Semences : Aspects Juridiques et Réglementation

Introduction

Le secteur des semences est un pilier fondamental du monde agricole, caractérisé par une filière hautement spécialisée et une réglementation complexe, particulièrement en France et au sein de l'Union européenne. Cette réglementation, qui s'est progressivement étendue à toutes les espèces économiquement importantes, vise à encadrer la production, la commercialisation et la protection des variétés végétales, tout en cherchant un équilibre entre les droits des obtenteurs et les pratiques des agriculteurs. L'évolution des variétés cultivées depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, marquée par des progrès significatifs en termes de rendement et de caractéristiques technologiques, est intrinsèquement liée à cette modernisation agricole et à l'établissement d'un cadre juridique spécifique pour la protection intellectuelle des créations variétales.

Schéma de l'importance des semences dans l'agriculture

Cadre de la Propriété Intellectuelle sur les Semences

La propriété intellectuelle joue un rôle prépondérant dans le secteur des semences, distinguant les semences paysannes, qui sont libres de droit, de la majorité des semences commerciales. Les critères requis pour l'inscription au Catalogue officiel des semences sont étroitement alignés sur ceux nécessaires pour protéger une variété par un Certificat d’Obtention Végétale (COV).

Le Certificat d'Obtention Végétale (COV)

Le système de Certificat d'Obtention Végétale (COV) constitue le principal mécanisme de protection intellectuelle pour les créations variétales. Il accorde un monopole à l'obtenteur pour la commercialisation des semences d'une variété inscrite au catalogue, interdisant à quiconque de produire et de commercialiser ces semences sans son accord express. En Europe, pour être protégée, une nouvelle variété, ou "obtention végétale", doit être nouvelle, distincte, homogène et stable (DHS). La durée maximale des COV est de 25 ans ou de 30 ans, selon les espèces. Il est important de noter que l'inscription d'une variété au catalogue officiel n'implique pas un droit de propriété intellectuelle ; l'obtention d'un COV nécessite une démarche spécifique auprès d'un office européen. Le COV protège contre l'utilisation de la variété par un tiers sans rétribution au profit de l'obtenteur.

Brevetabilité du Vivant et Cumul avec les COV

Alors qu'en Europe le brevet sur la variété elle-même est interdit, la brevetabilité du vivant reste possible lorsqu'il s'agit d'une invention. Cela signifie qu'il peut exister des brevets - cumulables avec des COV sur la variété - sur la technologie permettant l'obtention de la variété et/ou sur un gène et sa fonction, à condition qu'ils soient issus d'une invention (la technologie brevetée) présente dans une semence. C'est notamment le cas pour les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) ou certaines variétés issues de mutagenèse dirigée. Ainsi, une multitude de brevets existe aujourd'hui sur des plantes issues de procédés brevetés.

Semence Mag - Droits de propriété & brevets sur les plantes

Impact des Droits de Propriété Industrielle sur le Monde Paysan

Les droits de propriété industrielle ont un impact significatif sur le monde paysan. En Europe (Union européenne), la réglementation de 1994 impose à l'agriculteur de payer une "rémunération équitable" à l'obtenteur pour pouvoir ressemer ses semences issues de variétés protégées. Cette dérogation n'est possible que pour 21 espèces spécifiques, incluant des plantes fourragères, des céréales, des pommes de terre et des plantes oléagineuses et à fibres. Depuis le 1er août 2014, un décret français a ajouté 13 espèces dérogatoires supplémentaires pour lesquelles la pratique des semences de ferme est autorisée sous condition de rémunération. En France, la situation des semences de ferme s'est rapprochée du régime européen depuis la loi du 8 décembre 2011, interdisant leur utilisation pour les variétés protégées par un droit de propriété intellectuelle, sauf pour les 34 espèces où elles sont autorisées moyennant rémunération de l'obtenteur. Les petits agriculteurs, définis comme ceux produisant moins de 92 tonnes de céréales ou cultivant moins de 5 hectares de pommes de terre, sont exemptés de cette obligation de rémunération.

Collecte des Royalties en France

Actuellement en France, la collecte des "royalties" est organisée pour les céréales à paille et les pommes de terre. Pour les céréales à paille, elle se fait via la Contribution Recherche et Innovation Variétale (CRIV), prélevée sur la collecte du grain. Pour les pommes de terre, le droit d'obtention est perçu à l'hectare emblavé en plants de ferme, basé sur les déclarations des agriculteurs et versé à la SICASOV (Société d'Intérêt Collectif Agricole des Obtenteurs de Variétés Végétales), qui gère la plupart des variétés végétales protégées sous licence en France. Il est important de noter que si un obtenteur souhaite faire valoir ses droits, il lui incombe d'engager les poursuites judiciaires nécessaires, les États n'étant pas contraints d'aider les détenteurs de droits de propriété intellectuelle à obtenir leur dû.

Réglementation et Catalogues Officiels

La réglementation des semences est un domaine d'une grande complexité, souvent encadrée par des décrets plutôt que par des lois, ce qui peut entraîner des superpositions et un manque de clarté à l'échelle nationale et européenne.

Le Catalogue Officiel des Semences

Le Comité technique permanent de la sélection (CTPS), en collaboration avec le GEVES (Groupe d'Étude et de contrôle des Variétés Et des Semences), gère le catalogue officiel français des espèces et variétés potagères, créé en 1932. L'objectif initial de ce catalogue était d'éviter la vente de graines de variétés différentes sous un même nom ou la commercialisation d'une même variété sous différentes appellations. Le GEVES, un groupement d'intérêt public réunissant l'INRA, le Ministère de l'Agriculture et le GNIS (Groupement National Interprofessionnel des Semences et plants), joue un rôle d'expert sur les nouvelles variétés végétales et analyse la qualité des semences. Cependant, certains critiques estiment que ces organismes sont trop étroitement liés à l'industrie agrochimique.

Diagramme des acteurs impliqués dans la réglementation des semences en France

Évolution des Catalogues et Variétés Paysannes

En 1997, une liste particulière a été ajoutée au catalogue officiel pour faciliter l'inscription et la commercialisation de variétés anciennes destinées aux jardiniers non professionnels. Cette liste a depuis été remplacée par la "liste européenne des variétés potagères sans valeur intrinsèque", qui autorise la vente de semences pour un usage professionnel, mais dans des conditionnements si petits que le coût des graines devient prohibitif pour les professionnels.

Les semences paysannes, souvent issues de variétés populations, ne peuvent que rarement être protégées par un COV en raison des critères de distinction, d'homogénéité et de stabilité (DHS) exigés pour l'inscription au catalogue et le dépôt d'un droit de propriété intellectuelle. Des associations comme Kokopelli militent pour la reconnaissance scientifique et juridique de ces semences et pratiques paysannes, dénonçant le catalogue officiel comme un facteur de réduction de la biodiversité.

Échange et Recherche de Semences Protégées

Il est possible d'échanger de petits échantillons de semences de variétés couvertes par un COV, sans avoir à négocier de droit de licence, à condition qu'ils soient destinés à la recherche ou à la création de variétés distinctes et non à la commercialisation de la récolte. De même, si un brevet est délivré au niveau français, l'échange d'échantillons contenant un brevet est autorisé pour des actions d'expérimentation sans visée commerciale. Afin de contrer les risques de confiscation des semences et des récoltes par de nouveaux brevets sur des caractères "natifs" ou suite à une contamination par des gènes brevetés, l'article L.613-2-2 du Code de la propriété intellectuelle stipule depuis 2014 que la protection du brevet ne s'applique pas "en cas de présence fortuite ou accidentelle d’une information génétique brevetée dans des semences, des matériels de multiplication des végétaux, des plants et plantes ou parties de plantes."

Le Matériel Hétérogène Biologique (MHB) : Une Nouvelle Catégorie Juridique

Une avancée majeure dans la réglementation européenne est l'introduction du "matériel hétérogène biologique" (MHB). La Commission européenne a finalisé la version du projet d'acte délégué sur la production et la commercialisation de ce matériel, qui s'inscrit dans le nouveau règlement européen sur l'agriculture biologique n°2018/848, entré en vigueur le 1er janvier 2022.

Objectifs et Caractéristiques du MHB

Cette nouvelle catégorie juridique vise à élargir l'offre commerciale de semences à destination des agriculteurs, en leur donnant accès à des semences de populations plus hétérogènes. Ces dernières échapperont à l'obligation d'inscription au Catalogue officiel des variétés et, par conséquent, aux critères DHS (Distinction-Homogénéité-Stabilité) qui y sont associés. Le MHB est caractérisé par une "grande diversité génétique et phénotypique et présentant des caractéristiques phénotypiques communes".

Régime Juridique du MHB

Les législateurs européens ont confié à la Commission le soin de préciser le régime juridique relatif au MHB et à son matériel de reproduction. Le MHB aura vocation à être référencé dans une liste ad hoc, distincte du Catalogue officiel. Pour y être inscrit, l'obtenteur devra notifier à l'autorité compétente un dossier de description du matériel, incluant une caractérisation de la diversité phénotypique observable entre les différentes unités de reproduction, même si les critères précis restent à définir. L'opérateur a également l'obligation de préciser la méthode d'obtention utilisée, avec une liste limitative de méthodes autorisées : croisement de différents types de matériel parental présentant un niveau élevé de diversité génétique, pratiques de sélection ou de maintien à la ferme, ou "toute autre technique, en tenant compte des caractéristiques particulières de la propagation". Les conditions chronologiques associées aux deux premières méthodes ont été supprimées, facilitant l'accès aux artisans semenciers et aux paysans.

Infographie expliquant les caractéristiques du Matériel Hétérogène Biologique

Contraintes et Allégements pour le MHB

La réglementation européenne en matière de santé des plantes, initialement adaptée au système semencier industriel, s'applique aux semences de MHB, ce qui constitue une contrainte majeure pour les petits opérateurs (obligation d'enregistrement, traçabilité, passeport phytosanitaire). Les directives européennes relatives à la commercialisation des semences s'appliquent également en ce qui concerne les obligations de pureté spécifique et de taux de germination.

Cependant, le texte encadre aussi des allégements. Il fixe une nouvelle identité graphique pour le MHB (étiquette jaune à croix verte) et introduit un régime dérogatoire simplifié pour les petits emballages transparents (jusqu'à 30 kg pour les céréales, 10 kg pour les fourragères, et 0,1 à 5 kg pour les légumes). Dans ces cas, l'emballage n'a pas forcément besoin d'être marqué, scellé, ni d'afficher le poids, le nombre de semences, la dénomination du matériel ou le numéro de référence du lot, bien que ces informations doivent être communiquées à l'acheteur sur demande. De plus, la Commission allège les obligations de traçabilité, ne demandant aux vendeurs de conserver les informations que sur leurs fournisseurs pendant cinq ans (et non plus sur leurs clients). L'obligation de maintenir le MHB après sa notification n'est plus systématique, mais seulement si cette maintenance est "possible", un assouplissement bienvenu mais dont l'interprétation reste ouverte.

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Débats et Controverse autour du MHB

Le projet d'acte délégué sur le MHB a fait l'objet d'une consultation publique, suscitant de nombreux débats. Des organisations comme l'Union française des semenciers et Euroseeds craignent une "concurrence déloyale" et un "marché semencier à deux vitesses", arguant que les sélectionneurs de MHB supporteront une charge réglementaire moindre. À l'inverse, des collectifs tels que le Réseau Semences Paysannes, Kokopelli et Via Campesina y voient une avancée pour la biodiversité cultivée et une opportunité de commercialiser des populations et variétés "patrimoniales", saluant les assouplissements réglementaires.

Un point de cristallisation des débats concerne les méthodes d'obtention du MHB. La suppression des conditions chronologiques de croisement et de sélection à la ferme, bien que saluée par certains, inquiète l'Ifoam (Fédération internationale des mouvements d’agriculture biologique) qui craint une menace pour l'intégrité du MHB, arguant que cela pourrait permettre la commercialisation de matériel dont seul le cycle de reproduction final se ferait en conditions biologiques. L'association Demeter déplore également la suppression des références aux "principes biologiques" dans les techniques d'obtention, y voyant un risque que l'industrie semencière utilise le régime MHB pour commercialiser des variétés instables obtenues par de nouvelles techniques de sélection génétique.

Réglementation des Matériels Forestiers de Reproduction (MFR)

La réglementation des Matériels Forestiers de Reproduction (MFR) en Europe est encadrée par la directive européenne n°1999/105/CE, entrée en vigueur le 1er janvier 2003 et transposée en droit français le 10 octobre 2003. Elle concerne 51 essences forestières et s'applique à toutes les graines, plants ou parties de plants destinés à des plantations réalisées dans des conditions techniques compatibles avec la production de bois à titre principal ou susceptibles d'avoir un impact sur les ressources génétiques des arbres forestiers.

Objectifs de la Réglementation MFR

Cette réglementation vise à garantir les qualités génétiques et extérieures (vigueur, forme) des 65 espèces ou hybrides utilisés en France pour la plantation forestière. L'objectif est d'assurer la production de MFR d'une qualité génétique reconnue, essentielle pour le renouvellement et la reconstitution des forêts. La qualité génétique des MFR soumis à la réglementation européenne est certifiée par l'État, qui garantit leur provenance. Les utilisateurs finaux doivent exiger du fournisseur le document donnant toutes les références nécessaires.

Catégories de MFR Commercialisables

Seules quatre catégories de MFR sont autorisées à la commercialisation dans l'Union Européenne, chacune identifiée par une couleur d'étiquette spécifique :

  • Identifiée (étiquette jaune) : Ces matériels ont une information minimale limitée à leur origine géographique. Il s'agit de sources de graines, c'est-à-dire un ensemble d'arbres non délimité précisément, situé dans une zone de récolte déterminée correspondant à une région de provenance unique. Aucune sélection préalable n'est effectuée, mais les récoltes sur les arbres isolés, les haies ou les alignements sont interdites pour les graines destinées à des fins forestières.

  • Sélectionnée (étiquette verte) : Les matériels de base de cette catégorie sont des peuplements (populations d'arbres délimitées et plus ou moins homogènes) choisis principalement sur des critères phénotypiques tels que la vigueur, la forme, la résistance aux maladies et la qualité du bois. Le peuplement doit comporter une majorité d'arbres bien conformés. En 2017, 1413 peuplements porte-graines, couvrant près de 60 000 ha, étaient répertoriés pour 24 espèces forestières.

  • Qualifiée (étiquette rose) : Contrairement aux peuplements sélectionnés, les matériels de base qualifiés sont artificiels. Il s'agit de vergers à graines (plantations de clones ou de parents de famille) mis en place spécifiquement pour la production de graines de qualité génétique supérieure. Leurs composants ont fait l'objet d'une sélection phénotypique individuelle en forêt ou en tests, basée sur des critères comme la vigueur, la forme, la résistance aux maladies ou la qualité du bois.

  • Testée (étiquette bleue) : Cette catégorie correspond aux matériels sur lesquels le plus de connaissances ont été acquises. Leur supériorité, par rapport à des plantations témoins de référence pour l'essence, est démontrée par des tests de comparaison ou des évaluations des composants. Un règlement technique définit les critères d'admission pour l'espèce ou le groupe d'espèces concernées. Un matériel de base peut être admis à titre provisoire (pour une durée maximale de dix ans) si sa supériorité n'est pas encore complètement démontrée.

Équivalences et Programmes d'Amélioration Génétique

Des équivalences peuvent être accordées par la Commission européenne ou les États membres sous certaines conditions. Elles autorisent l'importation permanente de MFR provenant de pays tiers (hors Union Européenne), comme le douglas américain ou le mélèze d'Europe bénéficiant d'une équivalence pour une catégorie de commercialisation donnée. Les programmes d'amélioration génétique ont permis de développer des variétés forestières améliorées pour les principales essences utilisées en reboisement. Les critères de sélection principaux incluent la tolérance aux stress biotiques et abiotiques, la croissance en volume, la qualité de l'architecture et la qualité du bois. Outre les clones pour les peupliers et le merisier, et les peuplements testés, les vergers à graines, pour la plupart installés à partir de 1972, représentent une source majeure de MFR améliorés.

Le Rôle du GNIS et la Production des Semences

Le secteur des semences en France est très largement réglementé, imposant un système de multiples contrôles qui conduisent à la certification des semences. Ce principe s'est étendu à toutes les espèces économiquement importantes. Les pouvoirs publics ont institué, dans un cadre juridique spécifique, une interprofession : le GNIS (Groupement National Interprofessionnel des Semences et plants).

Structures et Missions du GNIS

Le GNIS est un organisme de droit privé investi de missions de service public, doté de structures, de règles de fonctionnement et de missions multiples et originales qui lui confèrent un caractère officiel. Il joue un rôle essentiel dans l'organisation de la filière semencière française, en assurant notamment la promotion des semences certifiées et en participant à la gestion du Catalogue officiel. Bien que certaines de ses missions soient menacées par le droit communautaire, le GNIS remplit ses fonctions de manière très convenable.

Organigramme simplifié du GNIS et de ses missions

Contrats de Multiplication

La production des semences est majoritairement effectuée par des établissements industriels qui confient à des agriculteurs des semences mères à multiplier. Les contrats qui les lient, appelés "contrats de multiplication", définissent avec précision la nature de leurs rapports. Le contenu de ces contrats est largement prédéterminé par des conventions-types élaborées au sein du GNIS et homologuées par le ministre de l'agriculture. Ces contrats placent les agriculteurs dans une situation de dépendance économique relative, bien qu'ils conservent leur autonomie juridique, se rapprochant ainsi des contrats d'entreprise. Les obligations qu'ils prévoient permettent de les qualifier de contrats d'intégration au sens de la loi du 6 juillet 1964, même si leur non-conformité avec ce texte a été relevée, malgré leur caractère protecteur pour les agriculteurs.

Semences Paysannes et Initiatives Alternatives

Face à la réglementation stricte des semences industrielles, le Réseau Semences Paysannes (RSP), fondé au début des années 2000, accompagne les paysans et milite pour la reconnaissance scientifique et juridique des semences et des pratiques paysannes. À l'heure actuelle, une semence paysanne issue de variété population n'a pas les mêmes droits que celle issue de l'industrie semencière.

Droit de Cultiver et Échanger pour les Amateurs

Le jardinier amateur, dont le but n'est pas de commercialiser sa production, a le droit de produire lui-même toutes ses semences biologiques, y compris des variétés non inscrites au Catalogue. Il peut également échanger ses semences librement. Il est conseillé de commencer la production de graines sur des variétés autogames, où la fécondation se fait au sein de la même fleur, ce qui simplifie la récupération des graines.

Les Hybrides

Les hybrides sont issus du croisement entre deux lignées. L'utilisation de fleurs mâles d'une variété et de fleurs femelles d'une autre peut donner une descendance avec des caractéristiques plus intéressantes. Cet "effet hybride" est particulièrement exploité en grande culture chez les plantes allogames (maïs, tournesol, colza) et est également présent pour des légumes comme la tomate, le piment et le chou-fleur dans le catalogue officiel. Les hybrides ne sont pas nécessairement stériles.

Liberté des Semences et Biodiversité

Des associations comme Kokopelli œuvrent pour la "libération de la semence et de l'humus", dénonçant les normes de "distinction, homogénéité, stabilité" (DHS) imposées par le catalogue officiel comme limitatives et nuisibles à la biodiversité. Kokopelli propose une collection de semences potagères biologiques, libres de droits et reproductibles, rêvant d'une communauté de jardiniers et de paysans partageant des semences "pleines de forces de vie et d'amour". Ces initiatives soulignent l'importance de préserver la diversité génétique et les savoir-faire traditionnels face à l'industrialisation du secteur semencier. La France et l'Union européenne sont par ailleurs fermement attachées au principe de libre accès au vivier de biodiversité que constituent les ressources génétiques. En tout état de cause, la réglementation concernant les semences ne restreint en aucun cas la valorisation commerciale des produits qui en sont issus à des fins de consommation (fruits, légumes, céréales). Il est tout à fait possible de réutiliser pour son propre usage les semences issues de sa propre production. Ces "semences de ferme" sont le résultat de la multiplication de semences par un agriculteur sur son exploitation. Si la variété fait l'objet d'un COV et relève d'espèces pour lesquelles un dispositif prévoit une rétribution de l'obtenteur, comme c'est le cas pour la plupart des espèces agricoles (blé, orge, pommes de terre…), la rémunération versée à l'obtenteur est d'un montant moindre que si les semences avaient été achetées dans un magasin.

Image d'un jardin avec des variétés de semences paysannes

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