Les beaux jours sont arrivés, et avec eux, l’envie irrésistible de transformer son jardin en petit paradis verdoyant. Mais, entre le gazon, le potager et la piscine à remplir, notre consommation d’eau peut vite exploser ! Pour allier jardinage et écologie et un peu d’économie aussi, voici 5 astuces toutes simples. L’arrosage est évidemment indispensable à la bonne croissance de nos plantes, nos fleurs et nos légumes, mais en appliquant ces quelques conseils, votre facture d’eau se verra un peu plus légère.

Maîtriser l’art de l’arrosage précis et économique
Oubliez les séances d’arrosage géantes où tout le monde, y compris le jardin de vos voisins, finit trempé ! Un arrosage précis au pied des plantes est beaucoup plus efficace. Non seulement cela limite la propagation des maladies, mais en plus, vos plantes vous remercieront. Pour ce faire, un simple pistolet à jet multiple relié à un tuyau multicouche, et le tour est joué ! Et si vous préférez siroter votre citronnade au lieu de trimballer l’arrosoir, pensez au goutte-à-goutte ou à un arroseur oscillant : ils bossent pendant que vous bronzez. Irriguez au bon endroit pour cibler les besoins.
Composées de 80 à 90% d'eau, les plantes puisent l'eau du sol grâce à leurs racines pour s’alimenter des éléments nécessaires à leur croissance. Comme nous, les végétaux transpirent et perdent en eau. L'arrosage est la première cause d’échec au potager. Chaque légume a ses propres besoins. Avant de consulter le tableau des besoins, retenez ces principes fondamentaux : arrosez le matin (avant 10h) ou en fin de journée (après 18h) pour limiter l’évaporation, arrosez au pied, jamais sur le feuillage - l’humidité sur les feuilles favorise les maladies (mildiou, oïdium), et privilégiez un arrosage profond et moins fréquent plutôt qu’un arrosage léger quotidien. Les racines doivent descendre en profondeur.
Installer un système goutte-à-goutte pour potager - Truffaut
Les clés pour une gestion intelligente de l’eau
Un petit conseil d’ami : évitez d’arroser en pleine canicule sous peine de cuisiner vos salades directement sur pied. L’idéal est de le faire tôt le matin ou en soirée, quand le sol est plus frais. La solution ? Un programmateur et hop, adieu les réveils à l’aube ! Rien de mieux que l’eau gratuite tombée du ciel pour vos plantes ! Récupérez-la grâce à une cuve ou un collecteur relié à votre gouttière. Si vous êtes l’heureux propriétaire d’un puits ou d’une source, équipez-vous d’une pompe de surface ou d’une pompe immergée. Et si la pression manque un peu, un petit surpresseur fera l’affaire. En utilisant une pompe sur votre récupérateur d’eau de pluie, vous pouvez arroser votre jardin sans dépenser d’eau.
Paillez systématiquement : 5 à 10 cm de paillage réduit l’arrosage de 40 à 60 %. Le paillage est une solution très efficace pour maintenir la température du sol à niveau constant, et donc limiter l’évaporation. On trouve des paillis dans le commerce, mais vous pouvez également utiliser vos déchets végétaux : tontes de gazon séchées, végétaux broyés, paille, feuilles mortes. Globalement, mieux vaut arroser beaucoup que souvent, une ou deux fois par semaine en grande quantité au lieu de tous les jours en petites quantités. Lorsque vous arrosez moins souvent, vos plantes sont forcées à développer des racines plus profondes pour aller puiser l’eau.
Adapter l’arrosage à la nature du sol et aux besoins des plantes
Selon le type de sol, adaptez votre manière d’arroser. Les terres sableuses (ou légères) s’assèchent vite car elles retiennent mal l’eau. Elles s’arrosent fréquemment et en petites quantités. Les terres argileuses (ou lourdes) gardent mieux l’humidité. Les terres limoneuses sont idéales car elles offrent un équilibre. L’adage dit : « un binage vaut deux arrosages ». Pensez donc à biner pour ameublir le sol et casser les croûtes dures à la surface du sol. L’eau pourra ainsi mieux s’infiltrer dans le sol. Votre terre, sous un soleil de plomb, se transforme parfois en croûte désertique. Oui, arracher les mauvaises herbes n’est pas votre passe-temps préféré… mais c’est un geste essentiel. Ces vilaines plantes pompent l’eau précieuse destinée à vos tomates, salades et rosiers !

Pour savoir quand agir, utilisez le test du doigt : pas besoin d’outils coûteux, enfoncez votre doigt dans le sol sur 5 cm. Si le sol est sec en surface et en profondeur : arrosez immédiatement. S’il est sec en surface mais frais en dessous : attendez encore 1-2 jours. S’il est frais partout : n’arrosez pas. Concernant la température de l'eau, il est préférable d'utiliser une eau à température ambiante plutôt qu'une eau glacée issue d'un système sous pression, afin de ne pas créer de choc thermique pour les racines.
Tableau récapitulatif des besoins en période de croissance active (mai à septembre)
| Légume | Besoin en eau | Fréquence | Litres/pied/semaine | Astuce |
|---|---|---|---|---|
| Tomate | Élevé | Tous les 2-3 jours | 5 à 10 L | Éviter l’éclatement des fruits |
| Courgette | Élevé | Tous les 2 jours | 8 à 12 L | Paillez généreusement |
| Concombre | Élevé | Tous les 2 jours | 5 à 8 L | Éviter le stress hydrique |
| Aubergine | Élevé | Tous les 2-3 jours | 5 à 8 L | Sol frais mais pas détrempé |
| Laitue | Moyen | Tous les 2 jours | 3 à 5 L | Arrosages fréquents mais légers |
| Haricot vert | Moyen | 2 à 3 fois/semaine | 3 à 5 L | Augmentez pendant la floraison |
| Carotte | Faible | 1 à 2 fois/semaine | 2 à 3 L | Sol humide sinon racines fendues |
| Radis | Faible | Tous les 2 jours | 1 à 2 L | Court mais fréquent |
La gestion spécifique des semis en godets et en pleine terre
Quelle doit être la fréquence d’arrosage pour nos semis ? Rappelons que l’eau est source de vie, source d’activité biologique. Un sol sec, un terreau sec, et rien n’y poussera. Il vous faut absolument un substrat bien humide, idéalement avec le ressenti d’une « éponge essorée ». Si vous le pressez dans votre main, il doit presque former une boule qui se tient, mais sans que l’eau ne dégouline entre vos doigts.
En pleine terre, il faudra être à la quête d’une humidité permanente du sol et cela dès les premiers centimètres, pour ne pas dire, dès les premiers millimètres tant que la germination n’a pas eu lieu. Petit problème, ce sont ces premiers centimètres qui sont les plus sensibles à l’assèchement sous l’action du soleil, du vent, de la chaleur. Pour un semis de carottes en été, il faudra quasiment arroser deux fois par jour pour garder un sol humide sous plus de 30°, pire encore si le vent entre dans la partie ! Au printemps, pour des semis de petites graines, il est conseillé de faire un petit arrosage quotidien, surtout s’il fait soleil. Par exemple un arrosoir de 10 litres pour deux m², avec la pomme d’arrosage pour bien diffuser l’eau.

Pour les semis de plus grosses graines, comme les petits pois, les fèves, les radis, épinards ou betteraves, que l’on peut enterrer à trois centimètres sous terre, l’assèchement sera moins rapide. On pourra baisser nettement la fréquence, tous les 2 ou 3 jours dans le sud et toutes les semaines sous d’autres climats. Dans les régions du sud, sous plein soleil, il faudra souvent arroser une fois par jour au printemps. Sous des climats moins chauds, ce sera tous les deux ou trois jours. Parfois, on pourra s’aider en soupesant ses godets, ses barquettes. Le poids donne rapidement une indication du taux d’humidité, de la teneur en eau. La vision aussi nous aidera : le terreau sera bien noir et les plants bien droits, en pleine forme. Si le terreau devient marron, évidemment il faudra vite arroser et remplir d’eau cette éponge qui s’assèche.