Arroser son gazon n’est pas toujours aussi évident, surtout quand vous venez de le semer. Une erreur peut rapidement lui être fatale et vous n’aurez plus qu’à tout recommencer. Il faut donc l'arroser mais sous certaines conditions, sinon cette opération ne sera pas efficace voire contre-productive. Une pelouse saine et verdoyante, c’est probablement le vœu pieux de la plupart des passionnés du jardin. En été, quand votre gazon devient un lieu de fête et un terrain de jeux pour les enfants, l’arrosage devient primordial. Cependant, il est essentiel de comprendre que l'entretien d'une pelouse établie diffère radicalement de celui d'un semis récent ou d'une plaque de tourbe.

Comprendre les besoins hydriques d'une pelouse établie
Tout d’abord, répondons à une question simple : avez-vous besoin d’arroser votre gazon ? Quand un gazon est bien établi depuis quelques années et qu’il possède un bon système racinaire, son arrosage joue un rôle secondaire dans sa bonne santé. Dans ce temps-là, l’arrosage, c’est un peu comme un « système de back-up » de la nature. Tant que le sol est mouillé en profondeur, l’arrosage n’est pas nécessaire. Ainsi, en général, la pelouse a besoin d’au maximum un à deux arrosages par semaine, incluant les contributions de la nature.
Gardez en tête que le gazon peut s’assécher un peu sans que cela ne cause de dommages. Les plantes qu’on n’arrose qu’en surface n’ont pas besoin d’aller puiser l’eau en profondeur. Parce qu’elles sont paresseuses, elles ne feront pas l’effort d’aller chercher plus loin. Qu’est-ce que cela signifie ? Cela veut dire qu’il faut mouiller le sol sur 2 à 3 pouces de profondeur (5 à 7 centimètres). En outre, les petits arrosages de surface favorisent les mauvaises herbes qui ont des systèmes racinaires peu profonds.
La gestion des maladies et les erreurs de timing
La pelouse, c’est comme le linge : elle doit sécher. On veut que son feuillage reste mouillé le moins longtemps possible afin de limiter la prolifération des maladies de pelouse. Sans cela, plus le brin d’herbe reste mouillé longtemps, plus on favorise la prolifération des maladies du feuillage, comme la tache en dollar ou la rouille (à l’automne). Mieux vaut éviter d’arroser le soir, peu importe ce qu’en disent les règlements municipaux. Si on arrose à 21 heures, le gazon restera mouillé jusqu’à 9 heures le lendemain matin.
De plus, arroser au mauvais moment de la journée est une erreur fréquente. Le moment idéal pour l’arrosage est tôt le matin, entre trois heures et six heures (ou jusqu'à 9h-10h). À ce moment, peu d’eau s’évapore, car la température du sol est au plus bas. À l'inverse, si vous arrosez le soir, la terre est encore chaude. Une majeure partie de l’eau s’évapore à la surface et n’atteint même pas les racines. Si vous arrosez en pleine chaleur méridionale, les graminées peuvent même brûler à cause de l’effet loupe qui résulte d’une intense exposition au soleil combinée à l’humidité.
Stratégies face à la canicule et au stress hydrique
Les cultivars (les espèces de gazon) qu’on utilise tolèrent une certaine canicule. Dans la majorité des cas, elles survivront à une canicule de trois à quatre semaines. En période de grande chaleur, le but est de donner suffisamment d’eau à la pelouse pour qu’elle demeure en vie, sans qu’elle reste forcément verte. Attention ! En temps de canicule, la plante ferme ses stomates (comme les pores de la peau chez l’humain). Plus il fait chaud, plus elle crée de la cuticule (qui agit comme une sorte de cire) afin de retenir le peu d’eau qu’elle contient.
La plante tente ainsi de conserver le peu d’eau qui lui reste pour protéger sa couronne (la base de la plante où les racines se rattachent) et assurer sa survie, ce qui peut la faire jaunir. Conserver son gazon en dormance, quitte à le voir jaunir un peu, est un choix personnel. Il est essentiel de ne pas attendre que la pelouse jaunisse avant de commencer à l’arroser. Un gazon qui vire au jaune est déjà en état de stress hydrique avancé : cela signifie que les racines n’ont plus suffisamment d’eau pour alimenter correctement les brins d’herbe.
Comment installer un arrosage automatique pour gazon ?
L'arrosage spécifique des semis : une approche délicate
L’arrosage des semis est aux antipodes de l’arrosage d’une pelouse établie. Les semis n’ont pas besoin d’être arrosés en profondeur puisqu’ils n’ont pas encore de racines suffisamment longues. Dépendamment des conditions, il faudra les arroser pratiquement tous les jours (et même, parfois, plusieurs fois par jour) pour maintenir le premier centimètre du sol toujours humide. Durant les 15 à 21 jours suivant le semis, arrosez légèrement mais fréquemment, de préférence 2 à 3 fois par jour par temps chaud, en évitant toute formation de flaques qui pourraient déplacer les graines.
N'arrosez pas un gazon mal semé. Si votre semis est réalisé sur un sol trop compact et en surface, lors du premier arrosage, il se peut que les graines glissent et perdent leur répartition uniforme ou que leurs racines ne se prennent pas dans la terre. Pour éviter ces problèmes, avant le semis, labourez la terre pour l’aérer et humidifiez-la fortement. Ensuite semez, enfouissez les graines avec le dos d’un râteau à feuilles et veillez à aplanir le terrain avec un rouleau. En plus de bien sceller les graines, cela aura pour effet de les protéger des oiseaux.
Techniques et matériel pour un arrosage efficace
Bien choisir son matériel d'arrosage est crucial. Les arrosoirs à bec ou les pistolets à jet linéaire peuvent avoir une action traumatisante pour la terre et déterrer vos graines. À l’inverse, une pluie trop fine et diffuse n’arrosera pas suffisamment en profondeur la terre. Ainsi, il est primordial de privilégier les arrosages comme la pluie. Il est important d’avoir une pomme d'arrosage sur le bout d’arrosoir ou une fonction douche sur vos pistolets d’arrosage. Pour vous éviter de marcher sur le terrain, le meilleur outil restera l’arrosage automatique.
Pour savoir si vous avez assez arrosé, une astuce simple consiste à placer un récipient plat (comme une boîte de conserve ou un petit bol) sur votre pelouse pendant l’arrosage. Si elles sont remplies d’environ un centimètre et demi d'eau, cela signifie que votre gazon a reçu 15 litres par m², et que l’eau d’arrosage a atteint la profondeur nécessaire du sol. Une autre méthode de vérification est le test à la bêche. Après l’arrosage, plantez la bêche dans le sol et observez jusqu’à quelle profondeur le sol est mouillé.

Facteurs influençant la planification de l'arrosage
Le besoin en eau dépend des propriétés du sol, de l’humidité ambiante, du vent et de la température. Les sols sableux et meubles ont besoin de 10 à 15 litres d’eau par mètre carré, pour les sols limoneux à argileux, en revanche, 15 à 20 litres seront nécessaires. Comme les sols limoneux emmagasinent mieux l’humidité, il suffit de les arroser une fois par semaine. Si le sol est très limoneux, il peut s’avérer nécessaire d’arroser pendant deux jours, mais en utilisant la moitié de la quantité d’eau nécessaire, afin qu’elle s’infiltre correctement.
N’oubliez pas de bien prendre en compte la pluie dans ces arrosages. Intégrez la pluie dans votre planning, car après de précipitations intenses, un apport d’eau supplémentaire n’est pas utile. En alerte renforcée ou en crise de sécheresse, l’arrosage des pelouses est souvent interdit ou très limité. Cependant, dans les régions où des restrictions d’eau sont fréquentes, il est indispensable d’adapter le choix du gazon à ces conditions. Optez pour des variétés de gazon dites « ultra résistantes » ou adaptées aux terrains secs.
Le cas particulier du gazon en plaques
Le gazon en plaque demande lui aussi un arrosage particulier. Au départ, il aura besoin d’arrosages beaucoup plus fréquents, d’autant plus dans les premiers jours. Si vous prenez votre plaque de tourbe et qu’elle se relève, c’est que l’enracinement n’est pas encore réussi. Il est important de maintenir l’humidité dans un gazon en rouleaux récemment posé jusqu’à ce qu’il soit bien enraciné. Une fois que le gazon commence à montrer ses premiers brins verts, la fréquence des arrosages peut être espacée.
Il est également conseillé d’observer les zones d’ombre, les abords d’arbres ou les zones en pente, qui peuvent réclamer plus d’attention hydrique. Après un été difficile marqué par la chaleur, la sécheresse ou des piétinements répétés, le gazon peut présenter des zones dégarnies ou jaunies. Le regarnissage devient alors une étape essentielle pour redensifier la pelouse et lui redonner un aspect uniforme. Cette opération consiste à semer de nouvelles graines sur les zones clairsemées, idéalement à la fin de l’été ou au début de l’automne. Après le semis, il est important d’arroser régulièrement, surtout en l’absence de pluie, afin de garantir une bonne levée des graines.