La rhubarbe est une plante vivace généreuse qui annonce le retour des beaux jours avec ses magnifiques tiges colorées. Que ce soit pour préparer une délicieuse tarte, une compote acidulée ou une confiture maison, cultiver la rhubarbe dans son jardin est un véritable bonheur pour les gourmands. Bien qu’elle soit botaniquement classée comme un légume, elle est majoritairement consommée comme un fruit dans les compotes et les tartes. La rhubarbe commune (Rheum rhabarbarum) est certes originaire d’Asie, mais est à présent incontournable dans nos jardins. Car c’est non seulement une plante très facile d’entretien, mais également un véritable délice dans des plats et des boissons sucrés. C’est pour cette raison qu’elle est souvent désignée comme étant un fruit, bien que du point de vue botanique il s’agisse d’une variété de légumes.

Les caractéristiques et l'emplacement idéal
La rhubarbe forme de grandes touffes de feuilles spectaculaires soutenues par des tiges charnues appelées pétioles. La couleur de la tige varie du vert tendre au rouge carmin intense selon la variété (comme la Victoria ou la Frambozen Rood). Avoir un pied de rhubarbe au jardin, c’est l’assurance de récoltes généreuses pendant plus d’une dizaine d’années ! Elle est exigeante en termes de sol (elle aime les terres riches et profondes) mais très facile d’entretien si elle est placée sous un climat frais et humide.
Où la rhubarbe se sent-elle le mieux ? Comme beaucoup de monde, la rhubarbe aime profiter de la lumière du soleil. Ainsi, ses petits coins de terre favoris sont les emplacements exposés au soleil ou semi-ombragés. En effet, si elle manque de lumière, elle se développera moins et ne formera que de minces tiges. De plus, la nature du sol est un facteur bien plus important pour la croissance de cette plante gourmande. Le sol doit être meuble, humide de façon homogène et surtout riche. Après plantation, la rhubarbe est extrêmement pérenne et rustique. La rhubarbe s’associe par exemple bien aux épinards et aux diverses variétés de choux. Mais elle se plaira tout aussi bien sous un fruitier. Mais veillez toujours à ce qu’elle dispose de suffisamment de place pour pousser.
Plantation et entretien au quotidien
Si vous souhaitez cultiver de la rhubarbe dans votre jardin, le meilleur moment pour la planter est au printemps de mars à avril ou l’automne. Ce n’est qu’une fois les préparatifs achevés, que vous pouvez planter la rhubarbe et tasser fermement la terre. Il est possible en principe de la cultiver en pot. Il est toutefois important de tenir compte de son fort besoin de place. Le bac de plantation doit avoir une capacité minimale de 40 litres. Pour prévenir toute humidité stagnante, il doit être doté d’un trou de drainage pour évacue l’excédent d’eau. De plus, un drainage réalisé avec des billes d'argile par exemple permet d’assurer encore une meilleure évacuation de l’excédent d’eau. Comme la rhubarbe s’étale de plus en plus au fil du temps, il faudra la rempoter dans quelques années.
Dans la nature, qui pousse vite a besoin d'eau ! Il en est de même pour la rhubarbe. C’est une plante qui a toujours soif, surtout durant la haute saison de mai à juin. Veillez à l’arroser régulièrement en cas de sécheresse, sinon elle ne formera que de maigres tiges. La rhubarbe fait partie des plantes gourmandes. Ce qui signifie qu’il faut lui apporter beaucoup de nutriments pour obtenir une récolte abondante. Dès le printemps, vous pouvez déjà rassasier ses appétits : de fin février à début mars lorsque le sol n’est plus gelé, incorporez-y un engrais longue durée. Si vous avez laissé passer la période de fertilisation, il est préférable d’opter pour un engrais liquide. Car si la rhubarbe a déjà bien poussé, vous risquez de la blesser en incorporant l’engrais solide dans la terre.
Diviser et planter une rhubarbe en pot
L'art de la récolte : méthodes et précautions
Il faut faire preuve d’un peu de patience après la plantation : selon la variété, il faut parfois attendre deux à trois ans avant la première récolte ! Passé ce délai, vous pourrez en récolter en permanence. La période de récolte de la rhubarbe est une fenêtre temporelle spécifique. La saison de cueillette s’étend généralement du milieu du printemps (mai) jusqu’au milieu de l’été (juillet ou août, selon les régions). Il est crucial de cesser de récolter la rhubarbe à la fin de l’été. Pourquoi ? Parce que la plante a besoin des mois d’automne pour reconstituer ses réserves souterraines grâce à la photosynthèse de ses dernières feuilles. Si vous continuez de prélever les tiges jusqu’en automne, vous risquez d’épuiser le pied pour l’année suivante.
Pour bien récolter la rhubarbe, il faut utiliser la technique de « l’arrachage en douceur ». Saisissez la tige (ou le pétiole) fermement à sa base, au plus près de la couronne de la plante. Exercez une légère torsion tout en tirant d’un coup sec vers l’extérieur. La tige doit se détacher naturellement avec sa base blanche (ressemblant à une petite cuillère). Pourquoi éviter de couper la rhubarbe avec un couteau ? Car laisser un moignon de tige coupé sur la plante crée une porte d’entrée idéale pour la pourriture, les champignons et les maladies. C’est l’un des meilleurs conseils pour bien récolter et garder vos plants en pleine santé !

Ne prélevez jamais toutes les tiges d’un seul coup. La règle générale est de ne jamais récolter plus du tiers des tiges en une seule fois. Laissez toujours les tiges centrales (les plus jeunes et petites) se développer et concentrez-vous sur les tiges extérieures, plus épaisses et plus mûres. La rhubarbe et ses longs pétioles continueront ainsi de pousser, et la plante pourra produire de nouvelles tiges tout au long de la période de récolte.
Gestion des fleurs et sécurité alimentaire
Au cours de la saison, vous remarquerez peut-être l’apparition d’une hampe florale majestueuse, couverte de petites fleurs de rhubarbe blanchâtres. Bien que ces tiges florales soient spectaculaires, il est impératif de les supprimer dès leur apparition ! En effet, la floraison et la production de graines demandent une énergie colossale à la plante, au détriment de la croissance des pétioles. Dès que vous apercevez le bourgeon floral, coupez-le à la base avec un outil propre. Ainsi, toute la sève et l’énergie seront redirigées vers la production de tiges charnues pour vos futures tartes !
C’est un point de sécurité alimentaire absolu : seules les tiges de rhubarbe (les pétioles) sont comestibles. Les feuilles de rhubarbe sont strictement toxiques pour l’homme et les animaux. Ces immenses feuilles vertes contiennent de l’acide oxalique, une substance hautement toxique qui peut provoquer de graves problèmes rénaux et des troubles digestifs sévères en cas d’ingestion. Dès que vous avez terminé de cueillir vos tiges, coupez immédiatement les feuilles et jetez-les sur votre tas de compost (l’acide oxalique se dégrade très bien au compostage et ne présente aucun danger pour votre potager). Cependant, vous pouvez en faire des décoctions efficaces contre les pucerons, également un bon répulsif des insectes et des limaces. La fleur de rhubarbe s’utilise en purin (faire macérer dans l’eau) et se révèle très efficace contre la mineuse du poireau.
Préparation et conservation des pétioles
Une fois que vous savez comment récolter les pétioles charnus, une nouvelle question se pose en cuisine : faut-il éplucher (ou effiler) la rhubarbe avant de la transformer en tarte ou en confiture ? La réponse est : ça dépend ! Les tiges jeunes, récoltées au printemps, ont une peau très fine qui se fond à la cuisson. Il n’est donc pas nécessaire de les éplucher. De plus, c’est la peau qui donnera cette belle couleur rose à votre compote. En revanche, pour les tiges plus grosses récoltées en été, la peau devient épaisse et filandreuse. Il est alors préférable d’en retirer les fibres extérieures avec un petit couteau d’office avant de tronçonner le pétiole.
La rhubarbe est si généreuse qu’il est courant de se retrouver avec des kilos de tiges sur les bras. Heureusement, elle se conserve très bien ! Pour une consommation à court terme, placez les tiges non lavées et non coupées dans le bac à légumes de votre réfrigérateur ; elles y resteront croquantes environ une semaine. Pour l’hiver, la congélation est la méthode reine. Lavez, séchez, effilez (si nécessaire) et coupez vos tiges en tronçons. Placez-les dans des sacs congélation. Elles conserveront toute leur saveur et leur tenue pour vos futures tartes hivernales.

L’acidité vive et fruitée de la rhubarbe est merveilleuse, mais elle demande parfois à être adoucie. C’est là que les épices entrent en jeu. La Vanille de Madagascar (Gousse) est l’alliance parfaite : fendre et gratter une belle gousse de vanille Bourbon dans votre compotée de rhubarbe va arrondir l’acidité avec une douceur incroyable, sans avoir à rajouter des tonnes de sucre. La Baie de Timut du Népal, avec ses notes de pamplemousse rose, vient faire écho à l’acidité de la rhubarbe pour un dessert très frais. Enfin, le Poivre Long de Java, avec ses notes chaudes et sucrées rappelant la cannelle et le cacao, apporte une délicieuse touche façon « pain d’épices » qui contraste merveilleusement avec l’acidité naturelle de la plante.
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