Le compostage est un procédé naturel de transformation de matières organiques fermentescibles par des micro-organismes, aboutissant à la création d'une sorte de terreau appelé compost. Cette matière est idéale pour amender les sols et en améliorer la structure. Le fonctionnement d'un composteur est donc très simple : après avoir introduit vos différents déchets organiques à l'intérieur du composteur, les premières bactéries apparaissent et se chargent de décomposer, petit à petit, l'ensemble des matières organiques. Ce processus de transformation des déchets alimentaires, ménagers et de jardin permet la création de compost, un engrais naturel, en l'espace de quelques mois seulement.

Les enjeux du compostage domestique
Car le compostage a une haute valeur symbolique, écologique et économique :
- Symbolique d'abord car, en rendant à la terre ce qui lui appartient vous contribuez à enrichir les sols tout en allégeant la charge sur la collectivité et donc sur vos pairs citoyens.
- Écologique ensuite car en valorisant ainsi vos déchets vous réduisez la taille de vos poubelles et leur traitement collectif par des procédés polluants (brûlage ou enfouissement) tout en produisant une matière bénéfique pour les sols et les cultures.
- Économique enfin car vous contribuez à la baisse des coûts faramineux que représente le traitement des déchets pour la collectivité tout en bénéficiant au final d'un amendement gratuit qui viendra nourrir vos plantations ornementales ou potagères.
Dans une optique de réduction des déchets à l'échelle nationale, depuis janvier 2024, chaque ménage français doit pouvoir trier ses déchets biodégradables qui ne peuvent plus être placés dans la poubelle ménagère. Parmi les solutions envisageables, le composteur individuel reste facile à mettre en œuvre.
Choisir sa méthode de compostage
En fonction du nombre de personnes dans votre foyer et de la superficie de votre extérieur (jardin, terrasse, balcon, rebord de fenêtre), vous n’aurez pas besoin de la même taille de composteur.
Le compostage en bac
Le compostage en bac est au cœur de cet article. Il permet de mieux maîtriser le processus de décomposition et s'avère plus esthétique qu’un simple tas trônant sur le gazon. La configuration d'un composteur comporte quelques impératifs généraux et des spécificités à choisir en fonction de l'espace à votre disposition et des volumes de matières à composter. Pour un bac à compost de qualité, assurez-vous qu'il soit doté :
- D'un couvercle qui permettra de réguler le taux d'humidité et la circulation de l'air.
- De trous d'aération qui auront les mêmes fonctions que le couvercle.
- D'une trappe ou d'un tiroir qui permettront de récupérer le compost.
Le lombricompostage
Le lombricompostage est parfait lorsque l'on dispose de peu ou pas d'espace aussi bien en intérieur qu’en extérieur. Solution pour intérieur : le lombricomposteur étanche et hermétique vous permettra d'avoir des vers de terre qui se chargent en silence et sans odeur de décomposer les déchets. Pour les petits jardins d’extérieurs, il existe le lombricomposteur en terre cuite à enterrer. Grâce aux différents trous présents dans le composteur enterré, les vers de compost vont se déplacer et fertiliser la terre.
Le composteur rotatif
Le composteur rotatif est composé d’une cuve de 100 à 200 l posée sur des pieds et généralement équipée d’une manivelle. Cette cuve doit être tournée plusieurs fois par semaine, permettant d'incorporer de l’air très régulièrement, grâce à quoi la montée en température est rapide, uniforme et relativement continue du fait d’une activité biologique intense.
Best4Soil: Compost – Avantages et inconvénients
L'emplacement idéal
Une situation mi-ombragée est idéale car le plein soleil rendra plus difficile la maîtrise de la montée en température au cœur du tas de compost. Choisissez également un endroit où l'air circule correctement. Optez pour une installation au plus pratique, en priorité à proximité de la cuisine mais également pas trop éloigné des parcelles qui recevront le compost. Pensez à l'accès à l'eau qui doit être facile car vous serez amené à humidifier votre tas de compost. Enfin, si l'esthétisme du dispositif vous dérange, utilisez l'environnement existant pour le cacher, une haie, un bosquet, en laissant toutefois une bonne distance entre le bac et son voisinage.
Le démarrage : les règles d'or
Il est important de savoir comment bien démarrer son compost. Les règles de démarrage sont simples :
- Assurez-vous de la présence d'une première couche de terre pour accueillir tout un ensemble de micro-organismes.
- Déposez-y de la paille, des brindilles, du petit branchage pour assurer une bonne aération de base.
- Entamez les apports des déchets compostables en alternant déchets verts et déchets bruns.
L'équilibre entre matières vertes et brunes
Le petit secret pour bien équilibrer votre compost est de correctement proportionner les différentes matières humides et sèches.
- Les déchets humides (verts/azotés) : Ils concernent surtout les restes de nourriture végétale (épluchures de légumes et de fruits). L'herbe humide doit être laissée à sécher un peu avant introduction.
- Les déchets secs (bruns/carbonés) : Ils se composent des ordures ménagères biodégradables. L'essuie-tout, les mouchoirs, les serviettes de table non blanchies, le papier blanc (sans impression) et les cartons coupés finement font partie du lot. Vous trouverez également des déchets secs dans votre cuisine, comme le marc de café et les coquilles d'œuf.

Entretien et suivi du processus
3 règles d'or sont à respecter pour obtenir un résultat optimal, mais aussi pour accélérer le processus de compostage :
- Bien mélanger le compost : 1 à 2 fois par semaine, à l'aide d’une bêche ou d'une fourche, dans le cas d'un composteur jardin. Cela permet d'apporter de l'oxygène aux bactéries qui se chargent de la décomposition.
- Surveiller l'humidité ambiante : Si le compost est trop sec, rajouter des feuilles mortes. Si le compost n’est pas assez humide, les déchets deviennent secs, les micro-organismes meurent et le processus de décomposition s’arrête. Vous pouvez remédier facilement à ce problème en arrosant un peu le compost.
- Gestion de l'aération : Trop d’humidité empêche l’aération : le compostage est freiné et des odeurs désagréables se dégagent. Si c’est le cas, on peut étaler le compost quelques heures au soleil ou le mélanger avec du compost sec ou de la terre sèche.
Calendrier et maturation
Selon le modèle de bac à compost, comptez entre 5 à 18 mois avant d'obtenir un résultat. Un bac à compost classique permet d'obtenir un amendement sous 12 à 18 mois. Le composteur rotatif et le lombricomposteur accélèrent le processus et offrent un résultat au bout de seulement 3 à 6 mois.
Le premier lombricompost est normalement prêt lorsque le troisième plateau est rempli. Il s’utilise directement dans les pots et jardinières, mélangé avec du terreau, ou bien dans un trou de plantation, mélangé à la terre du jardin. Il peut également être placé comme paillis nourrissant au pied de certains végétaux.
Ce qu'il faut éviter
Certains déchets sont à exclure pour garantir la qualité de votre compost :
- Les produits synthétiques non biodégradables (verre, métaux, plastiques, tissus synthétiques).
- Les bois vernis ou peints.
- Les produits chimiques (huile de vidange).
- Les couches-culottes.
- Les végétaux malades (on ne peut pas garantir une hygiénisation totale).
- Les mauvaises herbes montées en graines (elles peuvent germer).
- La viande et le poisson sont à déposer en très faible proportion, au cœur du compost pour une décomposition accélérée et une odeur atténuée.
N'oubliez pas que nombre de ces déchets peuvent être recyclés par d'autres voies. Le compostage, qu’il soit particulier ou collectif, va devenir une habitude à prendre chez tout un chacun. En comprenant ces mécanismes, vous transformez une obligation en un acte vertueux pour votre jardin et la planète.