Entrer en apprentissage, c’est franchir une étape importante. Tu n’es plus seulement étudiant, tu deviens salarié. Ce double statut attire beaucoup de questions : combien vais-je être payé ? Quelles sont mes obligations ? Quels sont mes droits en cas de problème ? En alternance, tu es considéré comme un salarié d’entreprise à part entière. Contrat, rémunération, congés, RTT… Tu bénéficies de l’ensemble des dispositions législatives, réglementaires ou conventionnelles applicables aux autres salariés de l’entreprise.
Le statut en entreprise : un engagement contractuel
En entreprise, tu es salarié·e à part entière. Comme tout salarié, tu signes un contrat de travail, tu touches un salaire, tu as une fiche de paie, des congés payés et tu es affilié·e à la sécurité sociale. Tu es aussi couvert·e en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle. Tu commences à cotiser pour ta retraite, et certaines entreprises proposent aussi des avantages collectifs comme des tickets restaurant, un comité d’entreprise ou une participation aux frais de transport. Ces avantages dépendent de ce que l’entreprise offre à ses autres salarié·es : si eux y ont droit, toi aussi. Sinon, non. Seule la mutuelle santé est obligatoire pour tous les salarié·es, y compris les alternant·es.

Ton contrat prévoit également une période d’essai. Durant cette période, toi comme ton employeur pouvez décider d’arrêter la collaboration, sans avoir besoin de justifier la décision. Elle est fixée à 45 jours de présence effective en entreprise (les jours de l’école ne sont pas comptés). La rupture doit toutefois être formalisée par écrit et transmise aux services compétents. Tu as également droit à un accompagnement pour trouver un nouvel employeur si la rupture intervient. Durant cette période d’essai, tu es tenu·e de respecter ton contrat comme un·e salarié·e classique : assiduité, respect des consignes, restitution du matériel si le contrat s’arrête.
L'encadrement par le maître d'apprentissage
Le contrat d’apprentissage est un contrat de travail particulier. Il se distingue des autres contrats, notamment en ce qu'il prévoit la présence d'un maître d'apprentissage pour accompagner l'apprenti tout au long de sa formation. Désigné par l'employeur, le maître d'apprentissage n'est pas choisi au hasard : des exigences existent pour être sûr que ton maître d'apprentissage peut te former et a des choses à t'apprendre. Il peut s'agir de l'employeur lui-même.
La personne directement responsable de la formation de l'apprenti et assumant la fonction de tuteur est dénommée maître d'apprentissage. Il a pour mission de contribuer à l’acquisition par l’apprenti dans l’entreprise des compétences correspondant à la qualification recherchée et au titre ou diplôme préparé, en liaison avec le centre de formation d’apprentis (CFA). Il doit être titulaire d'un diplôme ou d'un titre relevant du domaine professionnel correspondant à la finalité de ton diplôme ou du titre préparé et d'un niveau au moins équivalent, et justifier d'une année d'exercice d'une activité professionnelle en rapport avec la qualification préparée, ou justifier de deux années d'exercice d'une activité professionnelle en rapport avec la qualification préparée. En outre, il est nécessairement un salarié de l'entreprise, majeur et volontaire.
Il est très important qu'une relation de confiance et de respect mutuel soit instaurée avec ton maître d'apprentissage. Ce dernier est là pour t'aider, te conseiller et t'accompagner tout au long de ta formation. Il est donc important que tu n'hésites pas à lui poser des questions sur le travail, l'entreprise, la formation, les compétences à acquérir, etc. Les textes n’évoquent pas la situation d’une absence prolongée du maître d’apprentissage (dans le cadre, par exemple, d’un congé de maternité, d’un congé parental ou d’un congé pour longue maladie). En outre, l’accompagnement de l’apprenti par un maître d’apprentissage est obligatoire : l’employeur peut donc être sanctionné en cas de non-respect de cette obligation.
Temps de travail, horaires et assiduité
Quand tu es en alternance, ton temps de travail ne se limite pas à l’entreprise : les heures passées en formation comptent aussi comme du travail effectif. Ton contrat prévoit donc une organisation qui combine les deux. En principe, tu es soumis·e à la durée légale de 35 heures par semaine, sauf si la convention collective ou un accord d’entreprise prévoit autre chose.
Si tu es majeur·e, tu es soumis·e aux 35h par semaine (ou plus selon la convention collective). Si tu es mineur·e, tu es limité·e à 35h par semaine avec un maximum de 8h par jour. Le travail de nuit est interdit pour les mineurs (sauf exception très rare). Faire des heures supplémentaires en tant qu’alternant·e, c’est possible, mais pas automatique. Il faut que ce soit autorisé, encadré et compensé. Si tu es mineur·e, les heures supplémentaires sont interdites, sauf dérogation exceptionnelle accordée par l’inspection du travail, ce qui reste très rare.
Le temps de travail, Les 35 heures, Les congés payés, calcul des heures supplémentaires...
Concernant l'assiduité, le temps de travail en centre équivaut au temps de travail en entreprise. Si l’apprenti est absent en centre de formation, l’entreprise est en droit de demander des justifications. A ce titre, l’apprenti doit passer sa carte d’étudiant, remise par son école lors de l’inscription, sur une badgeuse mise à leur disposition sur le site de formation. Si une journée complète d’enseignement est annulée, l’apprenti doit contacter son employeur. L’apprenti doit respecter les 35 heures hebdomadaires en formation : les excédents d’heures en CFA doivent être considérés comme des heures supplémentaires et peuvent faire l'objet d'un lissage annuel. Par conséquent, si le planning de l’apprenti est inférieur à 35h/semaine, il doit rester sur le lieu de formation pour étudier, réviser ou préparer ses examens.
Santé, sécurité et protection au travail
Dès ton embauche, tu dois bénéficier d’une visite d’information et de prévention (VIP). C’est une étape obligatoire et gratuite qui permet de vérifier que ton poste ne présente pas de risques pour ta santé. Elle a lieu dans les trois premiers mois du contrat, ou avant ta prise de poste si tu es mineur·e ou reconnu·e en situation de handicap. Ton entreprise doit aussi veiller à ce que tu travailles dans un environnement sécurisé : le poste doit être adapté à ton profil, les risques doivent être identifiés, et tu dois être informé·e des consignes de sécurité.
Ton rôle, c’est d’appliquer les consignes qu’on t’a données. Même si l’ambiance est détendue ou que tes collègues ne les respectent pas toujours, tu dois porter les protections qu’on t’a fournies et adopter les bons réflexes pour éviter les accidents. C’est ta sécurité qui est en jeu. Si tu ne te sens pas en sécurité dans ton poste, arrête la tâche risquée et préviens ton tuteur·rice ou ton manager tout de suite.
Rémunération et gestion des absences
En tant qu’apprenti·e, tu touches un salaire mensuel, versé à date fixe et accompagné d’une fiche de paie. Le montant dépend de ton âge et de ton année de contrat, avec des pourcentages calculés sur le SMIC. Au 1er janvier 2026, le SMIC est à 1 823,03 euros brut mensuel. Ta rémunération augmente chaque année. Si tu tombes malade ou que tu ne peux pas travailler, tu peux bénéficier d’indemnités journalières de l’Assurance Maladie, à condition d’envoyer ton justificatif médical dans les délais, généralement sous 48 h. Selon la convention collective de ton entreprise, il est possible que tu touches aussi un complément de salaire.

Que ce soit pour ton salaire ou pour un arrêt, tu as une obligation de réactivité : prévenir ton tuteur·rice ou ton manager dès que possible, et transmettre les justificatifs (arrêt maladie, certificat, etc.) sans attendre. Plus tu es clair·e et rapide, moins il y a de risque de blocage.
Congés et droits spécifiques
En alternance, tu as les mêmes droits aux congés que les autres salarié·es de ton entreprise. Tu bénéficies donc de 5 semaines de congés payés par an, posés en accord avec ton employeur. Tu as aussi droit à des congés exceptionnels pour certains événements familiaux (mariage, naissance, décès). Et si tu prépares un examen lié à ton contrat, tu disposes de 5 jours de congé de révision rémunérés, en plus de tes congés habituels. Fini les vacances scolaires, tu es désormais soumis au calendrier du monde du travail.
Si tu es en situation de handicap, tu peux demander des aménagements adaptés pour réussir ton alternance. Cela peut concerner ton emploi du temps (horaires aménagés), ton matériel (logiciels adaptés, poste ergonomique), ou encore l’organisation de tes missions. Dans chaque entreprise et dans chaque école en alternance, il existe un·e référent·e handicap : c’est la personne chargée de t’écouter, d’évaluer tes besoins et de coordonner les solutions. Pour que ces aménagements puissent être mis en place, t# L'alternant : prévenir les absences et comprendre le rôle du tuteur et les règles en entreprise
Entrer en apprentissage, c’est franchir une étape importante, car l’alternant n’est plus seulement étudiant, il devient salarié. Ce double statut attire beaucoup de questions, notamment sur les droits et les obligations, la rémunération, la gestion des absences, et l'encadrement en entreprise. Cet article a pour objectif de détailler ces aspects cruciaux pour tout alternant.

Le statut de l'alternant en entreprise : un salarié à part entière
Dès qu’une entreprise embauche un alternant, il acquiert le statut de salarié. En cette qualité, des droits lui sont garantis par l’employeur, et il dispose des mêmes avantages que n’importe quel employé de l’entreprise. Il bénéficie également de certaines prérogatives dues à son statut d’étudiant.
Droits et avantages du statut de salarié
En entreprise, l’alternant est un salarié à part entière. Comme tout salarié, il signe un contrat de travail, touche un salaire, a une fiche de paie, des congés payés, et est affilié à la sécurité sociale. Il est aussi couvert en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle. Les années d’apprentissage sont prises en compte pour les droits à la retraite, permettant de valider autant de trimestres de retraite que de trimestres d’apprentissage.
De plus, certaines entreprises proposent des avantages collectifs comme des tickets restaurant, un comité d’entreprise ou une participation aux frais de transport. Ces avantages dépendent de ce que l’entreprise offre à ses autres salariés : si eux y ont droit, l’alternant aussi. Seule la mutuelle santé est obligatoire pour tous les salariés, y compris les alternants. L’employeur est également tenu d’assurer la formation professionnelle de l’alternant, de respecter la durée de travail légale de 35 heures par semaine, de lui octroyer l’accès aux services du comité d’entreprise et de prendre en charge les frais de déplacement professionnel.
Contrat et encadrement : le rôle central du maître d'apprentissage ou tuteur
Le contrat d'apprentissage est un contrat de travail particulier. Il se distingue des autres contrats, notamment en ce qu'il prévoit la présence d'un maître d'apprentissage pour accompagner l'apprenti tout au long de sa formation. Un maître d’apprentissage (ou tuteur) est désigné pour accompagner l’alternant dans sa montée en compétences, l’intégrer dans l’équipe et faire le lien entre son école et son entreprise. C’est sa personne référente. Le contrat prévoit également une période d’essai, fixée à 45 jours de présence effective en entreprise (les jours de l’école ne sont pas comptés).
Désigné par l'employeur, le maître d'apprentissage n'est pas choisi au hasard. Des exigences existent pour être sûr que le maître d'apprentissage peut former et a des choses à apprendre à l’alternant. Il peut s'agir de l'employeur lui-même. Le maître d'apprentissage doit :
- Être titulaire d'un diplôme ou d'un titre relevant du domaine professionnel correspondant à la finalité du diplôme ou du titre préparé et d'un niveau au moins équivalent, et justifier d'une année d'exercice d'une activité professionnelle en rapport avec la qualification préparée, OU
- Justifier de deux années d'exercice d'une activité professionnelle en rapport avec la qualification préparée.
En outre, il est nécessairement un salarié de l'entreprise, majeur et volontaire. Selon le Code du travail (Article L6223-5), le maître d'apprentissage a pour mission de contribuer à l'acquisition par l'apprenti dans l'entreprise des compétences correspondant à la qualification recherchée et au titre ou diplôme préparés, en liaison avec le centre de formation d'apprentis (CFA). Cette fonction tutorale peut être partagée entre plusieurs salariés.

Les missions détaillées du maître d'apprentissage
Les missions du tuteur sont les suivantes :
- Accueillir l'alternant dans l'entreprise.
- Lui présenter le personnel et les activités de l'entreprise.
- L'informer de l'ensemble des règles et usages internes à l'entreprise.
- L'accompagner dans la découverte du métier.
- Organiser son poste de travail.
- Lui permettre d'acquérir les savoirs professionnels nécessaires à l'exercice du métier.
- S'informer de son parcours de formation au CFA et de ses résultats.
- Accueillir le formateur du CFA responsable de son suivi en entreprise.
- Évaluer l'acquisition de ses compétences professionnelles.
Il est très important qu'une relation de confiance et de respect mutuel soit instaurée avec le maître d'apprentissage. Ce dernier est là pour aider, conseiller et accompagner tout au long de la formation. Il est donc essentiel que l’alternant n'hésite pas à lui poser des questions sur le travail, l'entreprise, la formation, les compétences à acquérir, etc.
Les devoirs de l'alternant en entreprise
L’alternant est attendu comme un salarié à part entière. Cela signifie être ponctuel, sérieux, respecter les horaires, les consignes de travail et la confidentialité des informations auxquelles il a accès. Il doit également respecter le règlement intérieur de l'entreprise, notamment en ce qui concerne l'interdiction de séjourner dans l’entreprise en dehors des heures autorisées, de venir travailler en état d'ébriété, de consommer de l'alcool à son poste de travail, de distribuer des tracts de revendication, ou de manquer de respect envers ses collègues ou sa direction. L'alternant est soumis aux règles du Code du travail.
Temps de travail et organisation : une durée légale encadrée
Quand l’alternant est en alternance, son temps de travail ne se limite pas à l’entreprise : les heures passées en formation comptent aussi comme du travail effectif. Son contrat prévoit donc une organisation qui combine les deux. En principe, l’alternant est soumis à la durée légale de 35 heures par semaine, sauf si la convention collective ou un accord d’entreprise prévoit autre chose.
Spécificités pour les alternants mineurs et majeurs
Ce cadre change selon que l’alternant est majeur ou mineur :
| Caractéristique | Si l'alternant est majeur | Si l'alternant est mineur |
|---|---|---|
| Durée hebdomadaire | 35h par semaine (ou plus selon convention) | 35h par semaine max |
| Heures supplémentaires | Autorisé si encadrées | Interdites sauf dérogation exceptionnelle accordée par l’inspection du travail (très rare) |
| Durée journalière | Soumis aux règles générales de l’entreprise | 8h par jour maximum, sauf dérogation dans la limite de 5 heures par semaine, si accordée par l'inspecteur du travail après avis du médecin du travail |
| Travail les jours fériés | Possible selon les règles de l'entreprise | Non travaillés (sauf secteurs autorisés) |
| Travail de nuit | Possible selon le secteur | Pas de travail entre 22h et 6h (sauf exception) |
| Repos hebdomadaire | Au minimum de 24 heures consécutives | 2 jours consécutifs de repos par semaine |
Ces règles sont là pour protéger la santé et l’équilibre de l'alternant, surtout s’il est encore en formation initiale. Il est important de ne laisser personne dire qu’il est normal de dépasser ces limites.
Le temps de travail, Les 35 heures, Les congés payés, calcul des heures supplémentaires...
Heures supplémentaires : conditions et interdictions
Faire des heures supplémentaires en tant qu’alternant est possible, mais pas automatique. Il faut que ce soit autorisé, encadré et compensé. L’employeur doit respecter la durée maximale du travail prévue par la loi ou la convention collective. Les heures supplémentaires doivent être justifiées et comptabilisées. Elles donnent droit à un paiement majoré ou à un repos compensateur, selon ce qui est prévu dans l’entreprise. L’alternant ne doit jamais s’imposer des heures supplémentaires lui-même. C’est l’entreprise qui décide, dans le respect de la loi. Si l’alternant est mineur, les heures supplémentaires sont interdites, sauf dérogation exceptionnelle accordée par l’inspection du travail.
Assiduité et respect des horaires : les obligations de l'alternant
L’alternant est responsable du respect des horaires définis par son entreprise et son organisme de formation. Cela signifie arriver à l’heure, suivre le planning et prévenir en cas de retard ou d’imprévu. Même si l’entreprise fonctionne en horaires variables ou “à la cool”, l’alternant doit toujours savoir quand il doit être là et ce qu’il doit faire. Tout manquement à l’assiduité en cours est équivalent à une absence injustifiée du lieu de travail.
Santé et sécurité au travail : une priorité absolue
Dès son embauche, l’alternant doit bénéficier d’une visite d’information et de prévention (VIP). C’est une étape obligatoire et gratuite qui permet de vérifier que son poste ne présente pas de risques pour sa santé. Elle a lieu dans les trois premiers mois du contrat, ou avant sa prise de poste si l’alternant est mineur ou reconnu en situation de handicap.
Rôle de l'entreprise et de l'alternant en matière de sécurité
L’entreprise doit aussi veiller à ce que l’alternant travaille dans un environnement sécurisé : le poste doit être adapté à son profil, les risques doivent être identifiés, et l’alternant doit être informé des consignes de sécurité. Si son activité l’exige, des équipements de protection individuelle (EPI) doivent lui être fournis : casque, gants, blouse, etc.
Le rôle de l’alternant est d’appliquer les consignes qui lui ont été données. Même si l’ambiance est détendue ou que ses collègues ne les respectent pas toujours, il doit porter les protections fournies et adopter les bons réflexes pour éviter les accidents. C’est sa sécurité qui est en jeu.
Rémunération et gestion des absences : connaître ses droits et devoirs
En tant qu’apprenti, l’alternant touche un salaire mensuel, versé à date fixe et accompagné d’une fiche de paie. Le montant dépend de son âge et de son année de contrat, avec des pourcentages calculés sur le SMIC. Sa rémunération augmente chaque année. Le salaire minimum de l'apprenti évolue en fonction de son âge et de sa progression au sein d'un même cycle de formation dans l'apprentissage. Il peut être supérieur au minimum légal.
Barème de rémunération en alternance (au 1er novembre 2024)
| Âge de l’apprenti | 1ère année | 2ème année | 3ème année |
|---|---|---|---|
| Moins de 18 ans | 27 % = 486,49 € | 39 % = 702,70 € | 55 % = 990,99 € |
| 18 - 20 ans | 43 % = 774,77 € | 51 % = 918,92 € | 67 % = 1 207,21 € |
| 21 - 25 ans | 53 % = 954,95 € | 61 % = 1 099,10 € | 78 % = 1 405,40 € |
| 26 ans et + | 100 % = 1 801,80 € (ou plus si convention plus favorable) |
Note : Au 1er janvier 2026, le SMIC est à 1 823,03 euros brut mensuel, soit 1443,11 euros net mensuel.
Les Licences Professionnelles et Master 2ème année doivent être considérés comme une 2ème année pour le calcul de la rémunération.
Absences et arrêts maladie : procédures et indemnités
Si l’alternant tombe malade ou ne peut pas travailler, il peut bénéficier d’indemnités journalières de l’Assurance Maladie, à condition d’envoyer son justificatif médical dans les délais (généralement sous 48 h). Selon la convention collective de son entreprise, il est possible qu’il touche aussi un complément de salaire.
Cependant, toute absence en cours ou en entreprise doit être justifiée. Le temps de travail en centre équivaut au temps de travail en entreprise ; de fait, si l’apprenti est absent en centre de formation, l’entreprise est en droit de demander des justifications. Pour son salaire ou pour un arrêt, l’alternant a une obligation de réactivité : prévenir son tuteur ou son manager dès que possible, et transmettre les justificatifs (arrêt maladie, certificat, etc.) sans attendre. Plus il est clair et rapide, moins il y a de risque de blocage.
Congés et jours de repos : des droits identiques aux autres salariés
En alternance, l’alternant a les mêmes droits aux congés que les autres salariés de son entreprise. Il bénéficie donc de 5 semaines de congés payés par an (soit 2,5 jours par mois travaillé), posés en accord avec son employeur. Il a aussi droit à des congés exceptionnels pour certains événements familiaux (mariage, naissance, décès). Et s’il prépare un examen lié à son contrat, il dispose de 5 jours de congé de révision rémunérés, en plus de ses congés habituels, à prendre dans le mois qui précède les épreuves. Tous ces congés sont rémunérés, l’alternant ne perd jamais de salaire.
L’alternant doit poser ses congés en respectant les règles de l’entreprise (calendrier, validation du manager ou du service RH). Les jours de révision doivent être demandés officiellement, souvent avec un justificatif de son école.

Période d’essai et rupture du contrat d'alternance
Comme tout contrat de travail, celui de l’alternance comporte une période d’essai, fixée à 45 jours de présence effective en entreprise (les jours de l’école ne sont pas comptés). Pendant cette période, l'alternant comme son employeur peuvent décider d’arrêter la collaboration, sans avoir besoin de justifier la décision. La rupture doit toutefois être formalisée par écrit et transmise aux services compétents.
Modalités de rupture du contrat
La rupture du contrat d'apprentissage peut intervenir :
- Par l’entreprise, pour force majeure : faute grave de l'alternant, inaptitude constatée par le médecin du travail (sans obligation de reclassement) ou en cas de décès de l’employeur ou du maître d'apprentissage (dans le cadre d'une entreprise unipersonnelle).
- Par l’entreprise lorsque l’alternant est définitivement exclu du CFA. Dans ce cas, le CFA ou l’alternant peut saisir le médiateur de l’apprentissage auprès de la chambre de commerce et d'industrie (CCI).
- Par l’alternant, après respect d'un préavis.
L’alternant a également droit à un accompagnement pour trouver un nouvel employeur si la rupture intervient. Durant cette période d’essai, l’alternant est tenu de respecter son contrat comme un salarié classique : assiduité, respect des consignes, restitution du matériel si le contrat s’arrête. S’il choisit de quitter l’entreprise, il doit le faire de manière claire et respectueuse, en suivant la procédure écrite.
Être apprenti en situation de handicap : droits et appuis spécifiques
Si l’alternant est en situation de handicap, il peut demander des aménagements adaptés pour réussir son alternance. Cela peut concerner son emploi du temps (horaires aménagés), son matériel (logiciels adaptés, poste ergonomique), ou encore l’organisation de ses missions. Ces aménagements sont un droit, pas une faveur.
Le référent handicap : un interlocuteur clé
Dans chaque entreprise et dans chaque école en alternance, il existe un référent handicap : c’est la personne chargée d’écouter l’alternant, d’évaluer ses besoins et de coordonner les solutions. Pour que ces aménagements puissent être mis en place, l’alternant doit exprimer clairement ses besoins et fournir les documents nécessaires (par exemple, une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé - RQTH). Plus il partage d’informations précises, plus l’entreprise et son école pourront adapter son parcours. Les alternants en situation de handicap peuvent bénéficier d’une quatrième année de formation.

Les interlocuteurs en entreprise : savoir à qui s'adresser
Quand l’alternant est en alternance, il n’a pas à tout gérer seul : plusieurs personnes peuvent l’aider selon le problème rencontré. Le plus important, c’est de savoir à qui s’adresser directement.
- Au quotidien : son tuteur ou son manager direct.
- Pour son salaire ou son contrat : le gestionnaire de paie ou le service RH.
- Pour la santé et la sécurité : le service de santé au travail.
- Pour un aménagement lié au handicap : le référent handicap, dans son entreprise ou son CFA.
- En cas de conflit persistant avec son employeur : le médiateur de l’apprentissage, un tiers neutre et gratuit qui aide à trouver une solution sans procédure lourde.
Il est crucial de jouer le jeu en posant ses questions et en expliquant ce qui bloque. Plus l'alternant est clair, plus les solutions arriveront vite.
Réponses aux questions courantes et situations concrètes
Que faire si l'on me confie des tâches sans lien avec ma formation ?
Il est important d'expliquer à son tuteur que l'on souhaite progresser sur des missions liées au diplôme préparé. Si la situation persiste, il faut alerter son école qui doit veiller à la cohérence de la formation.
Que faire si mon manager refuse un jour de cours au CFA ?
Il faut lui rappeler que les jours de cours font partie intégrante du contrat. Si le refus persiste, il faut en informer son tuteur puis son CFA. En dernier recours, il convient de prévenir le médiateur de l’apprentissage. Il est à noter que la présence en formation est une obligation et est justifiée par le pointage de la carte d'étudiant. Les apprentis sont soumis à la durée légale du travail, qu’ils soient dans l’entreprise ou en CFA. Les excédents d’heures en CFA doivent être considérés comme des heures supplémentaires, elles peuvent faire l'objet d'un lissage annuel qui peut être indiqué sur le calendrier de l'alternance.
Ma paie n’est pas tombée : quelles étapes concrètes suivre ?
Il faut commencer par demander au gestionnaire de paie si le virement a été fait. Si rien ne change, il convient de relancer son manager et la personne en charge de la paie au sein de l’entreprise.
Je ne me sens pas en sécurité à mon poste : que faire immédiatement ?
Il faut arrêter la tâche risquée et prévenir son tuteur ou son manager tout de suite. Si le danger persiste, il faut contacter le service de santé au travail ou son école.
On me programme un jour férié : comment savoir si c’est autorisé ?
Si l'alternant est majeur, il suit les règles de l’entreprise. Si l'alternant est mineur, c’est interdit sauf rares dérogations : il faut vérifier auprès des RH ou de son école avant d’accepter.
Cas pratique : l'absence de présence suffisante du maître d'apprentissage
Une gérante de plusieurs salons de beauté, ayant engagé plusieurs apprenties et s'étant portée maître d'apprentissage pour l'une d'entre elles, s'est vue reprocher de ne pas assurer une présence suffisante pour la formation de son apprentie. Les informations qu'elle avait fournies lors du contrôle avaient été jugées « trop imprécises pour établir qu'elle aurait été suffisamment disponible pour contribuer à l'acquisition par son apprentie des compétences correspondant à la qualification recherchée ». Cela souligne l'importance pour le maître d'apprentissage de documenter son accompagnement et sa disponibilité. Les textes n’évoquent pas la situation d’une absence prolongée du maître d’apprentissage (dans le cadre, par exemple, d’un congé de maternité, d’un congé parental ou d’un congé pour longue maladie). Cependant, l’accompagnement de l’apprenti par un maître d’apprentissage est obligatoire : l’employeur peut donc être sanctionné en cas de non-respect de cette obligation. Aussi, en cas d’absence prolongée du maître d’apprentissage, il convient de désigner un autre maître d’apprentissage, sauf si une équipe tutorale a été constituée. Le changement de maître d’apprentissage en cours de contrat implique de conclure un avenant au contrat initial sauf si le contrat d’apprentissage initial avait prévu un second maître d’apprentissage (composant une équipe tutorale qui se substitue automatiquement au premier en cas de défaillance).