Guide complet de l’arrosage automatique au jardin : De la conception à l’optimisation

Le travail du jardinier est composé de nombreuses taches variées, certaines plus agréables que d’autres, certaines moins fatigantes que d’autres, certaines plus chronophages que d’autres. C’est pourquoi se libérer de certaines de ces tâches est loin d’être du superflu, que ce soit par manque de temps, d’énergie, ou tout simplement pour partir en vacances ! Parce que oui, le jardinier y a également droit ! L’arrosage par goutte-à-goutte du jardin potager permet d’éviter la corvée d’arrosage ou encore d'installer un dévidoir, mais cette solution a bien d’autres atouts.

Schéma illustrant un système d'arrosage automatique complet pour un jardin potager et paysager

Les fondements techniques de l’arrosage automatisé

Comment mettre en place un arrosage au goutte-à-goutte dans le potager ? D’autant plus que les plantes potagères cultivées lorsqu’il y a le plus besoin d’eau, durant l’été, sont des assoiffées ! La solution est très simple : installer un système d’arrosage goutte-à-goutte automatique dans votre potager. Cette installation ne s'improvise pas au petit bonheur la chance, sous peine de mauvaises surprises.

Mesurer la pression et le débit

C'est la première étape, essentielle : elle vous permet de savoir de quelle ressource en eau vous disposez, et donc d'élaborer votre projet en conséquence. La pression se mesure à l'aide d'un manomètre, au niveau de l'arrivée d'eau qui alimentera votre installation. Elle doit être au minimum de 2 bars et au maximum de 5 bars. Au-dessus, il faudra insérer un réducteur.

Le débit doit être supérieur à 1,5 m³/h et suffisant pour alimenter tous les dispositifs d'arrosage prévus à fonctionner en même temps. Pour connaître le débit en m³/heure, vous allez diviser la contenance de votre récipient par le temps de remplissage en secondes. Vous multiplierez pour finir le résultat par 3,6. (Exemple : pour 10 litres en 12 secondes : 10/12 x 3,6 = 3 m³/h).

Infographie montrant la méthode de calcul du débit d'eau avec un seau et un chronomètre

Conception du plan d'installation

Il s'agit à ce stade d'établir un plan précis, à l'échelle, de votre future installation. Ce plan vous permettra de savoir exactement de quoi vous avez besoin pour une efficacité optimale, en fonction de la nature, de la surface et de la configuration des zones à arroser. Réaliser un plan de l’installation à partir du point d’arrivée d’eau est fortement conseillé, du moins lorsque le réseau à créer est un peu complexe. Il est même conseillé de le faire avant même de procéder à l’achat du matériel.

Choisir le matériel adapté à vos besoins

Il y a plusieurs possibilités parmi le matériel d'arrosage pour installer un arrosage en goutte-à-goutte, en fonction de votre budget et de vos besoins.

Les Oyas et systèmes autonomes

Il s'agit de récipients en terre cuite qui doivent être enterrés dans le sol, dont seule l’ouverture est en surface. Ceux-ci laissent peu à peu s’écouler l’eau par la totalité de leur paroi, en fonction des besoins du sol. Cette technique, très ancienne et parfaitement écologique, est très utilisée en permaculture. En fonction de la sécheresse du sol et de la contenance de ces oyas, qui varie de 0,2 l à 50 l, l'intervalle de remplissage va de 3 à 9 jours en moyenne.

Le tuyau microporeux

C’est la méthode la plus simple et la moins coûteuse pour installer un système d’arrosage doux. Le tuyau microporeux est un tuyau d'arrosage dont la membrane, poreuse, laisse perler des gouttes d’eau. Il s’installe en surface, donc sa mise en place est très simple. Il arrose sur toute sa longueur, donc il convient aux planches plantées de lignes de légumes, notamment pois, fèves, haricots. Cependant, il nécessite une pression de 0,6 bars jusqu’à 1 bar, ce qui implique l'utilisation de l’eau du réseau ou d'un récupérateur d'eau bien surélevé.

Le réseau de goutte-à-goutte (Micro-irrigation)

Les économies sont encore plus importantes qu’avec les tuyaux microporeux car les arrosages sont parfaitement ciblés. On considère qu’en moyenne les économies s'élèvent à 70 % de l’eau dépensée par un arrosage normal. Une très faible pression suffit pour alimenter le réseau. Vous pouvez donc vous servir de l’eau de pluie récupérée, à condition néanmoins de placer un filtre à la sortie du récupérateur d’eau, pour éviter de boucher ces tuyaux très fins avec des déchets végétaux.

Comment installer un arrosage goutte à goutte ?

Composants essentiels du réseau

  • Le tuyau en polyéthylène : Conçu pour les basses pressions (3 bars maximum), il constitue la base du réseau, le tuyau principal sur lequel sont raccordés les accessoires. Choisir le bon diamètre est crucial : 16 mm (600 l/h), 20 mm (930 l/h) ou 25 mm (1400 l/h).
  • Les accessoires de distribution : Les capillaires sont des tuyaux très fins, les tuyaux secondaires du réseau d’arrosage qui vont alimenter toutes vos plantations. Les goutteurs laissent s’écouler l’eau, ils régulent également le débit et peuvent si besoin être utilisés pour connecter le tubing au tuyau de base.
  • Le programmateur : Cet accessoire est indispensable pour maîtriser au mieux fréquence et durée de l’arrosage. Au départ il était obligatoire d’avoir une prise électrique à proximité ou d’y mettre des piles, aujourd’hui les modèles alimentés par l’énergie solaire se multiplient, tout comme les modèles que vous pouvez piloter à distance via votre smartphone.
  • La nourrice d’arrosage : Elle est équipée de vannettes qui permettent d’ouvrir et fermer chaque réseau ainsi que de régler la pression pour chacun.

Stratégies d'optimisation et gestion de l'eau

L’arrosage automatique, ce n’est pas un luxe, c’est adopter une gestion raisonnée de l’eau. Un système bien conçu apporte la juste dose au meilleur moment (souvent la nuit, entre 3h et 5h du matin).

L'importance du paillage

C'est assurément l'un des meilleurs moyens d'optimiser l'arrosage de votre jardin. Le paillage contrecarrera l'évaporation de l'eau. Vous choisirez ainsi paillage végétal ou paillage minéral en fonction de l’ensemble des qualités de chacun, des exigences de vos plantes et de vos goûts esthétiques. Si vous avez choisi un paillage organique de type déchets de tonte ou BRF, ceux-ci, en plus de garder la fraîcheur aux pieds de vos plantations, se décomposeront avec le temps et enrichiront ainsi le sol.

La récupération de l'eau de pluie

Les jardins n'ont pas besoin d'être arrosés avec de l'eau potable. Un système de récupération des eaux de pluie permet de récupérer entre 80 et 90 % de l’eau qui tombe sur le toit. En fonction de vos besoins, vous trouverez divers modèles de récupérateurs d'eau de pluie, en diverses matières et formes et de capacité variable. Grâce à leur robinet, vous pourrez y remplir aisément votre arrosage automatique en équipant votre récupérateur d’une pompe à eau.

Schéma de fonctionnement d'un récupérateur d'eau de pluie raccordé à un système de goutte-à-goutte avec pompe

Installation enterrée vs Arrosage de surface

Pour les grands espaces verts, le système d’arrosage automatique enterré est la norme absolue. Les tuyaux passent sous la terre, et la pression de l’eau fait sortir les têtes d’arrosage (tuyères ou turbines) hors du sol uniquement pendant l’arrosage. Une fois terminé, elles redescendent et disparaissent. C’est esthétique et cela vous permet de passer la tondeuse sans aucun risque de casser le matériel.

Pour un réseau d’arrosage enterré, il faut creuser des tranchées d’environ 30 centimètres de profondeur. Dans ces tranchées, on installe des purges. C’est un petit système qui permet de vider l’eau des tuyaux à la fin de l’automne. C’est indispensable pour ne pas que l’eau gèle pendant l’hiver, ce qui ferait éclater toute votre installation souterraine.

Zonage et compatibilité hydraulique

La première erreur : mélanger pelouse et massifs sur un même circuit. Les débits et les besoins sont incompatibles - vous obtiendrez systématiquement une zone saturée et une zone sèche. Critères de zonage à appliquer systématiquement : type de végétation (pelouse, arbustes, haies, vivaces), exposition (plein soleil, mi-ombre, ombre) et pente.

Maintenance et pérennité du système

Un système d'arrosage automatique ne doit pas être laissé à l'abandon. Chaque année, au mois d'avril, il est nécessaire de préparer chaque parcelle avant les plantations. Le débit de l'eau doit être vérifié et réglé. Après la mise en place des plans, une épaisse couche de gazon séché est déposée dans le sillon.

De plus, tout raccordement d'un système d'arrosage au réseau d'eau potable exige l'installation d'un disconnecteur ou clapet anti-retour conforme, en application de l'arrêté du 21 août 2008 relatif à la protection des réseaux d'eau destinée à la consommation humaine. Ce n'est pas une option : c'est une obligation légale, et votre responsabilité est directement engagée en cas de non-conformité.

La plupart des bons systèmes modernes sont équipés d'une petite sonde de pluie. Si un orage éclate pendant la nuit, la sonde le détecte et coupe l’arrosage prévu le lendemain matin. Le système s’adapte à la météo en temps réel pour ne jamais gaspiller une seule goutte. Pour les systèmes connectés, l'upgrade vers une sonde de pluie ou un pilotage multi-zones se vend naturellement lors du premier bilan de saison. C'est aussi l'occasion d'engager la conversation sur des aménagements complémentaires - comme un jardin de pluie pour valoriser les eaux de ruissellement sur la parcelle.

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