être épais.
- Ne pas enfouir le paillis : Le paillis doit rester en surface.
- Ne pas recouvrir le collet des plantes : Prenez garde à ne pas recouvrir le collet (point de séparation entre la tige et les racines d'un végétal) des plantes.
- Arrosez après le paillage : Arrosez une fois le paillage mis en place.
- Renouvellement du paillis : Rajoutez du paillis régulièrement pour conserver l’épaisseur initiale, d’autant plus si vos fruits reposent à même le paillage comme les melons. Le paillis doit rester propre et sain.
- Paillis riches en eau : Faites de préférence légèrement sécher les paillis riches en eau (gazon, herbe, etc.) avant de les épandre.
- Mélange et alternance des paillis : Il peut être utile de mélanger et/ou alterner ces différents paillis pour équilibrer les apports et éviter des excès nuisibles. Par exemple, l'accumulation de bois se dégrade lentement et est peu nourrissante. L'acidification des sols due à l'épandage régulier de résidus de conifères est à surveiller. La dégradation trop rapide de résidus riches en eau et fins (tontes de gazon) est également un point d'attention. L'entretien ou la propagation de maladies, dus à l'utilisation sur place (ou sur des plantes de la même espèce) de débris de végétaux malades, doit être évitée.
- Faim d'azote : Le paillage au moyen d’un matériau organique brun riche en carbone (paille, feuilles…) provoque fréquemment une faim d’azote chez les cultures qui se traduit par un jaunissement du feuillage. Ce phénomène vient du fait que les micro-organismes chargés de décomposer le paillis ont un fort besoin en azote, privant les végétaux de cet élément nutritif. Pour contrer cette monopolisation d’azote, il suffit de répandre un engrais organique riche en azote avant de procéder au paillage.

3. Quand Pailler ?
- Début de saison (printemps) : Le paillage doit être réalisé en début de saison mais pas trop tôt, idéalement lorsque le sol est suffisamment réchauffé. Disposer du paillis précocement sur un sol froid empêchera la terre de se réchauffer. Vous nuirez alors au bon développement de certains fruits et légumes exigeants en chaleur (courgettes, tomates, melon…). En conditions météo favorables, le mieux est de patienter jusqu’à la mi-mai avant de procéder au paillage. Si les conditions sont moins favorables ou que vous résidez au nord de la Loire, attendez le mois de juin avant de pailler.
- Automne : En automne, profitez des derniers rayons de soleil pour commencer à pailler. Le sol doit être déjà suffisamment humide et chaud pour favoriser le développement de la vie microbienne. Couvrez le sol après l'avoir rendu plus meuble. Le paillis d'automne a aussi l'avantage de protéger les plantes herbacées du froid. Privilégiez un paillage ligneux riche qui permettra de protéger le sol des intempéries mais aussi et surtout d’enrichir la terre en se décomposant lentement.
- Éviter les conditions extrêmes : Ne paillez pas par vent fort car le paillage risque de s’envoler. Ne paillez pas quand le sol est gelé car le paillis freine le réchauffement.
Le paillage au potager : comment améliorer vos récoltes de manière écologique ?
Précautions Spécifiques
- Sous serre de jardin : Sous une serre de jardin, la forte chaleur nécessite de plus grands apports en eau. Le paillage permettra de limiter les arrosages, tout en apportant également les éléments nutritifs, plus rares sous abri. Veillez par contre à bien aérer votre serre au risque d’engendrer une trop forte humidité et la création de condensation dans la serre, avec le risque d’augmenter le risque de maladies (mildiou, oïdium).
- Au pied des arbres et arbustes : Un paillis au contact direct des arbres est une voie royale pour les parasites et les maladies engendrées par la pourriture. Maintenez toujours le paillis à une distance de 15 à 30 cm de la base des arbres et arbustes.
- Rongeurs, limaces et escargots : Un paillage précoce au printemps risque d’attirer les rongeurs, les limaces et les escargots. Ces derniers apprécient se réfugier dans les paillis à cette saison pour s’abriter de la pluie. Vos plantations auront donc beaucoup plus de risques d’être attaquées. Cependant, certains types de paillage sont très peu appréciés des limaces et des escargots qui évitent de s’y aventurer, protégeant ainsi vos plantations.
- Paillis et incendies : Bien que le risque d’incendies ne concerne pas directement les jardins, certaines régions du sud de la France peuvent limiter les conséquences des feux de végétation grâce à certains paillages ininflammables (cailloux, galets…).
L'Aire Paillée dans l'Élevage Bovin : Une Autre Approche du Confort
Au-delà de son application dans le jardinage, le concept d'aire paillée est également très présent dans le domaine de l'élevage, notamment pour les bovins. Bien que la plupart des nouveaux bâtiments soient conçus en logettes pour gagner de la place et limiter la consommation de paille, l'aire paillée reste appréciée par les éleveurs pour le confort qu'elle procure aux animaux.
Conception d'un Bâtiment en Aire Paillée
- Dimensionnement : Pour le dimensionnement de l'aire paillée, les recommandations sont souvent plus généreuses que les normes. Tandis que la norme peut être de 6,5 m²/VL (vache laitière) pour stocker 2 mois de fumier, les experts recommandent plutôt 8 m²/VL pour assurer un bon confort. Il s'agit de trouver un compromis entre le confort et les coûts.
- Profondeur du bâtiment : Plus le bâtiment est profond, plus la paille sera souillée par les déplacements des vaches. Il est recommandé de ne pas dépasser les 12 m de profondeur. Une largeur de 10 m de l'aire paillée permet généralement d'avoir la même longueur de couchage que de places à l'auge.
- Revêtement du sol : Le sol en terre battue est souvent préféré au béton pour le dessous de l'aire paillée. Le béton est coûteux, moins confortable pour les vaches, avec des risques de glissades, et devient très froid après un curage en hiver. Un sol en terre tempère davantage les écarts de température. L'idéal est de blanchir le sol à la chaux à la construction, puis de recouvrir d'un mélange argile + chaux qui devra être roulé avec un cylindre spécifique pour tenir le plus longtemps possible, jusqu'à 6 à 7 ans.
- Température de la litière : L'aire paillée ne doit pas dépasser les 25-30°C en surface (soit 40°C dans les premiers centimètres). Il faut pouvoir curer avant pour éviter les mammites. La température de la litière est un bon indicateur et doit être prise à plusieurs endroits.
- Aire d'exercice : L'aire d'exercice permet de sortir 40% des déjections. Le choix entre une aire raclée ou des caillebotis dépend de la surface disponible aux abords du bâtiment.

Fréquence de Paillage et Matériel
- Quantité de paille : Il est recommandé de raisonner en kg/m² de couchage (environ 1,2 kg/m² en élevage laitier) plutôt qu'en quantité par bovin. Il faut pailler mais pas trop, pour veiller à ne pas enfermer trop d'air dans la paille, ce qui ferait chauffer le fumier. "Un ébousage vaut deux paillages" : le fait de retourner les bouses sous la paille à la fourche permet d'économiser de la paille et de réduire l'échauffement de la litière.
- Systèmes de paillage :
- Pailleuse à turbine : La plus utilisée, elle souffle la paille jusqu'à 13 m, mais génère beaucoup de poussière.
- Dérouleuse pailleuse : Éparpille la paille (moins de poussière), mais oblige l'éleveur à rouler sur l'aire paillée.
- Pailleuse suspendue : Passe au-dessus des box, génère peu de poussière, mais le chargement peut être limitant.
- Paillage robotisé : Des systèmes fixes qui broient la paille et la soufflent.
Curage et Ventilation
- Fréquence de curage : La fréquence moyenne de curage de l'aire paillée est de 3 semaines à 1 mois.
- Ventilation : Une bonne ventilation est essentielle. Les ouvertures doivent permettre une bonne évacuation de l'humidité. Des brasseurs d'air à pales peuvent être ajoutés pour faire remonter l'humidité du sol, même en hiver à faible vitesse. Une orientation des ouvertures vers l'Est permet une bonne entrée d'air et un assèchement du bâtiment par l'ensoleillement matinal.
Conception d'Aires de Jeux : L'Importance des Revêtements de Sol Amortissants
Dans un contexte différent, mais toujours lié à la couverture du sol, la conception des aires de jeux pour enfants met en lumière l'importance des matériaux amortissants pour la sécurité. Le décret du 18 décembre 1996 (n°96-1136) encadre les exigences de sécurité pour ces espaces.
Sécurité des Aires de Jeux
- Environnement et clôture : Si l'environnement comporte des risques, une clôture doit être envisagée et doit elle-même être sans danger.
- Végétation : Les végétaux qui peuvent blesser, intoxiquer, voire empoisonner les enfants sont à proscrire. Les arbres ne doivent pas présenter de branches basses ou de racines saillantes dans les zones de sécurité. Les plantes piquantes (cactus, chardon, etc.) et toxiques (gui, laurier-cerise, laurier-rose, etc.) sont à éviter ou à isoler.
- Équipements d'aménagement : Bancs, tables, poubelles, bornes d'eau, etc., doivent être suffisamment éloignés des équipements de jeux et respecter les zones de sécurité, sans présenter de risques en eux-mêmes.
- Zones de sécurité : Chaque équipement de jeu doit être implanté de manière à ne pas présenter de risques, avec une zone de sécurité tridimensionnelle dont les dimensions varient selon le type d'équipement.
Choix des Revêtements de Sol
Aucun sol n'est spécifiquement recommandé par la réglementation, mais tous n'ont pas les mêmes capacités d'amortissement.
- Sols non amortissants : Le béton et les enrobés bitumineux n'amortissent aucune chute et sont à proscrire dans les zones d'impact.
- Sols faiblement amortissants : La terre battue et le gazon ont un pouvoir absorbant faible, nul en cas de sécheresse, et deviennent très compacts en cas de forte fréquentation, glissants en cas de pluie. Ils sont à éviter dans les zones d'impact.
- Matériaux fluents (très amortissants) :
- Sable : Excellent amortissant, peu coûteux. Il demande à être aéré régulièrement pour ne pas devenir compact et pour garder son aspect poudreux. Son épaisseur doit être uniformément maintenue. Le sable contenu dans un bac à sable est un aménagement destiné au jeu et requiert un entretien régulier pour l'hygiène (ratissage, retournement, changement périodique).
- Gravillon roulé : Excellent amortissant et naturellement drainant. Il est souhaitable qu'il soit de petit calibre pour éviter que les enfants ne s'en servent comme projectiles. Tous les matériaux fluents requièrent une surveillance particulière pour maintenir leur quantité et leur hygiène.
- Matériaux synthétiques (très amortissants) : Sous forme de sols coulés ou de dalles, ils sont très amortissants et offrent des propriétés absorbantes modulées. Ils sont attrayants par leurs effets décoratifs et leurs couleurs.
Dans toutes les zones où des chutes sont possibles, il faut choisir uniquement des matériaux amortissants, dont le caractère varie en fonction de la hauteur de chute libre. Le sol doit également être résistant et propre, satisfaisant aux conditions d'hygiène pour éviter toute souillure ou contamination.