
Alors que le concept de permaculture reste encore vague pour certains, ses grands principes ne vous seront sans doute pas totalement étrangers. La permaculture, en essence, imite les écosystèmes en travaillant avec la nature au lieu de s’y opposer. Si vous compostez vos déchets de cuisine, faites le tri sélectif et êtes adepte des produits écologiques, vous êtes déjà sur la bonne voie. Mais peut-elle se résumer à une simple question de bon sens ? Que veut dire précisément permaculture ? Est-ce la même chose que cultiver en bio ? Cet article explore en profondeur ces questions, en mettant l'accent sur l'arboriculture dans un contexte de permaculture et d'agriculture biologique.
La Permaculture : Au-delà du Jardinage
Si la permaculture est généralement associée à des techniques agricoles, elle dépasse largement le cadre du jardinage, du maraîchage ou de l’agriculture. Le terme permaculture a été inventé en 1978 par les Australiens Bill Mollison et David Holmgren. Son but est de concevoir des systèmes humains durables et résilients, qui s'intègrent harmonieusement dans les écosystèmes naturels. Il est compréhensible de se sentir perdu face aux multiples vocations d’un jardin en permaculture, mais une approche méthodique permet de l'appréhender.
Les Fondamentaux de la Permaculture
La première étape pour créer un potager en permaculture pas à pas est une phase d’observation et d’analyse de votre environnement. Il est primordial de prendre le temps de se connecter avec l’environnement immédiat de votre maison. Observez la présence des plantes “naturelles”, des insectes et des animaux. Notez comment votre terrain est orienté, s’il est exposé ou non au vent, s’il est ensoleillé un peu ou souvent. Que vous désiriez mettre en place la permaculture dans un petit jardin ou dans un grand espace, cette étape est cruciale pour un design adapté.
Un principe clé de la permaculture est de faire en sorte que chaque élément présent dans votre jardin remplisse plusieurs fonctions. Pour mettre en place un jardin autonome, veillez aussi à ce qu’une fonction particulière puisse être remplie par plusieurs éléments de votre environnement. Par exemple, récupérez l’eau de pluie dans de grands récipients disposés à plusieurs endroits de votre jardin pour éviter les déplacements et les efforts inutiles. Préférez les plantes qui peuvent se ressemer pour limiter le coût financier et de temps. À partir de vos observations, vous pouvez esquisser en détails le plan de votre potager en permaculture, les matériaux pour le construire et le délimiter. Mesurez la largeur de vos parcelles de manière à pouvoir atteindre le centre aisément et sans avoir à marcher sur vos planches de culture.
Le sol est un élément central en permaculture. Il est essentiel de toujours garder le sol de vos parcelles couvert avec des copeaux de bois, du compost, du carton en faisant des couches. Optimisez chaque élément présent naturellement dans votre environnement. Des engrais verts sont aussi cultivés pour protéger la terre et nourrir la vie du sol.
Différentes Techniques et Aménagements Permaculturels
La permaculture ne se limite pas à une seule méthode. Plusieurs techniques d’aménagement se prêtent très bien à sa pratique :
- La culture en carrés : Une méthode organisée qui facilite l'accès et l'entretien.
- Le jardin en trou de serrure (keyhole) : Particulièrement adapté aux petits jardins ou terrasses. C’est une structure circulaire de 3 m de diamètre et d’1 m de hauteur maximum qui sert à cultiver les légumes dans différents bacs. Les déchets de cuisine sont apportés dans le composteur central. Les plantes installées dans les bacs autour du composteur puisent leurs nutriments, au fur et à mesure que les déchets se décomposent.
- Le “wicking-bed” ou jardinière auto-suffisante : Un système de culture hors sol, autosuffisant en eau et en fertilisant. Il est particulièrement adapté pour les milieux urbains et les endroits où le sol fertile n’est pas accessible.
- La culture en buttes : Fait partie des techniques d’aménagement les plus répandues de la permaculture, car elle permet d'augmenter la surface cultivable et de créer des microclimats.

Vous l’avez compris, pas besoin de posséder un champ pour vous lancer dans la permaculture. La différence entre le “cultiver bio” et la permaculture réside notamment dans la mise en place d’interactions entre les êtres vivants, visant à créer des écosystèmes auto-régulés.
La Permaculture sur Balcon
Un verger sur mon balcon ? C’est tout à fait possible ! De nombreuses espèces se cultivent sur balcon. Pensez aux fruitiers colonnaires, qui sont des arbres qui émettent une seule tige de laquelle poussent les fruits. Ils sont parfaitement adaptés à la culture sur balcon, tout comme la vigne, le kiwi, le kiwai et les petits fruits (framboisiers, cassissiers, groseilliers, amélanchiers, fraisiers, etc.). Vous pouvez tout à fait faire des cultures en pots sur votre balcon ou terrasse si vous n’avez pas de jardin. Vous pouvez également cultiver des fruitiers annuels comme les physalis, ou encore les poires-melons (qui sont vivaces si vous les rentrez l’hiver).
Avant de vous lancer, vérifiez que le règlement de copropriété vous autorise à réaliser cela. Il est par exemple souvent interdit de mettre des jardinières du côté extérieur du balcon, pour des mesures de sécurité. D’autre part, assurez-vous que le poids total de vos jardinières, pots, etc., pourra être supporté par la structure de votre balcon. Renseignez-vous auprès de votre syndic pour avoir les chiffres exacts. Afin d’alléger vos pots, jardinières, etc., vous pouvez mettre du charbon, des billes d’argiles, ou d'autres matériaux légers au fond.
L'Arboriculture en Permaculture : Un Écosystème Équilibré
Un verger en permaculture peut revêtir de nombreuses formes, étant donné que la permaculture est une méthode systémique et globale qui vise à concevoir des systèmes. On adaptera donc notre design à nos besoins, nos envies, et les possibilités de notre terrain.
Le Modèle d'Évelyne Leterme : Les Haies Fruitières Multi-étagées
Le modèle de verger créé par Evelyne Leterme est particulièrement intéressant. Développé pour les professionnels qui souhaiteraient diversifier leurs productions, il est tout à fait applicable à un verger familial. Cette forme de verger a fait ses preuves et est un bel exemple de ce que peut être un écosystème équilibré, résilient et autonome.
Evelyne Leterme a passé une grande partie de sa vie à sillonner les routes pour retrouver et sauvegarder des variétés anciennes d’arbres fruitiers. Formée en sélection des plantes et ethnobotanique, c’est elle qui créa le conservatoire végétal d’Aquitaine, un centre où des centaines de variétés d’arbres fruitiers sont conservées. Partant du constat que l’arboriculture fruitière moderne ne répondait pas aux enjeux socio-économiques et environnementaux de notre époque, elle a développé un modèle de verger dans lequel la biodiversité tient une place prépondérante. En redonnant ainsi de la complexité au verger, selon ses mots, les haies fruitières qu’elle a conçues obtiennent des résultats sans égal : une bonne production (parfois supérieure ou égale à une production agricole conventionnelle), des maladies maintenues sous un seuil plus qu’acceptable, et une esthétique bien plus soignée qu’un verger moderne monocultural. Les vergers en monoculture sont plus sensibles aux maladies et ravageurs qu’une haie fruitière diversifiée. Le mélange des essences permet d’assurer certaines récoltes tous les ans.

Ses seuls traitements sont un traitement naturel au moût de pain, un produit au pH acide qui empêche le développement de certains champignons et un traitement au lactosérum, le petit lait, qui a un effet similaire. Elle s’est inspirée des méthodes anciennes de culture de fruitiers en association, ainsi que des résultats de la recherche scientifique contemporaine. C’est ainsi que sont nées les haies fruitières multi-étagées. Cette méthode présente pour le moment les meilleurs résultats prouvés scientifiquement en termes de production et de maintien de la biodiversité.
Il existe bien sûr les forêts-jardins de Martin Crawford, la méthode la plus connue en permaculture, ou encore les haies fruitières de Stefan Sobkowiak, le verger permaculturel, qui sont des méthodes également très intéressantes. Cependant, si vous souhaitez créer un verger, sachez que la méthode d'Evelyne Leterme a fait ses preuves et fonctionne dans plusieurs régions.
Conception et Installation d'une Haie Fruitière
La conception d'une haie fruitière selon le modèle d'Evelyne Leterme implique une structure en deux strates. Un arbre fruitier non taillé constitue la strate haute. Les quatre autres arbres ou arbustes sont taillés de 1 à 1 mètre 20 de haut. Ainsi, après quelques années de croissance, la haie forme un continuum végétal, sans espace vide, composé de deux strates : une strate haute, l’arbre non taillé, et une strate basse, les quatre autres végétaux maintenus à 1 mètre 20. Il est également possible d’ajouter des fleurs, plantes médicinales et autres végétaux utiles pour la biodiversité en premier plan, devant les arbres. Au pied des arbres haute-tige, on peut également installer des petits fruits comme des framboisiers par exemple. Cela permet de rendre votre design encore plus productif.
Il est important de pailler le sol au moment de la plantation. Cela permettra aux arbres de se développer correctement et permettra la mise en place d’un solide réseau mycorhizien. Par ailleurs, si votre sol semble avoir une très faible activité biologique (peu de vers de terre, compaction, etc), il est conseillé d’apporter en plus du paillage, un compost peu décomposé, afin de relancer un peu l’activité biologique, et de décompacter le sol.
La clé de réussite de ces haies réside véritablement dans ce couloir de végétation et dans la diversité des espèces utilisées : plus il y a d’espèces, mieux cela fonctionne, explique Evelyne Leterme. Ainsi, vous pouvez installer une multitude d’espèces différentes, d’arbres et d’arbustes. On peut alors varier entre noisetiers, pêchers, pruniers, cerisiers, pommiers, poiriers, néfliers, cognassiers, etc. Choisissez néanmoins avec attention les arbres haute-tige qui assureront la production principale, mais qui ne produiront que tardivement. Ne négligez pas pour autant les arbres et arbustes basse-tige (en arbustes, ils peuvent être des viornes, cornouiller, bourdaine, etc) qui seront taillés à 1 mètre 20. Evelyne Leterme récolte en effet des cerises sur des arbres taillés à 1 mètre 20, ce qui est à la fois intéressant et amusant.
L’installation de la haie représente un certain investissement si l’on compte 10 à 20 euros par arbre. Une stratégie alternative consiste à utiliser des arbres greffés pour les arbres principaux (ceux qui sont onéreux), et pour ceux de la strate basse, choisir des porte-greffes. Les porte-greffes peuvent être achetés pour quelques euros sur Internet, ou même obtenus à partir de semis de noyaux et de pépins. Il est conseillé dans un verger, que l’on souhaite le plus autonome possible, de semer ses porte-greffes pour qu’ils soient plus résistants à la sécheresse. Par endroit, il est également possible de remplacer les essences fruitières par des chênes, frênes, châtaigniers, etc., qui seront taillés de façon à ce qu’ils ne dépassent pas 3 à 4 mètres de haut. Ce choix semble intéressant, car le chêne, par exemple, attire environ 500 espèces d’insectes différentes. Des arbustes fruitiers peuvent également être placés dans la strate basse : groseillers, cassis, etc. Sur les côtés, au pied des arbres, des plantes utiles comme la consoude, les asters et autres fleurs peuvent être installées.

Les Bénéfices d'une Haie Fruitière Multi-étagée
Après quelques années, les arbres vont commencer à se rejoindre et à former ce continuum végétal. Le sol va se retrouver couvert naturellement par cet ensemble dense de plantes que vous pourrez, en supplément, couvrir de vos restes de taille. Avec le temps, la biodiversité à l’échelle de la haie explosera littéralement.
Après des comptages entomologiques, les scientifiques furent surpris de trouver tant d’insectes différents sur les haies d’Evelyne Leterme : des dizaines d’espèces, prédateurs et ravageurs, tandis qu’à quelques mètres de la haie, une biodiversité bien moins riche fut observée. Après les relevés, les chercheurs ont remarqué que la plupart des arbres étaient sains, malgré la présence de ravageurs connus. Et c’est là tout l’intérêt de cette méthode : une lutte biologique extrêmement efficace. C’est la définition même de la lutte biologique qui est de maintenir le nombre de ravageurs sous un seuil acceptable. C’est la clé d’un système équilibré, qui s’auto-régule, une des choses recherchée en permaculture. Ici, seule une très faible part d’arbres étaient attaqués par des insectes ou des maladies. Les auxiliaires présents sur la haie se chargent donc de maintenir les populations de ravageurs à un seuil très bas, un seuil dit « naturel ». L’écosystème est donc, après seulement quelques années, bien équilibré.
Pour assurer parfaitement cette protection, il est très important que tous les végétaux se touchent. Ainsi, les insectes auxiliaires peuvent se déplacer facilement d’un bout à l’autre de la haie, protégés par les végétaux. C’est la condition sine qua non à la réussite de cette méthode. À certains endroits où la végétation ne se rejoignait pas, l’équipe du conservatoire végétal d’Aquitaine a remarqué que les auxiliaires rebroussaient chemin. Grâce à cette méthode, vous pourrez ainsi récolter de beaux fruits, savoureux et sains. Plus besoin de traitement ni de fertilisation : la haie s’autorégule et s’autofertilise. Le seul entretien sera la taille de la strate basse sous les 1 mètre 20 afin que la strate haute bénéficie de toute la lumière. Evelyne Leterme a recours à de petits traitements bio évoqués plus haut : moût de pain et lactosérum. Vous pouvez vous en passer, même si certaines maladies seront un peu plus présentes.
Pour parfaire ce système, vous pouvez tout à fait vous servir des zones entre les haies pour cultiver vos légumes ! C’est ce que l’on appelle un verger maraîcher.
L'Agriculture Biologique et la Permaculture : Complémentarité
La mise en place de la permaculture dans un jardin ou un verger s'inscrit naturellement dans une démarche d'agriculture biologique. L'agriculture biologique, telle que pratiquée dans un potager bio de 380 m2 (pour 220 m2 réellement cultivés en légumes) par exemple, est organisée en 3 grandes parcelles bordées d’allées engazonnées et de plates bandes de fleurs vivaces et arbustives destinées à embellir le jardin et à accueillir les auxiliaires indispensables pour la protection ou la lutte biologique. Les cultures s’enchainent sur chaque parcelle avec au moins 2 récoltes par an. Le sol est toujours occupé par des cultures. Aussitôt récolté, aussitôt ressemé ou replanté. En automne, les engrais verts prennent le relais sur les rares parcelles non occupées par des légumes. L’idée que la terre doit se reposer est une idée dépassée.
Une très grande importance est attachée à l’entretien de la fertilité naturelle en utilisant des méthodes biologiques et écologiques efficaces, autonomes et économes. Du compost vient en complément pour les cultures exigeantes. Des engrais verts sont aussi cultivés pour protéger la terre et nourrir la vie du sol. L’essentiel du travail de la terre est assuré par les êtres vivants du sol, surtout les bactéries, les champignons, les lombrics que nous choyons tout particulièrement en les nourrissant avec des paillis tendres et nutritifs. Autrefois dure comme du béton, notre terre limoneuse est ainsi devenue rapidement grumeleuse comme du couscous.
Protection Biologique des Cultures
La protection des légumes contre les ravageurs est assurée par les auxiliaires très nombreux dans un jardin biologique. Au lieu d’introduire des insectes auxiliaires, solution toujours délicate à mettre en œuvre et coûteuse, il est préférable d'agir pour accueillir les auxiliaires spontanés tout au long de l’année. Contre les maladies, les mesures de prévention et le choix de variétés moins fragiles sont efficaces.
En cas de nécessité (lorsque les conditions climatiques sont favorables aux maladies et aux ravageurs), il est préconisé d'utiliser exclusivement des méthodes biologiques à l’efficacité prouvée : voiles anti-insectes, pièges, et si nécessaire fongicides et insecticides autorisés en agriculture biologique, en évitant les dommages collatéraux pour préserver la biodiversité. Il est important d'intervenir parfois pour sauver les récoltes et ne pas rester les bras croisés regarder les limaces manger les jeunes plants de salades. Il n'est pas recommandé d'utiliser les décoctions, purins, macérations, substances dites de base, huiles essentielles, jugés trop peu efficaces et trop aléatoires par les nombreux essais techniques en plein champ, notamment ceux réalisés par l’ITAB (institut technique de l’agriculture biologique). Les huiles essentielles sont, quant à elles, très dangereuses pour la faune sauvage et notamment les insectes auxiliaires.
Les plantes sauvages sont nombreuses dans le potager et encore plus dans les autres parties du jardin. Mais les herbes indésirables envahissantes ou gênantes sont maitrisées très facilement et sans peine grâce aux techniques de faux-semis, de semis en ligne et surtout grâce au paillage, c’est à dire la couverture quasi permanente du sol. Pour pailler, il est préférable d'utiliser uniquement les déchets végétaux du jardin. La même démarche est aussi utilisée pour tout le jardin d’agrément.
Le Potager et le Meilleur Paillage du Monde de l'Univers
Permaculture sans Dogme
Un jardin peut être conçu dans l’esprit de la permaculture avant même que ce mot ne devienne à la mode et s’impose. Cependant, il est important d'éviter d’en faire un dogme, une approche théorique, souvent “fumeuse” et coupée des réalités et du sens pratique. Chez certains praticiens, on ne trouve pas de culture en butte, pas de lasagnes, pas de mandala, de “trou de serrure”, de “baissière”, ni de spirale à aromatiques. Ces techniques ne seraient d’aucune utilité, mais en revanche très coûteuses en temps et en énergie pour aucun bénéfice. Tous les aménagements peuvent être réversibles, simples et très peu coûteux.
D’autres mots à la mode s’imposent : forêt nourricière, jardin-forêt, forêt comestible, agro-écologie, jardinage sol-vivant, écosystème nourricier, jardin vivrier… Tous peuvent être utilisés pour décrire une approche du jardinage respectueuse de l'environnement.
Le Choix des Variétés Fruitières
Peu importe la méthode que vous employez pour installer votre verger en permaculture, le choix des variétés est important : selon vos goûts si vous êtes connaisseur et, cela est primordial, selon votre climat. En choisissant bien vos variétés, vous pourrez avoir à portée de main des pommes et des poires quasiment toute l’année (en panachant des variétés très précoces avec des variétés qui se conservent durant plusieurs mois en cave). Avec seulement 3 variétés de fraisiers, vous pouvez récolter des fraises pendant 6 mois. Le champ des possibles est immense.
Où Acheter vos Arbres ?
Acheter ses arbres se transforme parfois en casse-tête. Plutôt que de se précipiter, mieux vaut faire une liste à laquelle on réfléchit pendant 1 an et commander sereinement. Pensez également à vos connaissances : elles ont certainement des variétés à partager avec vous ! L'association des croqueurs de pommes défend le patrimoine fruitier local, allez découvrir les variétés qui poussent sur votre terroir afin de les implanter dans votre jardin. Le site beaufort jeunes plants est une référence pour acheter des porte-greffes, même si ceux-ci peuvent être produits à partir de semis de pépins et de noyaux (c’est même conseillé pour obtenir des arbres plus résistants à la sécheresse). Cette entreprise propose des porte-greffes pour moins de 2 euros pièce. Il est conseillé de choisir uniquement des porte-greffes vigoureux pour tous les arbres, afin d’avoir une meilleure production de BRF en vue de pailler la haie.
Pour les « bonnes » variétés (celles ayant des qualités gustatives avérées), vous pouvez commander vos variétés chez divers pépiniéristes, ou vous rendre chez un pépiniériste local. La pépinière Pépin’hier, par exemple, dispose d’une belle collection. Les arbres commandés chez ce type de pépiniériste ont souvent un bon taux de reprise, même sans arrosage la première année, ce qui est pourtant déconseillé, surtout sur un sol sableux.
Choisir des Variétés Adaptées et Résistantes
Si vous n’êtes pas très à l’aise avec les variétés de fruitiers, sachez qu’il existe une association présente dans un bon nombre de départements français. Il s’agit des croqueurs de pomme. Ces bénévoles passionnés sauvegardent et cultivent des centaines de variétés de fruitiers, adaptées à leur région. Si vous les contactez, ils pourront vous conseiller sur les variétés qui correspondent à votre terroir ! (En Bretagne, il s’agit des « mordus de la Pomme »). Vous pouvez également vous rapprocher des pépiniéristes locaux, ces derniers pourront vous conseiller si leur collection est suffisante. Dans tous les cas, essayez de choisir des variétés dites résistantes aux maladies. Les pépiniéristes locaux sauront, une fois de plus, vous recommander les bonnes variétés.
Voici quelques exemples de fruitiers, mentionnés du plus précoce au plus tardif, qui peuvent inspirer vos choix :
- Abricotiers : ‘Rouge du Roussillon’, ‘Précoce de Boulbon’, ‘De Provence’, ‘Luizet’, ‘Paviot’, ‘Poizat’.
- Cerisiers : ‘Early Rivers’, ‘Bigarreau Moreau’, ‘Bigarreau Burlat’, ‘Bigarreau Jaboulay’, ‘Bigarreau Marmotte’, ‘Badascony’.
- Pommiers : ‘Astracan Blanche’, ‘Calville Blanche d’Eté’, ‘William’s Favorite’, ‘Grand-Alexandre’, ‘Royale d’Angleterre’, Framboise’, ‘Reinette de Caux’, ‘Reinette d’espagne’, ‘Belle de Boskoop’, ‘Calville Mme Lessans’.
- Pruniers : ‘Bonne de Bry’, Czar’, ‘Pond’s Seedling’, Reine-Claude ‘Althann’, ‘Jefferson’, ‘Reine-Claude de Bavay’, ‘Quetsche de Létricourt’.
- Poiriers : ‘Beurré Giffard’, ‘Claude Blanchet’, ‘Beurré d’Amanlis’, ‘Williams’, ‘Sucrée de Montluçon’, ‘Enfant Nantais’, ‘Bonne de Malines, ‘La Béarnaise’, ‘Pierre Corneille’, ‘Figue d’Alençon’, ‘Olivier de Serres’, ‘Président Drouard’.
- Pêchers/nectarines : ‘Amsden’, ‘May Flower’, ‘Carman’, ‘Nectarine Early Rivers’, ‘Doctor Hogg’, ‘Grosse-Mignonne’, ‘J H hale’, ‘Nectarine Pine Apple’, ‘Nectarine Elruge’, ‘Reine des Vergers’, ‘Sanguine’, ‘Tétons de Vénus’.

Ressources et Formation en Permaculture
L’Ecole de Permaculture du Bec Hellouin, située en Normandie, est une ferme familiale devenue une référence mondiale en permaculture, et est maintenant certifiée Qualiopi. En 2026, elle propose deux master class en permaculture, d’une durée de 12 jours chacune (4 fois 3 jours) : Microfermes, forêts-jardins et CCP (Cours de Conception en Permaculture) et Devenir jardinier-maraîcher. Ces formations sont précieuses pour ceux qui veulent tout savoir sur la permaculture et acquérir des compétences pratiques.
La pépiniériste productrice de fruitiers à la démarche paysanne cultive localement à Montendre (Sud Charente Maritime) une gamme d'arbres fruitiers, aux variétés anciennes et locales au maximum, de champêtres, petits fruits et plantes d'accompagnement principalement en racines nues. Cette pratique est cohérente avec un projet de pépinière qui applique les principes de l’agroécologie et de la permaculture, respectant l’environnement et le vivant, favorisant la biodiversité, l’enrichissement des sols, sans aucun usage de pesticides. La passion pour le monde complexe du végétal et la curiosité d’en apprendre davantage chaque jour par l’observation, les lectures, l’échange sont au cœur de cette démarche. Pour cultiver au mieux arbre fruitier, arbuste fruitier et petits fruits, et ainsi récolter de bons fruits comme le pommier, le poirier, le pêcher, le prunier, le cerisier, l'abricotier, l'amandier, le saule osier, le champêtre, les petits fruits (rouges, noirs, blancs), le caseillier, etc.
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