Les bonbons aux plantes occupent une place singulière dans l’univers de la confiserie. Bien plus que de simples friandises, ils représentent un mariage subtil entre les trésors de la nature et l’art délicat de la gourmandise. Qu’il s’agisse de préparations complexes issues de traditions montagnardes ou de douceurs florales héritées de l’Antiquité, ces produits témoignent d’une volonté constante de transformer des ingrédients botaniques, parfois amers ou bruts, en une expérience sensorielle raffinée.

Les secrets de fabrication : L’exemple emblématique des bonbons suisses
L’histoire moderne du bonbon aux plantes est indissociable de l’héritage d’Emil Richterich. À l’époque, Emil Richterich, boulanger de son état, cherche un moyen de rendre les plantes - bonnes pour la santé mais amères au goût - un peu plus comestibles. D’où l’idée d’un bonbon aux plantes. Ne cherchez pas la recette du bonbon Ricola. Elle est secrète ! Treize plantes entrent dans sa composition, définie en 1940 par Emil Richterich. Depuis, la recette n’a jamais varié, même si elle s’est enrichie progressivement de nouveaux parfums.
Le processus de production est une prouesse de précision. Deux des treize plantes entrent en si petite quantité qu’elles sont rajoutées manuellement dans le mélange pendant le processus de production. Au départ, les plantes proviennent des alentours de Laufon, petit village de 200 âmes situé dans le canton de Bâle. C’est là que vit Emil. C’est le cas de l’alchémille, l’une des plantes nécessaires à la recette. Aujourd’hui, le maillage logistique est bien plus vaste. Le premier contrat est signé en 1984 avec la coopérative de Valplantes, qui réunit aujourd’hui une trentaine de producteurs de plantes aromatiques et médicinales biologiques du Valais.
Étienne Tornay, cultivateur et éleveur, fournit plus de 15 espèces (menthe, sauge, thym, marrube, guimauve, pimprenelle, hysope…) à Ricola : « On commence à couper vers le 15 mai jusqu’au mois d’octobre, explique-t-il. Les plantes permettent d’avoir des revenus plus importants par hectare que l’élevage, sachant que la taille des exploitations reste modeste - entre 1 et 7 hectares. Ici, on se bat pour les mètres carrés ! »
De la culture biologique à l’exigence industrielle
La transformation des plantes en confiserie exige une rigueur absolue. La cueillette est mécanisée mais les cultures bio nécessitent beaucoup de désherbage manuel. « Chaque plante est spécifique en termes de coupe, indique Fabien Fournier, directeur de la coopérative Valplantes. Nous avons dû adapter les machines et les techniques à nos conditions de culture difficiles. »
Une fois récoltées, les étapes s’enchaînent avec une précision horlogère :
- Séchage : Les plantes sont séchées à 40° pendant trente-six à soixante-douze heures.
- Préparation : Acheminées jusqu’à l’usine de Laufon, les herbes subissent des premiers contrôles qualité avant d’être nettoyées par soufflage, recoupées si trop longues et versées dans des big bags de 300 kg.
- Stockage : Chaque variété est stockée dans un container d’où sera prélevée la quantité requise pour la recette.
- Cuisson : Une fois le mélange prêt, il est introduit dans du sucre cuit avec de l’eau à haute température.
- Finition : Après évacuation de l’eau, la bande de pâte sera affinée puis coupée et emballée à chaud sur l’une des sept stations de cuisson.
« Nous avons une ligne de cuisson qui produit chaque jour 19 tonnes du bonbon original », explique Thomas Fringeli, directeur de l’usine. En 2018, 23 000 tonnes ont été produits, soit 7 milliards de bonbons !

Évolution de la communication et ancrage territorial
Ricola est dirigé par la troisième génération de la famille Richterich et est revenu avec une nouvelle publicité télévisée, en octobre 2018, en rupture avec celle de 1993 et ses paysans qui trompetaient Riiiicolaaa ! « Aujourd’hui, le public demande des marques porteuses de sens, explique Alexandre Krouglikoff, le directeur marketing. Ce film met en avant les cultivateurs et le soin apporté à la culture des plantes dans les montagnes suisses. »
En parallèle, Ricola a ouvert, pour la première fois à Paris, au cœur du quartier du Marais, très fréquenté par les 25-49 ans, une boutique éphémère baptisée L’Herboristerie, du 10 au 14 octobre 2018. « L’idée était de présenter les 13 plantes qui composent la recette du bonbon original et d’expliquer comment elles sont cultivées », reprend Alexandre Krouglikoff.
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L’héritage historique des bonbons à la fleur
Si les bonbons aux plantes médicinales ont une approche très technique, les bonbons à la fleur possèdent une aura plus poétique. Ils nous ramènent à des traditions anciennes tout en offrant un plaisir raffiné qui traverse les âges. L’histoire des bonbons à la fleur remonte à plusieurs siècles, lorsque les civilisations antiques ont commencé à explorer les saveurs et les vertus des fleurs comestibles.
En Égypte ancienne, les pétales de rose étaient utilisés pour aromatiser des mets sucrés, tandis que les Grecs incorporaient des fleurs de violette dans leurs préparations culinaires pour en sublimer l’arôme et les vertus apaisantes. Au Moyen Âge, les bonbons à la fleur étaient considérés comme des produits de luxe réservés à l’élite. Les confiseurs utilisaient des techniques minutieuses pour conserver les arômes délicats des fleurs tout en les enrobant de sucre, une denrée rare et précieuse à l’époque. Les cours royales de France et d’Angleterre raffolaient de ces gourmandises, qui symbolisaient la sophistication et l’élégance.
À partir du XIXᵉ siècle, l’essor de l’industrie sucrière rend les bonbons à la fleur accessibles à un plus large public. Ces friandises ne sont pas seulement délicieuses, elles regorgent de bienfaits liés aux propriétés naturelles des fleurs utilisées.
Les propriétés bienfaisantes des fleurs en confiserie
Chaque fleur utilisée dans la fabrication des bonbons possède des vertus spécifiques, reconnues en phytothérapie :
- Rose : Connue pour ses effets apaisants, elle aide à réduire le stress et favorise la relaxation. Ses arômes subtils évoquent douceur et romantisme.
- Violette : Cette fleur est souvent utilisée en phytothérapie pour apaiser les irritations de la gorge et calmer les tensions. Ses propriétés anti-inflammatoires en font un choix idéal pour les confiseries destinées à réconforter.
- Lavande : Elle offre une expérience relaxante, parfaite pour réduire l’anxiété et favoriser un sommeil paisible. Son parfum évoque immédiatement la sérénité des champs provençaux.
- Jasmin : Ses notes florales stimulent les sens tout en favorisant une sensation de bien-être. Il apporte une touche exotique à toute confiserie.
- Coquelicot : Très apprécié pour ses propriétés calmantes, le coquelicot aide à apaiser les troubles du sommeil et les irritations des voies respiratoires.

Création artisanale : La méthode maison
Envie de recréer cette gourmandise intemporelle à la maison ? Suivez cette recette simple pour des bonbons à la fleur faits avec amour.
Ingrédients nécessaires :
- 200 g de sucre en poudre
- 60 ml d’eau
- 1 cuillère à soupe d’eau de fleur au choix (rose, lavande, violette, jasmin, coquelicot)
- Colorant naturel (facultatif, selon la fleur choisie)
- Moules en silicone pour bonbons
Étapes de préparation :
- Préparez le sirop : Mélangez le sucre et l’eau dans une casserole. Faites chauffer à feu doux tout en remuant jusqu’à ce que le sucre soit complètement dissous. Le mélange doit devenir homogène et légèrement épais.
- Ajoutez l’arôme floral : Retirez la casserole du feu et incorporez l’eau de fleur. Si vous souhaitez colorer vos bonbons, ajoutez une goutte de colorant naturel correspondant à la fleur utilisée. Par exemple, du rose pour la rose, du violet pour la violette, ou du rouge pour le coquelicot.
- Versez dans les moules : Versez rapidement le mélange chaud dans des moules en silicone adaptés. Travaillez vite, car le sirop se solidifie rapidement.
- Laissez refroidir : Laissez les bonbons reposer à température ambiante pendant plusieurs heures. Une fois durcis, démoulez-les délicatement.
Ces bonbons se conservent dans une boîte hermétique et sont parfaits pour accompagner une tasse de thé ou pour offrir en cadeau.
La diversité des confiseries florales artisanales
Pour ceux qui souhaitent découvrir des saveurs authentiques sans passer par la cuisine, une sélection de confiseries florales de qualité artisanale offre un voyage sensoriel unique. Ces délices sont parfaits pour vous ou pour offrir lors d’occasions spéciales.
Parmi les incontournables, on retrouve :
- Bonbons d’antan à la Rose : Une douceur classique au parfum floral envoûtant.
- Bonbons d’antan à la Violette : Ces friandises intemporelles ravissent les palais avec leur arôme délicat et authentique.
- Bonbons au Coquelicot : De petites merveilles sucrées qui évoquent la gourmandise et la tradition.
- Baies à la Rose et à la Violette : Des douceurs uniques qui combinent croquant et subtilité.
- Pétales cristallisés : Qu’il s’agisse de rose ou de violette, ces pétales offrent une touche d’élégance et de finesse à vos dégustations.
Les bonbons à la fleur ne sont pas de simples sucreries ; ils incarnent un véritable voyage sensoriel. Offerts à vos proches, ils transmettent une attention délicate et sophistiquée. Lors de vos moments de dégustation, ils éveillent les papilles et offrent un instant de détente unique. Ces bonbons apportent aussi une touche d’originalité à vos événements. Ils reflètent un héritage gourmand qui traverse les siècles, alliant histoire, saveurs et bienfaits pour offrir une expérience inégalée.
Note : Pour plonger plus profondément dans les coulisses de la confiserie, il est possible de découvrir davantage sur l'histoire et les créations artisanales via les supports multimédias dédiés.