La ville de Lille, riche d'une tradition remontant au XVIIe siècle, abrite des trésors botaniques qui témoignent de l'importance de la science végétale dans le paysage urbain et académique. Parmi ces espaces, le Jardin des Plantes, situé dans le quartier Moulins, et le jardin botanique de la faculté de pharmacie (UFR3S-Pharmacie) constituent des pôles majeurs de connaissance et de biodiversité. Ces espaces ne sont pas seulement des lieux de promenade, mais de véritables laboratoires à ciel ouvert où se croisent recherche, enseignement et sensibilisation du public.

Le Jardin Botanique de l’UFR3S-Pharmacie : Un outil pédagogique de précision
L'ensemble des espaces verts paysagers de l’UFR3S-Pharmacie couvre plus de deux hectares avec de nombreuses haies champêtres, une vaste pelouse, des zones à l’anglaise autour des bâtiments et trois zones spécialement dévolues aux collections vivantes comportant près d’un millier d’espèces végétales. S'inscrivant dans une longue tradition remontant au XVIIe siècle, notre jardin a été créé en même temps que la nouvelle implantation de la faculté de pharmacie en 1970.
Dans les facultés de pharmacie françaises, l'enseignement de la botanique systématique tient une place importante : plus de la moitié des molécules actuelles des médicaments sont issues ou inspirées de modèles végétaux. Aussi, il est important que les étudiants puissent reconnaître les familles de plantes médicinales, toxiques, ou à l'origine de synthèses de molécules. Ce jardin est naturellement piloté par les enseignants-chercheurs du département de botanique et de matière médicale, depuis l'origine.
Au départ, ce jardin fonctionnait uniquement sur le bénévolat mais depuis 1994, grâce à l'embauche d'un jardinier affecté aux collections, ces dernières se sont étendues et la gestion et l'étiquetage ont été refaits et complétés. En même temps, des crédits « valorisation des collections universitaires » attribués par le ministère de la recherche ont permis aussi la réfection et l'équipement de la serre tropicale et l'aménagement d'une nouvelle salle pour les herbiers.
L'Arboretum : Mémoire vivante des essences
Constitué à partir de 1984, l’arboretum comporte une quarantaine d’essences remarquables par leur originalité, leur rareté ou leur beauté. L'ensemble des espaces verts paysagers de la faculté couvre plus de deux hectares avec de nombreuses haies champêtres, une vaste pelouse, des zones à l'anglaise autour des bâtiments et trois zones spécialement dévolues aux collections vivantes comportant près d'un millier d'espèces végétales : l'arboretum rassemble depuis 1985 plus de 80 essences remarquables.
On peut ainsi observer côte à côte les deux parents du platane commun de nos avenues : un platane d’Amérique (Platanus occidentalis) et un platane d’Orient (Platanus orientalis), un chêne liège (Quercus suber), un des seuls plantés dans la région, un érable à écorce de cannelle au tronc remarquable (Acer griseum), un aulne impérial (Alnus glutinosa ‘Laciniata’), un frêne à fleurs (Fraxinus ornus), qui se ressèment un peu partout, un tulipier (Liriodendron tulipifera) et un beau spécimen d’alisier blanc (Sorbus aria ‘Majestica’).

Les structures de recherche et d'acclimatation
Actuellement, l'espace est utilisé pour : les semis ; l’élevage des jeunes plantes nouvellement introduites ; l’hivernage des plantes à massifs ; la recherche sur l’effet des polluants sur les plantes cultivées ; la présentation géographique des espèces tropicales et subtropicales comprenant notamment l’oiseau de paradis (Strelitzia reginae), le lantanier (Lantana camara) et de nombreuses espèces de plantes grasses (crassulacées, euphorbes).
La serre tempérée de 120m² réunit des plantes tropicales et subtropicales choisies pour leur floraisons hivernales ou pour leur utilité pour l'homme (médicinales, plantes à parfums etc.). Sébastien Sadaune vous y fera sentir l'odeur du camphrier, de la sauge-cassis ou de la sauge-ananas et vous racontera de nombreuses anecdotes sur les plantes en général.
L'École de Botanique : Un système de classification rigoureux
L'école de botanique est un espace clos de 5000 m² où plusieurs centaines d'espèces sont présentées selon différents thèmes :
- Par familles, classées selon la nouvelle systématique moléculaire suivie par les étudiants en pharmacie et par l' « Abrégé de botanique : systématique moléculaire » de J.-L. Guignard et F. Dupont, préface de J.-M. Pelt.
- Pour leurs utilisations médicinales ou leurs propriétés toxiques ou bioindicatrices.
Le jardin botanique de la faculté est, avec le jardin Nicolas Boulay (Université catholique) et le jardin des plantes de la ville de Lille, l'un des trois jardins botaniques de la métropole.
Le Jardin des Plantes : Un espace public ouvert à tous
Situé dans le quartier Moulins, le Jardin des Plantes propose une grande diversité de milieux et de végétaux : parcours des arbres remarquables, carrés botaniques, belles perspectives et grandes pelouses en font un exceptionnel lieu de promenade pour les curieux. Le Jardin des Plantes est un jardin botanique et un parc d'agrément.
Mais aussi, découvrez les plantes médicinales grâce à l'application Smart'Flore ! Cet été, découvrez les plantes médicinales des "carrés botaniques" à travers des visites libres et thématiques grâce à l'application gratuite Smart' Flore (disponible sur Android). Smart'Flore est une application de découverte de la botanique sur le terrain.

La valorisation de ces espaces, qu'ils soient strictement universitaires ou ouverts au public, repose sur une volonté constante de transmettre le savoir. Que ce soit par l'étiquetage rigoureux des collections, l'usage d'applications mobiles innovantes comme Smart'Flore, ou les visites commentées, ces jardins jouent un rôle crucial dans le maintien de la culture botanique au sein de la métropole lilloise. La diversité des milieux proposés - de la serre tempérée aux vastes pelouses - permet une immersion totale dans la complexité du règne végétal, tout en offrant un poumon vert indispensable à l'équilibre urbain. Chaque strate, de l'arboretum à l'école de botanique, est pensée pour répondre aux besoins de la recherche scientifique tout en restant accessible à la curiosité des visiteurs, garantissant ainsi la pérennité de cet héritage végétal exceptionnel.