Techniques de multiplication et de conduite des arbres fruitiers

La maîtrise des arbres fruitiers repose sur une compréhension fine de leur physiologie et des méthodes éprouvées pour leur propagation et leur mise à fruit. Qu’il s’agisse de créer un nouveau verger ou d’optimiser la production d’arbres existants, les méthodes horticoles offrent des solutions adaptées à chaque besoin, du jardinier amateur au pépiniériste professionnel.

Les méthodes de propagation des arbres fruitiers

Les méthodes de propagation des arbres fruitiers sont des techniques utilisées pour reproduire ces arbres de manière efficace et fiable.

Le semis

Plantez les graines des fruits de l’arbre mère. Le problème dans cette technique c’est que la plupart des arbres sont des arbres hybrides et donc bien que similaire à l’arbre mère, les fruits ne produiront pas forcément des graines aussi performantes. Elie Abel Carrière (1818-1896), chef des pépinières au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, a publié en 1880 un ouvrage intitulé Semis et mise à fruit des arbres fruitiers. Ce livre était à contre-courant car il cherchait à démontrer les avantages qu'il y aurait à multiplier plus qu'on est dans l'habitude de le faire les arbres fruitiers par semis.

Le bouturage et la division

Le bouturage est une méthode de propagation végétative où un morceau de tige ou de branche d’un arbre fruitier est prélevé et planté pour produire une nouvelle plante. Cette méthode permet de reproduire fidèlement l’arbre parent. Pour certaines espèces d’arbres fruitiers, la division est une méthode de propagation possible (framboisiers, groseilliers).

Le marcottage

Le marcottage est une méthode de propagation dans laquelle une branche ou une tige d’un arbre fruitier est enracinée alors qu’elle est encore attachée à la plante mère. Une fois que le nouveau système racinaire est bien en place, la branche est coupée de l’arbre mère et transplantée pour former une nouvelle plante. Il existe plusieurs techniques de marcottage : par couchage, par air, ou par marcottage.

Schéma illustrant les différentes techniques de marcottage

La greffe

La greffe est une technique où l’on va prélever une partie d’un arbre fruitier, appelée le greffon. Celui-ci va être attaché à une autre plante appelée « porte-greffe ». La greffe d'un arbre fruitier est une technique horticole qui permet de combiner les meilleures caractéristiques de deux arbres différents dans un seul.

Les avantages sont multiples :

  • Diversification des variétés : la greffe permet de cultiver plusieurs variétés de fruits sur un seul tronc.
  • Améliorer la résistance aux maladies : en greffant, on peut combiner la robustesse d’un porte-greffe avec les qualités fruitières d’un autre arbre.
  • Accélération de la fructification : les arbres fruitiers greffés commencent généralement à produire des fruits plus rapidement que ceux qui sont cultivés à partir de graines.

La vigueur du porte-greffe influence la taille et la croissance de l’arbre. Les porte-greffes nains, par exemple, sont parfaits pour les petits jardins. Pour réaliser une greffe, il faut préparer le matériel, nettoyer et stériliser le porte-greffe, insérer le greffon sain, fixer le tout avec du ruban de greffe et protéger la jonction avec un mastic.

L’entretien du tronc et la protection des arbres

Enduire le tronc des arbres fruitiers est une vieille technique qui lutte contre un tas de maladies et de ravageurs, tout en respectant l'environnement.

Le badigeon (onguent de Saint-Fiacre)

Appliquer un onguent sur les arbres était déjà en usage au XVIème siècle. On avait jadis la coutume de badigeonner le tronc des arbres avec une bouillie argileuse, surnommée "onguent de Saint-Fiacre". À l’origine, cette technique servait à aider les plaies de coupe à cicatriser. La recette traditionnelle fait appel à un lait de chaux, mais une bouillie à l’argile fait aussi bien. Il suffit de mélanger de l’argile à de l’eau pour en obtenir une consistance de peinture épaisse. Vous pouvez y ajouter des extraits végétaux (purin d’ortie, prêle, tanaisie) pour augmenter l’effet insecticide. Appliquez cette couche au pinceau, en noyant généreusement les anfractuosités de l’écorce.

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L'application de glu

L’application de glu sur le tronc des arbres fruitiers est une méthode de biocontrôle dont le mode d'action est de faire une barrière physique pour empêcher les bioagresseurs de grimper dans les arbres. Sur abricotier, cerisier et pêcher, la glu est intéressante pour empêcher la montée des forficules. Sur olivier, elle limite la présence de fourmis qui empêchent l'action des auxiliaires de la cochenille.

Techniques de mise à fruit et conduite des arbres

Pour contraindre les arbres vigoureux, rebelles à la fructification, à se mettre à fruit, plusieurs opérations physiologiques peuvent être pratiquées.

Le pincement et la taille

Le pincement est l’action de rogner, au sécateur ou à la serpette, l’extrémité d’un rameau pour arrêter son trop grand développement et refouler la sève dans les organes inférieurs. Dans l’opération du pincement, il faut toujours commencer par les branches supérieures. Quant à la taille en vert, elle consiste à réduire la surface foliaire.

L’arcure et le palissage

L’arcure permet de mettre à fruits assez rapidement les rameaux vigoureux sans les tailler. Ce système s’apparente au palissage, mais les rameaux sont bouclés sur eux-mêmes. Le palissage consiste, dans les formes espaliers, à attacher à leurs places respectives les rameaux nouvellement développés. C'est une technique qui consiste à conduire une plante sur une structure en y attachant ses tiges et ses branches à l’aide de liens, dans le but d’en améliorer la qualité et le rendement.

Illustration d'un arbre fruitier palissé sur structure

Le système de tuteurage du verger palissé constitue un investissement important. Il faut prévoir un système fort et solide qui supportera la récolte maximale. La base du palissage s’effectue en tendant des fils sur des piquets. Le point d’amarrage est la partie essentielle de la structure. Qu’il s’agisse d’ancres à visser ou d’amarres de type FENOX, la solidité de l’ancrage est la garantie de la pérennité du verger.

Incisions et martelage

L’incision transversale ou entaille consiste à enlever transversalement un croissant d’écorce jusqu’à l’aubier, pour favoriser le développement des organes placés en dessous au détriment de ceux qui sont placés au-dessus. Le martelage, consistant à frapper l’écorce avec un marteau, vise à produire une souffrance dans l’ensemble de l’arbre, ce qui, en modérant la végétation, détermine le nouage des fleurs.

L'ensachage et le marquage

L’ensachage préserve les fruits de l’attaque des insectes, des oiseaux et des intempéries. Le marquage des fruits est une technique ancienne qui consiste à cacher du soleil une partie de l’épiderme du fruit avec un pochoir. En mûrissant, la pomme prend sa couleur, excepté sous la forme où elle reste verte, révélant ainsi le motif choisi.

Les opérations de racines

Le piquage est la première opération qu'on fait subir aux plants obtenus de graines. Pratiqué quand les plants sont très jeunes, il les rend plus robustes. Le repiquage est une opération identique, pratiquée sur des sujets plus vieux, poussant au développement de racines horizontales plus proches de la surface du sol. La transplantation ou déplantation est réservée aux arbres très vigoureux qui menacent de s'emporter et ne veulent pas se mettre à fruit. On supprime alors les racines et les branches inutiles pour rééquilibrer l'arbre. Le cernage, enfin, consiste à enfoncer une bêche autour du tronc pour couper l'extrémité des racines, arrêtant ainsi l'élongation des branches.

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