Introduction
Le monde du football a été témoin d'un événement inhabituel au stade Ernst-Happel de Vienne. À la suite d'un match de Ligue des nations opposant l'Autriche au Danemark, un trou béant d'une profondeur significative est apparu au milieu de la pelouse, suscitant l'étonnement et l'inquiétude. Cet incident, largement relayé sur les réseaux sociaux, a conduit la Fédération autrichienne de football (ÖFB) à mener des investigations approfondies et à prendre des mesures d'urgence, à la veille d'une rencontre majeure contre l'équipe de France.

L'incident : Un trou béant et des réactions vives
L'apparition du trou a été constatée à la fin du match Autriche-Danemark, qui s'est déroulé à Vienne. Les images télévisées ont rapidement fait le tour des réseaux sociaux, montrant des joueurs danois, notamment Robert Skov Olsen et Andreas Skov Olsen, enfonçant leurs jambes d'au moins 30 centimètres dans le sol, voire jusqu'au genou pour certains. Cette découverte a provoqué de vives réactions. Le milieu danois Pierre-Emile Höjbjerg a ainsi lancé, selon la presse, : « Je ne sais pas ce qui se passe avec ce stade d’amateurs ». Andreas Skov Olsen, quant à lui, s'est agacé auprès de TV2 Sport : « Il y avait un trou qui avait probablement un demi-mètre de profondeur. C'était au milieu du terrain, et c'est sacrément dangereux si quelqu'un tombe dedans. Vous pouvez vous casser la jambe. » Le sélectionneur danois, Kasper Hjulmand, a également déploré l'état du terrain, le qualifiant de « vraiment, vraiment misérable » et soulignant le danger que représentait ce trou « absolument horrible » pour les joueurs.
La situation a suscité une petite crise et terni l'image de la fédération autrichienne, provoquant des critiques acerbes de la part des Danois et une polémique dans la presse locale. « Les trous vont et viennent. Les préjudices en termes d'image restent », a écrit Der Standard.
Une explication liée aux fortes pluies et aux eaux souterraines
Face à l'ampleur de l'incident et aux critiques, la Fédération autrichienne a rapidement cherché à identifier la cause du problème. Une porte-parole de la Fédération a précisé que l'explication de la formation d'un tel trou réside « probablement dans une augmentation significative du niveau des eaux souterraines du Danube voisin, causée par les fortes pluies observées dans la nuit de dimanche à lundi ». Elle a ajouté que « les eaux ont exercé une pression vers le haut sur la pelouse, ce qui a causé la formation d’une cavité, débouchant sur un trou ». Cette hypothèse a été avancée suite à une analyse minutieuse de la pelouse, aux rayons X, à l'aide d'une machine spéciale, mandatée par les instances autrichiennes. Ces examens visaient à déterminer si d'autres cavités pouvaient apparaître.
Il est important de noter que le jour du match contre le Danemark, le capitaine autrichien David Alaba avait estimé que le terrain était en ordre et qu'il n'y avait pas de problème. Cependant, les fortes pluies survenues dans la nuit de dimanche à lundi ont radicalement changé la situation. La météo, qualifiée de capricieuse, avec des pluies encore annoncées sur Vienne pour les jours suivants, a accentué les inquiétudes concernant l'intégrité physique des joueurs.

Les mesures d'urgence et les réparations
La Fédération autrichienne de football a agi avec célérité pour remédier à la situation avant la réception des champions du monde français. Une des premières actions a été de reboucher le trou. Une grande bande de pelouse a été replaquée dans le rond central du stade Ernst-Happel, rendant l'endroit du trou bien distinct du reste du terrain, comme ont pu le remarquer les joueurs de l'équipe de France lors de leur entraînement.
En plus de cette opération d'urgence, des mesures préventives ont été prises. La fédération a annoncé que 1 000 mètres carrés de pelouse seraient fournis par les services du stade « dans l’hypothèse où la couche supérieure du gazon devait être changée rapidement » si de nouveaux trous étaient détectés. Par ailleurs, la couche inférieure de la pelouse a été densifiée à l’aide d’une machine à rouleaux. Bernhard Neuhold, directeur général de l'ÖFB, a donné des explications lors d'une opération de sponsoring, en marge de la conférence de presse d'avant-match.
Toutes ces actions ont été menées sous l'œil attentif de l'UEFA, qui a validé la tenue de la rencontre Autriche-France au stade Ernst-Happel, conformément aux préconisations d'un rapport d'expertise indépendant. Ce rapport a « recommand(é) clairement que le match (devait) avoir lieu comme prévu ». Les dernières séances d’entraînement des deux équipes se sont déroulées normalement au stade, et David Alaba a assuré, en conférence de presse, que la pelouse avait été analysée et que l'UEFA avait donné son approbation, réduisant ainsi les inquiétudes.
Un stade en question : Vieillesse et infrastructure
L'incident du trou dans la pelouse a mis en lumière des questions plus larges concernant l'infrastructure du stade Ernst-Happel. Cette enceinte, qui a accueilli la finale de l'Euro 2008, a été le théâtre d'un autre problème majeur le soir du match Autriche-Danemark : une panne électrique gigantesque qui a retardé le coup d'envoi d'une heure et demie. La fédération autrichienne a précisé à l’AFP que cette panne avait « affecté les quartiers voisins de Vienne et a été causée par des lignes électriques défectueuses. Les techniciens assurent que les fortes pluies de dimanche ont causé ce problème ». Le sélectionneur autrichien, Ralf Rangnick, a fait part de son désarroi : « Il s'est passé deux choses qui d'habitude ne se passent pas dans la même soirée. J'espère que ça ne se passera plus jamais dans les 30 prochaines années. »
Le cahier des charges d'un stade de football
Ces incidents successifs ont relancé le débat sur la vétusté du stade Ernst-Happel, considéré comme l'équivalent du Stade de France pour la sélection autrichienne. Des voix s'élèvent, notamment parmi les journalistes et responsables locaux, pour affirmer que l'enceinte ne semble plus adaptée aux grandes rencontres internationales. Le président de l'ÖFB a prévenu que la fédération, en tant que locataire du stade, « ne pourrait pas supporter » la contribution financière à la construction d'un nouveau stade. Le gouvernement est donc appelé à se saisir de ce problème concernant le plus important stade du pays, avec une capacité de 48 500 spectateurs (53 000 selon certaines sources), et qui devrait être à guichets fermés pour le match contre la France, avec jusqu'à 44 800 spectateurs attendus.
Ce sentiment de malaise palpable, causé par les circonstances entourant le match, fait écho à d'autres incidents récents dans le monde du football, comme le chaos au Stade de France lors de la finale de la Ligue des champions à Paris, le 28 mai. La Fédération autrichienne avait déjà réclamé une nouvelle enceinte en 2008 avant d'accueillir l'Euro, n'obtenant du gouvernement qu'une simple rénovation du stade Ernst-Happel.
Assurance et appréhension avant Autriche-France
Malgré les réparations et les assurances de la Fédération autrichienne, une certaine appréhension persistait avant la rencontre Autriche-France. En conférence de presse, David Alaba a tenu à rassurer en soulignant que « la pelouse a été analysée, et l'UEFA a donné son approbation donc nous avons un peu moins d'inquiétudes, voire aucune ». La Fédération a également déclaré : « La pelouse est en bon état. Il n’y a pas de risque, il n’y a plus de trou dans la pelouse. Il n’y a aucun risque que ça se reproduise et aucune raison d’annuler la rencontre. »
Cependant, du côté des joueurs français, une légère méfiance restait perceptible. Didier Deschamps et Hugo Lloris ont été interrogés sur l'incident. Le capitaine des Bleus, Hugo Lloris, a avoué être « assez difficile d'y croire » en voyant les images, ayant l'impression d'un montage. Il a ajouté : « Ils ont a priori tout vérifié. Il y a quand même un peu d'appréhension. On va bien tester cette pelouse à l'entraînement. Et choisir les bons crampons. »
Tous les yeux étaient rivés sur le gazon le soir du match, d'autant plus que la météo était encore capricieuse sur la capitale autrichienne. Le rectangle d'une vingtaine de mètres carrés de pelouse neuve et plus verte, replaqué dans le rond central, témoignait des efforts déployés pour garantir la sécurité des joueurs et le bon déroulement de la rencontre.