La ville de Balma s'est engagée dans une transformation profonde de son paysage urbain, plaçant la nature au cœur de ses priorités. Cette volonté de végétaliser le cadre de vie des habitants ne se limite pas à de simples plantations ornementales ; elle répond à une stratégie globale, intégrée dans le Plan Climat Air Énergie de Balma (PCAEB), visant à créer une ville plus respirable, plus accueillante et durable. À travers des initiatives structurantes, la municipalité redessine les contours de ses espaces publics, de la place de la Libération aux nouveaux axes de circulation douce.

La végétalisation de la place de la Libération et des espaces centraux
La mairie avait annoncé sa volonté de végétaliser la place de la Libération et le parvis de l'église de Balma. C'est chose faite depuis que les services de la ville viennent d'installer six nouveaux arbres en pot sur la grande esplanade qui fait face à l'Odyssée et quatre devant l'église Saint-Joseph. Oliviers, grenadiers et feijoas viennent adoucir la minéralité du cœur de ville, transformant ces espaces de passage en lieux de détente plus agréables.
Cette métamorphose végétale s'accélère. Depuis février, la place de la Libération accueille de nouvelles plantations : 6 arbres, 233 arbustes et 315 plantes vivaces. Soit un budget de 8 145 € au service de cette place de plus de 2 300 m2. Ce projet répond à la 7e action du Plan climat air énergie de Balma (PCAEB), qui ambitionne de planter 10 000 arbres d’ici 2040. L'objectif est clair : réduire l'effet d'îlot de chaleur urbain en multipliant les strates végétales.
Nouveaux projets : le square de la bibliothèque et l'extension du réseau vert
Au-delà des places existantes, la ville anticipe les besoins futurs. C'est en principe à la fin de l'année 2020 qu'un nouveau square, adossé à la bibliothèque et faisant front à la future résidence senior, sortira de terre. Chèvrefeuille, fleurs des elfes, luzule, marronnier rose, érable à écorce de papier ou encore tilleul de bois viendront garnir un square arboré et fleuri. Cet espace vert s'ouvrira sur l'avenue Coupeau, alors qu'un cheminement piétonnier s'en échappera vers l'avenue de Toulouse.

En parallèle, la mobilité douce est également mise à l'honneur. La liaison Hers-Cyprié, axe cyclable de 2,5 km, se pare de 190 spécimens : érables, micocouliers ou liquidambars. Ce maillage végétal permet de connecter les quartiers entre eux tout en offrant une protection naturelle aux cyclistes et piétons.
L'Arbre de la Liberté : un symbole citoyen au cœur de la ville
À Balma, sur la place du 19-Mars-1962, un jeune chêne-liège vient de trouver racine. Un geste simple mais chargé d’un puissant symbole : la ville s’est dotée de son Arbre de la Liberté. À l’origine de cette initiative, Jean-Philippe Cambon, habitant de la commune qui avait soumis ce projet à la deuxième édition du budget participatif municipal en 2023.
Le maire, Vincent Terrail-Novès, a souligné lors de la plantation : « Planter un arbre de la liberté est un acte profondément symbolique. C’est affirmer qu’une communauté choisit de se placer sous l’ombre de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. C’est rappeler que ces valeurs ne sont jamais acquises et elles doivent être cultivées, protégées et transmises ». Pour l’édile, ce chêne-liège représente bien plus qu’un végétal : « Par ses racines, il nous relie à notre histoire. […] Par ses branches, il part vers l’avenir. Il montrera à nos enfants que la liberté n’est pas seulement un mot gravé sur les frontons de nos mairies ».
Planter à tout prix - Des arbres pour sauver la planète ? | Documentaire | ARTE
Ce chêne-liège se veut désormais un repère civique, un marqueur de mémoire et un engagement tourné vers l’avenir. La démarche illustre parfaitement le rôle du budget participatif, une manière de donner à chacun le pouvoir de contribuer au visage de la ville, tout en renforçant le lien social entre les habitants.
Critères de sélection et gestion des risques sanitaires
Le déploiement de cette politique végétale ne se fait pas au hasard. Le maire, Vincent Terrail-Novès, explique : « Quand nous faisons des plantations, nous nous posons la question de l’acceptabilité citoyenne ». Cette réflexion intègre des paramètres de santé publique cruciaux. Face aux risques sanitaires, l’édile précise : « Nous avons bien pensé au mimosa, mais il est très allergisant. C’est pourquoi nous avons renoncé à en planter sur l’avenue des Mimosas ».
Priorité est donc donnée à des essences comme les poiriers d’ornement et les lilas, alliant esthétique et bien-être des riverains. Un choix réfléchi pour une ville qui continue de cultiver sa qualité de vie au fil des saisons, tout en garantissant un environnement sain pour tous les citoyens.
Protection du patrimoine arboré et planification urbaine
La protection de l'environnement est présente dans chacune des actions de l'équipe municipale. Le Plan Climat Air Énergie de la Ville de Balma a été voté en Conseil municipal et constitue la boussole des aménagements futurs. Parmi les différents zonages possibles au Plan Local d’Urbanisme (PLU), le régime des espaces boisés classés (EBC) permet de protéger des arbres isolés, publics ou privés.
Selon le code de l’urbanisme, « les plans locaux d’urbanisme peuvent classer comme espaces boisés, les bois, forêts, les parcs à conserver, à protéger ou à créer, qu’ils relèvent ou non du régime forestier, enclos ou non, attenant ou non à des habitations ». Cette réglementation permet de sanctuariser le patrimoine végétal existant contre la pression foncière.

La ville va plus loin en impliquant les propriétaires privés. Vous êtes Balmanais(es) et possédez chez vous un arbre ancien, rare ou d’envergure et vous aimeriez qu’il soit classé en tant qu’arbre dit « remarquable » ? La Ville de Balma vous invite à remplir un questionnaire pour recenser ces trésors botaniques et assurer leur pérennité.
Une dynamique régionale de végétalisation
La démarche de Balma s'inscrit dans une tendance plus large dans la région toulousaine. En 2025, le visage de Toulouse va changer plus que jamais, et cela commence dès ce début d'année avec la végétalisation d'une place du centre-ville où 12 arbres vont être plantés. Végétaliser le centre-ville, c’est un des défis de Toulouse pour l’année 2025. Place Olivier à Saint-Cyprien, la démarche est déjà engagée avec la plantation d’une dizaine d’arbres, prévus d’ici au mois de mars.
Afin d’accueillir ces nouveaux arbres, les fosses de plantations de la place Olivier ont été agrandies. Ces aménagements entrent dans le cadre du plan « 100 000 arbres » pour rafraîchir la ville tout en créant de l’ombre sur cette place. Cette volonté de végétalisation portée par la mairie de Toulouse se déploie depuis 2020. Que ce soit à travers les initiatives de Balma ou celles de la métropole, la transformation des espaces publics en îlots de fraîcheur devient une priorité absolue pour améliorer le climat et la qualité de l'air urbain.