L’avantage du gazon en ville : un atout écologique et social au cœur de l’urbanisation

Le changement climatique et nos modes de vie évoluent, ce qui influence fortement le choix des plantes dans nos espaces verts. Nous recherchons des végétaux nécessitant moins d'entretien et mieux adaptés aux nouvelles conditions climatiques, tout en conservant un bel aspect esthétique toute l'année. Dans ce contexte, la question de choisir entre gazon naturel et gazon synthétique se pose de plus en plus.

Vue panoramique d'un parc urbain verdoyant contrastant avec l'architecture bétonnée d'une ville moderne

Une sélection variétale sans relâche pour des performances accrues

Derrière une semence de gazon, il y a près de cent heures de travail ! Pour créer une nouvelle variété il faut 10 ans minimum. Ainsi, les variétés d’il y a 20 ans n’ont plus rien à voir avec les variétés actuelles. Les variétés actuelles de gazon sont plus esthétiques qu'auparavant, avec des feuilles plus fines et une densité accrue. À l'ère du 0 phyto, cette densité est cruciale car un gazon dense réduit la croissance des mauvaises herbes. La résistance à la sécheresse et aux maladies a également été grandement améliorée. Par exemple, les fétuques élevées possèdent un système racinaire puissant, les rendant très tolérantes à la sécheresse, tandis que les ray-grass tétraploïdes offrent une tolérance exceptionnelle à la sécheresse et aux maladies grâce à leurs capacités uniques.

Le gazon : un poumon naturel et un puits de carbone

La photosynthèse est le processus biologique des plantes qui leur permet de synthétiser leur énergie à partir de la lumière en absorbant le carbone de l’air et en y rejetant de l’oxygène. Autrement dit, via le processus de photosynthèse, les plantes agissent comme de véritables poumons naturels. Par sa petite taille, le gazon n’est pas à négliger ! Pour évaluer précisément la capacité de captation du carbone par le gazon, nous avons réalisé une étude approfondie. Les résultats montrent que les gazons sont de véritables puits de carbone. Le gazon séquestre une grande quantité de carbone dans ses racines et, en contrepartie, libère une quantité équivalente d’oxygène dans l’atmosphère.

Schéma illustrant le cycle de la photosynthèse au sein d'une pelouse urbaine

Un filtre naturel pour la gestion des eaux pluviales

Les eaux de ruissellement en milieu urbain posent un véritable problème. Lorsqu'il pleut, les gouttes d'eau coulent sur les surfaces artificielles, emportant avec elles diverses substances polluantes. Lorsque ces eaux polluées atteignent une surface engazonnée, les racines du gazon agissent comme un filtre, améliorant la qualité de l'eau. Comme la pelouse a une grande densité de pousses d’herbe et une quantité de racines impressionnante, elle permet d’empêcher l’érosion des sols causée par l’eau et les vents.

La lutte contre les îlots de chaleur : la climatisation naturelle

Les étés sont de plus en plus suffoquants avec des records de chaleur battus presque chaque année. Les villes deviennent alors de véritables saunas, on parle d’îlots de chaleur. Les surfaces artificielles sont composées de matériaux qui vont retenir la chaleur, qui sera libérée la nuit ne permettant pas aux températures de baisser facilement. Au contraire, les surfaces végétales reflètent les rayons du soleil et donc n’accumulent pas de chaleur. De plus, les plantes transpirent permettant de relâcher de l’eau dans l’atmosphère. Ces deux facteurs combinés font que les plantes rafraîchissent naturellement l’air. La pelouse est un régulateur thermique naturel qui permet de catalyser la chaleur ambiante pour rafraîchir l’atmosphère. Durant les canicules en milieu urbain, les zones asphaltées créent des îlots de chaleur intense. Lorsqu’elle transpire, un phénomène nommé évapotranspiration, la pelouse (comme les autres végétaux et les arbres) contribue à diminuer les îlots de chaleur (abaissement de la température ambiante jusqu’à 14 °C comparativement aux zones pavées et jusqu’à 39 °C comparativement au gazon synthétique).

Gazon naturel contre gazon synthétique : le choix de la durabilité

Pas d'entretien, pas d'arrosage, vert toute l'année ; voici les qualités qui sont souvent mises en avant pour le choix du gazon synthétique. Une étude réalisée par l'université de Barcelone a prouvé que les gazons synthétiques ont une grosse part de responsabilité dans la pollution aux microplastiques des eaux de la ville. A contrario, le gazon naturel contribue à la biodiversité en garantissant un refuge pour la petite faune comme les vers de terre mais aussi aux micro-organismes du sol. Même lorsqu’elle est composée de graminées à 100 %, la pelouse participe à la biodiversité en abritant des milliers de micro-organismes, de champignons, d’insectes, de petits animaux et de plantes qui ne se retrouvent pas nécessairement dans d’autres écosystèmes. Les surfaces artificielles sont souvent choisies dans les contextes de sécheresse mais elles contribuent en réalité à éloigner les pluies et assécher l'air. Privilégier le semis du gazon à toute surface artificielle c’est faire le choix d’une surface plus durable, plus pérenne et plus respectueuse de l’environnement.

Couleur de gazon synthétique : comparatif en plein soleil pour un rendu réaliste

Bien-être et apaisement en milieu urbain

Comme elle a la capacité d’absorber les sons, la pelouse permet de limiter le bruit et les nuisances sonores de la ville. Cette atténuation du bruit ambiant est un facteur d’apaisement qui permet à notre système nerveux de se détendre afin d’abaisser notre niveau de stress et d’anxiété quotidien. Une surface gazonnée offre la sécurité à ceux qui s’y promènent et y jouent. Marcher pieds nus sur une pelouse est un vrai plaisir et des études ont prouvé que cela redynamise l’organisme, en particulier en début de matinée quand l’herbe est encore fraîche ; les enfants profitent de cet espace où les jeux sont permis. Des études ont montré que la présence d’espaces verts à proximité des lieux de résidence peut augmenter le sentiment de bien-être des habitants jusqu’à 30% et réduire le stress lié à la vie urbaine.

Stratégies d'aménagement : pelouses, prairies et gestion différenciée

Dans les grands espaces engazonnés, on peut pratiquer la gestion différenciée qui permet par exemple de conserver une petite superficie de pelouse près de la maison, et de transformer le reste en prairie. Entretenir la pelouse demandera ainsi moins de temps. La richesse des prairies fleuries est exceptionnelle. On compte entre 35 et 60 espèces de plantes différentes selon la nature du sol. Face à nos gazons composés de quelques graminées, la prairie fleurie sort grande championne de la biodiversité. Selon l’espace dont vous disposez, vous pourrez fleurir des bordures, de petits espaces marginaux ou des îlots colorés au cœur de votre gazon.

Techniques de mise en place : semis ou rouleaux ?

Dans le cas d’un semis, la préparation du terrain conditionne l’aspect final de la pelouse. Plus la terre est fine, plus la pelouse sera homogène. Cassez les mottes avec une griffe et égalisez la surface avec un râteau. Semez les graines régulièrement sur toute la surface en effectuant deux passages croisés. Quant au gazon en rouleau, il émerge comme une solution innovante et pratique pour verdir rapidement les espaces urbains. L’un des principaux atouts du gazon en rouleau réside dans sa rapidité d’installation. Contrairement aux méthodes traditionnelles de semis qui peuvent prendre plusieurs mois pour obtenir un gazon dense et uniforme, le gazon en rouleau offre des résultats quasi instantanés. Le gazon en rouleau est généralement cultivé dans des conditions optimales, ce qui lui confère une robustesse et une résistance supérieures dès son installation.

L'avenir des gazons urbains : vers des solutions intelligentes

L’avenir du gazon pour les jardins futuristes réside dans le développement de mélanges d’herbes encore plus adaptés aux défis urbains. Une tendance émergente est l’inclusion d’espèces de plantes indigènes dans les mélanges de gazon, créant des « prairies urbaines » qui soutiennent mieux la biodiversité locale. L’avenir passe également par l’intégration de technologies connectées pour un entretien plus intelligent et efficace. Des capteurs intégrés dans le gazon pourront mesurer en temps réel l’humidité du sol, les niveaux de nutriments et la santé globale. Cette approche « smart » de l’entretien permettra non seulement d’optimiser l’utilisation des ressources, mais aussi de prévenir les problèmes avant qu’ils ne deviennent visibles. Avec des innovations comme le micro-trèfle, qui produit son propre engrais azoté, ou des variétés ultra-résistantes, le gazon continue d'évoluer pour répondre aux impératifs de durabilité des villes de demain tout en garantissant un cadre de vie sain et agréable pour tous les citoyens.

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