La création d’une pelouse est bien plus qu’une simple mise en terre de semences ; c’est un projet paysager qui transforme durablement votre environnement. Que vous cherchiez à créer un espace de jeux pour vos enfants, un tapis vert d'ornement ou une prairie fleurie, la réussite repose sur une méthodologie rigoureuse, une compréhension fine de votre sol et un choix de graminées adapté.

Évaluer vos besoins et la faisabilité du projet
La première étape consiste à définir vos envies et à savoir si elles sont réalisables. Pourquoi avez-vous décidé de créer un gazon chez vous ? Piétinement occasionnel ou intense ? Des jeux et sports seront-ils pratiqués dessus ? Sur la totalité du gazon ou par parcelles ? Essayez d’évaluer le temps que vous pouvez consacrer à votre gazon, sachant qu’aux périodes de forte croissance (fin printemps, début automne), une tonte hebdomadaire est recommandée. Certaines semences sont plus qualitatives que d’autres (type de graminées utilisées, récence des graines, conditionnement optimal ou non).
L’environnement dans lequel va devoir se développer votre gazon est un paramètre à prendre absolument en compte. Le gazon ne se développe pas de la même façon du Nord au Sud. Les conditions météorologiques influent grandement sur la pelouse. Votre jardin bénéficie-t-il d’un micro-climat ? Sera-t-il fortement soumis aux pluies ou à la sécheresse ? Votre terrain ne subira pas les mêmes conditions uniformément.
La science du sol : comprendre votre terre
La composition de votre sol est une donnée primordiale pour votre gazon.
- La terre argileuse : lourde, dure quand elle est sèche et collante quand elle est humide. Elle se moule et se manipule facilement. Elle retient bien l’humidité et les minéraux, très favorable si elle est enrichie en élément nutritif. Elle reste difficile à travailler car compact.
- La terre sablonneuse : très friable et perméable. Elle est trop filtrante et ne va pas retenir suffisamment les éléments nutritifs. Il faut alors régulièrement apporter de la matière organique.
- La terre calcaire : terre assez riche en cailloux et boueuse par temps humide.
- La terre humifère : légère et de couleur foncée, elle est riche en nutriments et retient bien l’eau. Elle peut être trop acide.
Une fois la structure du sol bien maîtrisée, il faut voir si la terre est bien fournie en éléments nutritifs. Procédez à un amendement pour changer la structure de votre sol : complétez les faiblesses de votre sol en apportant son opposé. En mélangeant les deux types, votre sol sera ainsi plus équilibré. En plus de la nature du sol, votre terrain va influer sur le gazon de par sa forme. Certains terrains non plats peuvent créer des rétentions d’eaux fatales au gazon. La surface sera molle et vous ne pourrez pas y marcher sans vous y enfoncer.

Choisir son type de gazon
En fonction de vos attentes, vous pouvez choisir parmi plusieurs types de mélanges :
- Le gazon Rustique : le gazon un peu universel qui demande moins d’entretien.
- Le gazon Anglais : le gazon typique des pelouses anglaises, très fin et homogène.
- Le gazon Prairie : un gazon peu classique parsemé de fleurs et d’autres herbes.
Énormément de mélanges de semences de gazon sont réalisables et trouvables un peu partout. Certains seront plus adaptés à une terre que d'autres. La pelouse décorative est un ornement qui met en valeur l’aménagement du jardin. Elle est entretenue avec régularité, et ne sera pas trop piétinée. La pelouse à vivre sert à la fois d’ornement et d’espace où l’on installe les transats en été ainsi que les jeux des jeunes enfants. La pelouse rustique convient pour les espaces très piétinés, utilisés très fréquemment et toute l’année. Elle résiste à la fois aux jeux de ballon, aux animaux domestiques, aux fêtes que l’on donne en extérieur.
Préparation du terrain : les fondations de la réussite
Une fois tous les débris retirés, retournez la terre, idéalement sur 30 cm. Utilisez pour cela un motoculteur. Retourner la terre va permettre de faire remonter certains débris mais aussi de supprimer les mauvaises herbes. Pour préserver au mieux votre terrain des mauvaises herbes, vous pouvez procéder à ce que l’on appelle un faux-semis. Ce faux-semis consiste à préparer la terre comme pour procéder au semis du gazon, puis d'attendre 15 jours. Dans ces conditions idéales, les graines de mauvaises herbes encore contenues dans votre terre commenceront à germer. Une fois sorties de terre, passez un coup de crochet pour les déraciner.
Travailler la terre va être l’occasion pour vous de donner forme à votre terrain, dans un but pratique comme dans un but esthétique. Côté pratique : sachez qu’un léger dénivelé facilite l’évacuation de l’eau. En fonction de votre sol, vous pouvez être tentés de modifier sa structure. Vous pouvez alors choisir de faire amener de la bonne terre, ou alors équilibrer votre terre actuelle en trouvant le bon complément à sa structure. Les terres devront alors être mélangées pour obtenir un résultat uniforme. Une fois la question de la structure du sol réglée, passez aux apports organiques.
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Le semis : gestes techniques et précision
Ça y est, vous y êtes ! Les gros travaux sont finis ! Si votre sol n’est plus tout à fait propre depuis les travaux de terre, nettoyez-le. Veillez à ce qu’il soit toujours bien nivelé. Au niveau des conditions météorologiques, choisissez un jour calme, sans bourrasques de vent. Le vent disperserait les graines et votre semis sera à refaire. Dans le meilleur des cas, il faut semer lors d’une journée douce (15-20°) mais sans sécheresse.
Selon la surface de votre terrain, vous pourrez semer à la main (à la volée), ou à l’aide d’un semoir. Le but est de répartir les semences uniformément sur la surface du sol. Le semoir aide à diffuser uniformément les graines, mais vous pouvez très bien vous en sortir en semant à la main. Prenez une poignée de gazon et répartissez-la en la jetant à la volée sur le m² devant vous. Commencez par des allers-retours dans le sens de la longueur jusqu’à avoir couvert toute la surface. Puis effectuez d’autres allers et retours dans le sens de la largeur, afin de bien combler toute la surface.
Recouvrez le semis d’une fine couche de terreau (environ 1 cm) puis passez le rouleau dessus. Les graines ainsi enrobées dans la terre seront moins la proie des oiseaux et lèveront plus vite.
Entretien post-semis et première tonte
Les semences auront besoin d’humidité pour germer correctement. Vous pouvez commencer à arroser juste après le semis. Le but va être de garder une terre humide sans la détremper. Si vous remarquez des endroits où votre gazon ne germe pas du tout, vous pouvez effectuer un sur-semis à la volée si ces endroits sont atteignables sans avoir à marcher sur la pelouse.
Votre gazon a atteint 8 à 10 cm de hauteur ? La première tonte est importante pour le développement du jeune gazon. Votre tondeuse doit avoir ses lames aiguisées afin de ne pas arracher le gazon. Dans l’idéal, utilisez une tondeuse hélicoïdale. Votre gazon est tondu mais pas encore très dense ni très « attaché » au sol. Rien de plus normal pour un jeune gazon. Vous allez devoir le rouler pour favoriser un tallage des graminées.

Alternatives professionnelles : le gazon en rouleaux
La pose du gazon synthétique ou naturel en rouleau n’est pas difficile, mais demande de la précision. On commence par préparer le sol en le nettoyant des mauvaises herbes et en nivelant sa surface. Positionnez le premier rouleau en bordure. Il faut le dérouler progressivement en marchant dessus afin qu’il ne subsiste aucune poche d’air en-dessous. Positionnez le deuxième rouleau en le faisant chevaucher le premier d’environ 1 cm. Placez les côtés bords à bords et appuyez au fur et à mesure avec les pouces pour plaquer le bord du deuxième rouleau au sol. Dans les coins, sur les courbes et autour des arbres et massifs, les découpes doivent s’effectuer avec un couteau bien affûté que l’on plante droit dans le gazon. Finissez la pose puis passez le rouleau sur toute la surface.
Considérations administratives et économiques
Le secteur du paysagisme englobe plusieurs activités : les paysagistes producteurs de végétaux, les paysagistes concepteurs, les paysagistes qui réalisent des petits travaux de construction, les paysagistes qui entretiennent les espaces verts.
La détermination de la nature de l’activité n’est pas évidente pour cette profession. Nous vous conseillons d’échanger à ce propos avec votre expert-comptable lors de la création de votre entreprise. Plusieurs codes APE sont applicables, notamment le 81.30Z pour les services d’aménagement paysager. Les démarches à réaliser pour procéder à la création de l’entreprise dépendent de la forme juridique choisie. L’activité de paysagiste relève normalement de la seule compétence de la MSA lorsque l’activité consiste à relever du domaine agricole.
Pour estimer le prix juste, plusieurs facteurs doivent entrer en jeu : le choix entre un gazon naturel ou synthétique, un gazon en rouleau ou à semer, la destination de la pelouse, la gamme et le fabricant de la pelouse, la qualité du gazon et la superficie à couvrir sont autant de facteurs qui influenceront le tarif final. Refaire une pelouse avec l’aide d’un jardinier professionnel coûte en moyenne entre 5 € et 10 €/m².
Les bienfaits de la pelouse en milieu urbain
Les bienfaits de la pelouse sont nombreux, principalement en ville. Cependant, la pelouse se révèle un espace d’agrément encore très apprécié. En ville, l’espace peut aussi se réduire en utilisant des plantes couvre-sols dans les endroits où le gazon pousse difficilement.
- Bien-être : Marcher pieds nus sur une pelouse est un vrai plaisir et des études ont prouvé que cela redynamise l’organisme, en particulier en début de matinée quand l’herbe est encore fraîche ; les enfants profitent de cet espace où les jeux sont permis.
- Action climatique : Elle capte le gaz carbonique présent dans l’atmosphère et par le biais de l’action chlorophyllienne, rejette de l’oxygène grâce à sa surface feuillée très importante ; elle aide à lutter contre les îlots de chaleur en ville, car l’espace est rafraîchi par l’évapotranspiration des brins de gazon.

Un aménagement de jardin revu dans cette optique a l’avantage de simplifier l’entretien des espaces extérieurs tout en ayant encore le bénéfice d’une pelouse. Dans les grands espaces engazonnés, on peut pratiquer la gestion différenciée qui permet par exemple de conserver une petite superficie de pelouse près de la maison, et de transformer le reste en prairie. Entretenir la pelouse demandera ainsi moins de temps.
Sur les terrains difficiles, pentus, déjà végétalisés et sur les grandes superficies, il est plus simple de faire appel à un paysagiste pour créer sa pelouse. Il aura le matériel nécessaire à la préparation du terrain et au semis. Expliquez-lui l’usage que vous envisagez pour cette partie engazonnée, il fera le meilleur choix pour le mélange à privilégier. Il mettra ensuite en œuvre ses compétences professionnelles pour que la pelouse finie soit à la hauteur de vos attentes.