Le gazon est enfin semé et les petites pousses vert tendre commencent à apparaître. La première phase, celle de la mise en place, est enfin terminée, et laisse place à l’entretien de cette belle et fraîche future pelouse. L’arrosage est un point primordial de cet entretien, qui demande de respecter certaines règles pour être à la fois efficace et le plus économique possible. Et c’est un arrosage automatique de cette pelouse qui offrira le meilleur résultat donc pas besoin de dévidoirs !

L'importance stratégique de l'arrosage automatique
Une pelouse nouvellement semée ne doit pas manquer d’eau : les graines en ont besoin pour germer. Il en va de même durant l’été suivant : le temps étant sec et chaud, l’évaporation est plus rapide, l’humidité ne reste pas au sol. D’ailleurs, pour une meilleure absorption de l’eau, arrosez de préférence à la nuit tombée, quand le soleil ne brûle pas les feuilles et n’assèche pas le sol par une évaporation trop rapide.
Une fois bien installée, la pelouse réclame un arrosage à la fois suffisant en temps, pour offrir aux racines de la fraîcheur jusqu’à 10 cm de profondeur, et uniforme, pour que chaque plante puisse se développer de la même manière. Il faut par contre veiller à ne pas trop arroser, le « trop-plein » n’est pas utilisé et donc la dépense est inutile. Une pelouse doit recevoir environ 5 à 8 mm d’eau par semaine (en fonction de la nature du sol). L’arrosage automatique de votre pelouse permet également de faire des économies d’eau par rapport à la dépense d'un arrosage à la main au pistolet d'arrosage par exemple. Vous serez également plus serein car il vous sera possible de vous absenter sans craindre de retrouver votre belle pelouse toute jaunie.
Analyse technique : Pression et débit, les piliers de la performance
Sur le réseau, la première caractéristique à connaître est le débit (exprimé en m3/h), qui détermine la section des conduites, le type d’asperseurs à utiliser et la pression nécessaire. Comment calculer le débit de votre robinet d’arrivée d’eau ? Le calcul est le suivant : (contenance en litres / temps en secondes) x 3,6 = votre débit en m3/h.
Attention à la pression d’eau, trop forte elle pourrait faire exploser vos tuyaux d'arrosage. On considère qu’au delà de 5 bars, l’installation d’un réducteur de pression est indispensable. Par exemple, avec un débit mesuré à 3 m3/h sous un réseau de 3 bars, il faut anticiper les pertes de charge. Les pertes de charge au niveau des électrovannes et le frottement de l’eau dans les canalisations, dus à la longueur des sections et à la présence de coudes, font perdre, à titre d’exemple, 300 à 400 grammes de pression. La pression du réseau passe ainsi de 3 à 2,5 bars, ce qui impose le choix de buses adaptées. Côté canalisations, ne pas excéder une vitesse d’eau supérieure à 1,5 m/s, au risque d’être confronté à des coups de bélier.
Architecture du système : Enterré ou en surface ?
L’un et l’autre sont envisageables pour l'arrosage automatique d’une pelouse. L’arrosage en surface est composé de tuyaux qui peuvent être reliés les uns aux autres, branchés sur un programmateur et si besoin sur une électrovanne. Il est facile à installer et à modifier, mais reste peu esthétique. Il est plutôt conseillé pour les petites surfaces.
L’arrosage enterré est ultra efficace et il ne nuit pas à l’esthétique de votre pelouse puisqu’il n’est pas visible. Son installation est par contre plus complexe, demandant même des compétences techniques lorsque la surface est importante et nécessitant le creusement de tranchées. Le tout rendant le réseau coûteux à l’installation. Pour réduire son impact écologique et économiser, faites le choix d'un récupérateur d'eau de pluie.
Arrosage enterré et irrigation de votre jardin - GARDENA
Maîtriser le recoupement pour une couverture uniforme
En cohérence avec l’étude d’arrosage, le paramètre suivant à prendre en compte est la portée. Dépendante de la pression, elle est essentielle pour trianguler les asperseurs selon la configuration du terrain. En général, les arroseurs 1/2’’ possèdent une portée de 7 à 8 m, alors que les dispositifs 3/4’’ ont une portée de 10 à 12 m.
Dans tous les cas de figure, le recoupement des asperseurs doit être optimal, car la courbe pluviométrique d’un asperseur est toujours descendante depuis la buse jusqu’à la portée maximale du jet. Pour une répartition pluviométrique maximale, le coefficient d’uniformité (CU) de l’asperseur, qui correspond au ratio des zones sèches sur les zones humides, doit être supérieur à 90 %. Plus le CU est élevé, plus l’apport d’eau est homogène. Surtout, ne pas mélanger les dispositifs d’arrosage et les types d’asperseurs, car les pluviométries sont différentes (exemple : 30 à 50 mm/h pour une tuyère, contre 10 à 20 mm/h pour un asperseur), excepté en présence d’un réseau supplémentaire et indépendant.
Les composants du système longue distance
Le système se compose de 5 éléments : le programmateur, les arroseurs, l’électrovanne, les tuyaux et raccords, et le robinet d’arrivée d’eau.
- Les turbines : Elles sont plus puissantes que les tuyères car elles arrosent jusqu’à 30 m autour d’elles. Les asperseurs escamotables à turbine se distinguent par une pression comprise entre 2,5 et 4 bars (arroseurs d’1/2 et 3/4 de pouce) et peuvent atteindre 5,5 à 8 bars pour les modèles d’1 pouce.
- Les tuyaux et raccords : Utilisez des tuyaux à haute densité et à gros diamètre (de 25 à 32 mm) capables de supporter la pression. Les raccords permettent d’assembler les longueurs : en coude pour tourner, en manchon pour prolonger, en Y ou en T pour les dérivations.
- Le programmateur : Branché sur le robinet, il permet de planifier l’arrosage. Il est judicieux de l’associer à un pluviomètre ou une sonde d’humidité pour éviter les arrosages inutiles.
- L’électrovanne : Reliée au programmateur, elle ouvre et ferme l’arrivée d’eau de chaque zone. Si chaque arroseur consomme en moyenne 0,5 m3/h et que votre débit total est de 3 m3/h, chaque électrovanne pourra gérer 6 arroseurs.
Mise en œuvre et installation enterrée
Pour une installation enterrée, matérialisez l’emprise du réseau selon un plan à l’échelle. Creusez des tranchées en V avec un fond plat, à environ 25 cm de profondeur. Versez une couche de 10 cm de gravier dans le fond avant de poser le réseau.
- Pose des asperseurs de petites portées (1/2’’ et 3/4’’) : Ils doivent être raccordés aux canalisations par des montages déportés, autorisant le passage d’engins à la surface du terrain, avec un tube spécial déport ou deux coudes sous l’asperseur.
- Pose des asperseurs de grandes portées (1, 1 1/4 et 1 1/2’’) : Ils doivent être raccordés par des montages articulés en PVC de 10 bars, à joint torique en 3 ou 5 coudes.
Une fois le réseau posé, faites un test pour vérifier que la totalité du gazon est couverte avant de recouvrir de 10 cm de gravier puis de terre. Tassez, et semez votre gazon. Après travaux, vérifiez que tous les asperseurs ne dépassent pas le niveau du sol fini.

Optimisation des réglages et maintenance
L’arrosage automatique n’a pas besoin d’être en fonction tout au long de l’année. Favorisez les périodes de croissance, du printemps au début de l’automne. Prenez en compte que le vent accentue le dessèchement et qu'un gazon tondu haut garde mieux l'humidité. La quantité d’eau moyenne nécessaire pour un gazon est de 4 mm par jour, soit environ 20 à 25 litres par mètre carré sur une base hebdomadaire.
Si vous habitez dans une région où la pluviométrie est faible, programmez l’arrosage tous les 3 jours, de préférence de nuit. Durant les périodes chaudes, il est plus judicieux d’arroser en fin de soirée, car la température baissant durant la nuit, cela laisse le temps à l’eau de s’infiltrer dans le sol. Pour connaître la quantité d’eau apportée, utilisez le test du verre à eau : posez un verre de 20 cl sur la pelouse lors du démarrage. Plusieurs erreurs compromettent l’efficacité : la présence de chaume empêche l’eau d’atteindre les racines, et l’arrosage sur un sol saturé provoque l’asphyxie racinaire et favorise les maladies.