L'entretien d'un espace vert est souvent perçu comme une lutte constante contre les éléments, et au cœur de cette bataille se trouve une plante qui divise autant qu'elle fascine : le chiendent. Plus précisément, le Cynodon dactylon, connu sous le nom commun d'herbe des Bermudes ou chiendent pied de poule. Pour beaucoup, cette graminée est une peste tenace, mais pour d'autres, elle représente la solution ultime pour une pelouse écologique, robuste et facile à vivre. Comprendre cette plante, c'est passer de la frustration à la maîtrise de son jardin.

Qu'est-ce que le Cynodon dactylon ?
Le Cynodon dactylon est une plante herbacée traçante originaire des savanes africaines faisant partie de la vaste famille des Poacées (graminées). De croissance rapide, l'herbe des Bermudes peut couvrir une surface de plus d'1m² chaque année grâce à ses racines rhizomateuses traçantes. Son nom de chiendent pied de poule vient de ses 3 à 7 épillets qui partent d'un même point pour s'écarter comme le pied d'une poule.
Le chiendent pied de poule (Cynodon dactylon), appelé aussi pelouse tropicale, gros chiendent ou herbe des Bermudes, est une graminée vivace originaire des régions tropicales, qui résiste à un froid de -15°C tout en supportant un climat chaud et sec. Ce gros chiendent se distingue du redoutable chiendent (Agropyron repens syn. Elymus repens), cette adventice diurétique que tout jardinier cherche à éradiquer de son potager. Son port se veut compact et dense avec des feuilles persistantes, fines et robustes, d'un vert franc jaunissant en hiver, durant sa période de dormance.
Les avantages d'une pelouse au chiendent
Le choix de cette plante est préconisé pour former des pelouses dans les régions méditerranéennes ou tropicales sèches. Résistante à la sécheresse et à la chaleur, elle est également rustique jusqu'à -15°C ; cependant, elle a tendance à jaunir en hiver s'il fait trop froid. Cette plante atteignant 10 cm de hauteur présente un feuillage dense vert franc. Parfaite pour réaliser, en alternative au gazon, des pelouses écologiques ne nécessitant que des arrosages ponctuels et très peu d'engrais, elle peut être piétinée et donc être utilisée dans les allées, les zones passantes ou accueillir un terrain sportif, dédié aux jeux ou aux animaux.
Choisir le chiendent pied de poule pour un gazon rustique permet d'avoir une étendue herbeuse verte et douce tout l'été, sans besoin d'arroser et sans avoir à tondre fréquemment puisque sa croissance est lente. Beaucoup s'accordent à dire : « Et puis c'est sympa le chiendent, ça reste vert l'été sans arroser ! ». Sa faculté d'adaptation à la majorité des sols et des terrains en font une plante quelque peu envahissante dont il est très difficile de se défaire d'autant que sa multiplication se fait par semis spontanés mais aussi et surtout par ses racines très expansives.
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Conditions de culture et implantation
Cynodon dactylon apprécie le plein soleil. Cette plante n'est pas difficile quant à la nature du sol pourvu qu'il ne demeure pas humide constamment. Elle peut pousser dans absolument tous les sols, au soleil de préférence, bien qu'elle préfère les sols neutres à basiques.
Le semis du gazon se fait au printemps, entre avril et juin. Semez les graines en avril/mai après avoir débarrassé le sol des herbes folles, l'avoir aéré avec une grelinette et ratissé. Semez environ 15g/m² à la volée en passages croisés. Pratiquez un semis à la volée, en croisant les passages, des graines de Cynodon dactylon dans une terre bien préparée, ratissée, à raison de 10 à 15 grammes par m². Ensuite, un griffage de surface ou un ratissage permettra aux graines d'être enfouie quelque peu. Puis, il faudra passer le rouleau pour tasser et enfin arroser en pluie fine jusqu'à ce que le chiendent pied de poule ait bien levé, soit environ 3 semaines.
Entretien et gestion de la croissance
Cynodon dactylon peut supporter la sécheresse une fois bien implanté. Cependant, la première année, arrosez une fois par semaine en été pour obtenir une belle pelouse bien verte. Ensuite, laissez faire la nature ! Inutile de fertiliser le chiendent avec excès comme on le ferait pour une autre pelouse.
Tondez régulièrement au début de la mise en place pour favoriser la ramification de la plante. Après le semis, une première tonte s'impose dès que l'herbe des Bermudes atteint 10cm, en réglant la tondeuse sur un niveau assez haut, le but étant surtout de favoriser la ramification pour obtenir un effet couvrant rapidement. Ensuite, les opérations de tonte pourront être espacées (tous les mois en saison). Après la dernière tonte en automne, laissez le mulch se décomposer sur place pour nourrir votre pelouse et la protéger du froid.

La gestion de l'invasion : mythes et réalités
Il n'existe aucune solution miracle. Le chiendent est invasif, presque indestructible, et est la peste des jardiniers. Le problème réside dans ses rhizomes : « Tu ne vas aimer ma réponse Lauriane et j'en suis navrée mais on ne se débarrasse jamais du chiendent c'est un rhyzome et dès que tu arraches un morceau il repousse alors contre mauvaise fortune… ».
Monty Don insiste : « Elle est assez cassante. Si vous laissez le moindre morceau en terre, il va se reproduire. Essayons donc d'en retirer autant que possible et de le brûler. Ne le mettez pas sur le tas de compost ». Une tonte avant la floraison permettra de limiter les dégâts et la pose de barrières anti-rhizomes enterrées sera un plus pour contenir cette pelouse un peu particulière dans une zone bien spécifique.
Distinguer le chiendent de la digitaire
La digitaire et le chiendent sont deux types de plantes graminées qui sont souvent confondus, mais qui sont en fait différents. Bien qu’ils soient tous deux des plantes annuelles qui se propagent par semis et l’enracinement des tiges aux nœuds, leur comportement et leur apparence sont distincts.
Le chiendent est une plante très commune et tenace qui produit habituellement de 25 à 40 graines sur chaque tige. Ces graines sont groupées dans des épis verts ou bleu-vert qui peuvent mesurer de 5 à 30 cm de long. Le chiendent pousse généralement en plein soleil et aime les températures élevées. Il disparaît à la fin de l’année, mais pas avant d’avoir répandu des milliers de graines qui commenceront à pousser au printemps suivant. La digitaire, en revanche, est une plante qui s’étend à partir d’une racine centrale sur une partie faible et sèche du sol.
Stratégies de contrôle à long terme
Pour prévenir la croissance de ces plantes dans votre pelouse, il est recommandé d’adopter un programme de fertilisation pour maintenir une pelouse dense et en bonne santé, ainsi que de ne pas tondre la pelouse trop courte (minimum de 3 à 3 1/2 pouces). Il n’y a pas d’herbicide conventionnel qui puisse contrôler le chiendent ou la digitaire, mais l’arrachage manuel des plantes est une option. Dans le cas de la digitaire, l’application d’un produit sélectif pré-émergent anti-digitaire peut également être justifiée.
Le pois d’angole (Cajanus cajan) : son occupation du terrain supprime le chiendent au bout de trois ou quatre campagnes, en même temps qu'il enrichit le sol par ses feuilles. Le mucuna (Mucuna pruriens) : haricot non comestible dont le feuillage très touffu empêche le chiendent d’émerger. On peut le semer en culture pure ou même en association avec le maïs de 45 jours, dans les interlignes et à la même densité que le maïs. Le mucuna enrichit également le sol.
Usages traditionnels et curiosités
Le chiendent, fraîche comme sèche, est comestible. Autrefois, grillées, elles composaient un ersatz de café. On lui attribue aussi des vertus diurétiques, antibiotiques et antibactériennes. Dans la phytothérapie, les rhizomes sont souvent utilisés pour lutter contre la fièvre, la goutte et les calculs urinaires. L'étymologie du nom de la plante est d'ailleurs liée à cette réputation d'être "le chiendent" (l'herbe des chiens), car on pensait que les chiens la consommaient pour se purger.
Il est fascinant de constater que ce qui est une nuisance pour le jardinier anglais devient une ressource précieuse pour le jardinier économe. Que vous choisissiez de l'éradiquer par un travail acharné du sol ou de l'adopter comme une pelouse résiliente, le Cynodon dactylon reste une plante emblématique de la capacité de la nature à s'imposer durablement dans nos espaces extérieurs.