Le bambou est un matériau robuste qui est très utilisé pour la construction dans certaines régions du monde. Ainsi, il est souvent dit que le bambou serait imputrescible. Non, le bambou n’est pas imputrescible. Le bambou est un matériau lignocellulosique qui finira donc par se dégrader avec le temps. Cependant, il est vrai que c’est un matériau extrêmement résistant si on le compare au bois d’arbres notamment. Comme expliqué dans mon article « Comment percer le bambou ?« , la paroi externe du bambou est constituée d’une densité très forte en fibres et faisceaux vasculaires, et d’une concentration importante en cellules de silice.

La nature biologique du bambou et ses facteurs de dégradation
L’étude Bamboo and fungi nous informe sur plusieurs choses au sujet des champignons qui s’attaquent au bambou : s’ils ne sont pas traités chimiquement, les chaumes de bambou et leurs produits sont susceptibles de développer des moisissures et d’être colonisés par des insectes lors du stockage et du transport. La dégradation du bambou varie en fonction des différentes espèces. Les jeunes chaumes de bambou se dégradent plus rapidement que les chaumes plus anciens (ceci est dû à la teneur en amidon). La partie haute du chaume se dégrade plus rapidement que la partie basse. Les espèces de champignon qui peuvent coloniser le bambou sont nombreuses.
L’étude Structural use of bamboo fait le point sur les trois principales sources de dégradation du bambou :
- Les insectes foreurs : Certains insectes peuvent pondre leurs œufs dans les chaumes de bambou. Quand les œufs éclosent, les larves creusent leurs galeries dans les parois du bambou. Le bambou vert est plus susceptible d’être attaqué que le bambou sec sous des climats chauds et humides.
- Les termites : Les termites, à la différence des insectes foreurs, dégradent principalement le bambou en y creusant leurs galeries et produisent des enzymes qui leur permettent de détruire la cellulose. Les termites sont surtout un problème sous les climats chauds et humides.
- Les champignons : Pour que les champignons survivent et causent de réels dommages au bambou, il faut que son taux d’humidité soit supérieur à 20 %.
La résistance du bambou en extérieur (à l’air libre, pas sous terre) est très bonne. Si vous avez une espèce de bambou de bonne qualité (Guadua angustifolia, D. asper, etc.), qu’il a été bien traité après la récolte, et qu’il est bien entretenu, la durée de vie d’un tronçon de bambou sec en extérieur dans de bonnes conditions pourrait dépasser 50 ans. Si vous n’appliquez aucune lasure ni aucun autre vernis de protection de ce type, le bambou va davantage grisailler avec le temps (comme le bois). Le taux d’humidité du bambou a entre autres un impact sur sa résistance à la flexion, à la compression et à la traction. Mais comme indiqué dans la partie sur la littérature scientifique ci-dessus, le taux d’humidité a aussi un impact sur le pourrissement du bambou.
La floraison des bambous, un phénomène étonnant !
Méthodes de préservation des chaumes
Il existe des méthodes traditionnelles de traitement du bambou toujours utilisées telles que le trempage des chaumes fraîchement coupés dans des rivières ou des lacs pendant plusieurs semaines, ce qui permet de lessiver l’amidon. Les méthodes de traitement modernes, plus efficaces que les méthodes traditionnelles, sont des méthodes avec traitement chimique. Le traitement chimique le plus utilisé à l’heure actuelle est le traitement au Borax. C’est un produit peu cher et très efficace. C’est un produit qui a des propriétés insecticides et fongicides avec également une faible toxicité pour les mammifères. Les deux méthodes de traitement au Borax utilisées sont le trempage et la diffusion. La première consiste à laisser tremper quelques jours les bambous (10-15 jours) dans de grands bassins avec la solution de Borax.
Le bambou au jardin : usages et structures
Le bambou fait intégralement partie de la culture asiatique, qu’il s’agisse des légendes, de l’histoire, de la poésie, de la science ou des objets de la vie quotidienne. Dans notre jardin de la biodiversité de Mérignac, il sert aussi à tout : rames pour les cucurbitacées, piquets, tonnelle et pergola, échelle, tuteurs à tomates.
L’une des premières utilisations consiste à créer des tipis afin de porter les légumes (tomate, haricot à rame…) et les fleurs grimpantes le temps d’une saison. Le principe consiste à enfouir 3 ou 4 tuteurs de dimension identique dans le sol puis à les réunir en leurs sommets avec du fil de fer. Vous réaliserez ainsi un trépied ou un obélisque. Pour renforcer la stabilité, fixez des bambous horizontalement à la base de l’ouvrage. En réunissant deux trépieds ou obélisques, hauts de plus de 2,2 m et installés de part et d’autre d’une allée, par des cannes de bambou disposées horizontalement, vous obtiendrez une arche. Si ces dernières sont, à leur tour, reliées entre-elles, vous obtiendrez une pergola ou une tonnelle.
Plus élaborés, les mobiles et supports décoratifs réunissent des tuteurs en bambous, du fer à béton et de la corde. Ils constituent des structures légères, en partie transparentes, qui sont utiles pour délimiter un espace, abriter un banc ou une allée. Pour créer des voûtes, réaliser une ossature en fer à béton en utilisant des tiges torsadées de 8 mm de diamètre. Très facile à réaliser, la pose verticale de bambous produit un bel effet décoratif car très graphique. Les cannes sont simplement fichées dans le sol et prises en sandwich par deux bambous placés horizontalement et solidement fixés l’un à l’autre.

Le choix des tuteurs : bambou classique versus bambou thaïlandais
Lorsqu’il s’agit de choisir des tuteurs en bambou, il existe plusieurs types adaptés à différents besoins de jardinage. Par exemple, les tuteurs Thai bamboo tree tutor, disponibles en 1,5 mètre ou 2,10 mètres, sont particulièrement appréciés pour leur solidité et leur utilisation dans les cultures de jeunes plantes. Le bambou thaïlandais, utilisé dans ces tuteurs, est reconnu pour sa solidité, car la canne est pleine et non creuse, ce qui lui confère une meilleure résistance aux intempéries et au poids des plantes. Cela en fait un choix idéal pour les cultures légumières, les plantes grimpantes comme les tomates, les concombres, ou encore les haricots.
En comparant les tuteurs bambou classiques avec ceux en bambou thaïlandais, on constate que ces derniers offrent une meilleure durabilité, ce qui est un avantage pour les utilisateurs souhaitant un matériel robuste et réutilisable sur plusieurs saisons. En plus des tuteurs individuels, on trouve également des tuteurs bambou en kit, souvent accompagnés de croix ou de structures de soutien pour les plantes grimpantes. Ces kits sont particulièrement utiles pour les jardiniers débutants ou ceux qui souhaitent optimiser l’espace de leur jardin.
Conseils pratiques pour la mise en place et l'entretien
Pour utiliser efficacement des tuteurs bambou, il est important de suivre quelques étapes simples. Tout d’abord, il faut planter le tuteur suffisamment profondément dans le sol, généralement entre 15 et 20 cm, pour assurer une bonne stabilité. Ensuite, il est recommandé de fixer la plante au tuteur à l’aide de rubans en jute ou de ficelles douces, en veillant à ne pas trop serrer pour éviter d’étrangler la tige. Pour les plantes grimpantes, comme les tomates ou les haricots, il peut être utile de disposer plusieurs tuteurs en rangée ou de les relier entre eux pour former une structure verticale.
Concernant la durée de vie, il est essentiel de les entretenir correctement. Bien que le bambou soit un matériau naturellement résistant, il peut néanmoins s’user ou se détériorer avec le temps. Il est recommandé de retirer les tuteurs du sol à la fin de la saison de culture, surtout si vous vivez dans une région où les hivers sont froids. Stocker les tuteurs dans un endroit sec et à l’abri de l’humidité permet d’éviter la pourriture et les dommages causés par l’humidité. Si vous remarquez des fissures, des cassures ou des signes de pourriture, il est préférable de remplacer ces tuteurs pour éviter tout risque de chute ou de dommage aux plantes.
Enfin, pour renforcer la durabilité des tuteurs, vous pouvez appliquer un traitement naturel, comme un mélange d’huile d’olive et de vinaigre blanc, qui protège le bambou contre l’humidité et les insectes. Cela n’est pas indispensable, mais cela peut aider à prolonger leur utilisation. Le bambou constitue une ressource renouvelable qui se régénère rapidement. Sa culture nécessite peu d’eau et aucun pesticide, ce qui en fait un choix écologique responsable. La fabrication des tuteurs bambou génère peu d’émissions carbone comparée aux alternatives synthétiques.

Fabrication artisanale et récolte
Le meilleur moment pour couper les bambous pour faire des tuteurs est en octobre et novembre. En effet, à cette période la teneur en amidon dans le bambou est la moins importante de l’année. Les chaumes de bambou coupés seront donc moins attrayants pour les insectes foreurs une fois coupés. Également, on essaiera de couper des tiges de bambou de 3 ans minimum. Il faut éviter de prendre les tiges de bambou sorties au printemps de l’année en cours pour deux raisons :
- Les jeunes chaumes de bambou de moins de 2 ans sont plus riches en cellulose et moins lignifiés. Ils sont moins solides que les chaumes de 3 et 4 ans.
- Les chaumes de bambou de 1 an et 2 ans sont ceux qui sont le plus utiles pour le transport des nutriments vers les nouvelles pousses au moment de leur sortie au printemps.
Pour couper des bambous de petit diamètre pour faire des tuteurs, vous pouvez tout simplement utiliser un sécateur. Je vous conseille de bien couper vos bambous à la base. Ensuite, vous pouvez retirer les branches et les feuilles. Vous pouvez laisser la base des branches, qui pourra être utile par la suite pour maintenir vos plantes. Vous pouvez conserver les feuilles notamment si vous avez des animaux. Une fois que vos tuteurs en bambou sont prêts, vous pouvez les planter directement dans votre jardin pour maintenir vos plantes. Vous pouvez faire sécher les tuteurs avant de les mettre en terre pour améliorer leur durée de vie. Un chaume de bambou de faible diamètre sèche très vite au soleil. Après 1 à 2 semaines au soleil en été, vous aurez déjà un tuteur bien sec. Vous pouvez aussi les utiliser directement quand ils sont verts et frais, mais leur durée de vie sera alors moins longue. En effet, la partie à l’extérieur va bien sécher, mais la partie plantée dans la terre va se dégrader plus rapidement si elle est encore verte.
Biodiversité et caractéristiques botaniques
Nom commun : Bambou. Autres noms : Roseau géant, roseau des Indes. Famille : Poacées. Origine : Présents sur tous les continents (sauf l'Europe). Ces tailles extraordinaires ne sont atteintes que dans les pays chauds car ces espèces ont besoin de beaucoup de chaleur et d'humidité. Le diamètre de la tige (le chaume) varie entre 2,5 mm (sasa) et 18 cm (madake). Ces chaumes sont creux (sauf pour les espèces américaines Chusquea ainsi que le bambou mâle ou bambou géant Dendrocalamus strictus), segmentés par des nœuds, ce qui est très pratique pour construire des radeaux, des récipients et des instruments de musique. Ils sont constitués de fibres de 3 à 4 cm comportant peu de bois (ou lignine) et beaucoup d'acide silicique, ce qui explique leur résistance.
D'un point de vue sociologique, le bambou fait vivre un grand nombre de familles pauvres. Après des milliers d'essais avec diverses substances provenant du monde entier, c'est avec du bambou calciné qu'Edison réussit enfin à réaliser sa première lampe à incandescence car il peut s'effiler en sections de quelques dixièmes de millimètres. Étant toujours vert, il épure les eaux usées 12 mois sur 12, avec efficacité (bactéries se développant dans le sol grâce aux racines oxygénantes), y compris les métaux lourds. En plus des racines, le bambou a des rhizomes ou des tiges souterraines où sont stockées les réserves qui seront mobilisées au printemps pour obtenir une croissance rapide. Chaque surgeon et chaque rhizome appartient au réseau commun en perpétuelle expansion. Très rarement, tous les 70-120 ans, il fleurit. Fait plus étrange et toujours aussi énigmatique pour les botanistes, les pieds d'une espèce donnée fleuriront simultanément sur toute une région, lâchant leur pollen tous ensemble en quelques jours. Puis, il meurt, épuisé, après la floraison.

Valeurs nutritionnelles et applications médicinales
De plus, par sa richesse minérale (notamment en silice), il évite la déminéralisation consécutive à la ménopause (ostéoporose) car la silice est un ciment cellulaire qui permet la fixation du calcium. Appelée tabaschir, la substance siliceuse à l'intérieur des bambous joue un rôle important dans la pharmacopée chinoise : il accroit la vitesse de consolidation des fractures. En Occident, côté beauté et esthétique, cette silice des bambous se retrouve dans des crèmes pour soigner la peau (acné, varices, eczéma, gale, teigne, rides et cellulite). Peu calorique, la valeur nutritive des pousses est proche de celle de l'oignon, c'est-à-dire pauvres en protéines (2,5 %) et en sucre (2 %). Elles contiennent aussi des vitamines A, B1, B2 et C.
Attention ! Il ne faut pas les consommer crus. Après les avoir dénudées de leurs enveloppes, les pousses sont ébouillantées dans l'eau salée ou sucrée pendant 10-15 minutes, puis émincées et découpées en morceaux que l'on consomme comme les cœurs d'artichauts dont ils rappellent la saveur. En fait, tout se mange dans le bambou : les fruits, les graines (écrasées pour fabriquer de la farine), les feuilles, les tiges, la substance siliceuse à l'intérieur des tiges. Toutes les informations culinaires ou phytothérapeutiques ne sont données qu'à titre indicatif.