Guide complet pour la culture du kiwi en pot à partir de graines

La culture du kiwi (Actinidia chinensis), également appelé « groseille de Chine », « yang tao » ou « souris végétale », est une aventure horticole passionnante. Bien que cette plante grimpante soit originaire de Chine, où elle est cultivée depuis plus de 2000 ans, elle s’est parfaitement adaptée à de nombreuses régions françaises. Cet article explore les étapes fondamentales pour réussir la culture de cette liane vigoureuse à partir de graines, tout en abordant les soins nécessaires à sa croissance en pot.

Plan de culture du kiwi en pot

Comprendre l'Actinidia : une liane pleine de ressources

L’actinidia est une belle grimpante aux tiges volubiles et aux grandes feuilles en forme de cœur. Originaire de Chine, elle aime de ce fait les climats tempérés et est capable de résister à des hivers très froids (-20 à -30°C). Toutefois, les gelées tardives de printemps peuvent être fatales à sa fructification. Vigoureuse, elle croît de 3 à 5m par an ! Il faut malgré tout attendre 3 à 5 ans après la plantation pour la voir fleurir : des fleurs parfumées blanc, crème puis jaune, en juin. Le kiwi est un fruit réputé pour sa forte teneur en vitamine C, c’est aussi une source non négligeable de potassium, magnésium et calcium.

Bien que le kiwi soit souvent associé à la Nouvelle-Zélande, il trouve ses racines en Chine. Cultivé depuis plus de 2000 ans le long du fleuve Yang Tsé, il était alors appelé Yang Tao, qui signifie "pêche du Yang Tsé". Les Chinois appréciaient déjà ses nombreuses qualités gustatives et nutritionnelles. Il s'est depuis largement répandu dans le monde entier, devenant un fruit incontournable pour ses bienfaits : il est riche en vitamine C, en fibres et en antioxydants, excellent pour renforcer le système immunitaire et favoriser une bonne digestion.

La germination des graines : le point de départ

Faire germer un pépin est une façon de mieux comprendre comment fonctionne la nature et ceci est valable pour les grands comme pour les petits. Le plus fastidieux sera sans aucun doute de récupérer les minuscules petites graines et de les débarrasser des restes de pulpe. Munissez-vous d’une pince à épiler et rincez-les délicatement à l’eau (attention, elles ont vite fait de s’échapper au fond de l’évier !). Frottez les pépins entre deux couches de papier absorbant afin de bien les nettoyer. Récupérez-en le plus possible et, idéalement, provenant de plusieurs kiwis différents pour multiplier les chances de réussite.

Semez vos pépins dans un terreau fin et humide, en les recouvrant à peine. Ensuite, la clé de la réussite sera de maintenir une humidité suffisante. Une solution qui fonctionne généralement assez bien est de récupérer une bouteille en plastique, de la couper en deux à un tiers de sa hauteur à partir du bouchon. Retirez le bouchon et remplacez-le par une boule de papier introduite dans le goulot. Retournez la partie supérieure et replacez-la, à l’envers, sur l’autre, goulot vers le bas. Cela permet d’avoir une miniserre à partir d’un emballage de récupération, avec une petite circulation d’air et une ambiance humide à l’intérieur.

Placez le tout au chaud (20 °C) et à la lumière. Surveillez l’humidité du terreau : celle-ci doit être constante. Vaporisez très régulièrement (à défaut, arrosez avec un très mince filet d’eau pour ne pas déranger les graines). Dans tous les cas, attention : le terreau doit être humide, mais non détrempé, d’autant qu’il n’y a pas de trou de drainage au fond de la bouteille.

Kiwi: Comment faire germer et planter les kiwis

Gestion des plantules et repiquage

Lorsque les graines auront germé, il faudra éclaircir le semis. Si vous avez eu un bon taux de germination et si les plantules sont nombreuses, il faut les repiquer sans trop tarder dans des pots individuels (dès qu’elles ont deux vraies feuilles), en veillant à ne pas casser la petite racine. L’arbre à kiwi est robuste et s’adapte aisément à notre climat, mais il n’empêche que le bichonner dans les premiers temps n’est pas un mal.

Si vous avez choisi le coton pour faire germer les graines, plantez-les dans un pot comme indiqué à l’étape précédente. Laissez grandir votre arbre jusqu’à ses 2 ans et rempotez-le s’il se sent à l’étroit. Le kiwi se plait en sol riche, frais, léger, poreux et profond. Évitez les terres calcaires et retenant l’eau. Pour la culture en pot, utilisez un contenant d’au moins 45 - 50 cm de haut avec des trous de drainage au fond.

Les spécificités de la culture en pot et le choix des variétés

La culture du kiwi en pot est notamment différente qu’en pleine terre car il vous faudra lui accorder un peu plus d’entretien, entre autre au niveau de l’arrosage. Le kiwi se plait dans un sol bien drainé, léger et humide. S’il est riche en matières organiques, cela favorisera encore plus la croissance de la plante. Le pH peut être compris entre 6 et 7. Un sol riche en argile est néfaste et doit être évité. De même, n’utilisez pas de sols trop sablonneux.

Chez les actinidias, on distingue les pieds mâles (qui pollinisent) des pieds femelles (qui produisent du fruit), les premiers n'allant pas sans les seconds. Il faut aussi distinguer les plants autofertiles, qui assurent leur propre pollinisation pour fructifier.

  • Kiwi 'Solissimo' : Variété autofertile. Un seul pied suffit pour avoir des fruits. Idéal petits jardins. Moyennement rustique.
  • Kiwi femelle 'Hayward' : Kiwi à gros fruits, de bonne conservation. Bien productif.

Il est important de noter que pour les variétés non autofertiles, il faut un pied mâle et un pied femelle pour que la pollinisation se produise. Il est impossible de connaître le sexe d’une plantule obtenue par semis : il faudra pour cela attendre que l’actinidia fleurisse, car c’est l’aspect des fleurs qui permet de distinguer les deux sexes.

Comparaison entre variétés de kiwis

Entretien : arrosage, fertilisation et taille

Le kiwi nécessite lors de la plantation et dans le temps d’être arrosé. Avec le paillage le sol conserve l’humidité plus longtemps et régule l’apport d’eau. Le jardin devient alors plus autonome et plus stable. Utilisez du BRF (Bois Raméal Fragmenté) d’une dizaine centimètres d’épaisseur. Pratiquez l’arrosage régulièrement l’été, notamment en cas de sécheresse, arrosez abondamment le kiwi, le soir.

La taille du kiwi est un art à maîtriser. Elle se pratique généralement à deux périodes :

  1. La taille d’hiver : Elle s'effectue en février, avant le réveil de la végétation. L'objectif est d'éliminer les branches mortes, malades ou mal placées, et favoriser le renouvellement des rameaux fructifères. Coupez après le 3ème ou 4ème œil qui se situe derrière l’emplacement du dernier fruit cueilli la saison précédente.
  2. La taille de fructification : Elle se pratique en juin-juillet, lorsque les fruits sont gros comme des noix. L'objectif est d'améliorer la qualité des fruits et favoriser la croissance des nouveaux rameaux. Raccourcissez tous les rameaux porteurs de fruits en coupant la tige au-dessus de la 2ème ou 3ème feuille après la grappe de fruits.

N’oubliez pas de supprimer les gourmands qui apparaissent au pied du kiwi et de renouveler régulièrement les branches âgées de plus de 5 ans. Au printemps, au mois de mars, mélangez du compost bien mature en le plaçant à la surface du pied du kiwi.

Surveillance des maladies et parasites

Le kiwi est relativement résistant, mais il peut être sujet à certaines problématiques qu'il faut surveiller. Les cochenilles par exemple sont des insectes « parasites » qui sucent la sève des plantes. Celle que nous rencontrons le plus souvent est la cochenille farineuse, qui laisse une sorte de duvet blanc.

La pourriture grise est une maladie cryptogamique qui attaque les boutons floraux ou les fruits. Un duvet blanchâtre peut apparaître, mais pas systématiquement. Les fruits sèchent, flétrissent et tombent. Les traitements à base de souffre sont efficaces. Le pourridié, quant à lui, est une maladie présente dans le sol, qui se développe au contact du bois mort. Anticipez en ajoutant chaque année un engrais spécial arbres fruitiers et en nettoyant bien vos outils de taille pour assurer une cicatrisation rapide. Enfin, l'oïdium peut apparaître en été et en automne, se manifestant par un duvet blanc en bout de rameau et sur les feuilles.

Le Kiwaï : une alternative robuste

La meilleure façon de profiter de la fraîcheur des kiwaï est de les cultiver soi-même ! Les kiwaï, également connus sous le nom d’Actinidia arguta ou kiwi de Sibérie, peuvent facilement pousser dans des régions beaucoup plus froides. Les kiwaï sont plus petits que leur cousin le kiwi, que l’on trouve généralement en magasin. De plus, les kiwaï sont dioïques, ce qui signifie que si vous voulez que la plante porte des fruits, vous devez planter au moins une kiwaï mâle pour 6-8 plantes femelles.

Il peut grimper jusqu’à 4-6 mètres, mais vous pouvez le tailler si vous souhaitez une forme plus compact. Les fruits peuvent être consommés directement après avoir été cueillis sur la kiwaï, car leur peau est lisse et comestible. Si vous êtes un débutant dans la plantation de kiwaï, Ananasnaya est une bonne variété que vous pouvez choisir. Pour produire des fruits aromatiques de plus grande taille, vous pouvez planter la variété Bingo. Pour les jardiniers souhaitant s'affranchir de la contrainte des sexes, le Kiwaï Issaï est autofertile !

Optimisation de la production et conseils de jardinage

Pour assurer la pollinisation des kiwis, plantez au minimum deux plants de sexe différent et comptez un plant mâle pour 5 plants femelles maximum. Sachez que le kiwi ne donnera du fruit qu’au bout de 5 ans. Le kiwi de Sibérie, tout comme l’ensemble des fruitiers, craint les gelées tardives de printemps. Une fois établis, les kiwaï poussent activement et ont besoin d’être fertilisés. Mais les racines sont sensibles et peuvent être brûlées si vous abusez des engrais. L’utilisation d’un engrais équilibré comme le 16-16-16 selon les instructions de l’étiquette, trois fois par an, sera plus que suffisante.

Schéma de taille du kiwi

Il est important de garder le sol propre, défait de tout adventice. Le kiwi a besoin d’énergie. Pour repérer là où étaient les fruits pour la taille d’hiver, vous pouvez laisser les pédoncules mais plus certainement, placez un scotch de couleur au moment de la récolte. Quelques semaines plus tard, cette fois au moment de la taille, votre repère sera bien visible et vous permettra à coup sûr de tailler au bon endroit.

La récolte a lieu de la fin de l’automne au début de l’hiver. Une bonne combinaison de pieds mâles et de pieds femelles peut donner même dans le Nord de la France entre 30 et 50 kg de fruits. Cultiver ses propres kiwis est une expérience très gratifiante. Vous pourrez déguster des fruits frais et locaux, et partager votre récolte avec vos proches, tout en réduisant votre empreinte carbone.

Considérations techniques sur la greffe

Toutes les méthodes de multiplication peuvent être utilisées pour multiplier l’arbre à kiwis. Mais en général, les semis sont laissés de côté car le risque de ne pas retrouver la variété souche est important, en dehors de méthodes utilisées par les professionnels. En théorie, c’est la méthode la plus simple, elle donne de très bon résultat, elle est rapide, et c’est celle qui permet un arbre fructifère le plus rapidement.

Vous allez vous demander ce qu’est un « franc de pied ». Ce franc de pied est un jeune arbre de 1 à 2 années, issu des semis d’un kiwi, c’est à dire non greffé lui-même. Dans le cas du kiwi, on privilégie la greffe en incrustation ou la greffe en fente. Au niveau de la coupe du pied receveur, avec un couteau à greffe coupez dans le sens de la hauteur. Bien que le semis soit une méthode intéressante pour observer la nature, le greffage reste la méthode privilégiée pour garantir la qualité variétale et la productivité du plant.

Le kiwi dans le paysage français

Le kiwi ou actinidia, comme il peut être souvent désigné dans les jardineries, est devenu en l’espace de quelques dizaines d’années un véritable fruit commun. Avant cela il était presque complètement inconnu en Europe. Il s’est logiquement imposé dans les jardins et dans les cultures, les fruits sur nos tables, aussi évidement.

Les Français consomment environ trois kilogrammes de kiwis par an et par ménage, c’est le 10e fruit le plus consommé dans l’Hexagone ! On produit 63.174 tonnes de kiwis sur notre territoire chaque année dont 55 % en Aquitaine. Le kiwi, avec ses lianes vigoureuses et ses fruits savoureux, est un choix de plus en plus populaire pour les jardiniers amateurs et professionnels.

La plantation du kiwi nécessite quelques connaissances spécifiques, notamment en ce qui concerne la taille et le palissage. Il faut généralement attendre plusieurs années avant de pouvoir récolter les premiers fruits. La nécessité d'une plante mâle pour obtenir des fruits est une contrainte majeure pour les petits jardins, bien que les variétés autofertiles offrent une alternative intéressante. En conclusion, le kiwi est un arbre fruitier intéressant à cultiver pour ceux qui souhaitent allier plaisir des yeux et des papilles.

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