Lutter contre les fourmis au potager : guide complet et conseils écologiques

Les fourmis, bien que fascinantes et majoritairement utiles, peuvent devenir une nuisance au potager et dans nos habitations, notamment en raison de leur relation avec les pucerons. Comprendre leurs comportements et leurs interactions est essentiel pour adopter des stratégies de lutte efficaces et respectueuses de l'environnement.

Fourmis et pucerons : une symbiose complexe

Il est fort souvent qu'on les croise ensemble sur la même plante. Ces relations sont fréquemment mutualistes, un échange de bons procédés, mais cela n'empêche pas les pucerons de se retrouver à l'occasion dans le rôle de proie. Cela dépend des espèces, autant du côté des fourmis que de celui des nuisibles, mais aussi des conditions environnantes. Pour autant, la présence de fourmis auprès d'eux peut souvent être un frein à leur élimination par des auxiliaires prédateurs. Élimination souvent nécessaire lorsque ces parasites se retrouvent en colonies sur les plantes du potager ou du jardin d'ornement auxquelles ils causent de nombreux dégâts.

Les relations entre fourmis et pucerons : une symbiose

Les pucerons consomment la sève des plantes, qu'ils prélèvent en les piquant grâce à leurs pièces buccales, sortes de stylets perforateurs, et à leur salive qui aide à percer les tissus. Cette sève, pauvre en protéines, est par contre riche en divers sucres. Or, les pucerons ont principalement besoin de protéines. Une fois digérés les éléments protéinés dont ils ont besoin, les pucerons excrètent le reliquat qui est le miellat, un liquide chargé en sucres, en acides aminés, vitamines, minéraux. Les fourmis sont friandes de ce miellat. Elles viennent le récupérer directement au bout de l'abdomen des pucerons, c'est la trophobiose. Lorsque le miellat n'arrive pas, elles tapotent l'abdomen du puceron avec leurs antennes. Par trophallaxie, elles le partagent ensuite avec les autres ouvrières.

Les fourmis ne sont pas les seules à profiter de ce miellat, certaines petites mouches notamment s'y intéressent, mais il n'y a pas de relation mutualiste entre ces espèces. Les pucerons des racines vivent sous terre, parfois même dans les galeries des nids de fourmis, accrochés aux racines.

Pour conserver ce garde-manger, les fourmis protègent les pucerons contre de nombreux antagonistes. Cette protection n'est cependant pas totale, certains prédateurs ayant adopté des stratégies pour passer le barrage des fourmis. Il arrive également qu'elles les déplacent, par exemple si le végétal n'offre pas des ressources suffisantes pour nourrir la colonie. Le miellat qui n'est pas récupéré par les fourmis va permettre le développement de la fumagine. Celle-ci, en recouvrant le feuillage, rend impossible la consommation de sève par les pucerons. Les fourmis ont donc également un rôle de "nettoyeur" très utile pour les pucerons.

Les pucerons sont les grands gagnants de cette relation : ils vivent plus longtemps et peuvent mieux se reproduire, avec pour résultat un accroissement plus important de la colonie. Cette relation n'est cependant pas toujours idéale, un équilibre est nécessaire : lorsqu'il y a trop de fourmis, la colonie est stressée par une nécessité de surproduction qui joue sur leur longévité. Si elles sont trop peu nombreuses, elles ne suffisent pas à éloigner les prédateurs ni à empêcher le développement de fumagine. Pour remédier à un éventuel déséquilibre, les pucerons sont capables de jouer sur la composition de leur miellat. Du côté des fourmis, celles-ci vont favoriser l'extension de la colonie des Aphidés si le gain qu'elles en retirent est supérieur au coût (en travail/ouvrières).

Les pucerons qui entretiennent une telle relation avec les fourmis sont dits myrmécophiles. Les espèces de fourmis principalement concernées par cette association mutualiste sont les Formica, Lasius et Myrmica. En Europe, c'est Lasius niger que l'on trouve le plus souvent parmi les pucerons. Elle peut même construire un nid qui s'élève au-dessus du sol, enserrant des tiges de plantes portant des colonies de pucerons.

Schéma de la relation mutualiste entre fourmis et pucerons

Les fourmis mangent-elles les pucerons ?

Cette relation mutualiste n'est pas systématique. Les fourmis ne dépendent pas du miellat pour se nourrir et les pucerons, même s'ils sont aidés par les fourmis, peuvent se débrouiller sans. Certaines espèces entretiennent un rapport obligatoire, d'autres un rapport facultatif, certaines encore n'ont pas ce lien. On peut également constater que, en manque de protéines, les fourmis dévorent les nuisibles qu'elles protégeaient jusque là. Les fourmis peuvent également profiter d'une colonie trop importante, ou bien réagir à des mouvements brusques de certains individus.

Identification des pucerons et leurs impacts au potager

Lorsque vous voyez des défilés de fourmis sur une plante, il y a fort à parier que des colonies de pucerons soient venues s'y restaurer. Pour laisser enfin respirer la plante envahie, il est indiqué de repérer de quelle espèce de puceron il s'agit, car tous n'ont pas les mêmes prédateurs ni antagonistes.

Les pucerons noirs

Le puceron noir de la fève, Aphis fabae, est une espèce myrmécophile. Très polyphage, on le trouve dès le mois de mai sur nombre de plantes potagères et ornementales.

Pucerons sur l'artichaut

C'est principalement le puceron noir de la fève qui se trouve sur les artichauts. Ses hôtes primaires sont le fusain, la viorne obier et le seringat sur lesquels il pond à l'automne, les œufs écloront au début du printemps. Le puceron noir ira tout de suite coloniser de nombreux végétaux comme les fèves et les haricots, mais aussi les artichauts dont il va envahir le revers des feuilles et les capitules. Les ponctions de sève font se déformer les feuilles et le miellat que les nombreuses fourmis présentes n'ont pas absorbé se retrouve couvert de fumagine. Des maladies peuvent se déclarer, transmises par les piqûres du parasite.

Le puceron vert du prunier (Brachycaudus helichrysi) choisit également les artichauts et autres Astéracées comme hôtes secondaires, après s'être nourris de jeunes bourgeons, feuilles, fleurs de Prunus. Une fois sur l'artichaut, il se regroupe entre les bractées et provoque leur durcissement et la formation d'une couche cireuse qui les rend impropres à la consommation.

Le puceron vert de l'artichaut (Capitophorus horni) ne s'attaque qu'à ceux-ci et aux cardons. Il est présent toute l'année, en grand nombre sur les feuilles en été. Les prélèvements de sève affaiblissent la plante qui a du mal à se développer.

Le puceron des racines de la chicorée (Protrama radicis) est particulièrement dangereux pour la production. Ce sont les racines qui sont colonisées, de ce fait l'attaque est difficile à déceler. Il faut dégager le collet de la plante jusqu'au début des racines pour constater la présence des insectes farineux qui s'y agglutinent. Les plantes aromatiques comme la lavande, le romarin, l'absinthe, la rue officinale… Il est moins aisé de lutter contre les pucerons lanigères des racines. L'utilisation de carabes peut être tentée. En prévention, évitez les fertilisations trop riches en azote et respectez la rotation des cultures.

Pucerons sur le rosier

Le puceron vert et rose du rosier, Macrosiphum rosae, est très présent au jardin sur de nombreux végétaux dont le rosier. Il s'agglutine sur les jeunes pousses et les bourgeons. Les feuilles se déforment et la croissance est ralentie car l'arbuste est affaibli. La floraison elle aussi pâtit de la présence du parasite car les boutons floraux n'arrivent pas à terme. En prévention : attention aux engrais coup de fouet très dosés en azote.

Pucerons sur les arbres fruitiers

Pour se débarrasser des pucerons qui attaquent les fruitiers, il faut traiter l'arbre à l'huile blanche en hiver puis au printemps. Les auxiliaires peuvent aussi être utilisés une fois que les fourmis ont disparu. Favoriser le développement des insectes auxiliaires reste la méthode la plus efficace à long terme. Dans tous les cas, comme les fourmis favorisent le développement des colonies de pucerons, la pose de bandes de glu ou tout autre système les empêchant d'aider les parasites est conseillée.

Pucerons sur le cerisier

Le cerisier est susceptible d'être attaqué par plusieurs espèces de pucerons, notamment le puceron noir du cerisier (Myzus cerasi). Il s'installe à l'extrémité des pousses et sur le revers des feuilles. Celles-ci s'enroulent, se gaufrent, puis se collent les unes aux autres. Les fourmis y sont très nombreuses, car la production de miellat est importante. Il provoque sur les feuilles des brûlures et leur dessèchement. Le miellat peut également se répandre sur les cerises.

Pucerons sur le poirier

Le puceron cendré du poirier est gris brun, recouvert d'une sorte de poudre violacée. Il s'attaque uniquement au poirier, puis au gaillet en hôte secondaire. Il commence à attaquer les bourgeons et les feuilles au mois de mars et revient sur l'arbre après l'été. Les feuilles jaunissent et se recroquevillent, le miellat les brûle.

Pucerons sur le pommier

Le pommier est victime de nombreuses espèces de pucerons : le puceron cendré du pommier et le puceron vert du pommier sont les principaux. Les dégâts du premier sont les plus importants : les feuilles s'enroulent et se déforment, tout comme les jeunes fruits voire les rameaux sont abîmés par les prélèvements de sève. La présence étant forte sur les jeunes pousses, la croissance de l'arbre peut être complètement stoppée. Le puceron vert entraîne lui aussi l'enroulage des feuilles, mais il faut de grosses colonies pour que l'arbre soit affaibli.

Le rôle des fourmis dans l'écosystème du jardin : utiles mais parfois envahissantes

Les fourmis sont en réalité des insectes précieux dans la nature, du moins dans nos contrées ! Elles ne sont pas réellement des ravageurs de nos jardins, bien qu'elles puissent parfois mettre à mal la récolte de fraises ou autres fruits à la recherche de sucres. Elles seraient même plutôt utiles en fait ! Elles contribuent à recycler la matière organique en se nourrissant entre autres des cadavres d'insectes, voire d'animaux et de déchets variés. Elles creusent de nombreuses galeries dans le sol, lui permettant de s'aérer. De nombreuses plantes se reproduisent grâce à la dispersion de leurs graines par des fourmis. Les arbres fruitiers attirent les fourmis grâce à des glandes contenant du nectar afin qu'elles les protègent des parasites. On dit qu'ils sont myrmécophiles.

Les fourmis sont une des espèces les plus nombreuses sur la Terre, on estime leur nombre à plus d'1 quadrillion, c'est-à-dire un nombre à 15 zéros… En gros, sur mille insectes, un est une fourmi. Elles sont donc très nombreuses, mais aussi très importantes pour la biodiversité et auxiliaires du jardinier à plusieurs titres. Beaucoup d'espèces de fourmis creusent des galeries dans le sol pour y installer leurs colonies. À l'instar des vers de terre, elles contribuent à l'aération de la terre. Les fourmis charpentières creusent des galeries dans le bois mort. Ce faisant, elles accélèrent le travail de décomposition. Leur rôle de décomposeur ne s'arrête pas là. Elles ramassent une quantité industrielle d'insectes morts et autres déchets organiques pour se nourrir, ce sont des nettoyeuses. En faisant ce travail de recyclage, elles enrichissent le sol et contribuent à la dissémination des graines. Comme la plupart des êtres vivant sur la planète, ce sont à la fois des prédateurs et des proies, elles font partie intégrante de la chaîne alimentaire et permettent à d'autres espèces de vivre et régulent le nombre d'autres, comme par exemple les chenilles ou les nymphes de noctuelles.

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Cependant elles ont un défaut, et non des moindres : elles défendent les pucerons et cochenilles qui, eux, sont bien des ravageurs de nos cultures. Les pucerons et les cochenilles ont une relation mutualiste avec les fourmis : ces dernières récupèrent le miellat de certaines espèces, en échange de quoi elles les protègent, les transportent, voire les abritent en hiver.

Stratégies écologiques pour éloigner les fourmis du potager

Lutter contre les fourmis dans les serres de jardin est un enjeu important pour préserver vos cultures. La lutte biologique contre les fourmis peut se justifier lorsqu'elles envahissent les logements ou bien lorsque leur présence sur les plantes empêche de lutter contre les vrais nuisibles que sont les pucerons et les cochenilles. Les fourmis sont des insectes fascinants, mais lorsqu'elles envahissent les serres de jardin, elles peuvent causer de nombreux problèmes. Les fourmis peuvent causer plusieurs problèmes dans les serres de jardin, notamment en protégeant certains parasites tels que les pucerons ou en endommageant directement les plantes en creusant des galeries dans leurs racines. Par exemple, certaines espèces de fourmis granivores peuvent s'attaquer aux semences, réduisant ainsi la germination et le développement des plants. Il existe de nombreuses espèces de fourmis, chacune ayant des comportements spécifiques pouvant vous nuire après l'achat d'une serre de jardin. Les fourmis granivores se nourrissent principalement de graines, tandis que d'autres préfèrent le miellat produit par les pucerons. Cela rend ces fourmis non seulement nuisibles pour les plantes mais aussi pour l'équilibre général du potager. Plutôt que d'utiliser des insecticides chimiques, optez pour des méthodes naturelles pour éloigner les fourmis de votre potager. Il est important d'utiliser ces méthodes naturelles sans endommager vos plantes ni l'environnement. Assurez-vous de ne pas appliquer directement le vinaigre ou autres substances sur les plantes, car cela pourrait les brûler.

Mesures préventives et d'hygiène

Pour éviter l'invasion des fourmis, il est important d'adopter des mesures d'hygiène et de nettoyage appropriées. Il est crucial de détecter rapidement une infestation de fourmis afin d'éviter qu'elle ne cause des dommages importants aux plantes.

  • Nettoyage régulier : Maintenez le sol propre : aspirateur et serpillère doivent être passés régulièrement afin qu'il n'y ait pas de traces d'aliments au sol qui attireraient immanquablement une ou plusieurs éclaireuses. Les placards eux-aussi doivent être gardés propres, tout comme les plans de travail. Ne laissez pas de nourriture à l'air libre : tout doit être rangé soit dans des boîtes hermétiques, soit au réfrigérateur. Pensez également à la vaisselle dans l'évier qui doit être faite immédiatement. Équipez-vous d'une poubelle qui ferme complètement, une poubelle à pédale par exemple.
  • Boucher les points d'entrée : Lorsqu'elles ont déjà repéré des sources de nourriture dans le logement, remontez la file pour détecter leurs entrées, souvent des fissures dans les murs, des aérations, que vous pourrez alors boucher.
  • Réparer les fuites d'eau : Vous êtes l'une des meilleures solutions de lutte contre l'invasion des fourmis. En effet, prenons par exemple d'une fuite d'eau qui aura tendance à attirer les insectes (les fourmis apprécient les milieux humides), en réparant cette fuite vous participez activement à rendre votre serre de jardin moins accueillante pour ces petits insectes.

Répulsifs naturels

Les fourmis se dirigent en suivant le chemin olfactif laissé par les phéromones des éclaireuses. Lorsque l'une d'elles trouve une source de nourriture au cours de ses explorations, elle retourne à la fourmilière en laissant des traces et va prévenir ses consœurs. De nombreuses fourmis partent alors chercher cette manne en suivant le même chemin. Et chaque fourmi qui prendra cette route laissera elle aussi des phéromones. Le chemin est donc de plus en plus "odorant". Pour perturber leur trajet vers un endroit de la maison ou même dans le jardin, il suffit d'effacer cette trace odorante. On peut le faire en y déposant une odeur très forte.

  • Le citron : Le citron est un ingrédient naturel efficace pour repousser les fourmis sans utiliser de produits chimiques toxiques. L'acidité et l'odeur du citron vont perturber les fourmis. Ce sont des insectes qui utilisent principalement leur odorat pour se guider et les odeurs fortes les empêchent de fonctionner normalement. Vous pouvez vaporiser de l'eau citronnée (¼ de citron pour ¾ d'eau) sur les endroits envahis ou déposer des citrons pourris au sol. Coupez des demi-citrons que vous placerez aux endroits stratégiques et qui feront office de répulsif.
  • Le vinaigre blanc et de cidre : Le vinaigre blanc est un autre remède naturel efficace pour repousser les fourmis. Solution de vinaigre blanc et d'eau : Mélangez une quantité égale de vinaigre blanc et d'eau dans un vaporisateur. Traces de vinaigre blanc : Essuyez les surfaces avec du vinaigre blanc pur ou une solution diluée. Le vinaigre de cidre de pomme au citron : Mélangez du vinaigre de cidre de pomme, eau et jus de citron, puis vaporisez la solution sur les chemins de fourmis. Oui, mais uniquement autour de la serre ! Comme pour le citron, les fourmis détestent l'odeur du vinaigre. Versez-en sur tout le passage des fourmis et elles devraient changer de trajet. En prévention, vaporisez du vinaigre tout autour des points d'entrée de votre maison.
  • Les huiles essentielles : Les huiles essentielles peuvent être des répulsifs naturels efficaces. Huile essentielle de menthe poivrée : Diluez quelques gouttes d'huile essentielle de menthe poivrée dans de l'eau et vaporisez cette solution autour des zones à problèmes ou des points d'entrée des fourmis. Huile essentielle de tea tree (arbre à thé) : Ajoutez quelques gouttes d'huile essentielle de tea tree à un chiffon propre et essuyez les surfaces où les fourmis se trouvent.
  • Le marc à café : Le marc à café est un produit de cuisine courant qui peut également être utilisé de manière efficace pour décourager les fourmis. Barrière de marc à café : Placez du marc à café sec le long de votre serre ou des endroits où elles sont actives. Marc à café humidifié : Humidifiez le marc à café usagé avec de l'eau pour former une pâte. Placez cette pâte dans des endroits où vous avez repéré des fourmis. Saupoudrage de marc à café : Saupoudrez du marc à café usagé sur les fourmilières ou dans les zones où les fourmis sont actives. Mélange avec des épices : Mélangez du marc à café avec des épices telles que de la cannelle ou du clou de girofle en poudre. Répulsif à base de marc à café : Mélangez du marc à café avec de l'eau et quelques gouttes d'huile essentielle de menthe poivrée ou de citronnelle pour créer un répulsif naturel. Récupérez le marc de café après chaque utilisation. Au bout de quelques temps, vous aurez un véritable compost de marc de café. Repérez le trajet fréquent des fourmis dans votre jardin. Sur ce trajet, disposez du marc de café humide, il ne faut pas qu'il soit sec. Les fourmis seront attirées et viendront en manger tout naturellement. Cela aura un effet radical. Le marc de café s'avère être un poison très violent pour elles.
  • Le bicarbonate de soude : Le bicarbonate de soude, un ingrédient ménager courant, peut être utilisé de diverses manières pour dissuader les fourmis de s'installer chez vous. Mélange avec du sucre : Mélangez du bicarbonate de soude avec du sucre en parts égales. Les fourmis seront attirées par le sucre, mais le bicarbonate de soude provoquera une réaction qui les tuera. Bicarbonate de soude humide : Mélangez du bicarbonate de soude avec de l'eau pour créer une pâte.
  • La cannelle : La cannelle peut être utilisée pour protéger les plantes contre les fourmis en empêchant ces insectes de grimper sur les plantes traitées. Placez des bâtons de cannelle près du nid de fourmis.
  • La craie : Pour éloigner les fourmis des plantes en pot, tracez un trait à la craie qui les empêchera de passer. La craie est souvent utilisée pour éloigner les fourmis en se basant sur le principe de son ingrédient principal, le carbonate de calcium qui se veut abrasive pour les fourmis. Lorsqu'elles entrent en contact avec la craie, elles sont irritées par cette substance et préfèrent éviter de traverser les lignes de craie. Cependant, il est important de noter que l'efficacité de la craie comme répulsif pour les fourmis peut varier. Les indésirables ne traverseront pas la limite que vous avez dessinée. Très utile notamment pour protéger des plantes en pot, dans votre serre de jardin tunnel ou sur votre terrasse. À réitérer bien sûr après chaque pluie.
  • La terre de diatomée : Saupoudrez de la terre de diatomée le long des chemins des fourmis. Récoltée en carrière, la terre de diatomée montre une réelle efficacité dans la lutte, de façon écologique, contre les parasites et insectes (puces, poux, tiques, acariens,…) mais aussi contre les fourmis. C'est en fait une poudre constituée d'une myriade de squelettes de micro-organismes. Ces squelettes étant très coupants à leur échelle, les fourmis y sont sensibles au point d'en mourir. Elles fuiront alors les zones sur lesquelles sont répandues de la terre de diatomée. L'action n'est pas instantanée mais très efficace, à n'utiliser qu'en cas d'invasion importante.
  • L'eau bouillante ou salée : Pour une version moins agressive, vous pouvez dissoudre du gros sel dans de l'eau très chaude avant de l'utiliser. Parmi les solutions naturelles efficaces contre une invasion massive de fourmis, l'eau bouillante ou salée fait figure de remède de choc. Versée directement sur les nids ou les zones de passage des fourmis, elle permet d'éliminer rapidement une colonie à la source. L'effet de la chaleur ou du sel agit immédiatement, détruisant les insectes et désorganisant leur réseau. Cependant, cette méthode doit être utilisée avec discernement. L'eau bouillante peut endommager les surfaces sensibles ou nuire à d'autres insectes utiles si elle est mal ciblée. Il est donc conseillé de réserver cette solution aux zones bien localisées, comme les interstices dans une terrasse, les fissures d'un mur ou un nid repéré sous un rebord de fenêtre.

Plantes répulsives naturelles pour les fourmis

Les plantes répulsives

Il existe plusieurs plantes répulsives naturelles pour les fourmis que vous pouvez intégrer dans une culture sous serre tunnel pour les éloigner sans perturber la croissance de vos plantes. Menthe, basilic, lavande, œillets d'Inde, sont des répulsifs pour les fourmis. Placez-en quelques pieds là où vous souhaitez qu'elles ne s'aventurent pas.

  • Menthe poivrée : La menthe poivrée est une plante répulsive pour les fourmis en raison de son odeur forte.
  • Thym : Le thym est une herbe aromatique qui peut également éloigner les fourmis.
  • Lavande : La lavande dégage une odeur agréable pour les humains, mais elle repousse souvent les fourmis.
  • Romarin : Le romarin est une autre plante aromatique qui peut être efficace pour éloigner les fourmis.
  • Ciboulette : La ciboulette est connue pour repousser les fourmis.
  • Ail : L'ail est également un répulsif efficace.
  • Tanaisie et œillets d'Inde : Ces plantes sont aussi reconnues pour leur pouvoir répulsif.

Utilisez des pots ou des bacs pour contenir les plantes répulsives.

La lutte biologique contre les fourmis au potager

La lutte biologique contre les fourmis reste assez complexe et confidentielle. On ne trouve d'ailleurs à la vente qu'un seul type d'agent pour les combattre, les nématodes.

Les nématodes

Steinernema feltiae est un ver microscopique. Il vit dans le sol et se nourrit des larves de divers insectes (thrips, carpocapses, tordeuses, …) en s'introduisant dans leur organisme pour y libérer une bactérie. Il est nécessaire d'attendre une certaine température pour utiliser les nématodes, 10 à 12° au minimum. Le sol, lui, doit être entre 8 et 30°. Les nématodes s'utilisent ici aussi bien en prévention que comme traitement curatif lorsque les fourmis sont déjà installées. Ils sont vendus sous forme de poudre qu'il faut diluer dans l'eau (prenez de l'eau à température ambiante) d'un arrosoir ou d'un pulvérisateur. Le mélange sera versé directement sur une fourmilière (au minimum 1 million d'individus dans 2 litres d'eau pour une fourmilière). L'application se réalise sur un sol humide, seulement le soir car les nématodes ne supportent pas la lumière du soleil. Arrosez tout de suite après afin que les nématodes pénètrent profondément dans la fourmilière.

Ces petits vers ne peuvent agir que dans des conditions précises : en sus d'un sol humide, vous vérifierez juste avant leur application que le sol soit à une température comprise entre 12 et 28°. Évitez également les heures en pleine journée ensoleillée, réalisez l'application plutôt le soir ou par temps gris, voire pluvieux, car les nématodes sont très sensibles aux UV. Si un produit chimique a été utilisé, patientez au moins 1 semaine avant d'appliquer Steinernema feltiae. Et n'utilisez aucun traitement durant 1 mois, notamment les fongicides qui sont toxiques pour les nématodes. C'est entre avril et septembre qu'il est conseillé d'utiliser ce traitement. Si les conditions ne sont pas bonnes, gardez la boîte de nématodes au froid, entre 4 et 12°.

Les appâts

Les fourmis ont 2 estomacs, un qui leur est propre, le second qui leur sert à partager avec les autres et avec leurs larves, notamment par trophallaxie (régurgitation). C'est ce que l'on appelle le jabot social. Lorsque les fourmis explorent l'extérieur à la recherche de nourriture et consomment cet aliment très nutritif contaminé par une bactérie mortelle pour les fourmis, elles vont également transmettre ces bactéries à d'autres fourmis, jusqu'à la reine. La colonie peut alors être décimée. Ces appâts sont généralement placés dans de petites boîtes pourvues d'ouvertures, à installer sur le chemin des fourmis.

Appâts anti-fourmis et leur fonctionnement

Favoriser les prédateurs naturels des fourmis

Les fourmis ont peu de prédateurs spécifiques, et leurs prédateurs occasionnels ne sont pas non plus très nombreux et sont moyennement efficaces pour lutter contre des colonies de plusieurs centaines, voire milliers, d'individus (la taille des colonies varie selon les ressources alimentaires et l'environnement).

  • Les guêpes parasitoïdes : Ce sont les Elasmosoma notamment, appartenant à la sous-famille des Neoneurinae, qui s'attaquent aux fourmis. Ce sont des endoparasitoïdes, c'est-à-dire qu'elles pondent dans l'hôte afin que leurs larves s'en nourrissent de l'intérieur.
  • Les mouches phorides : Ce sont des mouches parasitoïdes minuscules qui volent au-dessus des nids ou des colonnes de fourmis pour repérer des hôtes. Elles pondent leurs œufs dans le corps des fourmis grâce à leur ovipositeur. Il en existe de nombreuses espèces en Europe et aux États-Unis, par exemple Pseudacteon en France.
  • Les araignées : Certaines espèces apprécient beaucoup les fourmis. Elles les guettent aux entrées de la fourmilière et les mangent après les avoir paralysées (Zodarion elegans par exemple), ou bien construisent des toiles sur des lieux de passage comme les Theridions.
  • Les pics verts : Prédateur naturel des fourmis et de leurs larves, entre autres insectes, cet oiseau se balade dans la nature et les jardins en picorant le sol. Lorsqu'il tombe sur une fourmilière en plein hiver, il peut y faire beaucoup de dégâts grâce à sa langue collante et très longue. D'autres membres de la famille des pics se régalent de fourmis mais agissent plutôt en pleine nature.
  • Les lézards : Leur rapidité leur permet de gober une file entière de fourmis avant qu'elles ne se rendent compte de l'attaque. Les jardins sont normalement bien pourvus en lézards des murailles, très communs et qui s'adaptent à de nombreux environnements. Procurez-lui un tas de pierres en plein soleil.
  • Les crapauds : Le crapaud commun Bufo bufo est un vorace prédateur de nombreux invertébrés, dont les fourmis. Lui aussi équipé d'une langue collante, il peut décimer un grand nombre d'ouvrières en train de transporter de la nourriture. Évitez d'utiliser des produits chimiques et offrez-lui un abri pour l'hiver avec un tas de vieilles tuiles ou de pierres. Gardez également un coin en friche dans le jardin pour qu'il puisse s'y dissimuler.

Gérer les fourmis dans les fraisiers et les semis

Les fourmis dans les fraisiers ne sont pas forcément dangereuses pour vos cultures, surveillez avant toute chose qu'elles ne soient pas accompagnées de leurs acolytes pucerons. Si leur nombre est plutôt réduit, il est préférable de ne pas intervenir pour leur destruction.

Pourquoi les fourmis sont-elles dans les fraisiers ?

Il est vrai que les matières sucrées représentent une grande partie de l'alimentation de la plupart des espèces de fourmis, même si certaines espèces sont des prédateurs, d'autres des granivores, d'autres encore des consommatrices exclusives de sucres. C'est pourquoi elles sont très intéressées par les pucerons ou par les cochenilles, qui leur fournissent le miellat qu'ils fabriquent en échange de quelques services. Le miellat est le résidu de la sève qu'ils ont ingurgité et il est principalement constitué de glucides. Les fourmis peuvent aussi ingurgiter le suc de certains bourgeons. Si on leur donne à manger, elles vont se diriger vers le miel, la confiture. Par contre, elles ne mangent pas de fruits ! Petite explication : les fourmis qui sont à l'extérieur sont chargées de ramener de la nourriture pour la reine et les larves. La nourriture, liquide, transite par trophallaxie d'une fourmi à une autre (excepté chez les fourmis entomophages - qui se nourrissent d'insectes- ou granivores). Ce procédé consiste à une régurgitation du liquide contenu dans le jabot de la fourmi porteuse vers une autre fourmi. Les mandibules dont certaines espèces de fourmis sont pourvues (les granivores et les entomophages, toujours les mêmes) ne sont pas faites pour mastiquer, mais plutôt comme ciseau ou pour transporter des choses. En fait les fourmis lèchent la nourriture qu'elles trouvent, et si vous trouvez des fourmis dans vos fraises, c'est que d'autres (des oiseaux par exemple, ou des limaces) y ont fait des trous et les fourmis profitent du coup de ce cadeau et vont aller lécher l'intérieur des fraises.

Comment éloigner les fourmis des fraisiers ?

Plutôt que de détruire ces insectes somme toute fort utiles, essayez plutôt d'utiliser des substances naturelles pour les éloigner. Les fourmis semblent détester certaines odeurs, notamment parce qu'elles perturbent les repères olfactifs déposés par les éclaireuses : citron, basilic, ou encore œillets d'Inde. Les 2 premiers pourront aussi être utilisés sous forme d'huile essentielle.

Lutte biologique dans les fraisiers

Si les fourmis deviennent véritablement une nuisance dans les fraisiers et le reste du potager, du fait de leur nombre ou des pucerons qu'elles accompagnent, tournez-vous vers la lutte biologique. C'est la méthode privilégiée aujourd'hui pour protéger les plantations des agressions, qui consiste à utiliser des organismes vivants pour cette protection. Il peut s'agir d'insectes, de mammifères, de bactéries et autres micro-organismes, voire d'autres végétaux.

Le nématode Steinernema feltiae est un parasite spécifique des larves des fourmis et de quelques autres larves (de ravageurs), il n'a donc aucune action nocive envers les autres insectes. Il est également inoffensif pour les mammifères (êtres humains et animaux domestiques compris) et pour les végétaux. Steinernema feltiae va se multiplier à l'intérieur de la larve de la fourmi, ce qui va rapidement la faire dépérir. Les nématodes sont livrés dans une boîte, mélangés à de la poudre d'argile qui facilite leur utilisation. Le contenu de la boîte est à diluer dans de l'eau, à raison de 5 litres d'eau minimum pour 1 boîte de 5 millions de nématodes. La solution sera appliquée par arrosage sur les planches de fraisiers, de 0,2 à 0,5 l par m2. La zone doit être gardée légèrement humide pendant 1 mois pour que les nématodes puissent être efficaces, vous devrez donc arroser régulièrement.

Application de nématodes pour la lutte biologique

Éloigner les pucerons pour repousser les fourmis

Les fourmis sont souvent associées aux pucerons, car elles raffolent de leur miellat. Se débarrasser des pucerons est donc une façon de résoudre le problème des fourmis dans les fraisiers ! Le moyen le plus naturel est d'arroser les colonies au jet d'eau, mais vous pouvez également utiliser la lutte biologique contre ces ravageurs grâce à des larves de chrysopes ou de coccinelles. Du purin d'ortie ou une décoction d'ail peuvent aussi vous aider. En enrichissant votre sol avec du compost par exemple, vous ferez fuir les pucerons.

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