L'Art Subtil de l'Arrosage des Bonsaïs : Techniques, Sources d'Eau et Gestion Optimale

L'arrosage représente sans doute l'aspect le plus délicat et crucial dans la culture des bonsaïs. Contrairement aux arbres dans leur milieu naturel qui puisent l'eau grâce à leurs racines profondes, un bonsaï en pot dépend entièrement de l'intervention humaine pour son apport hydrique. Un arrosage mal géré, qu'il soit insuffisant ou excessif, peut rapidement mettre l'arbre en péril. L'eau est pourtant primordiale pour toute forme de vie, jouant un rôle multifacette pour la survie et la prospérité du bonsaï.

L'arrosage n'est pas une simple action d'apport d'eau. Il permet bien évidemment l'assimilation de l'eau par le système racinaire, essentielle à la plante, mais il favorise aussi le renouvellement d'oxygène dans le substrat, la propagation de l'engrais, le rafraîchissement de la motte, et même l'application de protections phytosanitaires. Le simple fait d'arroser préserve la vie végétale et microbienne, assurant un apport de macro-éléments vitaux. Tout comme nous, un arbre a besoin de s'abreuver, de respirer et de se nourrir. Imaginez-vous, dans une boîte, hors de votre milieu naturel, sans la moindre ressource, ni eau, ni nourriture, ni air. Pas assez d'eau, pas assez de nourriture, ou pas assez d'air, et notre santé déclinerait rapidement.

Les plantes se nourrissent de CO2 grâce aux stomates situées principalement sur leur feuillage. Or, l'eau, dont les plantes sont composées à 70-95%, s'évapore par ces stomates. L'arrosage permet donc principalement la compensation de cette perte d'eau, comme un mammifère qui doit boire après avoir transpiré. Cette compréhension souligne l'importance capitale de l'arrosage et le danger que représente son oubli, tout comme son excès. Cependant, l'efficacité de cette action peut être influencée par la composition même de l'eau utilisée. Il est donc essentiel de connaître les différentes sources et types d'eau exploitables ou non.

La Qualité de l'Eau : Un Facteur Déterminant

L'eau nécessaire à l'arrosage doit être douce, avoir un pH neutre et être aussi propre que possible. La qualité de l'eau utilisée est un facteur fondamental pour la santé à long terme de vos bonsaïs.

Schéma comparatif de la composition de l'eau de pluie et de l'eau du robinet

L'Eau de Pluie : L'Idéal Naturel

L'idéal est d'utiliser l'eau de pluie. En plus d'être économique, l'eau de pluie est naturelle, ne contient pas de chlore et elle est riche en minéraux essentiels à votre bonsaï. Il ne faut pas oublier qu'un arbre dans son milieu naturel est nourri à l'eau de pluie. Cependant, la situation climatique ne permet pas à elle seule un arrosage suffisamment régulier pour jouer ce rôle. Des solutions de récupération étant possibles, comme l'installation de citernes surélevées, cette qualité d'eau reste à privilégier. Si vous disposez d'une maison, d'un jardin ou d'une terrasse, vous pouvez récupérer l'eau de pluie dans un récipient ou grâce à un système de récupération d'eau.

L'Eau Courante (du Robinet) : Précautions et Améliorations

L'eau courante, fournie par le service public, est également convenable, mais à certaines conditions de précaution. L'eau du robinet est la solution la plus simple pour arroser vos bonsaïs, car elle est disponible 24h/24h et ne dépend pas de la météo. Cependant, elle présente quelques désavantages à connaître.

Esthétiquement d'abord, la teneur en calcaire laisse des traces sur le feuillage et le pot, imposant un nettoyage régulier. La teneur en chlore peut provoquer une chlorose, qu'il convient de pallier par l'apport de fer dans le substrat. L'eau de ville est souvent riche en calcaire et en chlore, ce qui peut être néfaste pour certaines espèces, comme le bonsaï Azalée. C'est une espèce acidophile qui n'apprécie pas d'être arrosée avec de l'eau calcaire. En utilisant cette eau, il est également possible de voir apparaître des taches blanchâtres sur le feuillage ou des dépôts blancs autour de la base du tronc.

Si vous n'avez aucun autre moyen que d'utiliser de l'eau du robinet, sachez qu'il existe des méthodes afin de neutraliser le chlore et le calcaire :

  • Faire bouillir l'eau : Une première méthode consiste à faire bouillir de l'eau afin de neutraliser le calcaire et de la laisser refroidir dans un récipient ouvert pendant quelques heures. Cette technique est intéressante, mais devient vite pénible si vous disposez de quelques arbres.
  • Filtrer l'eau : Une seconde technique consiste à filtrer l'eau du robinet à l'aide d'une carafe filtrante Brita ou d'un adoucisseur à fixer sur le robinet. Cette technique efficace pour quelques bonsaïs devient très vite coûteuse si vous en disposez de plus d'une dizaine.
  • Laisser reposer l'eau : La solution la moins coûteuse et la plus simple est de laisser reposer l'eau du robinet dans un récipient, un arrosoir ou une bouteille pendant quelques jours. Cette technique est intéressante afin de laisser s'évaporer le chlore de l'eau avant d'arroser vos bonsaïs. La méthode présente également l'avantage d'arroser vos bonsaïs avec une eau à température ambiante, évitant ainsi un choc thermique. Il est conseillé de stocker en permanence une à deux bouteilles d'eau du robinet pour toujours disposer d'une réserve d'eau prête à l'emploi et à la température idéale.

Les Outils d'Arrosage : Adapter le Matériel à la Pratique

Le choix du matériel d'arrosage dépend de la taille de votre collection, de votre disponibilité et de vos préférences personnelles.

LES 7 ASTUCES POUR DÉBUTER LA PRATIQUE DU BONSAÏ ! 🌱 NEJIKAN BONSAI 🌱

L'Arrosoir : La Méthode Traditionnelle et Précise

Le moyen traditionnel reste l'arrosoir. Il peut être fabriqué en cuivre, en acier inoxydable, en laiton ou en plastique, de forme "classique" ou de tradition japonaise. Il présente autant de particularités liées au bonsaï que de côtés pratiques. Son long col permet l'arrosage et le bassinage de sujets plus ou moins grands, et plus ou moins éloignés sur l'étagère où ils sont exposés. Sa pomme est percée d'une multitude de trous fins pour un arrosage copieux et doux à la fois, tout en ayant un écoulement étroit pour gérer la pression dans le col et à la sortie. Ses poignées sont également pensées pour limiter l'effort. Ses avantages les plus intéressants sont la simplicité d'application et de dosage des engrais liquides, l'utilisation simple de l'eau de pluie par citerne surélevée, sa pression et sa précision contrôlées. Un arrosoir à bonsaï doit impérativement être muni d'une pomme finement percée. Celle-ci permet d'arroser votre bonsaï avec la méthode de bassinage afin de simuler une pluie fine et de ne pas expulser le substrat hors du pot à cause d'un jet trop fort. Les pommes d'arrosoir pour bonsaï sont souvent plus étroites que les arrosoirs classiques pour permettre un arrosage plus précis, très utile pour les petits sujets comme pour les plus grands bonsaïs. La capacité de l'arrosoir dépend du nombre de bonsaïs que vous disposez. Si vous avez un seul bonsaï, un arrosoir de 0,7 L suffit, mais il montre vite ses limites si vous disposez de quelques bonsaïs. Dans ce cas, préférez un arrosoir de 5L. Évidemment ce type d'arrosoir n'est pas restreint à l'arrosage du bonsaï, vous l'utilisez pour arroser vos tulipes, vos rosiers, etc.

Le Tuyau d'Arrosage : L'Intermédiaire Polyvalent

Le tuyau d'arrosage est le moyen "intermédiaire" entre tradition et automatisation. Celui-ci est polyvalent dans ses équipements, ses dimensions, son encombrement et sa durée de vie. Composé de matériaux non poreux et non gélifs (en théorie et sur un équipement de bonne qualité), il peut être implanté à l'extérieur de façon permanente (enrouleur mural, crochet d'enroulement, etc.), amovible et donc rangeable à chaque utilisation ou par saison (enrouleur classique, en chariot, mural amovible, etc.). Son avantage est sa rapidité d'utilisation, son ergonomie et son faible poids/encombrement. Celui-ci peut être équipé d'accessoires plus variés que l'arrosoir : doseur-diffuseur d'engrais liquide, clips rapides, raccords divers, minuteur, arroseurs automatiques, et peut prendre sa source où l'on souhaite selon la situation et les besoins : récupérateur d'eau de pluie, eau courante, ou pompe. Pour une collection ou plusieurs bonsaïs d'extérieur, vous pouvez arroser à l'aide d'un tuyau d'arrosage. Cependant, il doit être impérativement muni d'une lance ou d'un pistolet d'arrosage à pression réglable. Et doit être réglé à basse pression (minimum) afin que l'eau n'expulse pas le substrat hors du pot. En été, lorsque le tuyau d'arrosage a été exposé longtemps au soleil, il faut avant d'arroser le bonsaï, laisser écouler l'eau pendant quelques secondes afin de le refroidir.

La Bouteille d'Eau : Une Solution Simple pour Appartement

Si vous vivez en appartement ou que vous ne disposez pas d'un extérieur, il est très difficile d'arroser ses bonsaïs avec un arrosoir. Dans ce cas, préférez l'arrosage à l'aide d'une simple bouteille. Mais sachez que cette solution présente le désavantage de ne pas pouvoir être compatible avec le bassinage. En effet, la pression d'eau est trop forte pour pouvoir utiliser cette méthode. Vous devrez à la place arroser uniquement le substrat tout en faisant attention à ce qu'il ne sorte pas de son pot.

La Vaporisation ou Brumisation : Un Complément à l'Arrosage

Il ne faut pas confondre arrosage et vaporisation. Cette technique, autrement appelée brumisation, ne remplace pas l'arrosage, mais elle le complète. Elle permet uniquement d'augmenter de manière très ponctuelle le taux d'humidité. La vaporisation est plus souvent utilisée pour les apports d'engrais foliaires ou lors de traitements. En été, vaporiser ou brumiser de l'eau sur le feuillage d'un bonsaï d'extérieur est peu efficace, car l'effet n'est pas durable. Il peut même être néfaste en cas de canicule.

L'Arrosage Automatique : Confort et Automatisation

Le système d'arrosage automatique a, lui aussi, ses avantages comme ses inconvénients. Filière en plein pic, ses accessoires et équipements sont en constante évolution. Pouvant être utilisé de manière constante ou ponctuelle (absences ponctuelles ou de moyenne durée), il apporte un soutien non négligeable en fonction de l'étendue de la pratique concernée. Sous toutes les échelles, son utilisation est réglable, comme son flux, et amovible. Pouvant prendre sa source sur l'eau courante, comme sur une pompe pour citerne, il ne demande qu'une alimentation électrique (équipée en extérieur et normalisée de préférence). Ce mode d'arrosage est particulièrement intéressant lors des absences prolongées, ou en période de forte chaleur, si vous possédez une importante collection d'arbres.

Ses inconvénients restent cependant non négligeables. En effet, le coût de l'équipement (selon l'installation) reste important, et la gestion de la pression demande un sur-équipement au fur et à mesure que la longueur augmente. La méthode de culture doit y être adaptée, et ce point est des plus importants : l'arrosage automatique ne peut déterminer si le substrat nécessite ou non un arrosage et arrosera quoi qu'il arrive aux horaires fixés par le pratiquant. Une adaptation du substrat ou des fréquences et importances des arrosages est primordiale ! Enfin, ce type de matériel demande un entretien plus poussé, surtout si votre eau courante a une teneur importante en calcaire, les dimensions des cavités et sections de tuyaux étant plus étroites.

Chaque personne a ainsi les moyens matériels pouvant correspondre à sa pratique et ses envies. Êtes-vous plus à même de contrôler chacun de vos arbres lors de leurs arrosages ? Privilégiez alors l'arrosoir ou le tuyau d'arrosage. Vous êtes souvent absent, ou avez une activité avec une large amplitude horaire ? Pensez à l'arrosage automatique et pourquoi pas vous y former.

Système d'arrosage automatique pour bonsaï

La Fréquence d'Arrosage et les Besoins en Eau : Quand et Comment Arroser ?

Nous entrons dans le vif du sujet, tant de l'arrosage que de la culture même, le plus difficile à maîtriser. Comme dit précédemment, un manque d'arrosage peut tuer un végétal, mais un excès tout autant, si ce n'est plus. La détermination se fait donc au cas par cas. On ne peut pas arroser mécaniquement trois fois par jour un érable et un pin côte à côte sans se soucier de l'état de la motte, du type de substrat, des besoins en eau de la plante, etc. Définir une fréquence d'arrosage précise d'un bonsaï est pratiquement impossible tellement les facteurs d'assèchement du sol sont nombreux. Par conséquent, il est important d'observer son bonsaï régulièrement et de connaître quelques facteurs qui peuvent influer sur le cycle d'arrosage et la quantité d'eau à donner à son bonsaï. Mais d'une manière générale, plus le bonsaï est exposé au soleil, à la lumière, et disposé dans un petit pot, plus il faudra l'arroser. Tout en tenant compte de l'espèce, du substrat, etc.

Les Facteurs Influant sur la Fréquence d'Arrosage

La question "Quand devons-nous arroser ?" paraît des plus simples mais se veut des plus vastes en réponse. On peut se dire qu'un arbre en pot va avoir besoin de nous lors de fortes chaleurs, exposition ensoleillée, ou parce qu'il est abrité. Mais la réflexion se veut plus complète.

  1. Besoins Différents Selon les Espèces : Chaque espèce a des besoins différents. Les espèces d'extérieurs comme l'érable, l'orme de Chine… devront être arrosées plus souvent qu'une espèce tropicale cultivée en intérieur comme le ficus. Cultivé en extérieur, le bonsaï est exposé au soleil, à la lumière et au vent, ce qui l'assèche plus rapidement. Cependant, la pluie peut changer la fréquence d'arrosage. Certaines espèces préfèrent un sol légèrement plus sec entre les arrosages, tandis que d'autres nécessitent une humidité constante. Par exemple, les pins sont connus pour préférer un sol légèrement plus sec. Arrosez-les en profondeur et laissez le substrat sécher légèrement avant le prochain arrosage. Évitez les arrosages excessifs qui pourraient causer la pourriture des racines. Les ficus apprécient une humidité constante mais ne tolèrent pas les sols détrempés. Arrosez-les lorsque la couche supérieure du sol commence à sécher légèrement. En été, lorsque la croissance est plus active, l'arrosage peut être plus fréquent. Les genévriers ont tendance à préférer un sol légèrement humide mais bien drainé. Arrosez-les de manière régulière, en vérifiant que le sol ne sèche pas complètement entre les arrosages. Évitez les arrosages excessifs qui pourraient entraîner la pourriture des racines.
  2. L'Arrosage au Fil des Saisons : La régularité est donc recherchée, tout comme pour nous : boire régulièrement, manger à heures fixes, nous sont des messages communiqués en permanence pour notre santé. Il en est de même de nos protégés. Mais, comme nous, être régulier ne veut pas dire s'adapter. Lors de fortes chaleurs, ou au contraire, durant l'hiver, il faut savoir apprendre à adapter son arrosage.
    • Printemps : Arrosez le substrat en le laissant sécher entre deux arrosages. Assurez-lui un arrosage complet, à renouveler dès que le substrat a séché en surface.
    • Été : Pendant les mois d'été chauds, lorsque l'évaporation est plus élevée, vous devrez peut-être arroser plus fréquemment, en moyenne 1 à 2 fois par jour. Arrosez bien plus souvent, tous les matins et tous les soirs à la fraîche. N'exposez pas votre petit arbre au soleil brûlant, préférez une exposition ombragée. Un bonsaï tropical cultivé en intérieur devra être arrosé plus fréquemment en été, où il fait plus chaud à cause du soleil et de l'air sec provoqué par le chauffage. En extérieur, il faudra arroser plus fréquemment un bonsaï en été, car le soleil est plus fort, les températures sont plus élevées et exposées à des vents desséchants.
    • Automne : Attendez que le substrat soit légèrement sec en surface avant d'arroser à nouveau. Arrosez le pot s'il ne profite pas des pluies de saison. En automne, il est possible que le bonsaï soit exposé à des pluies abondantes, ce qui peut modifier la fréquence d'arrosage.
    • Hiver : Pendant les mois d'hiver, lorsque la croissance est plus lente, réduisez la fréquence d'arrosage. Les bonsaïs ont besoin de moins d'eau pendant cette période. Un bonsaï tropical cultivé en intérieur devra être arrosé plus fréquemment en hiver, où il fait plus chaud à cause du chauffage. En hiver, il est possible que le bonsaï soit exposé à des pluies abondantes, ce qui peut modifier la fréquence d'arrosage. Diminuez la fréquence d'arrosage. Pour les bonsaïs d'intérieur, gare au chauffage qui sèche l'air ambiant.
  3. Le Soleil et la Lumière : Le soleil est un élément important qui influence la fréquence d'arrosage. En effet, la lumière et les rayons du soleil peuvent chauffer le bonsaï et son pot et ainsi augmenter l'évaporation de l'eau et la transpiration végétale, et ce même en hiver. De façon simpliste, on peut dire que plus un arbre est exposé au soleil durant la journée, plus la fréquence d'arrosage est augmentée. Cependant, il faut également savoir qu'un bonsaï recevant un soleil matinal séchera moins vite qu'un bonsaï placé au soleil durant l'après-midi. Plus le bonsaï est exposé au soleil, à la lumière, et disposé dans un petit pot, plus il faudra l'arroser.
  4. L'Exposition au Vent : Le vent se veut plus votre ennemi que le soleil pour ce qui est de notre sujet. En effet, lors des pluies, le vent dévie les gouttes d'eau, et peut faire éviter le pot à l'eau. Lors du choc de la goutte sur le substrat, les gouttelettes rebondissant se trouvent être également déviées et restent un manque supplémentaire. Enfin le vent sèche la motte au même titre qu'on l'utilise pour sécher notre linge depuis des siècles. En cas de vent, pensez à vérifier l'état de vos arbres donc. En plus de dessécher plus rapidement le substrat en surface, le vent peut augmenter sur certaines espèces la transpiration végétale de l'arbre, c'est-à-dire l'évaporation de l'eau par les feuilles. Et ainsi, réduire l'intervalle d'arrosage.
  5. Température et Taux d'Humidité : Une température élevée augmente la transpiration du bonsaï et réduit ainsi le temps de séchage du sol, et ce même si le temps est nuageux. Toutefois, cela est vrai lorsque l'air est sec. Il faut également prendre en compte le taux d'humidité qui joue un rôle important dans le cycle d'arrosage. En effet, un taux d'humidité élevée diminue la transpiration végétale et l'évaporation de l'eau, réduisant ainsi le temps de séchage du sol. Tenez compte des conditions environnementales spécifiques, telles que l'exposition au soleil, l'humidité ambiante et la ventilation.
  6. La Taille du Pot : La taille du pot a une influence directe sur les besoins en eau du bonsaï. Les pots plus petits ont une capacité de rétention d'eau limitée, ce qui signifie que le sol sèche plus rapidement. La taille et la profondeur du pot jouent un rôle important sur la fréquence d'arrosage d'un bonsaï. En effet, un bonsaï disposé dans un petit pot et d'une faible profondeur séchera beaucoup plus vite qu'un bonsaï placé dans un grand pot. Un plus grand volume de terre donne une plus grande réserve d'eau et augmente ainsi le temps de séchage. Le drainage du pot est également à prendre en compte.
  7. Le Substrat ou Mélange Terreux : Le type de sol utilisé pour le bonsaï joue également un rôle important. Certains sols retiennent l'eau plus longtemps, tandis que d'autres ont une capacité de drainage plus rapide. Le mélange de substrat influence beaucoup la fréquence d'arrosage des arbres. Pour la plupart des arbres, un mélange d'akadama, de gravier fin et de terreau tamisé, mélangés au rapport de ½, ¼ et ¼ convient bien. Cependant, on peut utiliser un mélange qui retient plus d'eau (en utilisant plus de terreau tamisé) lorsqu'on ne peut pas arroser ses arbres assez souvent. Une motte de deux ans n'a plus forcément le même pouvoir rétenteur, drainant qu'un substrat jeune juste après un rempotage. La régularité est recherchée, tout comme pour nous : boire régulièrement, manger à heures fixes, nous sont des messages communiqués en permanence pour notre santé. Il en est de même de nos protégés. Mais, comme nous, être régulier ne veut pas dire s'adapter.

Certains composants du substrat ou du mélange terreux disposent d'une meilleure rétention en eau que d'autres comme, par exemple la tourbe, la vermiculite, la sphaigne, l'argile, etc. Plus ces éléments seront présents dans votre mélange de substrat, plus le drainage sera réduit et la capacité de rétention d'eau augmentée. De ce fait, l'arrosage doit être plus fréquent. De même, que d'autres composants disposent d'une moins bonne rétention d'eau comme, par exemple la pouzzolane, le sable de rivière, etc. Plus le pourcentage de ce type de composant est présent dans le mélange du sol du bonsaï, plus la fréquence d'arrosage est réduite. En plus de la composition du substrat, il faut également tenir compte de la granulométrie. Certains composants comme l'Akadama, le sable de rivière, le gravier ou la pouzzolane disposent d'une granulométrie favorisant l'aération et le drainage. Plus l'espace entre les grains est grand, plus la fréquence d'arrosage est augmentée. Pour illustrer cette affirmation, lors de nos rempotages, on confectionne nos mélanges de substrats en fonction des espèces : très drainant pour les pins, plus rétenteurs pour les genévriers par exemple. Cette logique vaut pour le cas où vous arrosez régulièrement la totalité de vos arbres. C'est un moyen de rendre l'arrosage plus régulier tout en respectant les besoins de chaque espèce. La motte du pin se sera asséchée donc plus vite que la motte du genévrier jusqu'au prochain arrosage. Ceci est ainsi également la base même des considérations à prendre en compte pour les arrosages automatiques.

Infographie sur les différents types de substrats pour bonsaï et leur rétention d'eau

Déterminer le Moment Idéal pour Arroser

La réponse la plus simple consiste à vérifier régulièrement l'assèchement du substrat de surface, c'est-à-dire le premier centimètre de profondeur. En cas de sécheresse, un arrosage est envisageable, si tant est que le drainage se fait convenablement lors des arrosages. Ce premier élément peut être une première base d'application pour les arrosages manuels. L'arrosage approprié des bonsaïs est essentiel pour maintenir leur santé et leur développement. Un équilibre précis doit être maintenu pour assurer une hydratation suffisante sans excès d'eau. Il est aussi crucial de prendre en compte plusieurs facteurs pour répondre aux besoins individuels de chaque arbre. On peut utiliser ses doigts pour contrôler le substrat à environ un centimètre de profondeur.

Il existe différentes méthodes pour vérifier l'humidité du sol :

  1. Utiliser un testeur d'humidité du sol : Que l'on soit expert ou débutant, un testeur d'humidité du sol est un outil précieux qui évitera de faire des suppositions lors de l'arrosage. Cela peut éviter quelques arrosages excessifs ou insuffisants. Pour l'utiliser, il suffit d'insérer la sonde dans la motte pendant quelques secondes. Ensuite, il faut regarder le niveau d'humidité sur l'indicateur et arroser si nécessaire, puis retirer la sonde du sol. Il est important de nettoyer le testeur de sol après chaque utilisation et de le ranger dans un endroit sec.
  2. Utiliser la méthode du doigt : La méthode du doigt consiste à introduire votre doigt dans le sol sur 1 ou 2 cm de profondeur. La méthode fonctionne généralement bien, cependant lorsqu'il fait froid ou que vous avez testé plusieurs bonsaïs, il devient difficile de déterminer si le substrat est humide.
  3. Utiliser la méthode du cure-dent : La méthode consiste à insérer et laisser pendant 10 minutes minimum un cure-dent ou une baguette en bois dans le sol. Puis de retirer la baguette du sol et de vérifier l'humidité grâce à la couleur du bois. Il est conseillé d'introduire délicatement le cure-dent ou la baguette en bois pour ne pas abîmer les racines. Utilisez une baguette ou un cure-dent différent pour chaque bonsaï afin d'éviter de contaminer un autre bonsaï. La baguette ne doit pas être vernie ou traitée pour que l'eau pénètre bien dans le bois. Pour réutiliser le cure-dent ou la baguette pour un prochain test, rincez puis laissez sécher.
  4. L'expérience et l'observation : Avec l'expérience et un peu d'observation, il existe quelques astuces pour vous aider à déterminer si la terre est sèche.
    • Tapoter le pot : si le pot est en plastique, le bruit est différent lorsque la terre est humide.
    • Soulever le bonsaï : lorsque le substrat d'un bonsaï est humide, il est plus lourd.
    • La couleur de la terre : un sol humide est généralement plus foncé.

Comment Arroser Efficacement ?

Oubliez l'image du vieux sage arrosant avec son spray d'eau. L'arrosage se veut copieux. La phrase récurrente est "arrosez jusqu'à ce que vous voyiez l'eau s'écouler par les trous de drainage du pot". Celle-ci est bonne et mérite un éclairage : pourquoi ? La réponse a déjà été donnée : pourquoi arrose-t-on ? L'apport d'oxygène et des éléments organiques en plus de l'eau est propre à la consommation de nos végétaux. Et pour ce faire, un arrosage rapide, ou "d'une traite" ne suffit pas. Imaginez-vous ne consommant que de la restauration rapide, consommée au lance-pierre : vous savez déjà les conséquences que cela entraînerait. Il en est de même pour eux. Comprenez que cet apport doit se faire dans la totalité du substrat, il faut le temps à l'eau de s'écouler, à l'engrais de se diffuser, à l'ensemble du substrat de s'imbiber, aux éléments de se fixer, etc.

Le meilleur moyen est donc un arrosage copieux en plusieurs fois : un premier pour humidifier la totalité de la motte (profitez-en pour en faire de même sur les voisins de l'arbre, cela donnera le temps à l'eau de se diffuser), un second, voire un troisième pour diffuser correctement l'oxygène et les éléments dans la totalité du contenu, et ceci, "jusqu'à ce que l'eau s'écoule par les trous de drainage." Bien entendu et comme toujours, ceci est à adapter au cas par cas. De plus, la puissance du jet est à contrôler également, n'oubliez pas que vous voulez nourrir l'arbre, et non pas le laver de son substrat ! Arrosez délicatement, comme vous le feriez pour vos semis, ou laver un enfant. Ceci vaut pour un arrosage direct sur le substrat, évitant le gaspillage, et faire un arrosage ciblé et efficace. Mais, souvent, déborder un peu, c'est mieux. Un arrosage insuffisant peut entraîner un stress hydrique, où les bonsaïs ne reçoivent pas suffisamment d'eau pour leurs besoins. Cela peut entraîner le flétrissement des feuilles, un développement ralenti, voire la mort des parties de la plante.

Le Bassinage : L'Hydratation Foliaire

Une pratique courante, visant à améliorer l'apport d'humidité de l'air, et allant donc au-delà de l'arrosage "simple", vise à arroser le feuillage. Cette pratique s'appelle le bassinage. Ceci ne veut pas dire que la plante "aime l'eau", mais que son environnement naturel a des propriétés hygrométriques spécifiques qui ont fait évoluer la plante de telle façon durant des millions d'années. Prenons deux exemples : le genévrier et le pin blanc du Japon. Le premier a des besoins en eau parmi les plus importants et le second parmi les plus restreints. Cette affirmation vaut pour un apport racinaire, et donc de la motte. Mais qu'en est-il du feuillage ? En fait, cette information n'est presque jamais donnée et se veut l'objet d'une recherche personnelle lors de l'acquisition d'un sujet d'une espèce donnée. Ici le genévrier comme le pin blanc ont autant besoin l'un que l'autre d'un bassinage régulier, leurs environnements respectifs ayant une hygrométrie élevée. Ceux-ci ont évolué avec un feuillage nécessitant un apport d'eau foliaire important. Il nous incombe donc d'imiter cette ambiance au mieux.

Une idée reçue, cette fois-ci bien exacte, nous dit de ne pas arroser le feuillage lors de temps ensoleillé. En effet, le meilleur moment pour pratiquer le bassinage est tôt le matin avant que le soleil n'apparaisse, ou le soir après son coucher. Ainsi l'humidité va inciter l'arbre à ouvrir ses stomates pour consommer cette humidité.

Cas où le Bassinage est à Éviter : La Présence de Fleurs

Le bassinage est à éviter dans certains cas, notamment en présence de fleurs sur vos fruitiers. En effet, si vous voulez profiter de baies et fruits, l'apparition du fruit ne sera permise que par la pollinisation. Et pour que celle-ci puisse se faire, il faut plusieurs choses : du pollen, des insectes pollinisateurs. Si lors de l'arrosage vous réduisez le pollen, ou empêchez les insectes de se poser, la reproduction ne se fera pas, en tout cas pas naturellement. Pour cette raison, le bassinage sera à éviter lors de la période de floraison.

La Subirrigation : L'Arrosage par Capillarité

Une méthode aussi mal connue est la subirrigation. On appelle subirrigation le fait d'alimenter le substrat par capillarisation depuis les trous de drainage vers le haut. Cette méthode est utilisée pour un cas d'absence pour une courte période, prévenir les fortes chaleurs, réparer une trop forte sécheresse sur un sujet, pour un rempotage récent et sévère, le bouturage, le bouturage de semis, etc.

Deux principes d'application : un premier consiste à laisser le fond du pot submergé dans une bassine peu profonde d'eau (attention, bien laisser le dessus de la motte à l'air libre pour l'oxygénation), quelques centimètres suffisent. Le second, pour plus de sécurité consiste à appliquer la même méthode, mais remplacer l'eau par un substrat rétenteur, et la bassine par un pot. Cette méthode est très utilisée pour la culture de mame. Un intérêt particulier est le maintien de l'humidité et de la fraîcheur en été. L'arrosage sub-irrigué est une méthode qui implique de placer le pot du bonsaï sur une soucoupe ou dans un plateau contenant de l'eau. Le substrat absorbe l'eau par capillarité à partir du bas du pot. Cette technique est idéale pour les bonsaïs qui nécessitent une humidité constante, tels que certaines espèces tropicales.

Schéma illustrant la subirrigation d'un bonsaï

Le Trempage : Une Hydratation Profonde

Le trempage est une technique d'arrosage efficace pour les bonsaïs. Cette méthode implique de plonger complètement le pot du bonsaï dans un récipient rempli d'eau. Cette technique permet au substrat de se gorger d'eau par capillarité, assurant une hydratation complète du système racinaire. Elle est particulièrement utile lorsque le sol est sec en profondeur ou lorsque le bonsaï a besoin d'une hydratation plus intense.

Erreurs Courantes à Éviter et Conseils Pratiques

Pour maintenir la santé et le développement de vos bonsaïs, il est essentiel d'éviter certaines erreurs courantes et d'adopter de bonnes pratiques.

Les Erreurs d'Arrosage les Plus Fréquentes

  • Arrosage excessif : L'arrosage excessif est l'une des erreurs les plus courantes. Il peut entraîner une pourriture des racines, une détérioration de la santé du bonsaï et même la mort de la plante. Un excès d'eau peut être tout aussi préjudiciable qu'un arrosage insuffisant. Un excès d'eau peut entraîner une pourriture des racines, empêchant ainsi la plante d'absorber l'oxygène nécessaire. Pour éviter cela, assurez-vous de ne pas arroser votre bonsaï plus souvent que nécessaire. Vérifiez toujours l'humidité du sol avant d'arroser à nouveau.
  • Sous-arrosage : Le sous-arrosage est tout aussi préjudiciable. Lorsque vous ne donnez pas suffisamment d'eau et que la motte est complètement sèche durant plusieurs heures, votre bonsaï peut se déshydrater et souffrir de stress hydrique. Assurez-vous d'arroser régulièrement et en quantité suffisante pour répondre aux besoins spécifiques de votre bonsaï.
  • Utilisation d'eau de mauvaise qualité : L'eau de mauvaise qualité peut nuire à la santé des bonsaïs. Évitez d'utiliser de l'eau chlorée directement du robinet, car le chlore peut être nocif pour les racines. Si vous devez utiliser de l'eau du robinet, laissez-la reposer dans un récipient ou utilisez un système de filtration pour éliminer le chlore.
  • Problèmes de drainage : Un mauvais drainage peut entraîner des problèmes tels que la pourriture des racines. Assurez-vous que votre bonsaï est planté dans un substrat bien drainant et que le pot comporte des trous de drainage adéquats.

Conseils et Astuces Supplémentaires

  • L'arrosage en deux temps : Un arrosage copieux en plusieurs fois permet d'humidifier la totalité de la motte, puis de diffuser correctement l'oxygène et les éléments nutritifs dans le substrat.
  • Recyclez l'eau de l'aquarium : L'eau d'aquarium non salée et non traitée chimiquement peut être une excellente source d'éléments nutritifs pour vos bonsaïs.
  • Arrosage en cas de gel : En période de gel, il est important d'arroser moins fréquemment. Lorsque le substrat est gelé, il ne peut pas absorber d'eau, et un excès d'eau peut entraîner des problèmes.
  • Surveillez les signes de problèmes : Observez attentivement votre bonsaï pour repérer tout signe de problèmes liés à l'arrosage, tels que des feuilles jaunissantes, des racines pourries ou un sol constamment détrempé.

Gérer l'Arrosage Pendant les Absences (Vacances)

C'est une question que se posent beaucoup de possesseurs de bonsaï, une fois que le départ en vacances se rapproche.

  1. Confier à un proche ou à la famille : La solution idéale est de pouvoir confier votre bonsaï à un proche ou de la famille. Cette personne pourra contrôler et ajuster l'arrosage en fonction des différents facteurs qui influent sur l'arrosage, comme la météo ou la température. C'est la solution la plus économique, surtout si vous êtes en possession de plusieurs bonsaïs.
  2. Garde par un professionnel : Une deuxième solution est de faire garder le bonsaï chez un professionnel. Moyennant une somme relativement abordable, il arrosera et s'occupera de votre bonsaï avec soin lors de vos vacances. En tant que professionnel, il saura également réagir face à un imprévu.
  3. Système d'arrosage automatique : Une autre solution qui représente un coût et demande des talents de bricoleur est l'installation d'un système d'arrosage automatique.

En comprenant et en ajustant ces facteurs, vous pouvez optimiser l'arrosage de votre bonsaï pour répondre à ses besoins spécifiques.

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