Éradiquer la Mousse des Arbres Fruitiers : Une Approche Naturelle et Durable pour un Verger en Pleine Santé

Le verger sort tout juste de sa torpeur hivernale, et le constat est souvent le même au pied des arbres fruitiers : une couche épaisse et spongieuse a pris ses aises durant les mois humides. Vous en avez assez de voir une épaisse mousse envahir le pied de vos pommiers, poiriers ou cerisiers chaque hiver ? Vous grattez, vous nettoyez, mais elle revient toujours… en plus dense, en plus épaisse. Ce phénomène, loin d'être seulement inesthétique, signale souvent un sol qui s'asphyxie et s'acidifie, mettant en péril la future production de fruits. Alors que beaucoup de jardiniers se précipitent sur des solutions chimiques agressives ou du sulfate de fer - une erreur classique qui acidifie encore davantage le terrain à long terme -, il existe une méthode douce, redoutablement efficace et totalement respectueuse de l'environnement. Et si la vraie solution n’était pas de tuer la mousse, mais de changer ce qui, dans votre sol, l’attire comme un aimant ?

Mousse épaisse au pied d'un pommier

Comprendre l'Ennemi : Pourquoi la Mousse Adore Vos Arbres Fruitiers en Hiver

Quand la mousse se développe autour des arbres fruitiers, ce n’est pas un simple problème esthétique. C’est un signal. Un peu comme un voyant rouge sur un tableau de bord. La mousse est un problème courant dans les pelouses et les jardins, prospérant dans des environnements humides et ombragés. Dans la plupart des vergers, l’hiver apporte trois choses au sol : beaucoup d’humidité, peu de lumière, et un sol tassé par la pluie. Le sol lourd, saturé d’eau, avec un pH trop bas, est un véritable cocktail apprécié par la mousse. Résultat : la terre s’asphyxie, l’acidité augmente, et la mousse s’installe. Elle adore ce combo sol compact, humide et acide. Le danger pour vos pommiers, poiriers ou cerisiers n'est pas la mousse elle-même, mais ce qu'elle révèle. Elle vous montre que votre sol étouffe et qu’il a besoin d’air, de structure, d’un peu moins d’acidité.

Le vrai danger ne vient pas de la mousse elle-même. Il vient de ce qu’elle révèle. Sous cette couche verte, l’air circule mal, l’eau stagne, et les racines superficielles de vos fruitiers ont du mal à respirer et à se nourrir. En saturant la surface du sol, elle maintient une humidité excessive qui favorise le développement de maladies cryptogamiques, ces champignons microscopiques redoutés au verger, comme la cloque du pêcher ou la rouille du poirier. De plus, elle intercepte l'eau et les amendements avant qu'ils n'atteignent les racines nourricières. Un sol compact et asphyxié empêche les racines superficielles d'absorber correctement les nutriments nécessaires au réveil printanier de l'arbre. À terme, cela peut affaiblir la floraison, réduire la récolte, et ouvrir la porte aux maladies. C'est également un refuge aux parasites et peut offrir des cachettes pour coloniser jeunes feuilles et fruits.

Les lichens et les mousses sur les arbres !

Les Pièges des Solutions Rapides : Le Cas du Sulfate de Fer et autres Chimiques

Beaucoup de jardiniers se précipitent sur le sulfate de fer - une erreur classique qui acidifie encore davantage le terrain à long terme. Ils choisissent encore le sulfate de fer pour brûler la mousse au pied des fruitiers. Sur le moment, l’effet semble spectaculaire. La mousse noircit et disparaît en quelques jours. Mais à moyen terme, le problème s’aggrave. Le sulfate de fer acidifie encore plus le sol. Or, un sol acide et compact, c’est exactement ce que la mousse préfère. Vous gagnez une bataille, mais vous perdez la guerre. Quelques semaines plus tard, la mousse revient, parfois plus étendue qu’avant. De plus, il y a quelques années encore, il existait des produits anti-mousse au sulfate de fer, mais aujourd’hui cela n’existe plus et c’est une bonne chose, parce qu’ils étaient très polluants !

Et ce n’est pas tout. Ces produits agressifs peuvent perturber la vie microbienne du sol, affaiblir les vers de terre et déséquilibrer tout l’écosystème autour de vos fruitiers. C’est l’inverse de ce que l’on veut pour un verger sain et durable. Combattre la mousse avec des méthodes chimiques nécessite prudence et application efficace. Si vous scarifiez sans d’abord tuer ces spores, vous ressemez essentiellement la mousse. Il est important de traiter la cause sous-jacente, car la mousse reviendra si elle n’est pas éliminée.

D’autres substances chimiques sont parfois évoquées pour leur capacité à éliminer la mousse. Le sulfate de cuivre est dissous dans l’eau et appliqué sur la mousse à l’aide d’un pulvérisateur dorsal. Ce composé chimique particulier peut tacher gravement les matériaux poreux, alors utilisez des gants, des chaussures et des vêtements anciens. Quant au sulfate d’ammonium, c'est un engrais azoté/soufré qui a la capacité de légèrement abaisser le pH du sol. Il brûle efficacement la mousse, mais il est crucial de comprendre qu’il est spécifiquement conçu pour brûler la mousse. Remarque : utiliser ce produit nécessite une connaissance des espèces de gazon et des schémas de croissance. Toutes les espèces de gazon ne peuvent pas le tolérer, et il peut gravement brûler la pelouse. Ces produits chimiques peuvent être nocifs pour votre sol et la faune qui dépend de votre jardin pour se nourrir. Bien que Bertrand Le Jardinier ait pu conseiller un verre de Javel dilué dans 10 litres d’eau pour vaporiser l’écorce des arbres recouverts de mousse, suivi d’un rinçage à l’eau douce, cette méthode est spécifique à l’écorce et non au sol, et doit être considérée avec une grande prudence en raison de la nature agressive du produit. Nous recommandons toujours de privilégier les méthodes naturelles.

Schéma des effets néfastes des produits chimiques sur l'écosystème du sol

La Révolution Naturelle : Sable de Rivière et Lithothamne pour un Sol Assaini

La bonne nouvelle, c’est qu’il existe une méthode très simple, 100 % naturelle, qui agit en profondeur. Elle ne cherche pas à brûler la mousse, mais à rendre votre sol moins accueillant pour elle. Et plus favorable à vos arbres. Cette technique repose sur un mélange de deux éléments : du sable de rivière et de la poudre de lithothamne. Deux produits faciles à trouver en jardinerie ou chez un fournisseur spécialisé. Pour contrer ce phénomène sans brûler la terre, les jardiniers avertis se tournent vers un mélange en apparence simple, mais dont la synergie est puissante. Le secret réside dans l'association de ces deux éléments.

Le sable de rivière est grossier et non calcaire. Il améliore la structure d’une terre lourde et collante. Avec sa granulométrie spécifique, il va créer des micro-canaux dans la terre. Il crée de petits canaux dans le sol. L’eau s’évacue mieux, l’air circule. La terre se détend. Il agit mécaniquement pour décompacter la terre argileuse et améliorer le drainage de l'eau. Le sable de rivière va créer des micro-canaux dans la terre, permettant aux racines du gazon de retrouver l’accès aux nutriments essentiels, à l’eau et à l’air.

Le lithothamne, lui, est une algue rouge calcaire, riche en calcium, magnésium et oligo-éléments. En poudre, il agit comme un amendement doux. Le lithothamne est une poudre issue d'une algue marine calcaire, naturellement riche en calcium et en magnésium. Contrairement aux produits synthétiques, c'est un amendement vivant. Il aide à corriger un excès d’acidité et apporte des minéraux utiles à vos fruitiers, sans choc brutal. Il va neutraliser l'excès d'acidité du sol en remontant le pH et apporter les minéraux dont l'arbre a besoin pour sa fructification.

En combinant ces deux ingrédients, vous jouez sur deux leviers essentiels : la structure du sol et son acidité. Le sable décompacte. Le lithothamne remonte légèrement le pH. Ensemble, ils transforment le milieu de surface. Là où la mousse prospère sur des sols compacts, humides et acides, ce duo va modifier l'environnement pour le rendre inhospitalier à la mousse, tout en choyant l'arbre fruitier. La mousse, qui aime l’humidité permanente et l’acidité, ne se retrouve plus dans son environnement idéal. Elle commence à jaunir. Elle se dessèche peu à peu. Elle décroche toute seule, sans que vous ayez à tout gratter.

En parallèle, les vers de terre et les micro-organismes profitent de ce nouvel équilibre. Ils incorporent le sable et le lithothamne dans les premiers centimètres du sol. Un sol vivant est un sol qui respire, et un sol qui respire est un sol sans mousse. Ils creusent, mélangent, aèrent. Votre sol reprend vie, au lieu d’être brûlé par un produit chimique. De plus, l'apport en oligo-éléments du lithothamne stimule la vie microbienne du sol. L'efficacité de ce mélange repose sur un équilibre précis qui a été observé et validé par de nombreux tests agronomiques. En modifiant les conditions physico-chimiques de la couche superficielle du sol, on prive la mousse de son habitat idéal. Contrairement aux produits chimiques violents qui tuent la mousse en quelques heures - laquelle revient souvent deux fois plus vite ensuite -, cette méthode favorise la vie du sol.

Application Détaillée : La Recette pour des Fruitiers Sans Mousse au Sol

Pour que cette méthode naturelle soit vraiment efficace, le dosage compte. L'application de cette méthode demande un peu de précision pour garantir son efficacité. Il ne suffit pas de saupoudrer au hasard ; il faut respecter des proportions qui ont fait leurs preuves pour assainir la zone située à l'aplomb de la couronne de l'arbre. Vous pouvez traiter la zone située sous la couronne de l’arbre, c’est-à-dire la projection au sol des branches principales. La période actuelle n'est pas choisie au hasard. Dès la deuxième quinzaine de février, il convient d'épandre ce mélange, soit environ 120 g de préparation par mètre carré, directement au pied des arbres fruitiers.

Voici les quantités recommandées par mètre carré :

  • 100 g de sable de rivière par m²
  • 20 g de poudre de lithothamne par m²

Si, par exemple, le cercle à traiter autour d’un arbre fait 3 m², il vous faudra environ 300 g de sable de rivière et 60 g de lithothamne. Mieux vaut peser grossièrement avec une balance de cuisine pour garder de bonnes proportions.

Le moment idéal se situe en fin d’hiver, entre la mi et la fin février, juste avant le vrai réveil de la végétation. La période actuelle n'est pas choisie au hasard. En cette fin d'hiver, les jours rallongent et la sève s'apprête à remonter dans les tissus des arbres fruitiers. C'est précisément maintenant que le système racinaire a besoin d'oxygène et de nutriments pour préparer la floraison à venir. Le sol est encore humide, mais les grandes gelées sont souvent passées. Privilégiez un jour sec, sans gel, entre 5 et 15 °C.

Voici la méthode à suivre étape par étape :

  1. Mélangez dans un seau le sable de rivière et la poudre de lithothamne dans les proportions indiquées.
  2. Répartissez ce mélange en surface tout autour du pied de l’arbre, sur la zone où tombent les gouttes de pluie venant des branches.
  3. Ne collez pas tout contre le tronc. Laissez 10 à 15 cm de marge autour du collet.
  4. Une fois la poudre au sol, l'action mécanique est indispensable. Avec une griffe à trois dents ou un petit cultivateur à main, grattez la surface sur 2 à 3 cm de profondeur.
  5. Cassez au passage la croûte de mousse, sans abîmer les racines. L’idée est d’ouvrir légèrement le sol et d’incorporer le mélange. Ce griffage léger est essentiel. Si vous laissez tout simplement le mélange en surface, l’effet sera plus lent. En le mêlant à la couche supérieure, vous accélérez l’aération et le changement de pH local.

Illustration de l'application du mélange sable et lithothamne avec un griffage léger

Les Bénéfices à Long Terme : Quand le Sol Reprend Vie

Les résultats ne sont pas instantanés, mais ils sont profonds. La patience est la vertu du jardinier, et cette méthode naturelle travaille sur la durée. Il faut généralement compter quatre à huit semaines pour voir un vrai changement au pied de vos fruitiers. En appliquant ce protocole dès maintenant, on constate généralement une réduction de la réapparition de la mousse de l'ordre de 60 % en huit semaines. D'ici le mois d'avril, le sol au pied de vos fruitiers sera plus souple, mieux drainé et moins acide.

Progressivement, la mousse perd sa belle couleur verte. Elle jaunit, sèche, puis se fragmente. L’herbe, ou d’autres plantes couvre-sol plus adaptées, reprennent leur place. Le sol devient plus souple sous le pied. Il se travaille mieux, même à la main. Les micro-organismes incorporent progressivement le mélange. Au-delà de l'aspect visuel, c'est la santé de l'arbre qui en bénéficie. Non seulement vous aurez résolu le problème esthétique, mais vous aurez surtout offert à vos arbres un véritable coup de fouet nutritif juste avant la floraison et la formation des fruits.

Et vos arbres dans tout ça ? Ils profitent d’un sol mieux drainé et moins acide au moment où ils redémarrent. La montée de sève se fait dans de meilleures conditions. Débarrassé de cette concurrence déloyale pour l'eau et les nutriments, et profitant d'un sol mieux drainé, l'arbre fruitier dispose de toutes les ressources pour une floraison abondante. Vous pouvez observer, au fil des saisons, des floraisons plus franches et des fruits mieux nourris. Vos arbres tiennent mieux les maladies. Ce n’est plus une bataille perdue chaque hiver. C’est un vrai geste de soin, doux, précis, qui respecte la vie du sol tout en la guidant dans la bonne direction.

Au-delà de la Mousse : Entretien Global pour un Verger Prospère

Pour renforcer l’effet de cette technique naturelle, vous pouvez adopter quelques gestes simples en plus. Ils vont dans le même sens : aérer, nourrir, protéger. Au lieu de lutter contre la mousse comme contre un ennemi, vous pouvez la voir comme un messager.

  • Éviter le tassement du sol : Évitez de tasser le sol au pied des fruitiers en passant toujours au même endroit avec une brouette ou un véhicule. Le tassement du sol empêche l’air de circuler mal et l’humidité stagne autour du collet.
  • Gérer le paillage : Laissez, si possible, un léger paillage organique (feuilles broyées, tontes sèches) en été, mais pensez à alléger ce paillis si l’hiver est très humide.
  • Surveiller le drainage : Surveillez la présence d’eau stagnante. Si des flaques persistent longtemps, un drainage léger peut être nécessaire.
  • Maintenir l'équilibre du sol : Vous pouvez aussi répéter l’application sable + lithothamne tous les deux ou trois ans si votre sol reste naturellement très argileux et acide. Pas besoin de le faire chaque hiver si la mousse ne revient plus de façon massive.
  • Améliorer la composition du sol : Après l’aération, vous pouvez épandre un mélange de compost et de sable sur la pelouse pour améliorer progressivement la composition du sol argileux.
  • La scarification : La scarification est le processus d’élimination de la mousse de la surface de la pelouse. Une façon de scarifier est de tondre votre pelouse verticalement (aussi appelé « verticutting »). Ce mouvement peigne essentiellement tout le matériel mort (feutre, mousse) entre l’herbe et coupe légèrement les pousses qui poussent latéralement, stimulant la production d’une hormone de croissance. Après le verticutting, votre pelouse aura l’air un peu clairsemée.

Avec ce mélange simple de sable de rivière et de lithothamne, vous agissez là où tout commence : dans les premiers centimètres de terre autour de vos arbres. En quelques semaines, la mousse recule. Et, saison après saison, vos fruitiers gagnent en vigueur.

Mousses et Lichens sur l'Écorce : Une Question Différente

Mousses et lichens ont envahi votre vieil arbre préféré, vous privant de sa magnifique peau ? Ou provoquant votre inquiétude pour sa santé ? Cette inquiétude n’a pas lieu d’être, ils s’installent sur l’écorce mais n’empêchent pas celle-ci de jouer son rôle protecteur. Les mousses et lichens sont des épiphytes, végétaux sans racines qui se développent sur d’autres végétaux, en l’occurrence sur l’écorce des arbres. Le lichen est une association symbiotique entre une ou plusieurs algue(s) et un champignon, chacun apportant à l’autre un ou plusieurs bénéfice(s) - symbiose oblige. Le lichen se développe dans des milieux hostiles comme la surface des pierres ou de béton, l’écorce des arbres (les lichens corticoles). Il a besoin de lumière et est capable d’absorber les métaux lourds, il a donc un effet purificateur et joue le rôle de bioindicateur.

L’écorce des arbres est un support pour certaines espèces de lichen, notamment l’écorce creusée, crevassée, des vieux arbres. Mais le lichen n’est absolument pas un parasite de l’arbre et sa présence n’a aucun impact sur la santé de l’arbre, il ne pénètre pas dans les tissus de l’arbre et se nourrit grâce à l’eau qui ruisselle sur le tronc. La mousse, elle, est une plante dite “invasculaire”, car elle n’est pas vascularisée, elle n’a pas non plus de racines. C’est pourquoi elle se plaît sur les écorces rugueuses des vieux arbres, sur lesquelles elle parvient à s’accrocher. Les vieux arbres ont également sa préférence car leur croissance est terminée ou très ralentie, et que leur ramure très développée la protège du soleil et donc du dessèchement. Elle capte sa nourriture dans l’eau, comme le lichen, n’ayant aucun accès aux tissus de l’arbre qu’elle ne parasite pas. Elle se reproduit grâce à des spores, comme les fougères, et aime surtout l’humidité, le soleil tant qu’il est doux et les environnements acides. Comme le lichen, la mousse est un refuge pour de nombreux petits organismes qui contribuent à la santé du sol. La mousse est elle aussi un indicateur précieux de la pollution du milieu car elle absorbe presque tout ce dont l’air ambiant est composé.

Bien que sans danger pour l’arbre sur lequel ils sont installés, mousses et lichens peuvent cacher son écorce, ce qui est dommage visuellement et ce qui peut empêcher de visualiser certains problèmes de santé de l'arbre. Comment se débarrasser des mousses et lichens ? Comment traiter le lichen sur les arbres fruitiers ?

Les méthodes douces et préventives pour l'écorce sont similaires à celles pour le sol, agissant sur les conditions favorables :

  • Tailler pour la lumière et l'aération : Taillez l’arbre afin de permettre à la lumière de circuler. Cette aération du cœur d’un arbre est de toute façon bénéfique pour lui car elle limite la prolifération de champignons pathogènes. Apportez plus de lumière au niveau du tronc en taillant la haie ou les arbustes qui poussent autour. Taillez les branches basses et ouvrez la canopée pour créer plus de lumière et d’air.
  • Gérer l'humidité au pied : Tondez l’herbe plus court autour du tronc afin que le milieu soit moins humide.
  • Le chaulage des troncs : Un chaulage du tronc tous les 3 à 5 ans sera une action préventive, rendant le milieu inhospitalier pour ces végétaux. Le chaulage se fait d'ailleurs régulièrement sur les arbres fruitiers pour supprimer bactéries et parasites. C’est un traitement préventif qui s’effectue à la fin de l’hiver et qui consiste à badigeonner les troncs avec du lait de chaux. Il est préférable de réaliser cette opération par temps sec et ensoleillé.
  • Produits à base de cuivre : La mousse est intolérante au cuivre. Appliquer sur l’écorce un produit à base de cuivre va détruire cette mousse, par exemple de la bouillie bordelaise très diluée (une faible dose suffit).
  • Badigeonner à la chaux : Badigeonnez l’écorce à la chaux, la mousse ayant besoin d’un milieu acide elle sera détruite. Et la chaux est un fongicide, qui vous débarrassera donc du lichen.
  • Brossage mécanique : Brossez tout simplement l’écorce avec une brosse à poils relativement durs (une brosse en chiendent, en paille de riz ou en coco par exemple), les mousses et lichens se détachent facilement. Évitez les brosses à poils métalliques, bien trop agressives. Mouillez la brosse pour ôter le lichen, il s'enlèvera plus facilement. Nettoyez également les branches et agissez du haut vers le bas. N’utilisez pas un jet à haute pression, certes il nettoiera l’écorce mais il va également la décoller, voire l’arracher.
  • Période d'intervention : La meilleure période pour agir est l’hiver, lorsqu’il n’y a plus de feuilles sur les branches. En effet, il n’y a plus de spores non plus, donc moins de risque que les mousses n’aillent se développer un peu plus loin. Traitez par temps sec et beau et avec douceur pour ne pas blesser l’écorce. Vous pourrez ensuite jeter cette mousse sur votre tas de compost… ou la donner à vos poules !! Récupérez la mousse que vous avez enlevée de vos vieux arbres pour orner une belle souche ou réaliser de délicates compositions florales.

Image d'un tronc d'arbre chaulé pour prévenir la mousse

L'Ammoniac en Jardinage : Fertilisation et Répulsif, non Antimousse Systématique

L'élément le plus fondamental dans le régime alimentaire des plantes est l'azote. Pour que toutes les plantes - à l'intérieur, dans le jardin, et même les céréales dans les champs - poussent activement, augmentent la masse verte, fleurissent activement et portent des fruits, elles ont besoin d'azote. Ainsi, l'azote est la principale source de nutrition pour les organismes végétaux. Une couronne verte luxuriante, une abondance de fleurs, puis de fruits, un développement végétatif actif, tout dépend de la teneur en azote du sol, car les plantes ne peuvent l’enlever que du sol (jusqu’à 78% d’azote sous la forme inaccessible aux plantes). Dans ce cas, une fertilisation immédiate des plantes à l'azote est nécessaire.

La forme la plus disponible pour l'absorption de l'azote est l'ammoniac ou le nitrate d'ammonium (NH4CL). Bien que les plantes absorbent très rapidement les nitrates en n'importe quelle quantité, elles n'aiment pas l'azote sous forme d'ammoniac directement absorbable sous certaines conditions, ce qui demande une transformation. Pour que les engrais organiques saturent enfin les plantes avec l'azote nécessaire, elles doivent subir un processus de décomposition de la matière organique (fumier, litière) à l'aide de microorganismes.

Les cultures solanacées, telles que les pommes de terre, les aubergines, ainsi que les poivrons, les choux, les citrouilles et les courgettes, nécessitent une teneur élevée en azote dans le sol pour un développement actif et une fructification. Dans les cultures fruitières, les framboises, les mûres, les cerises et les prunes réagissent très bien à la fertilisation à l'ammoniac liquide. Les poires à l'azote, les radis, les oignons et les fleurs bulbeuses sont consommés avec modération. Une solution universelle d’alimentation azotée de toutes cultures légumières et fruitières peut être préparée en diluant 50 ml d’ammoniac dans 4 litres d’eau. Les arbres fruitiers, les arbustes, les fleurs vivaces sont arrosés avec une solution universelle 2 à 3 fois par saison. Les tomates sont nourries 1 fois par semaine, en commençant par la dose minimale et en augmentant progressivement la concentration. Sous les concombres au début de la formation des ovaires, préparer une solution de 2 cuillères à café. Pour obtenir une flèche verte luxuriante dans la culture d'oignons, arrosez avec une solution concentrée (1 cuillère à café / 1 litre d'eau). À titre préventif, tous les légumes, les arbustes à baies, les arbres fruitiers et les fleurs sont arrosés 1 fois en 7 à 10 jours sous une racine avec une faible solution d’ammoniac - 1 cuillère à soupe pour 1 seau d’eau. La fertilisation à l'ammoniac a un effet très bénéfique sur les plants de tomates, de poivrons et de choux, produits 2 semaines après la récolte.

Au-delà de son rôle de fertilisant, la forte odeur d'ammoniac affecte beaucoup de parasites, même à une concentration imperceptible pour une personne. Pour ce faire, préparez une solution savonneuse : 100-200 g de savon sont frottés sur une râpe fine, dissous dans 1 litre d’eau chaude, puis progressivement, soigneusement mélangés, ajoutés à 10 litres d’eau pure, 50 ml d’ammoniac à 25%. La solution immédiatement obtenue pulvérisait les fruits sur les arbres, les feuilles, le chou, les tomates, les concombres - en un mot, toutes les cultures à transformer.

Il est important de noter que, comme mentionné précédemment, le sulfate d'ammonium (un composé ammoniacal) peut brûler efficacement la mousse. Cependant, cette utilisation est spécifiquement conçue pour la destruction de la mousse et non pour l'amélioration durable du sol. Son emploi nécessite une connaissance approfondie des espèces végétales et des schémas de croissance, car il peut gravement brûler la pelouse et n'est pas toléré par toutes les espèces de gazon. Une utilisation appropriée, dans le respect des proportions et des règles, est impérative pour que l’ammoniac soit votre aide indispensable et votre ami des plantes, qu'il s'agisse de fertilisation ou de répulsif. Il est primordial de distinguer ces applications ciblées des solutions d'ensemble pour un sol sain, telles que la méthode sable et lithothamne, qui traitent les causes profondes de l'apparition de la mousse plutôt que ses symptômes de surface.

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