La culture de la pomme de terre en permaculture : guide complet du bac surélevé à la tour

La pomme de terre, un tubercule aux origines andines et à la diversité impressionnante, est une culture plébiscitée par de nombreux jardiniers. Facile à cultiver et à conserver, elle offre une source de glucides et de protéines essentielle, contribuant à la sécurité alimentaire mondiale. En Europe, son introduction au XVIe siècle a marqué le début de son expansion, et aujourd'hui, elle est cultivée sous toutes les latitudes grâce à sa productivité exceptionnelle. Mais au-delà des méthodes classiques, la permaculture propose des approches innovantes pour cultiver ce légume racine, en optimisant l'espace et en respectant la vie du sol.

illustration de la diversité des pommes de terre

Les principes de la permaculture appliqués à la pomme de terre

La permaculture est une philosophie de conception visant à créer des systèmes agricoles et horticoles durables, en imitant les processus naturels et en cherchant un équilibre entre la terre, les micro-organismes et les plantes associées. Pour la culture de la pomme de terre, cette approche se traduit par plusieurs principes fondamentaux : l'observation et l'interaction avec la nature, la collecte et le stockage de l'énergie, l'utilisation des ressources locales, et la promotion de la biodiversité.

Dans un potager en permaculture, l'objectif est de limiter les interventions lourdes, comme le labour profond, qui peuvent perturber la structure du sol et la microfaune. Au lieu de cela, on favorise des méthodes douces qui préservent l'écosystème souterrain et enrichissent la terre au fil du temps.

Cultiver la pomme de terre en hauteur : la tour à pommes de terre

Cultiver les pommes de terre en hauteur est une technique très astucieuse, particulièrement intéressante pour les jardins de petite taille, les terrasses ou les balcons, car elle permet de gagner de la place. La tour à pommes de terre, qui peut être achetée dans le commerce ou fabriquée à partir de matériaux de recyclage, est une méthode de culture qui se conduit couche par couche.

Conception et matériaux d'une tour à pommes de terre

Pour construire une tour à pommes de terre, plusieurs options s'offrent à vous, alliant recyclage et ingéniosité :

  • Tours en grillage : Il est facile d’en fabriquer avec du grillage. Il suffit de poser les tubercules sur un bon substrat que l’on arrosera judicieusement, et à butter, butter, butter jusqu'au moment de tout vider ! Si votre tour est prévue sur de la terre, vous pouvez la poser sur du carton par exemple, pour éviter les adventices, et avec un rond de grillage en bas contre les mulots. Pour limiter la perte de terre, appliquez une couche de paille contre le grillage, qui gardera également l’humidité et la chaleur.
  • Tours en bois : Des bacs en bois rehaussables peuvent être réalisés en utilisant des palettes démontées. Il est conseillé de préférer du bois non traité et d'éviter les planches d’aggloméré. Deux possibilités existent : réaliser plusieurs éléments à poser l'un sur l'autre, ou concevoir un système de piquets dans lesquels les planches s'enclenchent. Pour faciliter la récolte, il est judicieux de prévoir que la planche du bas soit amovible, car les tubercules du bas sont les plus anciens. Doubler les parois en bois avec un feutre géotextile permet de conserver plus d’humidité dans la tour.
  • Tours en sacs : Un sac à déchets verts, un sac en jute ou un sac de terreau peuvent constituer une tour à pommes de terre tout à fait respectable. Au départ, il faudra rouler le bord du sac, qui sera déroulé progressivement. Des trous doivent être percés dans le fond pour permettre à l’eau de s’évacuer.

différents types de tours à pommes de terre

Dimensions optimales

Prévoyez un minimum de 40 cm de côté ou de diamètre pour votre tour à pommes de terre. La hauteur dépendra du “contenant” réalisé et de la quantité de terreau que vous pouvez y mettre, en gardant à l'esprit que le poids est très important, surtout après arrosage. Dans tous les cas, vous ne pourrez pas dépasser 1 m de hauteur, ce qui est déjà beaucoup pour les plants. En effet, plus ils auront d’efforts à fournir pour aller chercher de la lumière, moins d’énergie ils auront pour produire des tubercules en grand nombre.

Plantation et buttage

Déposez vos tubercules germés sur une couche de terreau potager ou de compost. Les pommes de terre ont besoin de soleil et d’une température de substrat d’au moins 10 °C. Elles sont buttées plusieurs fois au cours de leur développement. Le premier buttage est réalisé lorsque le plant fait entre 15 et 20 cm. En enterrant avec du compost ou autre substrat les tiges et feuilles des plants, des rhizomes, futurs tubercules, se formeront à l’aisselle de ces feuilles.

étapes de plantation et de buttage dans une tour à pommes de terre

Arrosage et entretien

L’arrosage d’une tour à pommes de terre est simple au début, mais se complique lorsque la tour monte. Il est en effet fréquent que l’eau ne descende pas jusqu’en bas et que le fond reste donc sec. Il faut garder le substrat légèrement humide le temps de la levée et du développement. À partir de mai-juin, vous pourrez arroser un peu plus abondamment car la formation des tubercules a commencé et ils ont besoin d’eau pour se développer. L’arrosage se poursuivra ainsi jusqu'au mois d’août.

Récolte

C’est le feuillage fané qui signale la totale maturation des tubercules. Vous pouvez commencer à démonter progressivement les étages de la tour en vidant la terre dans un seau. Si vous avez prévu une tour avec le bas amovible, commencez par là et conservez la tour en place que vous viderez au fur et à mesure. Les pommes de terre auront ainsi le temps de voir leur peau s’épaissir, ce qui les rendra plus résistantes à la conservation. La récolte sera terminée au mois d’octobre.

Le bac potager surélevé en permaculture

Le jardinage en potager surélevé est une méthode qui séduit de plus en plus de jardiniers. En permaculture, les potagers surélevés offrent de nombreux avantages en termes de praticité, d’esthétique et d’efficience, tout en maximisant la productivité et en minimisant l’impact écologique.

Avantages du potager surélevé en permaculture

  • Amélioration de la structure du sol : Les sols lourds, argileux ou trop sableux peuvent poser des problèmes. Un carré potager surélevé permet de créer un sol optimal en ajoutant des matériaux riches en nutriments et en facilitant le drainage.
  • Facilité d’accès : Un potager surélevé est généralement placé à une hauteur idéale, ce qui évite de devoir se pencher ou de marcher sur la terre.
  • Meilleure gestion de l’eau : Dans les potagers surélevés, l’eau est mieux retenue et le drainage est plus efficace, ce qui permet de limiter l’évaporation excessive et de réduire le risque de racines noyées.
  • Réduction du tassement du sol : Dans un potager surélevé, il est possible d’éviter le tassement du sol dû au passage des jardiniers en travaillant sur la terre à l’extérieur du bac.
  • Esthétique et praticité : Un potager surélevé peut être conçu de manière esthétique, ajoutant une touche décorative à votre jardin tout en étant fonctionnel.

Types de potagers surélevés : fond ouvert ou fermé

Il existe deux grandes catégories de potagers surélevés : ceux à fond ouvert et ceux à fond fermé.

Potager surélevé à fond ouvert

Un potager surélevé à fond ouvert est un bac de culture sans fond, posé directement sur le sol naturel.

  • Meilleure fertilité à long terme : Un des plus grands atouts réside dans leur capacité à s’enrichir naturellement grâce au sol sous-jacent. Lorsque le bac est d’une hauteur suffisante (au moins 40 cm), les racines peuvent pénétrer dans le sol, accédant ainsi aux nutriments et aux éléments bénéfiques qui s’y trouvent.
  • Pas de dépendance à un sol riche : Même si le sol sous le bac est difficile ou peu fertile, un bac surélevé offre des conditions de culture nettement meilleures que celles d’un jardin de surface, à condition que la hauteur du bac soit d’au moins 40 cm.
  • Investissement sur le long terme : En remplissant régulièrement le bac avec du compost et en utilisant des techniques comme le paillage, vous allez créer un sol fertile et vivant, qui continue de se régénérer année après année.
  • Excellente gestion de l’humidité et du drainage : Une fois qu’un potager surélevé atteint une hauteur d’au moins 40 cm, il est généralement suffisamment haut pour favoriser un excellent drainage, même si le sol sous-jacent est relativement argileux ou compacté.

Le coût initial en compost peut être plus élevé que celui d'un potager traditionnel, et un entretien régulier est nécessaire pour surveiller les niveaux de compost et de matière organique.

Potager surélevé à fond fermé

Les potagers surélevés à fond fermé sont totalement séparés du sol sous-jacent par un fond solide, adapté lorsque le sol sous-jacent est de mauvaise qualité, pollué ou difficilement cultivable.

  • Contrôle total des conditions de culture : Le principal avantage est la possibilité de contrôler entièrement les conditions de culture à l’intérieur du bac.
  • Solutions pour sols inadaptés : Lorsque le sol sous le bac est impropre à la culture, le potager à fond fermé permet de créer un environnement favorable, sans avoir à se soucier des conditions du sol naturel.

Ce type de potager nécessite cependant un suivi constant en termes d’apport en compost et de fertilisation, et des solutions de drainage doivent être prévues.

Remplir un bac potager surélevé en permaculture

Le remplissage d'un potager surélevé, en particulier pour un bac à fond ouvert d'une hauteur supérieure à 40 cm (idéalement 80 cm), est une étape cruciale pour créer un sol riche et fertile. La méthode "hugelkultur", inspirée des sols forestiers, est particulièrement adaptée.

La méthode "Hugelkultur" pour un sol autonome

Cette méthode consiste à empiler des déchets organiques de différentes natures, en commençant par les plus gros dans le fond.

  1. Fondation de bois : Utilisez des bûches de bois, de préférence déjà en décomposition, comme fondation. Ces bûches constituent une excellente réserve de nutriments sur le long terme et ensemencent le substrat avec une faune utile. N'hésitez pas à utiliser de très grosses bûches qui mettront des années à se décomposer.
  2. Couche de déchets verts : Sur cette fondation, déposez une couche de déchets verts, riches en azote.
  3. Remplissage et tassement : Empilez les différentes couches horizontalement, en plaçant les plus grosses bûches tout au fond et en gardant les petites branches pour le dessus. Remplissez jusqu'en haut, car l'ensemble va considérablement se tasser (attendez-vous à une baisse d'environ 20 cm après une saison). Pour les dernières couches, utilisez des déchets de petits calibres.
  4. Couche de terre finale : Recouvrez avec la meilleure terre de votre jardin, mélangée si besoin avec une bonne proportion de compost. Faites une grosse butte de terre qui dépasse largement le niveau des planches, car le niveau baissera avec le tassement.

Cette méthode crée un sol autonome en nutriments et en eau, mais il est important de noter que des rongeurs peuvent s'installer dans le fond du bac les premières années, il est donc préférable d'éviter de cultiver des légumes racines durant cette période.

Remplissage classique pour bacs peu profonds

Pour les carrés de potager surélevés de moins de 40 cm, le remplissage classique est une méthode simple et rapide.

  1. Fond anti-indésirable : Commencez par placer une couche de carton épais pour étouffer les herbes indésirables.
  2. Mélange terreau/compost : Remplissez ensuite le potager avec un mélange composé de 60 % de terreau et 40 % de compost. Ce ratio permet d’avoir une bonne rétention d’eau tout en fournissant les nutriments nécessaires aux plantes.
  3. Mélange terre/compost : Vous pouvez aussi utiliser la terre de votre jardin pour réduire le coût du remplissage.

L'expérience du bois broyé

Certains jardiniers expérimentent le remplissage avec uniquement du bois broyé, idéalement avec une grande proportion de bois mort. L'objectif est d'utiliser un "tout-venant" de bois broyé pour recréer un écosystème forestier.

La permaculture hors sol : une alternative pour les petits espaces

Si vous manquez de terrain, la culture de la pomme de terre hors sol peut s’avérer une alternative. Elle consiste à cultiver vos tubercules dans des contenants, des sacs ou même des tours successives de matière organique. Cette approche convient particulièrement pour les balcons, les terrasses ou les jardins de taille réduite.

Vous pouvez utiliser de grands sacs en toile épaisse, remplir le fond d’un mélange terre-compost, y déposer vos tubercules, puis ajouter de la matière organique au fur et à mesure de la croissance des plants. Lorsque la plante grandit, vous complétez le sac pour recouvrir les tiges, ce qui encourage la formation de tubercules additionnels. La récolte se fait ensuite en renversant le sac délicatement.

On parle aussi de tour à pomme de terre, où l’on empile des planches ou des supports modulables à mesure que le plant s’élève. Chaque fois que la tige prend quelques centimètres, vous ajoutez un niveau supplémentaire, rempli d’un mélange terreux ou de paille. Les tubercules se forment dans chaque couche. En fin de cycle, vous démontez la structure étage par étage pour récupérer votre récolte.

Remplir un bac surélevé de permaculture hors sol

Pour les bacs hors sol, il est souvent plus judicieux d’opter pour des bacs sur pieds d'une profondeur de 40 cm. La méthode des jardinières autonomes, ou "wicking beds", est particulièrement efficace et durable. Cette technique repose sur un système de drainage et d’irrigation capillaire, où une couche d’eau est située en bas du bac, permettant aux racines des plantes de capter l’humidité au fur et à mesure de leurs besoins.

Dans un bac hors sol, il est crucial de recréer un écosystème fonctionnel en utilisant des matériaux organiques qui se décomposent naturellement pour enrichir le substrat. La permaculture cherche à utiliser des ressources locales et naturelles pour réduire les intrants externes tout en favorisant la fertilité du sol.

Choix des plants et variétés

Pour réussir vos plantations, le plus simple et le plus sûr est d’utiliser des plants achetés en jardinerie ou chez un producteur de plants bio. Vous pouvez aussi replanter des tubercules issus de votre production précédente, à condition qu’ils soient parfaitement sains (pas de taches, pas de déformations, pas de pourriture, et une variété qui a bien tenu chez vous).

Variétés adaptées à la permaculture

Toutes les variétés peuvent convenir en permaculture, mais certaines sont plus robustes face aux maladies.

  • Pommes de terre primeurs : comme la Belle de Fontenay ou l’Amandine, se récoltent tôt dans la saison et sont idéales pour une première dégustation au printemps ou en début d’été.
  • Variétés tardives : comme la Bintje ou la Sarpo Mira, restent plus longtemps en terre et se conservent bien.

Il est recommandé de choisir des tubercules bien fermes, sans taches ni blessures, et d'écarter tout tubercule mou ou douteux.

Faire germer les tubercules avant plantation

Un mois environ avant la date de plantation, mettez les plants à germer dans un local éclairé, aéré et à l’abri du gel. Vous obtenez ainsi des germes courts et trapus, qui donnent une levée plus régulière. Comptez un peu plus d’un mois pour obtenir des pommes de terre germées bien développées et robustes, ce qui vous amène à démarrer la germination en janvier-février.

Peut-on manger des pommes de terre germées ? - Coaching Nutrition

Plantation et entretien des pommes de terre

La plantation se fait à partir de tubercules sélectionnés. Le bon moment dépend de votre objectif (primeur ou conservation) et de la température du sol. Mieux vaut planter un peu plus tard dans une terre qui se réchauffe, que trop tôt dans une terre froide et gorgée d’eau.

Calendrier de plantation

  • Pommes de terre nouvelles : Plantées en février/mars, en général sous abri.
  • Pommes de terre de conservation : Plantées en avril/mai.
  • Climat océanique : La plantation interviendra à la fin du mois de mars.
  • Moitié nord du pays, climat continental : Le moment propice se situera dans la seconde quinzaine d’avril.

Dans tous les cas, la plantation doit intervenir une fois que le risque de fort gel est écarté et que la terre s’est réchauffée.

Préparation du sol et plantation en pleine terre

Pour préparer le sol, une fourche-bêche est nécessaire pour retourner la terre. Après y avoir apporté des nutriments (terreau, potassium) en hiver, formez des sillons au râteau. Les plants doivent être espacés de 35 à 40 cm, chaque ligne de 50 à 70 cm. Les plants doivent être mis en terre à une profondeur de 10 à 15 cm, germes vers le haut. Il faut recouvrir de terre de quelques centimètres, sans tasser.

Buttage des pommes de terre

Les pommes de terre sont buttées plusieurs fois au cours de leur développement. Le buttage favorise le développement des tubercules, limite le verdissement (la lumière rend les tubercules verts) et améliore la tenue de la culture.

Dès la levée, binez entre les lignes (sur sol ressuyé) pour limiter les adventices et casser la croûte de surface si elle se forme. Puis, effectuez rapidement un premier « petit » buttage, en particulier si les Saints de Glace (11, 12 et 13 mai) ne sont pas passés. En recouvrant partiellement le feuillage, vous protégez les jeunes pousses d’une éventuelle gelée tardive. Buttez à nouveau environ trois semaines après la levée, cette fois de façon beaucoup plus conséquente.

Le bon réflexe est un buttage régulier, plutôt qu'un « gros coup » tardif. Buttez quand la végétation est encore jeune, c'est plus facile et plus efficace. Buttez toujours sur sol ressuyé pour éviter de tasser et d’asphyxier la terre.

Paillage : une technique clé en permaculture

En permaculture, le paillage est fortement recommandé. La paille sert à recouvrir les tubercules dès la plantation, et vous pouvez en rajouter au fur et à mesure de la croissance. Ce paillis protège la terre du lessivage et de la chaleur, freine les herbes concurrentes, et conserve l’humidité.

Le paillage joue un rôle de régulateur thermique, limitant les variations brusques de température dans la journée et évitant le stress hydrique. De plus, les organismes du sol se multiplient sous cette couverture, améliorant la structure globale. Sur un sol argileux, la paille empêche la formation d’une croûte imperméable après la pluie. Sur un sol sableux, elle retient mieux l’humidité.

Outre la paille, vous pouvez employer des feuilles mortes, du foin, des tontes de gazon séchées, ou un mélange de résidus de taille. Assurez-vous que ces éléments soient propres, c’est-à-dire exempts de graines de plantes invasives ou de produits chimiques.

Arrosage

En début de végétation, il est généralement inutile d’arroser. En revanche, si la météo est très sèche et que votre sol est filtrant, surveillez : un stress hydrique prolongé peut pénaliser la suite. S’il ne pleut pas, des arrosages deviennent utiles à partir de la floraison, pour permettre aux tubercules de grossir correctement. Cessez les arrosages au moins une semaine avant la récolte : les tubercules seront moins gorgés d’eau, ce qui aide la conservation et la qualité en cuisine.

schéma d'arrosage des pommes de terre

Fertilisation en permaculture

La culture des pommes de terre est assez exigeante en fertilisation. Un apport copieux de compost mûr sera bienvenu quelques jours avant la plantation : 40 à 50 kg pour 10 m², soit environ une brouette et demie. En culture classique, intégrez le compost superficiellement. Pour une culture sous paille, épandez-le directement sur le sol (ou sur les cartons), une fois la végétation tondue.

À défaut de compost, un engrais organique du commerce peut convenir : respectez simplement les doses indiquées sur le sac. Ensuite, les apports de potasse sont utiles pour favoriser le développement des tubercules. Ils se font plutôt en cours de culture, environ un mois après la plantation, quand la végétation est bien lancée. Le paillage avec des feuilles de consoude et/ou le purin de consoude sont des options simples pour apporter de la potasse.

Ravageurs et maladies de la pomme de terre

Observer tôt et régulièrement est crucial. Une intervention rapide vaut mieux qu’une bataille perdue d’avance.

Mildiou

Le mildiou est une maladie cryptogamique très fréquente, en particulier par temps pluvieux. Des mesures préventives sont utiles pour limiter les risques de développement : choisir des variétés résistantes, éviter les excès d’azote (trop de feuillage tendre attire les ennuis), et maintenir une bonne aération. Un paillage trop épais combiné à une humidité permanente peut favoriser la maladie.

Doryphore

Le doryphore est le principal ravageur de la pomme de terre. Une attaque massive peut détruire totalement le feuillage. Le bon réflexe est l’observation régulière dès la levée : plus vous intervenez tôt, plus c’est simple. De nombreux ravageurs comme les doryphores peuvent être enlevés à la main. D’autres nécessiteront peut-être l’utilisation d’un produit pour les éradiquer, mais celui-ci devra être autorisé en agriculture biologique.

Taupins

Les taupins, ou plus précisément leurs larves, peuvent causer des dégâts importants sur les tubercules (galeries, trous, déformations). Des méthodes préventives et des solutions naturelles existent pour limiter les dégâts.

Récolte et conservation

Quand récolter ?

Vous pouvez commencer la récolte de pommes de terre à partir de la floraison. Le rendement est alors assez faible, mais la qualité gustative est excellente, surtout pour les pommes de terre nouvelles. Pour les pommes de terre destinées à la conservation, récoltez par temps sec, lorsque la végétation est totalement fanée. Le sol doit également être bien ressuyé. Trois mois et demi après la plantation, soit 3 à 4 semaines après la floraison, c’est le moment de récolter les pommes de terre primeur.

récolte de pommes de terre à la grelinette

Techniques de récolte

Arrachez les branches et les feuillages en tirant vers le haut. La Grelinette permet de récolter efficacement, sans risquer de blesser les tubercules. Placez simplement l’outil un peu en retrait de la ligne de culture, enfoncez les dents, puis soulevez. Vous récupérez ensuite les tubercules à la main. N’hésitez pas à laisser les fanes sur le sol, elles peuvent servir de couverture légère, surtout si vous les hachez un peu.

Conservation

Pour se conserver correctement, les tubercules doivent être sains : indemnes de maladies (notamment cryptogamiques, avec des taches visibles sur la peau) et non « habités » par des larves ou insectes (petits trous visibles). Consommez en premier les pommes de terre abîmées, car elles se conserveront mal. Stockez celles qui sont parfaitement saines en tas, par exemple en cagettes, dans un endroit sec, frais (mais hors gel) et à l’abri de la lumière (grange, cellier, grenier). La lumière fait verdir les tubercules, ce qui est mauvais au goût.

Association de cultures et rotation

En permaculture, la biodiversité est encouragée. Les associations de cultures sont très utiles en jardinage. La nature le faisait déjà bien avant l'homme. Bill Mollison nous invite à imiter le fonctionnement de la nature.

Vous pouvez associer de nombreuses plantes pour créer un environnement favorable. Les légumineuses, comme les haricots, fixent l’azote dans le sol et peuvent bénéficier aux tubercules. Le lin ou la coriandre sont parfois cités pour repousser certains insectes. Les soucis (calendula) attirent des pollinisateurs et décorent le jardin. Les aromatiques jouent aussi un rôle. Le romarin ou la sauge, placés en bordure, dégagent des odeurs qui troublent les ravageurs. Cette diversité limite les risques de prolifération massive d’un seul parasite.

Même si vous appliquez des techniques sans labour, n’oubliez pas la rotation. Après vos pommes de terre, vous pouvez implanter des légumineuses ou des céréales. Cette alternance évite l’accumulation de pathogènes dans le sol. Si vous avez un espace modeste, essayez de déplacer vos planches d’une saison sur l’autre. Chaque recoin profite alors de périodes de repos. Les poireaux se plaisent énormément à la suite des pommes de terre. En plus d’alterner les cultures, cela évite la prolifération des doryphores.

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