Le Bois Raméal Fragmenté (BRF) et le Compostage : Des Solutions pour un Jardinage Durable

Illustration d'un jardin luxuriant enrichi par le BRF et le compost

Dans la quête d'un jardinage plus respectueux de l'environnement, deux techniques se distinguent par leur efficacité et leur caractère écologique : le Bois Raméal Fragmenté (BRF) et le compostage. Ces méthodes, bien que distinctes, partagent un objectif commun : enrichir le sol, favoriser la biodiversité et réduire notre empreinte écologique. Elles s'inscrivent parfaitement dans une démarche de valorisation des biodéchets et de restauration des écosystèmes.

Le Bois Raméal Fragmenté (BRF) : La Richesse de l'Humus Forestier au Jardin

Le Bois Raméal Fragmenté, une technique écologique et économique venue du Canada, représente une véritable révolution pour le jardinage. Le BRF est un mélange de copeaux de bois frais, apportant la richesse de l'humus, cette terre très fertile des forêts, directement dans nos jardins, pour nos cultures et nos potagers.

Définition et Composition du BRF

Le Bois Raméal Fragmenté - ou BRF - est un mélange de résidus de broyage de rameaux de bois frais et de jeunes branches. À sa sortie du broyeur, il est rapidement répandu sur le sol en couche épaisse. Il est riche en lignine, nutriments, sucres, protéines, celluloses et tanin. Cette richesse va permettre de reproduire le cycle naturellement présent en forêt. En se décomposant, le BRF attire les champignons qui, à leur tour, attirent la pédofaune du sol. Une symbiose essentielle se met alors en place. Le cycle de vie de la pédofaune engendre la vie et la mort d'êtres vivants qui restituent à la terre leur eau biologique, conférant ainsi au sol une souplesse et une humidité constante. Ce processus conduit à la création d'humus : une matière souple, saine, aérée et riche en carbone organique, qui absorbe et retient l'eau de manière optimale.

Les Bénéfices Incontestables du BRF

L'utilisation du BRF offre de multiples avantages, notamment la restauration des sols de culture épuisés. Grâce au BRF, la terre devient fertile, facile à manipuler et souple, et ne nécessite plus de labourage. Les cultures s'épanouissent avec moins - voire plus du tout - d'apport d'eau, d'engrais et même de pesticides. En effet, les mauvaises herbes et les maladies sont naturellement neutralisées dans ce sol enrichi. Cette méthode permet de cultiver des plantes en pleine santé sans effort supplémentaire et de manière entièrement gratuite. Le BRF réduit drastiquement, voire élimine, le besoin d'arrosages, d'engrais et de pesticides, transformant ainsi le jardinage en une activité plus simple et plus respectueuse de l'environnement.

Les avantages d'une culture sur BRF (Bois Raméal Fragmenté)

Précautions et Limites Potentielles du BRF

Bien que le BRF soit une technique aux nombreux atouts, il peut entraîner des dérives si des pratiques non durables sont adoptées. On observe parfois des coupes massives d'arbres verts en forêt ou un nombre croissant de broyeurs dans les déchetteries. Cependant, ces inconvénients peuvent être évités par une gestion responsable : l'achat de broyeurs peut être réalisé dans le cadre d'une association de jardiniers, les entreprises peuvent louer leur broyeur, et les élagueurs peuvent fournir des copeaux de bois. Il est également important de noter que le BRF ne peut pas être composté directement dans un composteur traditionnel.

Récupération et Utilisation du BRF dans Votre Jardin

Pour les jardiniers, la période entre novembre et mars est propice à la taille des arbres et arbustes. Plutôt que de brûler tous ces déchets de taille, il est conseillé de récupérer le bois mort pour en faire des cendres qui enrichiront les cultures. Quant au bois vert, il est idéal pour le BRF. Il faut privilégier tous les rameaux de bois verts et les jeunes branches de feuillus, d'un diamètre inférieur à 7 cm. Les bois nobles tels que le chêne, le châtaignier, l'érable, le hêtre et l'acacia sont particulièrement recommandés. Il est préférable d'éviter les grosses branches et le bois des résineux comme le pin, l'épicéa ou le thuya.

Une fois les branches sélectionnées, broyez-les et récupérez le BRF à la sortie du broyeur dans un grand sac ou une bâche. L'utilisation du BRF doit être rapide : épandez-le sans attendre sur votre sol de culture ou votre potager en une couche épaisse d'au moins 3 cm. En février, griffez légèrement le sol pour incorporer le BRF à la terre de surface. Au printemps, vous pourrez mettre en place vos plants ou semer directement dessus.

Collaboration avec les Élagueurs Professionnels

Une autre option pour se procurer du BRF est de contacter des élagueurs professionnels. Ils sont souvent disposés à céder gratuitement des rameaux de bois ou des copeaux, car ils paient une taxe pour se débarrasser de leurs déchets de taille dans les déchetteries. N'hésitez donc pas à prendre contact avec les élagueurs de votre commune pour récupérer ces précieux matériaux.

Diagramme illustrant le cycle de décomposition du BRF et ses interactions avec le sol

Le Compostage : Un Processus de Valorisation des Matières Organiques

Le compostage est une technique fondamentale pour transformer les matières organiques hétérogènes en un produit homogène, hygiénisé, riche en humus et en éléments nutritifs. Ce processus repose sur l'action combinée de différents microorganismes, tels que les bactéries et les champignons, qui dégradent la matière organique.

Diverses Formes de Compostage et de Valorisation

Plusieurs méthodes de valorisation des matières organiques existent, chacune avec ses spécificités :

  • Le co-compostage : Il s'agit d'une forme de compostage qui utilise des matières organiques de natures différentes, comme le fumier et les broyats végétaux issus de déchetteries. Cette combinaison permet d'optimiser le processus et la qualité du compost final.
  • Le compostage en anaérobie : Cette méthode se concentre sur la fermentation des composés organiques par des bactéries similaires aux bacilles lactiques utilisés dans la fabrication fromagère. En l'absence d'oxygène, la fermentation ne produit pas de CO2.
  • La méthanisation agricole : Ce système permet la production d'énergie sous forme de biogaz et d'un fertilisant appelé digestat à partir de matières organiques.
  • Le Bokashi : Cette méthode japonaise de fermentation est simple et permet d'obtenir une phase liquide (le jus de fermentation), riche en matières azotées, et une phase solide (le compost "sec"), riche en matière organique et en micro-organismes essentiels à la fertilité du sol.

Les Pratiques du Compostage à la Ferme et en Collectivité

Le compostage à la ferme est une technique facile à mettre en œuvre, nécessitant peu de matériel et peu coûteuse. Le coût d'un chantier de compostage est similaire à celui d'un chantier fumier traditionnel, aux alentours de 450 euros.

Pour un compostage efficace, les matières sont mises en tas, appelés andains, afin de faciliter leur retournement. Un bâchage peut être utilisé pour éviter le lessivage des nutriments par les précipitations. Un suivi rigoureux est nécessaire pour s'assurer du bon déroulement du processus. La température, mesurée à environ 40 cm de profondeur, doit être supérieure à 50°C. Si la main ne peut pas rester plus de 5 secondes dans le tas, cela indique que les 50°C sont atteints. Une sonde thermométrique (environ 200€) peut également être utilisée pour une mesure précise. Si la température est trop élevée, le compost doit être aéré. L'aération est cruciale car les microorganismes ont besoin d'oxygène pour dégrader la matière organique. Le tas de compost doit donc être retourné au minimum deux fois pendant le compostage. Si le mélange est trop humide, de l'effluent sec peut être ajouté, ou l'andain peut être retourné plus fréquemment pour permettre à l'eau de s'évaporer. Le compostage en bout de champ, par exemple, ne nécessite presque aucun matériel, hormis pour l'aération.

Concernant l'implantation de la zone de compostage, plusieurs règles doivent être prises en compte : le compostage est interdit en zone inondable et la durée de stockage et de compostage ne peut pas excéder 10 mois.

Le Tri des Biodéchets : Une Obligation et une Pratique Ancrée

Depuis le 1er janvier 2024, le tri des biodéchets à la source est obligatoire. Cette mesure n'a pas déstabilisé la Communauté d'agglomération du Pays voironnais, en Isère, qui a instauré une collecte des déchets alimentaires des particuliers depuis 1999. Emmanuelle Bocquin, responsable qualité, sécurité et environnement (QSE) de la structure, souligne leur rôle précurseur en la matière. Pour assurer la collecte et le traitement de ces rebuts, la communauté d'agglomération, qui couvre 95 590 habitants répartis sur 31 communes, s'appuie sur une régie dédiée d'une centaine d'agents. Chaque semaine, une collecte des déchets alimentaires a lieu, permettant de collecter annuellement pas moins de 1 650 tonnes de biodéchets, soit environ 17 kilos par habitant, à mettre en regard des 14 000 tonnes de déchets résiduels encore produits annuellement.

Afin de collecter les déchets alimentaires, la communauté d'agglomération a, en plus du bac de collecte jaune pour les recyclables, distribué aux particuliers un bac dédié aux biodéchets. Les usagers peuvent ainsi jeter tous leurs biodéchets, sans avoir à les trier spécifiquement, à l'exception des végétaux. Chaque jour, après leur tournée, les camions poubelles sont nettoyés par les agents dans une zone réservée, avec récupération, traitement et recyclage des eaux usées. Chaque équipe ayant son propre camion, les agents sont responsabilisés quant à la propreté de leur engin. Durant une quinzaine de minutes, deux agents munis de jets à haute pression lavent intégralement la benne, et une vanne sous les compartiments de collecte permet l'évacuation des jus. L'utilisation du jet à haute pression permet aux agents de se tenir suffisamment loin pour éviter les projections, comme le constate Stéphane Roberget, contrôleur de sécurité à la Carsat Rhône-Alpes. Les camions poubelles disposent de deux compartiments étanches pour bien séparer les déchets « classiques » des biodéchets. Pour éviter au maximum la production de jus - les biodéchets sont composés à 75 % d'eau -, les agents sont invités à ne pas trop compacter les déchets de ce compartiment, explique Jacky Cichetti, responsable de l'unité collecte.

Un autre moyen de collecte est le point d'apport volontaire. Ici aussi, la collecte s'effectue toutes les semaines à l'aide d'un camion benne doté d'une grue. Dans ce cas, l'agent est à distance de tout risque de contamination, selon Emmanuelle Bocquin.

Infographie sur les étapes clés du compostage industriel

Le Traitement des Biodéchets sur le Site de La Buisse

Une fois la collecte terminée, les biodéchets sont acheminés vers le site écologique de La Buisse, qui dispose d'un important centre de compostage. Christian Guillemin, responsable d'unité traitement, explique que treize agents y travaillent en permanence, avec une activité soutenue concernant les déchets verts. L'opération est réalisée à l'aide de l'une des cinq chargeuses du site : toutes sont dotées de cabines mises en surpression grâce à une installation spécifique - l'air entrant est filtré à l'aide d'un préfiltre de type P1, en complément d'un filtre P3. Les agents ne sont jamais en contact direct avec les déchets, toutes les opérations étant réalisées à l'aide des engins, ce qui limite le risque de contamination.

La matière récupérée est ensuite déposée dans l'un des deux sas à fermentation, une installation dimensionnée pour recevoir jusqu'à 4 000 tonnes de biodéchets. Chaque sas dispose de rampes de soufflage d'air au sol pour assurer une bonne aération du compost sans intervention des agents. Le compost passe systématiquement plus de quinze jours dans le sas à fermentation, où une montée en température naturelle jusqu'à 70 °C permet son hygiénisation. Une fois cette opération réalisée, le compost est déposé sur une nouvelle aire de stockage, toujours avec soufflage d'air au sol, pendant environ trois mois, avant d'être passé au criblage. Dès le début de la production en 2002, le compost était conforme à la norme NF U44-051, puis il a obtenu son agrément sanitaire en 2012. Cela implique un premier criblage à 20 millimètres, puis un second à 10 millimètres. À l'issue de toutes ces opérations, plus un apport en déchets verts, environ 200 tonnes de compost sont proposées à la vente chaque année aux habitants du Pays voironnais. La totalité de la production est écoulée en à peine un mois, entre mars et avril selon les années.

Emmanuelle Bocquin insiste sur l'importance des équipements de protection individuelle (EPI) efficaces et confortables pour les agents. Gants, chaussures de sécurité, blousons, t-shirts et pantalons : tous les ripeurs disposent d'une panoplie personnelle et complète de vêtements de travail. Le linge sale est collecté dans des bacs à l'entrée des vestiaires, et les équipements sont dotés d'une étiquette avec le nom et prénom du propriétaire. Un suivi du nombre de lavages est effectué pour que les vêtements, notamment ceux à haute visibilité, puissent être remplacés régulièrement.

Le Compostage de Proximité et les Bornes à Compost

Le terme biodéchets englobe tous les déchets organiques/biodégradables, y compris les déchets de jardin. Cependant, le service qui collecte les déchets alimentaires via les bornes à compost n'est pas destiné à collecter ces déchets de jardin. Seuls les déchets issus de l'alimentation doivent être déposés dans les bornes. Lorsque les déchets alimentaires, qui représentent environ un quart de la poubelle grise, sont jetés et brûlés, cela conduit à la production de gaz à effet de serre, alors qu'ils pourraient être valorisés de manière plus adaptée. La valorisation permet de faire retourner au sol ou de transformer des matières organiques brutes en une matière valorisable, adaptée aux besoins agronomiques des sols.

Les déchets alimentaires déposés dans les bornes à compost sont collectés par la Métropole ou ses prestataires pour être traités sur des installations spécifiques de valorisation organique (plateformes de compostage). Dans ces installations, les déchets alimentaires sont dégradés par des micro-organismes dans des conditions contrôlées et mécanisées. Ils sont traités sur des plateformes de compostage professionnelles délocalisées, situées sur le territoire de la Métropole ou à proximité (Vénissieux, Lyon, Ternay, Lentilly). La Métropole souhaite maîtriser la filière de traitement des biodéchets et les transformer localement.

Les sites de compostage collectif sont des projets portés par les citoyens qui se regroupent au sein d'une association pour les sites de quartier, ou au sein de la copropriété pour les composteurs en pied d'immeuble. Au niveau de ces sites de compostage de proximité, toutes les étapes sont gérées sur place par les habitants (pas d'intervention de la collectivité dans la gestion quotidienne, pas de collecte des déchets alimentaires ou du compost). Ainsi, le compost fabriqué est utilisé directement par les compostant.e.s dans leurs espaces verts ou dans des jardins partagés, donc au plus près de la production. Les bornes à compost disposées sur l'espace public sont collectées régulièrement par la Métropole. Le compost mûr peut être demandé auprès des sites de compostage collectif de quartier.

Ce qui est Accepté et Ce qui ne l'est Pas dans les Bornes à Compost

Les bioseaux sont ajourés sur le couvercle et laissent passer l'air, ce qui permet aux déchets de s'assécher au lieu de fermenter, limitant ainsi les odeurs. Il est également possible de mettre un peu de carton au fond du seau pour absorber les jus. Les essuie-tout, mouchoirs et serviettes en papier, bien que n'étant pas des déchets alimentaires, sont compostables.

En revanche, les déchets de jardin ne sont pas acceptés en compostage de proximité pour éviter tout risque de nuisances, notamment les odeurs (liées principalement à un manque d'oxygène dans le processus de décomposition) et la présence de nuisibles (attirés par ces déchets, surtout lorsqu'ils sont déposés en masse). En effet, les sites de compostage de proximité permettent le traitement sur place des déchets de nombreux foyers, et cela est réalisé par un collectif de bénévoles.

Pour des raisons réglementaires, les excréments d'animaux, les litières et les cendres ne doivent pas être déposés dans les bornes à compost. De même, les déchets d'hygiène tels que les couches ou les serviettes hygiéniques ne sont pas acceptés dans les bornes à compost.

Images des différents types de biodéchets acceptés ou non dans les bornes

Modalités de Collecte et d'Utilisation des Bornes

Une fois le déploiement du service sur le territoire terminé, la Métropole ne distribue plus de bioseaux. Les usagers peuvent néanmoins apporter leurs déchets alimentaires dans les bornes en utilisant leurs propres solutions : contenants de récupération, saladiers, pots de sauce ou de crème fraîche récupérés dans un restaurant. En récupérant un seau en plastique et en lui évitant ainsi d'être jeté, on contribue encore plus activement à la prévention des déchets. Seuls les commerçants assimilés aux ménages peuvent utiliser le service de collecte. Sont assimilés ceux qui produisent moins de 840 litres de déchets par semaine, tous flux confondus.

Le service de collecte des déchets alimentaires, grâce aux bornes à compost, vient en complémentarité du compostage de proximité et permettra principalement de desservir la population n'ayant pas accès à un composteur. Il est fortement encouragé de continuer la pratique du compostage de proximité, qui reste plus vertueuse : cette pratique permet une gestion des déchets sur place et réduit ainsi les pollutions liées au transport des déchets. De plus, le compostage de proximité permet de bénéficier d'un fertilisant naturel et gratuit (le compost) à utiliser dans les espaces verts, les plantes, un jardin partagé, etc.

Si des sacs sont utilisés pour déposer les déchets dans les bornes, ils doivent être uniquement en papier. Ces sacs sont biodégradables et permettront de produire un compost de qualité sans résidu de plastique. Il est possible de réutiliser les sacs en papier issus des courses de fruits et légumes au marché ou dans les supermarchés, à la seule condition qu'ils soient entièrement en papier, sans aucune matière plastique. La Métropole a fourni jusqu'à début 2024 un premier jeu de sacs kraft aux habitants pour aider au démarrage de la pratique. Par la suite, il est possible de réutiliser ces sacs ou d'acheter des sacs kraft dans certains supermarchés. Les bioseaux sont distribués gratuitement par la Métropole à tous les usagers qui souhaitent s'engager dans le tri de leurs déchets alimentaires au moment du lancement du service sur un nouveau territoire. Il est également possible d'utiliser un contenant de "récupération" : un contenant avec couvercle et anse peut être réutilisé, permettant ainsi de participer encore plus activement à la prévention des déchets.

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