La culture de la tomate, bien que gratifiante, devient un défi technique lorsque le thermomètre s’affole. La tomate est constituée de 90% d’eau. Une eau puisée dans le sol, qui sera présente grâce à la pluie quand le climat s’y prête, ou grâce à l’arrosage quand dame nature nous prive de la moindre goutte. À cette période de l’année, la santé des cultures devient particulièrement vulnérable face aux conditions climatiques souvent sèches. L’eau restant le principal facteur de fertilité pour le développement des légumes, l’arrosage du jardin et notamment l’arrosage des plants de tomates s’impose comme une pratique essentielle pour assurer la croissance et la qualité des récoltes.

La physiologie de la tomate face au stress thermique
Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les fortes chaleurs ne font pas mûrir les tomates plus vite. Au-dessus de 30°C, la tomate se sent agressée, et passe en mode végétatif : « j’arrête de me développer pour me sauver ». La tomate se nourrit de la chaleur pour proposer une délicieuse et généreuse fructification. Pour autant, des rayons trop ardents et un ensoleillement trop important pourront nuire à vos plants.
Le besoin en eau de chaque plante peut être diminué de 40 % sur les plants de tomates auxquels on a extrait les vieilles feuilles. Phase importante de l’entretien de vos plantes et plus particulièrement de la tomate, l’effeuillage se fait en fin d’été. Supprimez également les « gourmands », la tige donnant une apparence touffue aux plants de tomates pour protéger le pied.
Stratégies d'ombrage et protection contre les brûlures
Faut-il couvrir les tomates par forte chaleur ? Bien que vos tomates aient besoin de chaleur pour mûrir, trop de soleil peut les affaiblir, voire les brûler. Créer un toit au-dessus des tomates à l’aide de piquets et de voiles d’ombrage ou de canisses fixés en haut les protégera au plus chaud de la journée. Pour les tomates cultivées en pot, déplacez simplement les bacs à l’ombre.
L’aménagement paysager, comme une ombrière ou une pergola, est plus qu’une protection, c’est un élément décoratif. Fabriquez des structures qui apporteront une ombre suffisante. Si la bâche initiale ne devait pas suffire, complétez avec un filet d’ombrage. Ces systèmes vous permettront aussi de prolonger la culture plus en avant dans la saison. Il est impératif de s’assurer que la ventilation est suffisante. Une bonne circulation de l’air est le meilleur rempart contre bon nombre de maladies.
Techniques d'arrosage et gestion de l'eau en pot
La question se pose vite de savoir quand arroser les tomates, à quel moment de la journée, à quelle fréquence, avec ## Arrosage des Tomates en Pot par Forte Chaleur : Stratégies pour une Récolte Abondante
La culture des tomates, qu'elles soient en pleine terre ou en pot, requiert une attention particulière, surtout face aux défis des fortes chaleurs estivales. Ces conditions, souvent accompagnées d'un manque d'eau, peuvent compromettre le développement des plants et la qualité de la récolte. Il est donc essentiel de comprendre comment aider les tomates à supporter ces périodes difficiles et à s'assurer une bonne production de fruits juteux.

L'Impact de la Chaleur sur les Tomates : Au-delà des Idées Reçues
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les fortes chaleurs ne font pas mûrir les tomates plus vite. En réalité, au-dessus de 30°C, la tomate se sent agressée et passe en mode végétatif : « j’arrête de me développer pour me sauver ». Ce phénomène ralentit sa croissance et peut même nuire à la fructification. Un ensoleillement trop important peut également affaiblir les plants, voire les brûler, même si la tomate aime la chaleur pour mûrir. Il est donc crucial de trouver un équilibre pour protéger les plants sans les priver de la lumière essentielle à leur développement.
Arroser les Tomates : Quand, Comment et Combien ?
La tomate est constituée de 90% d’eau, un élément vital puisé dans le sol grâce à la pluie ou à l'arrosage. La question se pose rapidement de savoir quand arroser les tomates, à quel moment de la journée, à quelle fréquence et avec quel volume d'eau. La réponse dépend de nombreux facteurs, y compris le stade de développement de la plante, le climat local et la nature du sol.
Astuces pour bien comprendre l'arrosage des tomates. Bien plantée , une tomate demande peu d'eau !
Fréquence et Volume d'Arrosage
Pour les semis de tomates, un arrosage léger mais régulier est recommandé, généralement tous les jours ou tous les deux jours au maximum, en veillant à maintenir le substrat humide mais pas détrempé. Pour les tomates sur tuteur, la plante étant plus solide, une fréquence d'arrosage de deux à trois fois par semaine devrait suffire la plupart du temps, favorisant ainsi le développement de racines profondes.
Les besoins en eau de la tomate varient considérablement selon son stade de développement. Avant la fructification, les besoins sont restreints, avec une moyenne d'un demi-litre par plant et par jour. Après la fructification, il faudra faire grossir les tomates, ce qui entraîne un besoin en eau bien plus conséquent. Quand les fruits commencent à grossir, les plants consomment davantage d’eau, car la tomate est composée à plus de 90% d’eau. Il est possible de garder une fréquence hebdomadaire, mais en doublant les quantités à deux arrosoirs par semaine et par mètre carré. En cas de températures supérieures à 30°C et de vent, il peut être nécessaire d'augmenter la fréquence à deux arrosoirs par mètre carré tous les trois jours dans les conditions les plus extrêmes.
Le volume d'eau nécessaire est également fortement influencé par le climat de la région. On parle souvent d’un volume d’eau multiplié par deux entre le nord et le sud du pays. Ce besoin peut même être multiplié par trois dans les régions les plus méridionales, soumises à une intensité solaire très conséquente, du vent et de fortes chaleurs. En termes de volume par mètre carré, ce besoin peut atteindre plus de 10 litres par mètre carré dans les conditions les plus agressives, avec des températures au-dessus de 30°C, du vent et aucune pluie. À l'inverse, ce besoin sera de seulement 3 litres par mètre carré, par exemple en Bretagne, où les conditions climatiques sont plus clémentes.
L'observation reste une indication précieuse pour adapter les volumes d'eau et savoir quand arroser vos tomates. Si le haut de vos plants s’affaisse et s’avachit presque la tête vers le sol, c’est que le manque d’eau se fait cruellement sentir. Un arrosage copieux à la plantation permettra aux plants de prendre racine dans les meilleures conditions. Guillaume, par exemple, à la plantation des tomates sous serre, forme une cuvette autour du plant et arrose abondamment, de 10 à 15 litres par pied, pour recharger le sol en eau. Suite à cela, il ne touche plus à rien pendant 10 à 13 jours. Arroser constamment rendrait les racines « flémardes », ne les incitant pas à se développer en profondeur. Un bon compromis consiste à espacer les arrosages d’une bonne semaine avec un bon arrosoir par mètre carré à chaque fois.
Le Meilleur Moment pour Arroser : Matin ou Soir ?
La question de savoir s'il faut arroser le matin ou le soir divise les jardiniers. Chaque option présente des avantages et des inconvénients selon la région et les conditions climatiques.
Dans les régions les plus fraîches, notamment celles au nord du pays où les nuits sont plus froides et l'humidité ambiante plus conséquente, un arrosage du soir risque de laisser une humidité nocturne trop importante, favorisant les maladies comme le mildiou. Arroser au petit matin présente l'avantage d'arroser une terre refroidie par les températures nocturnes. L’évaporation sera moins conséquente qu’un arrosage en pleine journée ou en fin de matinée, permettant à l’eau d'atteindre plus efficacement les racines.
En revanche, dans les régions les plus chaudes, l’arrosage du soir est souvent préférable. L'eau apportée sera épargnée des rayons du soleil beaucoup trop puissants durant la journée. L’eau pénétrera mieux encore les racines des plants en ayant toute la nuit pour s'infiltrer dans les premiers centimètres de sol. Les nuits étant très sèches et souvent douces, le risque de maladie est nul. Le seul inconvénient sera d’arroser une terre encore réchauffée d’un soleil ardent toute la journée. En période de canicule, il est généralement possible de mouiller le feuillage sans problème le soir. Sinon, préférez un arrosage au pied. En période de canicule, la grande majorité des régions peuvent arroser le soir comme le matin sans aucun risque de maladies. L'essentiel est d’éviter un arrosage en pleine journée.
Au potager d'Olivier, l'arrosage se fait souvent le soir via un goutte-à-goutte sous un paillage épais composé de foin, paille, feuilles et tontes. Le sol reste assez frais sous cette couverture, et l’eau a toute la nuit pour pénétrer le sol, alimenter les plants et permettre au feuillage de transpirer, tout en évitant une évaporation trop importante. Le risque de maladie est nul en raison du faible taux d’humidité dans cette région manquant d’eau toute la saison estivale. Il lui arrive parfois de faire un complément d’arrosage au petit matin si un plant est flétri.
Techniques d'Arrosage Efficaces
Plusieurs moyens peuvent être utilisés pour arroser les tomates : l'arrosoir, le goutte-à-goutte, l'oya, la bouteille renversée, l'aspersion et le tuyau microporeux. L'arrosoir sans pomme est précis et économe. Le tuyau à pomme ou à jet variable doit être bien dirigé vers le pied du plant, avec un débit léger pour ne pas bousculer la terre et lessiver le substrat.
Les systèmes de goutte-à-goutte procurent de l’eau tout au long de la journée. Une bouteille dont le goulot est enfoncé profondément dans le sol peut servir de système de goutte-à-goutte simple et économique. En perçant le bouchon de trois trous fins, l’eau s’écoulera lentement et régulièrement. Ce procédé est extrêmement bien adapté aux tomates cultivées en pot, car il permet une hydratation constante et ciblée. Créer une cuvette autour du pied permet à l’eau de n’aller que là où on en a besoin et de bien se concentrer au niveau des racines.
Il est impératif de ne pas mouiller le feuillage des tomates, surtout en dehors des périodes de canicule, pour éviter le développement de maladies. Si de l'eau du robinet est utilisée, il est préférable de la stocker à l'air libre pour que le chlore s'évapore. Pour l'eau de puits, il faut s'assurer qu'elle soit à température ambiante avant l'utilisation. Le mode de culture est également important : en pot ou sous serre, la déshydratation est plus importante, nécessitant une adaptation du rythme et du volume d'arrosage.

La Nature du Sol et sa Capacité de Rétention d'Eau
Pour mieux adapter la fréquence d’arrosage, il est bon de connaître la nature de votre sol et la capacité de la culture à aller chercher l’eau en profondeur. Un sol sableux, très friable, retient moins bien l’eau qu’un sol argileux. Dans un sol sableux, un gros volume d’eau risque de disparaître dans les profondeurs, là où les racines n’ont pas accès. La réserve utile, c'est-à-dire la réserve d'eau que le sol est capable de stocker, est faible dans les quarante premiers centimètres d’un sol sableux, autour de 20 litres par mètre carré. Plutôt que d’arroser de manière conséquente toutes les semaines en cas de fortes chaleurs, il est préférable d'arroser un bon arrosoir par mètre carré tous les jours si nécessaire, ou d'espacer les fréquences à deux ou trois arrosoirs tous les deux ou trois jours au maximum en cas de fortes chaleurs.
Au contraire, dans un sol argileux, qui « boudine » quand on le prend dans les mains, la réserve utile est beaucoup plus conséquente, pouvant retenir facilement 40 litres sur les 40 premiers centimètres de sol. Un autre paramètre qui peut bouleverser la donne est la capacité des plants à envoyer leurs racines très profondément dans le sol, ce qui dépend du contexte de sol et de sa profondeur. De nombreux jardiniers ont une roche affleurante à 30, 40 ou 50 centimètres de profondeur. D’autres ont une texture si argileuse que les racines n’arrivent guère à dépasser 40 cm de profondeur. Dans certaines situations, il peut même être inutile d'arroser si les plants puisent profondément leur besoin en eau. L'observation reste le meilleur guide.
Optimiser l'Hydratation des Tomates : Paillage et Binage
Deux pratiques ancestrales, le paillage et le binage, sont d'une importance capitale pour optimiser l'hydratation des tomates et réduire les besoins en eau, surtout en période de fortes chaleurs.
Le Paillage : Une Couverture Protectrice
Un paillage épais est essentiel pour que la terre en dessous reste humide, avec un minimum de 10 cm d'épaisseur. Les paillages possibles sont nombreux et la tomate a ses petits préférés. Vous pouvez utiliser de la paille, du BRF (Bois Raméal Fragmenté), la tonte de votre gazon, des cosses de cacao, des cosses de sarrasin, du chanvre, du lin ou du compost. Ces matériaux évitent la corvée du désherbage et, en se décomposant, le mulch enrichit la terre.

Le paillage réduit drastiquement les besoins en eau, notamment l’évaporation au sol qui se résume au strict minimum. Cependant, attention au raccourci « paillage = zéro arrosage ». Les feuilles transpireront tout autant et auront besoin d’eau. Un paillage épais de bien vingt centimètres peut diviser les volumes d’eau par trois. Un arrosoir pourra ainsi arroser trois mètres carrés plutôt qu’un seul.
Lors de l'installation du paillis, il est important d'éviter de le placer directement contre la tige, en laissant un espace de respiration. Il faut respecter les indications d’épaisseur selon le paillage choisi, sans quoi il risquerait d’être inefficace ou d'épuiser la terre ou le plant. Le paillis doit être renouvelé autant de fois que nécessaire.
Le Binage : Aérer et Préserver l'Humidité
Le binage, pratiqué depuis les temps anciens, permet de casser la croûte superficielle du sol qui se forme lorsque celui-ci est à nu, surtout en période de forte chaleur. Cela permet à l’eau de pénétrer plus facilement et plus rapidement, et réduit l'évaporation à la surface. Biner permet également de maintenir l'aération du sol, de freiner la survenue de certaines maladies et d'éliminer les mauvaises herbes qui consomment eau et nutriments.
À l’aide d’une binette ou d’une griffe, travaillez la surface du sol dès l’apparition d’une croûte. L’intervention doit rester superficielle, pas à plus de 2 cm de profondeur. Il est crucial de faire très attention à ne pas toucher les racines de la plante ni blesser la tige, car ces blessures peuvent constituer un point d’entrée pour les maladies cryptogamiques.
Les Dangers du Manque ou de l'Excès d'Arrosage
Ne pas arroser suffisamment peut rapidement être problématique pour la culture. Le sol s’assèche, les minéraux deviennent difficilement assimilables, et la perte de productivité s’accentue jour après jour. Les plants sont moins costauds, deviennent plus fragiles et tombent plus facilement malades. Sans parler des contraintes physiques pour les racines à se développer dans un sol endurci. Un manque d'eau réduit à néant tous les efforts d’amendement, d’apports de composts, de paillages et d’engrais organiques, qui n’auront aucun effet dans un contexte sec et donc sans activité biologique. Ne pas arroser ses tomates se justifie donc uniquement en cas de météo ou de contexte favorable, avec des pluies régulières ou un sol qui reste humide en profondeur.
À l'inverse, trop arroser peut également avoir des préjudices. Vous risquez de lessiver les minéraux présents dans le sol et de les envoyer dans les nappes phréatiques, surtout dans un sol sableux propice à ce phénomène. Il est inutile d’arroser 50 litres par mètre carré dans un sol sableux en pensant être tranquille pour deux semaines. Un autre risque est d'obtenir des tomates qui manquent de goût, se gorgeant inutilement d’eau au détriment de la concentration en sucres, en arômes et en qualité gustative. L’irrégularité des arrosages peut aussi poser quelques soucis, notamment générer la maladie du cul noir, appelée autrement « nécrose apicale », une difficulté rencontrée par de nombreux jardiniers.
Protéger les Tomates du Soleil Ardent
Bien que les tomates raffolent du soleil, des rayons trop ardents et un ensoleillement trop important peuvent nuire aux plants. Il est donc important de les protéger, surtout en période de canicule annoncée ou dans les régions chaudes.
Pour les tomates cultivées en pot, la solution est simple : déplacez simplement les bacs à l’ombre durant les heures les plus chaudes de la journée. Pour les plants en pleine terre, créer un toit au-dessus des tomates à l’aide de piquets et de voiles d’ombrage ou de canisses fixés en hauteur les protégera au plus chaud de la journée. Des tunnels ou serres de culture pour tomates, disponibles en jardinerie, sont adaptés à la hauteur des plants et proposent une aération appropriée, servant à la fois de serre au démarrage et de protection contre un soleil trop vif en plein été. Si la bâche initiale ne suffit pas, il est recommandé de compléter avec un filet d’ombrage.
L'aménagement paysager, comme les ombrières ou les pergolas, peut également offrir une protection efficace tout en étant décoratif. Ces structures peuvent être fabriquées avec des canisses fixés sur un châssis, des plessis, des grillages tressés ou des treillis. On peut y intégrer des plantes grimpantes ornementales et utiles, comme la capucine, qui attire les pucerons. Quelle que soit la solution choisie, il est impératif de s'assurer que la ventilation est suffisante, car une bonne circulation de l’air est le meilleur rempart contre bon nombre de maladies. Ces solutions auront l'avantage complémentaire de protéger le feuillage de vos plants de la pluie.
Autres Gestes Essentiels pour la Santé des Tomates
En plus de l'arrosage, du paillage et de l'ombrage, d'autres gestes sont primordiaux pour la bonne santé des plants de tomates et une récolte abondante.

- Supprimer les « gourmands » : Ces tiges donnent une apparence touffue aux plants de tomates et consomment de l'énergie au détriment de la fructification. Leur suppression permet de concentrer l'énergie de la plante sur le développement des fruits.
- Effeuiller la tomate : Cette phase importante de l’entretien des plantes, et plus particulièrement de la tomate, se fait en fin d'été. En extrayant les vieilles feuilles, le besoin en eau des plants peut être diminué de 40%.
- Tailler ses plants de tomates : En théorie, un plant de tomate ne doit pas excéder 1,50 mètre de hauteur. Plus il est imposant, plus son énergie se concentre sur les nouvelles tiges, au détriment du mûrissement des fruits. La taille permet de canaliser cette énergie vers la production de fruits.
- Associer les bonnes plantes : Certaines plantes sont à privilégier pour tenir bonne compagnie à la tomate, contribuant à sa protection et à sa croissance.
Ces pratiques, combinées à un arrosage judicieux et à une protection contre les fortes chaleurs, permettront d'assurer la croissance et la qualité des récoltes, même face aux défis du dérèglement climatique. Il est important de se rappeler que l'eau reste le principal facteur de fertilité pour le développement des légumes.