Guide complet de l'attachage et du tuteurage des plants de tomates et autres végétaux

Pour un jardin de bonne tenue et bien structuré, les attaches pour plantes grimpantes et les attaches tuteurs pour arbustes sont des accessoires indispensables. Que ce soit pour guider la croissance d’une vigne, maintenir un rosier grimpant ou offrir un soutien solide aux jeunes plants, ces fixations assurent une tenue optimale tout en respectant la fragilité des végétaux. L'attache et le tuteurage sont des pratiques essentielles pour de nombreux types de plantes, allant des arbres fruitiers aux arbustes, en passant par les plantes grimpantes. Ils permettent non seulement d'optimiser le rendement et la santé des cultures, mais aussi de maintenir une esthétique harmonieuse dans le jardin.

Le choix des attaches et des tuteurs est crucial et dépendra en grande partie du type de plante et de ses besoins spécifiques. Par exemple, l'utilisation d'une attache pour arbre fruitier est essentielle pour garantir un bon développement dès les premières années de croissance. En sécurisant le tronc avec un lien souple et résistant, on évite les cassures dues au vent ou au poids des fruits. Pour les arbustes et autres plantes de taille moyenne, un lien pour tuteur en métal gainé avec du caoutchouc assure une fixation discrète et efficace, favorisant une croissance harmonieuse des tiges sans les blesser.

illustration des différentes attaches pour plantes

Les enjeux du tuteurage des tomates

Les plants de tomates, contrairement aux haricots qui s’enroulent ou aux concombres qui s’accrochent avec des vrilles, sont des lianes rampantes. Pour assurer une bonne croissance et un bon maintien de vos plants de tomates, il est essentiel de bien les attacher aux tuteurs. Un bon tuteurage permet généralement de récolter plus de tomates, et ce, pour plusieurs raisons.

Premièrement, le tuteurage permet de libérer de l’espace au pied des tomates, offrant ainsi la possibilité de cultiver entre vos tomates des laitues, du basilic, du persil et bien d’autres. Cela maximise l'utilisation de l'espace dans le potager.

Deuxièmement, le tuteurage favorise une meilleure circulation de l’air et un meilleur ensoleillement des tomates. Lorsque les plants sont laissés à ramper sur le sol, les feuilles et les fruits restent humides plus longtemps, ce qui augmente le risque de maladies cryptogamiques, telles que le mildiou. En les maintenant en hauteur, l'air circule plus librement, réduisant ainsi l'humidité stagnante.

Troisièmement, il réduit le risque de limaces et d’escargots, car accrocher les plants de tomates évite que les branches touchent le sol, les rendant moins accessibles à ces nuisibles.

Enfin, lorsque les plants de tomates arrivent à maturité, le poids des fruits peut endommager les branches et entraîner leur rupture. Cette surcharge peut également faire plier l’ensemble du plant de tomate, jusqu’à le faire toucher le sol. Le tuteurage consiste donc à soutenir une plante au moyen de structures verticales afin de favoriser sa croissance et de préserver l'intégrité de la plante et de ses fruits. Les tomates sont une variété à croissance haute, pouvant atteindre une taille de 2,5m, voire plus pour certaines variétés de tomates cerises.

Comment tuteurer les tomates

Les différentes catégories de tuteurs à tomates

Il existe trois catégories principales de tuteurs à tomates : les piquets, les cages et les ficelles. Chacune de ces méthodes présente des avantages et des inconvénients, et le choix dépendra des préférences du jardinier, du type de tomate cultivée, et des conditions climatiques.

1. Les piquets : la méthode la plus simple

La méthode des piquets est la plus simple à mettre en place à l’installation. Juste avant de planter notre plant de tomate bien développé, on installe le tuteur à quelques centimètres.

Types de piquets :

  • Tuteurs en métal : Souvent torsadés, ils permettent de guider la tomate sans avoir besoin de l’attacher avec des liens. Cependant, ils sont parfois trop petits et pas très évidents à enfoncer. Un tuteur métallique droit offre l’avantage de pouvoir être utilisé de très nombreuses années. Le tuteur en acier spirale a l'avantage de ne pas nécessiter de liens pour y fixer le pied de tomate.
  • Tuteurs en bois : Une canne de bambou (bien droite et sans nœuds), une perche en noisetier, ou toute autre branche bien droite peut faire l'affaire. Les tuteurs en bois ont une durée de vie plus courte que le métal mais sont faciles et rapides à mettre en place et très peu coûteux. Veillez juste à suffisamment enterrer la base de la canne dans le sol. Pensez à prendre des tuteurs d’au moins 2m40 afin qu’ils soient assez grands une fois enfoncés.

plants de tomates tuteurés avec des piquets en bambou

Il est important de ne pas sous-estimer la quantité de tuteurs nécessaire pour un potager. Par exemple, si vous conduisez vos tomates en deux tiges et que vous avez une trentaine de pieds, cela représente déjà 60 tuteurs sans compter les structures pour les haricots, courges, concombres et compagnie. Accumuler des tuteurs de tout genre tout au long de l'année est une pratique courante chez les jardiniers expérimentés.

Pour certaines variétés de tomates qui ont besoin de davantage de support, plutôt qu’un seul tuteur, il est conseillé de placer deux tuteurs de part et d’autre et d'y attacher la tige principale.

2. Les cages : une méthode autonome

Le principe des cages est simple : on installe des cages en grillages ou fer à béton par-dessus nos pieds de tomates. Cette installation permet de conduire la culture sans taille, ce qui est souvent plus compliqué avec les autres méthodes de tuteurage. C’est sans doute l’option la plus simple et la moins exigeante, puisque cette méthode n’implique pas de devoir accrocher les tomates au tuteur constitué par la cage.

Avantages et inconvénients :

  • Avantages : Cette technique demande peu d’entretien une fois en place et ne nécessitera quasiment plus aucune intervention après son installation. Elle est très intéressante pour ceux qui ne veulent pas s'embêter avec du tuteurage et de la taille.
  • Inconvénients : Le pendant de cette non-taille est que les plants sont plus denses, moins aérés et donc potentiellement plus sujets aux maladies cryptogamiques comme le mildiou. Cette technique fonctionne donc très bien en Italie et dans le sud de la France, mais sera en revanche moins propice dans la moitié nord du pays.

Investissez dans des cages de qualité, suffisamment résistantes, plutôt que dans des cages fragiles et bon marché. Il peut être difficile de se procurer des cages de tomates robustes, aux bonnes dimensions et surtout à moindre prix, mais l'investissement en vaut la peine pour la durabilité et l'efficacité.

3. Les ficelles et le palissage : une technique esthétique et efficace

Le palissage consiste à conduire les tomates au moyen d’une ficelle. Employer cette technique de support à la place des traditionnels piquets évite d’avoir à attacher les tomates à leur support.

Mise en place :

  • Ancrage de la ficelle : Enterrez la ficelle avec la motte des tomates. Les racines s’y accrocheront et permettront de bien ancrer la ficelle au sol.
  • Attache en hauteur : Attachez la ficelle en hauteur à la verticale du pied de tomate.
  • Matériaux de ficelle : Utilisez des matériaux solides et résistants comme le coton ou mieux encore des matériaux rapidement biodégradables comme le chanvre, le sisal ou la fibre de coco tressée. La saison précédente, une ficelle en chanvre naturelle s’est rapidement dégradée avec la pluie et le soleil, ce qui a entraîné des cèdes en fin d'été. Il a fallu les remplacer avec de la ficelle bleue, facile à récupérer gratuitement à la campagne chez les agriculteurs (servant à ligaturer les bottes de foin). Bien que moins esthétique et non compostable, elle est très résistante.
  • Sens d'enroulement : Le sens d’enroulement peut paraître anodin. Pourtant, étant dans l’hémisphère nord, vous devrez enrouler vos plants de tomates dans le sens des aiguilles d’une montre. Si vous procédez en sens inverse, les tomates ne s’enrouleront pas correctement et s’écarteront du tuteur.

plants de tomates palissés sur ficelles le long d'un mur

Le palissage demande un peu plus de temps et d’attention mais il permet de nettement gagner de la place au potager. Ainsi, votre plant de tomates prendra de la place en deux dimensions mais restera peu volumineux par rapport à d’autres types de tuteurages. Cette méthode est esthétique et efficace pour tuteurer vos tomates au potager, et demande peu d’entretien une fois en place.

Pour les jardiniers qui ont déjà un plan de potager bien abouti et qui ne risque pas de trop évoluer d’année en année, une structure au-dessus du potager peut être envisagée et laissée en place toute l’année. En métal ou bois naturel, cette dernière pourra rapidement devenir ornementale et surtout vous rendre bien des services pour le tuteurage ou même l’ombrage si vous en ressentez le besoin. Par exemple, Olivier Puech, dans l’Hérault, a mis en place ce type de structure, ce qui lui permet d’attacher des ficelles pour y enrouler ses tomates et d'y installer des canisses en été.

Vous pouvez également faire une structure avec des bambous ou des perches sur laquelle vous pourrez tuteurer vos tomates avec des ficelles. C’est une solution pratique en cas de manque de tuteurs individuels. Pensez à faire une structure bien solide, enfoncée en profondeur et avec des renforts en cas de gros vents. Lorsqu’on l’installe, on ne se rend pas forcément compte que cette structure devra supporter quelques dizaines de kilos au bas mot. Pensez également à prendre de la ficelle solide pour venir y entourer vos tomates.

Comment tuteurer les tomates

Tuteurage sous serre

Sous serre, l’espace de culture est plus limité qu’à l’air libre. La méthode de tuteurage la plus courante sous serre reste le palissage, qui consiste à enrouler les tomates sur des ficelles directement attachées au faîtage de la serre (cas des serres polycarbonate). Si la structure de la serre est assez solide, on peut s’en servir pour tuteurer les tomates. Selon le modèle, la taille et sa structure, vous pouvez soit directement attacher vos ficelles aux faîtières ou bien à du fil deltane que vous attacherez de part et d’autre de la serre.

Il existe également des enrouleurs spécifiques au tuteurage des tomates sous serre. Ils permettent très facilement de régler la tension des ficelles pour les tomates. Il s'agit d'une bobine de fil réutilisable pour tuteurer les tomates. Il suffit de dérouler la bobine une fois que le plant atteint le plafond afin de continuer à les faire grandir. Attention une fois encore, lorsque les plants seront développés et pleins de fruits, cela pèse lourd ! Sous serre, de façon générale, les plants sont taillés sur une ou deux tiges afin de pouvoir continuer à passer dans les allées et faire les récoltes.

Les attaches pour le tuteurage

Le choix des attaches est aussi important que celui des tuteurs pour assurer la bonne santé de vos plantes. Vous ne sélectionnerez pas les mêmes attaches en fonction des plantes et des types de tuteurs employés.

Types d'attaches :

  • Attaches en plastique, en caoutchouc, en matière naturelle ou en velcro : Chaque solution offre des avantages spécifiques selon les besoins de vos plantes.
  • Liens ajustables : Ils permettent d’adapter la fixation au fil des saisons, laissant à la plante la liberté de se développer sans être étranglée.
  • Attaches biodégradables : Elles offrent une alternative écologique et ne risquent pas de polluer le sol de votre potager pendant des décennies comme le plastique.
  • L'attache astucieuse proposée par Jardin et Saisons : C'est une solution pratique, rapide et durable pour fixer les tiges sans les blesser. Facile à utiliser, cette attache maintient solidement la plante tout en lui laissant la liberté de se développer.
  • Fil de sisal, de chanvre ou de coton : Ce type de liens très bon marché conviendra parfaitement. Il permet aux plantes de bouger librement et offre l’avantage d’être compostables pour le sisal ou le chanvre.
  • Tissu ou collant : Le tissu et les collants usagés sont des matériaux extensibles, bien adaptés pour fixer les pieds aux tuteurs.
  • Pinces ou clips à tuteurer : Il existe des clips de tuteurage spécialement prévus à cet effet et qui vous faciliteront la vie si vous n’êtes pas très doué pour confectionner des nœuds.
  • Attaches velcro : Très pratiques, elles sont réutilisables et faciles à ajuster.

Lorsque vous attachez votre tomate à son tuteur à l’aide de fil de fer ou de ficelle, pensez à leur laisser du mou ! Les tiges grossissent avec la croissance et on se retrouve parfois avec des plants étranglés par les liens du tuteurage. L'idée est de soutenir la plante sans entraver sa croissance.

Précautions et bonnes pratiques lors du tuteurage

Le tuteurage, bien que simple en apparence, requiert quelques précautions pour être efficace et ne pas nuire à la plante.

  • Moment de l'installation du tuteur : Veillez à positionner le support avant la plantation ou au moment de celle-ci. Ne pas installer le tuteur au moment de la plantation des tomates est une pratique qui peut être expliquée dans une vidéo, mais il est généralement recommandé de le faire le plus tôt possible pour ne pas endommager les racines plus tard.
  • Hygiène : Assurez-vous d’avoir les mains propres avant de manipuler les plants de tomates. Vous éviterez de propager d’éventuels spores de champignons. Si vous fumez, soyez d’autant plus vigilant.
  • Manipulation des tiges : Manipulez vos tomates par temps sec et chaud ! Lorsque les tiges de tomates sont froides, le matin par exemple, elles sont beaucoup plus cassantes. Aux heures les plus chaudes de la journée, en plein soleil, les tiges seront beaucoup plus flexibles. Il est aussi préférable d'opérer par temps sec, car lorsque l’on tuteure, on taille souvent quelques branches également.
  • Attention aux parties fragiles : Ne pas faire attention aux parties les plus fragiles des plants lors de l'attache.
  • Feuillage humide : N’attachez pas les plants si le feuillage est humide, cela peut favoriser le développement de maladies.
  • Espace suffisant : Ne pas laisser assez d’espace entre le lien et la tige du plant de tomate est une erreur courante qui peut entraîner l'étranglement de la plante à mesure qu'elle grossit.

Variétés de tomates sans tuteurage

Si vous ne voulez pas vous embêter avec du tuteurage, de la taille et compagnie, sachez qu’il existe des variétés de tomates naines. Parmi toutes les variétés, il faut différencier celles à port indéterminé (un certain nombre de bouquets floraux et donc de fruits possibles compris dans la génétique de la variété) et celles à port déterminé. Ce sont ces dernières qui nous intéressent et parmi elles, certaines variétés sont même naines. Cela signifie qu’elles ne monteront pas à beaucoup plus de 50 cm et donc nécessiteront pas ou peu de tuteurage.

La saison dernière, des jardiniers ont essayé deux de ces variétés : la Rotkappchen et la Ida Gold. Ces dernières sont précoces, très productives avec des fruits de calibre moyen. Elles permettent un bon gain de place et peuvent être installées sous une table de culture ou autre.

variété de tomate naine Rotkappchen

Pensez également à la variété Roma : c’est LA tomate de plein champ, qu’on laisse ramper au sol sans taille ni tuteurage. Elle est idéale pour faire des sauces et des tomates séchées ! Les pieds de tomates n’ont pas besoin d’un entretien très compliqué. Malgré tout, certaines tâches s’avèrent indispensables pour faciliter la culture, optimiser les rendements et éviter certains problèmes.

Avec un bon choix de tuteur pour plante grimpante et d’attaches adaptées, votre jardin gagnera en esthétique et en santé, garantissant ainsi des plantes vigoureuses et bien entretenues tout au long de l’année.

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