L’arrosage régulier du jardin et des plantes en pots est indispensable à la bonne santé des végétaux. Pourtant, il peut s’avérer compliqué d’arroser régulièrement, surtout lors des périodes de fortes chaleurs et de restrictions d’eau. Une bonne gestion de l’eau permet d’éviter des problèmes tels que le pourrissement des racines ou, au contraire, le dessèchement. Les besoins en eau varient beaucoup plus d’une région à une autre lorsque les plantes sont cultivées en extérieur.

Les fondamentaux de la conservation de l’humidité
Pailler le sol pour protéger la terre
Dans la nature, le sol est rarement à découvert. Il est souvent protégé du rayonnement solaire et de l’évaporation d’eau par une couche de feuilles mortes et de débris végétaux. Il est facile de reproduire ce phénomène naturel dans votre jardin ou dans vos pots en y déposant une couche de paillage organique (paille, copeaux de bois…). Cette couche protectrice empêchera la dégradation du sol sous l’effet du soleil et des fortes pluies, l’enrichira et permettra de retenir l’eau. Un paillage minéral (gravier, pierres…) est également possible pour conserver la fraîcheur de votre sol. Le paillage, qu'il soit organique ou minéral, agit comme une couverture de protection.
Biner la terre pour y maintenir l’eau
Souvenez-vous de ce vieil adage, totalement vrai : « Un bon binage vaut deux arrosages ! ». Biner la terre permet de garder l'eau du sol plus longtemps en perturbant la remontée naturelle de l'eau, ce qui limite son évaporation. Évitez de laisser se former une croûte dure à la surface du sol sous vos plantes, car l’eau y pénétrera moins facilement et s’évaporera plus vite.
Enrichir votre sol
Incorporer régulièrement du compost ou du fertilisant naturel à votre terre de jardin contribue à augmenter son taux de matière organique. Elle deviendra alors beaucoup plus riche, mais aussi plus apte à retenir l’eau. Certains paillages naturels comme par exemple le BRF ou broyat de branches, enrichissent aussi le sol en créant de la matière organique car ils nourrissent les décomposeurs du sol en se dégradant.
Optimiser les moments et les méthodes d’arrosage
Choisir le moment adéquat
Selon les saisons, il est important de choisir le moment adéquat pour arroser. Au printemps, arrosez plutôt en milieu ou fin de matinée, lorsque la température augmente, ceci afin que les plantes ne soient pas saisies par le froid humide et qu’elles ne sèchent pas trop vite après l’arrosage. En été, arrosez de préférence le soir pour que les plantes profitent pleinement de l’eau aux heures les plus fraîches, et pour que l’évaporation soit moins rapide lors des journées les plus chaudes. N'arrosez jamais en pleine journée lorsqu'il y a du soleil : la chaleur va favoriser l'évaporation par le sol et la transpiration par les plantes, et votre eau sera alors gaspillée.
Utiliser un système d’arrosage adapté
Votre système d’arrosage n’a pas besoin d’être très élaboré, il faut seulement le choisir avec soin, en fonction des besoins de vos plantations.
- Le simple arrosoir : Une pomme d’arrosoir fine est parfaitement adaptée aux plantes à faible enracinement comme les plantes annuelles à massifs ou les petites plantes potagères car elle permet un arrosage de surface homogène et diffus. Les jeunes arbres et arbustes préféreront un arrosage abondant et espacé dans une large cuvette formée par la terre.
- Le goutte à goutte : Un arrosage goutte à goutte permet d’économiser l’eau qui s’imprègne doucement dans le sol ou les pots sans ruisseler. Ce système consomme bien moins d’eau que le tuyau ou l’asperseur. Il peut être automatisé pour se déclencher au moment voulu, et plus ou moins longtemps selon les saisons.
- Les Oyas : Les Oyas sont des poteries remplies d’eau, enterrées au pied des plantes, dont le col, fermé par un couvercle, est à fleur de terre. Elles gardent l’eau fraîche plusieurs jours ou plusieurs semaines selon la saison et restituent l’eau nécessaire à la croissance des plantes alentour grâce à leur porosité.
- Les solutions artisanales : Les bouteilles enterrées percées de petits trous au tiers de leur hauteur font à peu près le même office que les Oyas. Vous pouvez aussi visser des cônes de céramique sur des bouteilles qui diffuseront progressivement l’eau aux plantes lorsqu’ils sont enterrés.

Stratégies pour les plantes en pot et en bacs
Savoir bien arroser ses fleurs en pot est primordial pour leur développement. Les fleurs en pot ou en jardinières demandent des apports d'eau réguliers différents des plantes en terre. Les plantes en pot souffrent plus facilement du manque d’eau que les plantes en pleine terre, car leurs racines disposent d’un volume de terre réduit.
Adapter la fréquence et le volume
La fréquence d’arrosage dépend de la saison, de la météo, mais aussi de la taille du pot et surtout de la plante à arroser. La règle à suivre est la suivante : le volume d’eau minimum à verser doit correspondre à un quart du volume de votre pot. Si votre pot a un volume d’un litre, votre plante a besoin d’au moins 25 centilitres d’eau. Dans tous les cas, si vous avez des cache-pots, il faut veiller à éliminer l’eau stagnante, source de pourriture pour vos fleurs en pot.
Astuces de jardinier pour le pot
Il existe une astuce toute simple pour connaître le besoin d’eau de vos fleurs : il suffit d’entrer votre doigt dans le terreau. Si votre doigt ressort avec de la terre mouillée, vous n’avez pas besoin d’arroser. À contrario, s’il ressort avec de la terre sèche et friable, il est grand temps d’hydrater votre plante. En cas d’absence, sachez que les fleurs en pot souffrent plus facilement d’excès d’eau que de sécheresse. Il faut simplement veiller à les placer à l’ombre pendant que vous êtes parti.
Installer un système de goutte à goutte sur la terrasse - Truffaut
Gestion de l'eau et spécificités du sol
L’eau de pluie a l’avantage d’être économique mais pas seulement. Les récupérateurs d’eau de pluie permettent d’économiser beaucoup d’eau et de disposer d’une source d’arrosage là où il n’y a pas de robinet à proximité. Il est assez facile et pratique d’installer une trappe de dérivation manuelle sur une descente d’eau de pluie.
L’importance du type de sol
Le type de votre sol a un impact direct sur la manière dont vous allez devoir arroser. Une terre sableuse ne retient pas l’eau, car elle est fine, légère, meuble, et contient peu d’argile. Si on apporte trop d’eau, celle-ci file directement dans le sous-sol. Il faut donc arroser plus souvent qu’en terre argileuse, et moins à la fois, puisqu’elle n’a aucune capacité de stockage. À l’inverse, les terres argileuses, dites lourdes, gardent mieux l’humidité et doivent donc être arrosées moins souvent et en plus grande quantité.
La bonne plante au bon endroit
L’une des astuces les plus simples à suivre est encore de placer les bonnes plantes au bon endroit. Assurez-vous que la plante choisie soit adaptée à votre sol (sec, frais, humide) et à son exposition au soleil, plus ou moins chaude ou ombragée. Il existe une plante pour chaque situation, qui demandera beaucoup moins d’entretien et sera d’autant plus belle si vous la choisissez avec soin. Une terre tassée classique et sèche demande 20 % de son volume en eau. Une terre travaillée classique et sèche demande 15 % de son volume en eau. Une terre de bruyère classique sèche et drainante demande 10 % de son volume en eau.
Dans le cas de terre n’étant pas totalement desséchée, on peut réduire de 30 % la durée d’arrosage. Pratiquez de préférence un arrosage copieux à de petits arrosages dont l’essentiel s’évaporera dès le lendemain. Un arrosage copieux doit permettre à l’ensemble des couches de votre sol d’être imbibées. Les plantes sont composées à 90 % d’eau. Pour vivre, elles puisent l’eau du sol grâce à leurs racines et cette dernière apporte les éléments nécessaires à la croissance. Comme nous, les plantes perdent de l’eau via la transpiration. Un apport continu en eau est donc indispensable à la vie des plantes.