Introduire l'arbre dans son système agricole ou votre jardin nécessite de repenser certaines pratiques, de comprendre les enjeux, les mécanismes à l'œuvre et de maîtriser de nouvelles techniques. Cette transformation ne porte pleinement ses fruits que lorsqu'elle s'accompagne d'un temps pour se former, réfléchir, échanger, partager, et prendre du recul. Planter un arbre, c'est investir dans l'avenir de sa parcelle et de l'écosystème qui s'y loge, car les arbres sont de puissants outils de purification de l'air, de véritables refuges pour la biodiversité, et protègent les cultures contre les aléas naturels tout en fournissant des îlots de fraîcheur.

Identifier la Structure Technique et Agro-Forestière
Avant toute plantation, il est crucial d'identifier la structure technique ou agro-forestière appropriée afin de concevoir le projet de manière optimale. Une préparation minutieuse du sol et la sélection rigoureuse des plants sont des étapes essentielles pour assurer la reprise et une croissance saine. Pour les projets agro-forestiers, l'agriculteur est en première ligne du suivi post-plantation, et il peut être accompagné par la structure agroforestière avec laquelle il a planté.
La Période Idéale pour Planter
À l'arrivée de l'automne, il est temps de penser aux plantations de l'hiver à venir. La période optimale pour planter se situe généralement entre fin novembre et fin mars, pendant le repos végétatif de l'arbre. Pour s'en souvenir, on peut penser à Catherine en plantant entre les deux Sainte-Catherine (25 novembre et 24 mars). Il est impératif d'éviter les périodes de gel, de fort ensoleillement, de vent sec ou lorsque le sol est gorgé d'eau, car ces conditions peuvent compromettre la reprise des plants. Les espèces feuillues sont plantées pendant cette période où l'ensoleillement réduit (moins de 10 heures de jour en 24h) induit le repos végétatif. Pendant cette phase, la croissance des végétaux est mise en veille, la sève descend dans les racines afin de favoriser l'enracinement du plant et d'emmagasiner les ressources nécessaires pour le printemps.
Préparation du Sol : Un Fondement Essentiel
La préparation du sol avant plantation poursuit deux objectifs majeurs : permettre aux racines des jeunes plants de prospecter au mieux le sol et de leur garantir un développement optimal durant la période d'installation. Il s'agit là d'un enjeu majeur, d'autant plus dans un contexte de conditions climatiques futures plus sèches. Il est donc nécessaire de mettre toutes les chances de son côté pour que les plantations réussissent.
Quand et Pourquoi Préparer le Sol ?
Il est recommandé de travailler son sol en amont de la plantation quand celui-ci est particulièrement tassé. Pourquoi préparer votre sol dès septembre/octobre alors que vous ne planterez pas avant novembre, décembre, voire même en début d'année prochaine ? Tout simplement parce que la terre n'est pas toujours prête à accueillir un arbre avec un volume racinaire conséquent et que certains types de terre ont besoin d'un petit coup de pouce pour favoriser la reprise. La plantation doit se faire sur un sol le plus meuble possible qui aura été travaillé suffisamment tôt pour permettre son tassement et éviter les poches d'air avant la mise en place des plants.
Reconnaître un Sol Tassé
Pour reconnaître un sol tassé, vous pouvez soit essayer de creuser et vous prendrez rapidement conscience de la dureté du sol, ou bien, observer les plantes bio-indicatrices présentes sur le terrain.
Préparer les trous de plantation
Les Outils Nécessaires pour la Préparation du Sol
Pour préparer quelques trous, les outils de jardin classiques suffiront : munissez-vous d'une pelle, d'une pioche et d'un peu d'huile de coude. Si vous envisagez de planter beaucoup d'arbres, il est recommandé de prévoir une mini-pelle.
Les Étapes de la Préparation du Sol
- Décaper la Surface : Commencez par retirer la pelouse en grattant simplement la surface de la terre.
- Creuser le Trou : Prévoyez un trou de 60 cm x 60 cm minimum pour un scion ou une quenouille et 80 cm x 80 cm minimum pour un sujet en demi-tige. L'arbuste doit être planté à la même profondeur qu'il l'était en pépinière. La trouaison doit être effectuée à une profondeur de 50 à 60 centimètres et faire 3 fois la taille de la motte. L'épaisseur de terre végétale doit être d'au moins 0,8 à 1 mètre avec une bonne rétention en eau et un bon drainage. Les trous de plantation ne doivent pas être trop étroits pour éviter de compresser les racines. Ils doivent être suffisamment spacieux pour permettre de poser délicatement le plant sans tordre les racines, elles doivent s'étaler et être dans leur position naturelle. De plus, les trous doivent être assez profonds pour que le collet de la plante soit au niveau du sol.
- Casser la Surface du Sol : La partie physique débute : à l'aide d'une pioche, cassez la surface de la terre sur environ 20 cm de profondeur.
- Ameublir la Terre de Profondeur : Après avoir retiré la terre de surface, ameublissez la terre de profondeur, souvent plus compacte. À l'aide d'une barre à mine, fendez la terre, cassez la dernière croûte dure sans retirer de matière. Cela permettra aux futures racines de trouver un chemin en profondeur plus facilement et à l'eau de s'écouler plus rapidement. Pour optimiser le drainage du sol, les parois peuvent être « brisées » à l'aide d'une pioche.
- Respecter l'Ordre des Couches : Replacez la terre de fond en profondeur en cassant au maximum les plus grosses mottes. Finissez par remettre la terre de surface sur le dessus. Il est important de respecter l'ordre des couches car c'est en surface que la terre est fertile.
- Former une Butte : Le trou forme ainsi une petite butte. C'est normal car la matière décompactée prend plus de place. Ne cherchez surtout pas à tasser cette « bosse », vous gâcheriez tout votre travail. Au moment de la plantation, vous n'aurez qu'à pelleter la terre et la répartir en deux tas comme précédemment.
- Améliorer le Drainage : Pour améliorer le drainage, vous pouvez recouvrir le fond du trou d'une couche de matériau drainant type gravillons ou pouzzolane sur une épaisseur de 5 à 10 cm. Si le sous-sol est imperméable, prévoyez 5 cm supplémentaires pour faire une couche de drainage plus épaisse. Si le sous-sol est vraiment compact, faites quelques trous avec une barre à mine près de la périphérie. Ces trous seront remplis du même matériau drainant, pour permettre à l'eau de s'évacuer plus facilement.
- Décompactage et Affinage : La décompaction et l'affinage en surface sont essentiels, sans mélanger les différentes couches de sol. Le labour est à proscrire au profit d'un sous-solage.
- Gestion de l'Argile : Si votre sol est argileux, faites un trou plus large et moins profond. Utilisez une fourche-bêche et ameublissez la couche du fond sans la retourner. Faites de même si le sol est difficile à défoncer : les racines apprécient d'avoir de l'aisance pour s'étaler. Si l'argile est très lourd, humide et non filtrant, prévoyez un trou beaucoup plus large. Plus le sol est lourd, plus le trou doit être large et peu profond pour ne pas créer une piscine.
- Sol Sableux : En sol sableux et léger, donc filtrant, creusez à la bêche un trou 1,5 à 2 fois plus large et profond que la motte afin que les racines puissent s'étendre aisément. Sur une bâche étendue à côté du trou, rassemblez la terre en deux tas : l'un constitué de la terre plus fertile de surface (les 30 premiers cm environ) qu'on appelle la couche arable, et qui servira en priorité pour reboucher le haut du trou ; l'autre constitué de la couche de terre inférieure (moins fertile) sera remis au fond, additionné d'un peu de terreau si la terre est lourde et assez argileuse.
L'enrichissement du Sol : Quand et Comment ?
Il est inutile d'ajouter du compost ou du fumier lors de cette préparation initiale. Le but est de faciliter le développement des futures racines en travaillant la structure du sol, mais tout apport de matière organique serait pur gaspillage à ce stade, car la terre sera de nouveau mélangée lors de la plantation. La terre ajoutée peut être décompactée à l'aide de terreau, de compost et d'engrais organique. Une fois le trou de plantation créé, mélangez votre premier tas de terre fertile avec du terreau ou du compost et remplissez le haut du trou avec ce mélange. Incorporez une bonne couche de compost à la terre de surface, ou tout simplement de l'engrais en granulés d'origine naturelle pour stimuler la vie du sol, accompagner votre plante lors de son installation et faciliter son enracinement.

Méthode Douce de Préparation du Sol : Les Engrais Verts
La préparation du sol peut parfois s'avérer physique et demande un effort. Il existe une méthode plus douce. Afin de travailler votre terrain avant plantation, vous pouvez aussi semer des plantes qui effectueront le travail de décompaction à votre place. La luzerne par exemple, le tournesol ou encore le radis chinois sont des plantes dont les racines et les pivots vont littéralement fendre la terre, créant ainsi des passages que suivront les racines de vos futurs fruitiers.
Choix des Plants et Pépiniériste
La Sélection du Pépiniériste
Nous vous conseillons de vous orienter vers un pépiniériste se trouvant à moins de 100 km autour de chez vous et si possible agréé « Végétal Local », en lui spécifiant en tout état de cause votre souhait de planter des végétaux locaux pour ne pas déséquilibrer l'écosystème.
Âge et Taille des Plants
Il est conseillé de prendre des plants âgés d'un ou deux ans qui mesurent 40 à 60 cm de haut et ont entre 3 et 4 branches. Les racines sont nues pour permettre une meilleure garantie de reprise des pousses et de manière plus vigoureuse.
Conditionnement des Plants
Les persistants (feuillus et conifères) sont plantés en motte dont la grosseur est en rapport avec celle du jeune plant. La motte doit être ferme et compacte. Les feuillus caducs peuvent être plantés en racines nues, sauf les végétaux à reprise difficile (hêtre, bouleau…).
Délai entre Réception et Plantation
Si vous ne plantez pas vos végétaux dès réception, il est important de ne pas laisser les racines nues des plants à l'air libre. Le vent et le soleil les dessèchent rapidement. Une demi-heure d'exposition des racines au soleil ou au vent retarde la reprise d'un mois ! À la veille de la plantation, tout particulièrement lors d'une plantation de printemps (de février à mai), il est recommandé d'immerger la totalité des plants dans l'eau pendant 2 à 3 jours.
Préparation Spécifique des Plants
Trempage de la Motte
Munissez-vous d'un récipient étanche plus grand que le pot et remplissez-le d'eau. Plongez le pot dans le récipient et maintenez-le dans l'eau jusqu'à ce qu'aucune bulle d'air ne sorte plus.
Démêlage et Coupe des Racines
Sortez la plante de son pot. En cas de difficulté, retournez le pot et frappez un coup sec sur le fond. Pour les plantes en gros litrage, il peut être nécessaire d'entailler le conteneur sur le côté pour dégager la motte. Une fois la plante dégagée, démêlez les racines en grattant la motte à l'aide d'une petite pelle de jardin ou d'un couteau à bout rond. Ainsi les racines ne tourneront pas en rond et vous pourrez les étaler dans le trou. La motte aura perdu sa forme initiale sans avoir complètement disparu. Il arrive que les plantes soient restées trop longtemps dans leur pot : les racines qui cherchent à s'étendre tournent alors en rond et forment une galette emmêlée appelée « chignon ». Il faut le supprimer avant la plantation pour éviter que les racines continuent de tourner. Un arbre vigoureux peut être couché net par un coup de vent, la base du tronc sectionnée au niveau du collet. C'est le résultat de la plantation d'un sujet qui avait « chignonné ».
Dans le passé, les plants étant rabattus à 50 cm du sol, nos aînés avaient pour habitude de rafraîchir, voire de couper les racines au ras du porte-greffe afin de rééquilibrer la partie aérienne de la partie racinaire. Cela avait pour objectif la croissance des racines et la diminution de la partie supérieure de l'arbre. Cette pratique facilite également la pose des filets de protection anti-rongeurs et permet de planter sans réaliser de gros trous.
Pralinage des Racines Nues
Avant de planter votre arbre ou arbuste en racines nues, trempez ces dernières dans du pralin. Le pralin est un mélange de terre, terreau ou bouse de vache et d'eau que l'on peut trouver prêt-à-l'emploi en jardinerie.
Réduction du Volume de l'Arbre pour les Régions Venteuses
Dans les régions particulièrement venteuses comme le Sud-Est de la France ou les Alpes, des déshydratations du matériel végétal avant démarrage sont régulièrement constatées. Afin de limiter ce phénomène, il est fortement conseillé de réduire le volume de l'arbre à la plantation en coupant des branches du scion à 2 ou 3 yeux et de rabattre l'axe de 30 à 50 cm.
La Plantation de l'Arbre
Positionnement du Plant
Installez votre plante dans le trou en étalant ses racines au maximum. Pour un arbre en motte, déposez d'abord l'arbre dans le trou puis coupez la toile ou le grillage ainsi que la corde autour du tronc. Si la toile est biodégradable, étalez l'emballage au fond du trou. Allégez maintenant si besoin la couche inférieure de votre terre déposée sur la bâche en lui ajoutant de la pouzzolane.
Niveau du Collet et Point de Greffe
Le collet (point de jonction entre les racines et le tronc) doit se situer à minimum 5 centimètres au-dessus du niveau du sol (utilisez le manche de votre bêche pour vérifier) : si vous l'enterrez, l'arbre risque de pourrir et de mourir. Attention au point de greffe : il délimite la frontière entre le porte-greffe (les racines), qui détermine la vigueur et l'adaptation de la plante au sol, et le greffon (aérien) qui porte les caractères de la variété. Si le point de greffe est enterré, le greffon peut émettre des racines et s'affranchir de son porte-greffe.
Remplissage et Tassement
Si votre trou de plantation n'est pas totalement rempli, finissez de le reboucher avec la terre enrichie améliorée en vous assurant que le tronc de l'arbre reste bien vertical. Tassez la terre fermement, de préférence avec les mains pour ne pas trop la compacter. Au moment de combler le trou et de recouvrir le sol, nous vous conseillons de disposer la terre en cuvette autour du pied pour optimiser l'arrosage et éviter le ruissellement.

Arrosage Initial et Suivi
Arrosage Massif Post-Plantation
Le lendemain de la plantation, il est important de réaliser un apport massif d'eau (5 à 10 litres par arbre) pour coller la terre fine aux racines et éviter ainsi toute poche d'air, source de non reprise par déshydratation, accumulation d'eau et asphyxie racinaire. Cet apport d'eau n'est pas nuisible aux plants car les nouvelles radicelles n'ont pas encore été émises ; il n'y a donc pas de risque d'asphyxie à ce moment précis.
Versez deux arrosoirs d'eau, pour que la terre adhère bien aux racines, même par temps humide (compter environ 5 litres d'eau par 20 cm de hauteur).
Fréquence et Méthodes d'Arrosage
Dès la fin de l'hiver, veillez à arroser régulièrement vos nouvelles plantations, au moins une fois par semaine jusqu'à l'automne suivant. Surveillez leurs besoins l'été suivant (surtout pour les arbres). Il faut apporter une quantité suffisante d'eau dès le début de la saison végétative, afin de garder le sol le plus frais possible au niveau des racines, sans toutefois créer de manque ou d'asphyxie, les toutes petites radicelles étant très sensibles aux conditions extrêmes. Ces petites radicelles sont essentielles, car elles assurent le début de l'alimentation du plant afin de lui assurer son autonomie. Mais pour commencer à être actives et pomper la solution du sol, elles ont besoin d'air, naturellement présent dans les interstices du sol. Si l'apport massif d'eau se fait sur une période trop longue, l'eau chasse l'air des petits interstices, créant une asphyxie des jeunes racines. La réaction physiologique de la plante dans ce cas est très reconnaissable : le feuillage se fane puis noircit de la périphérie vers le centre. Les feuilles sèchent et restent sur l'arbre (pas ou peu de chute de feuille).
L'aspersion, qui assure une bonne répartition de l'eau sur la surface, est une très bonne méthode. Le sol peut emmagasiner un certain volume d'eau et jouer un effet tampon en créant une inertie très favorable. Le goutte-à-goutte est intéressant également si la quantité linéaire de goutteurs permet une irrigation homogène au pied des jeunes plants. Il faut donc bien positionner le goutteur vis-à-vis du plant. Afin d'optimiser l'efficacité, nous recommandons l'utilisation de goutteurs à faible débit, espacés de 40 à 60 cm maximum. Les fréquences d'arrosage doivent être courtes mais répétées. L'irrigation gravitaire n'est pas la meilleure méthode car elle est souvent utilisée avec une fréquence de 10 à 15 jours. Celle-ci crée dans un premier temps une situation d'asphyxie des racines puis assez rapidement un état de sécheresse.
Suivi de l'État Hydrique
Le matériel qui mesure l'état hydrique du sol (sondes) est une aide précieuse pour décider d'une irrigation. Il en est de même pour le matériel qui détecte les mouvements de croissance et de décroissance du diamètre du tronc (ex Pepista®). Ces mouvements reflètent le bien-être ou le stress hydrique du végétal. Associés à des capteurs hydriques, et à un suivi de la pluviométrie, la gestion de l'irrigation peut être très précise et doit in fine, créer de réelles économies et améliorer la production en terme de qualité de coloration et de potentiel agronomique. Apprenez à repérer les signes de manque d'eau sur une plante avant que les dégâts apparaissent.
Paillage : Une Protection Indispensable
Une fois le plan installé, le paillage est essentiel pendant les deux à trois premières années pour un développement optimal. Le paillage permet d'éviter la repousse des herbes et conserve l'humidité du sol en évitant l'évaporation. Le paillage doit être impérativement naturel et biodégradable : broyats ou copeaux de bois (15 cm sur 1m², soit 100L par plant), paille - humide de préférence afin d'éviter qu'elle ne s'envole (20 cm sur 1m²), films biodégradables (exemple en amidon de maïs ou en chanvre), paille de lin, feuilles mortes. Composé de matières organiques (copeaux, paille, gazon), le paillage limite la végétation concurrente et le phénomène de battance lié à la pluie.
Attention, au paillage avec de l'écorce et des épines de résineux qui ont tendance à acidifier le sol, et bien sûr ne pas utiliser de bâche PVC. Si vous tondez des petites zones de votre terrain, vous pouvez placer vos résidus de tonte en fine couche directement au pied des arbustes. L'agriculteur doit vérifier qu'il y ait encore suffisamment de paillage et le compléter si besoin.

Protection du Jeune Plant
Dans ses premières années, le plant est soumis aux différents aléas de son environnement : qu'ils soient climatiques ou d'origine animale. Si votre plant est à la portée des lapins, chevreuils ou lièvres, il sera nécessaire de protéger vos jeunes pieds avec, par exemple, des manchons de protection en papier biodégradable. La gaine de protection agroforestière est idéale pour protéger contre les dégâts de gibier et des animaux du bétail. Elle apporte également un peu d'ombre en été. Il ne faut ni tube rigide (type drain), ni lien dur.
Tuteurage
Tuteurez les plantes en tige : Posez un tuteur en biais, face au vent dominant, si votre plante est en tige afin de ne pas rompre ses jeunes racines à la moindre brise. Fixer l'arbre au tuteur avec un lien adapté pour ne pas blesser l'écorce. Les tuteurs doivent rester en place deux à trois ans, afin de laisser à l'arbre le temps de bien s'ancrer au sol. Le piquet d'1m50, de préférence en acacia ou châtaigner, devra être planté avant la mise en place du plant afin de ne pas l'endommager lors de son enfoncement.
Taille de Formation et d'Entretien
Taille à la Plantation
La taille des arbres et arbustes en conteneurs n'est pas obligatoire à la plantation. Néanmoins, si la plante est trop touffue, vous pouvez supprimer quelques rameaux situés à l'intérieur, en les coupant le plus près possible des branches dont ils sont issus. Supprimez les branches trop petites, mal orientées ou parallèles à d'autres. Pour les plantes en racines nues, équilibrez seulement la longueur des racines en coupant les plus longues et raccourcissez celles qui auraient pu être blessées. Veillez à ce que la quantité de racines soit équilibrée par rapport à la ramure. Si besoin, raccourcissez certaines branches.
Taille de Formation
La taille de formation se pratique sur les jeunes arbres pour leur donner une forme harmonieuse. Supprimez les branches trop petites, mal orientées ou parallèles à une autre, pour ne privilégier que les charpentières (les plus grosses) et les branches secondaires. Accompagner la croissance et la formation de l'arbre en réalisant des tailles de formation les premières années, puis tailler régulièrement pour donner forme à la haie et contenir l'arbre à sa place dans le système agro-forestier.
Taille des Haies
Il vaut mieux ne pas tailler les arbustes lors de la création d'une haie : un feuillage abondant favorisera leur enracinement. Vous devrez en revanche rabattre chaque pied plus ou moins sévèrement l'année suivante, afin de stimuler la ramification à la base.
Taille de Transparence
Pour pratiquer une taille de transparence, la technique consiste à tailler la ramure à partir de l'intérieur de l'arbre ou de l'arbuste en préservant la silhouette extérieure, à l'inverse des autres types de taille. La plante, ainsi sculptée minutieusement est respectée, tout en allégeant et structurant sa silhouette. Cette taille en transparence permet, outre son aspect très esthétique et naturel, de préserver une vigueur juvénile aux arbres et arbustes en augmentant leur robustesse et leur résistance aux maladies. La lumière et la pluie qui parviennent plus facilement au sol permettent d'installer et de préserver une grande diversité botanique.
Entretien Général
Dans la mesure du possible, nous vous conseillons de laisser évoluer vos arbres librement : le mieux est de ne rien faire car toute taille est une agression qui fragilise l'arbre ! Néanmoins une taille est parfois nécessaire au bout de plusieurs années, notamment pour les plantations de voisinage ou proches des voiries. Pour cela, la taille devra toujours se faire en dehors de la période de reproduction des oiseaux (qui a lieu d'avril à fin juillet), au risque de perturber ou de détruire les nichées d'oiseaux.
Considérations Écologiques et Réglementaires
Choix de l'Emplacement
L'emplacement de l'arbre doit être choisi en fonction de son étalement et de sa taille définitive. Afin d'assurer un espace ensoleillé favorable au développement de l'arbre, il est préférable d'établir un emplacement situé à plus de 2 mètres des bâtiments. Sélectionnez l'endroit parfait pour installer votre nouvelle plante. Aidez-vous des indications fournies sur son étiquette, notamment en matière d'exposition. Même si la plupart des végétaux apprécient le soleil, certains arbustes se plaisent beaucoup à la mi-ombre.
Réglementation
En limite de propriété, vérifiez que vous respectez la réglementation départementale ou communale concernant les distances de plantation de voisinage. Veillez également à vérifier auprès de votre mairie que l'emplacement choisi est compatible avec le PLU (Plan Local d'Urbanisme) et qu'il n'est pas menacé par un projet d'utilité publique.
Présence d'Espèces d'Intérêt Écologique
En milieu (semi) naturel, assurez-vous que le site ne présente pas un intérêt botanique que la plantation mettrait en danger : c'est le cas des pelouses calcaires dont la flore originale (orchidées…) se développe sur les terrains à roche quasi-apparente (calcaire ou sable) ou encore les landes à bruyères. Au sein d'un même cortège d'espèces, les essences indigènes, menacées ou rares sont idéales afin de compléter l'écosystème existant. En l'occurrence, planter des espèces de Pin de Salzmann, de chêne liège, ou d'Alisier de Fontainebleau peut être un acte de conservation et de migration assistée. En outre, certaines essences méditerranéennes s'acclimateront mieux sur des territoires plus au Nord ou en altitude. Le chêne pédonculé joue un rôle majeur dans l'accueil de la faune et la flore, se démarquant ainsi d'autres espèces indigènes par ce fort potentiel d'accueil.
Adaptation au Climat Régional
Prendre en compte le climat régional (dans un contexte de hausse des températures) et les caractéristiques du sol pour assurer le bon développement et la croissance des végétaux. Certaines essences sont moins résistantes que d'autres aux sécheresses ou aux aléas biotiques. Un phénomène illustré par le peuplement de Monchique au Portugal, où l'eucalyptus joue en défaveur de son environnement et des communautés locales. Introduite en masse dans les années 1950 afin de lutter contre l'érosion des sols, cette espèce invasive hautement inflammable couvre aujourd'hui un quart du pays et nourrit le risque d'incendies.
Les Bénéfices de la Plantation d'Arbres
L'arbre est un organisme vivant qui crée sa propre matière organique sous l'action du soleil. L'arbre stocke le carbone de l'air et participe à lutter contre les changements climatiques. Ses racines favorisent l'infiltration de l'eau de pluie alors que le tronc et le houppier accueillent une riche biodiversité (oiseaux, insectes…).
Protection des Écosystèmes
La plantation d'arbres contribue à la protection des écosystèmes existants. Ils permettent de protéger les territoires environnants des aléas naturels tels que le vent, les inondations ou les glissements de terrain.
Réduction des Émissions Carbone
Grâce à son rôle de puits de carbone, l'arbre stocke le CO2 dans le bois et dans les sols, contribuant ainsi à réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Favoriser la Biodiversité
Refuge pour la biodiversité, il favorise également le développement naturel de son écosystème.
Cas Particuliers de Plantation
Planter un Rosier
Pour les rosiers achetés en racines nues, il faut maintenir ces dernières humides et les praliner avant la plantation.
Planter une Grimpante
Choisissez un support en fonction de votre plante : en effet, toutes les plantes ne sont pas capables de s'agripper seules ; elles devront alors être attachées - palissées. D'autres comme les glycines peuvent provoquer la déformation de leur support. Dans ce cas, il faudra choisir un support massif. Creusez un trou de 50 cm de côté et de profondeur, à 20 cm de distance du mur ou de la clôture. Épandez un lit de gravillons ou de pouzzolane pour favoriser le drainage, puis une couche de terre arable mélangée à une moitié de terreau. Inclinez légèrement la motte dans le trou pour la diriger vers son support. Rebouchez le trou, enlevez toutes les attaches, et séparez bien les branches en les palissant harmonieusement sur leur support.
Une Grimpante Particulière : La Clématite
Creusez un trou et faites un monticule au fond en créant une pente pour soutenir la motte qui doit être couchée en biais, les racines orientées à l'opposé du mur. Ramenez doucement les tiges, très fragiles (elles se cassent facilement), à la verticale le long du support. Finissez de remplir le trou avec le mélange terre/terreau. Ne faites pas de cuvette d'arrosage, mais un dôme au pied des tiges pour éviter la stagnation de l'eau, ce que les clématites redoutent plus que tout. Arrosez sans excès, à côté des tiges (jamais directement dessus). Recouvrez d'une couche de paillis sur 10 cm. Trop d'eau après la plantation peut compromettre la reprise. Protégez sa base du soleil et de l'eau avec une tuile. La clématite gagne à être enterrée au-dessus du collet.

Planter des Bambous
Choisissez d'abord le type de bambous que vous souhaitez planter :
- Les bambous « traçants » : leurs rhizomes (tiges et bourgeons souterrains) colonisent facilement la surface. Utilisez-les donc en connaissance de cause. Si vous voulez les maîtriser, limitez leur développement en installant une barrière anti-rhizomes. L'idéal est d'utiliser un film professionnel en polypropylène semi-rigide de 70 cm de hauteur, que vous enterrerez autour de la motte des bambous. Inclinez le film vers l'extérieur pour que les rhizomes remontent. Vous pourrez ainsi les couper plus facilement. Si vous ne souhaitez pas investir dans du film professionnel, creusez une tranchée de 20 à 25 cm de profondeur marquant la limite que vos bambous ne doivent pas dépasser. Cela vous permettra de repérer et couper facilement tout rhizome aventureux, une fois par an vers la fin du printemps.
- Les bambous « cespiteux » (comme les Fargesia) : leurs racines forment une touffe qui s'étale très peu.
Planter des Arbustes Acidophiles Dits de Terre de Bruyère
Assurez-vous au préalable que votre sol offre des conditions favorables à ce type de plantes : elles exigent un sol acide pour prospérer. Vous pouvez utiliser un kit du commerce qui vous renseignera rapidement sur la qualité de votre sol. Si vous habitez une région où les sols sont naturellement acides ou neutres, incorporez de la terre de bruyère. Le sol peut également être légèrement enrichi de fumier déshydraté (maximum 500 g / m2). Si vous habitez une région où le sol est à tendance calcaire, installez plutôt vos plantes acidophiles dans une belle poterie. Regroupez vos plantes de terre de bruyère en massifs pour favoriser l'effet d'écosystème et simplifier votre travail. L'impact visuel sera décuplé lors des floraisons. Le pH mesure l'acidité ou la basicité (alcalinité) d'une solution. Une solution à pH = 7 est dite neutre. Une solution à pH < 7 est dite acide ; plus son pH s'éloigne de 7 vers 0, plus elle est acide.
Faire Appel à des Professionnels
N'hésitez pas à faire appel aux professionnels pour vos plantations forestières, de haies agricoles ou d'arbres fruitiers : gestionnaires forestiers, conseillers forestiers d'organismes de développement forestiers, entreprises de travaux sylvicoles pour les plantations forestières ou de haies, conseillers en agroforesterie, Chambres d'agriculture ou associations d'arboriculteurs. Ainsi, ce sont 21 organisations professionnelles et interprofessionnelles de la filière forêt-bois, couvrant toute la chaîne de valeur, qui s'engagent ensemble à développer les projets structurants de ce nouveau contrat pour s'adapter collectivement aux défis du secteur et faire progresser leurs contributions. Le défrichement demande de l'expérience, du temps et de la patience. Si vous voulez profiter d'un jardin sublime sans effort, confiez votre projet à un expert. Les spécialistes du réseau Daniel Moquet se chargent de transformer votre extérieur en une oasis de verdure.