L’acte de gravir des marches est bien plus qu’un simple déplacement vertical. Qu’il s’agisse d’un pèlerinage millénaire vers des cimes sacrées, d’un défi athlétique moderne ou d’une ascension architecturale pour contempler l’histoire d’une ville, l’escalier demeure un pont symbolique entre le monde terrestre et les aspirations célestes. Cette exploration nous mène des montagnes de Chine jusqu’aux recoins insoupçonnés du patrimoine urbain, tout en interrogeant la matérialité de nos structures de passage.
Le Mont Taishan : Le sentier des empereurs et des pèlerins
En Chine, le mont Taishan est un lieu sacré depuis des millénaires. Cette masse rocheuse est la plus célèbre montagne sacrée de Chine. C'est aussi la plus sainte avec son histoire qui remonte à plus de 2000 ans. Le premier empereur est venu y proclamer l'unité de son empire. Pour atteindre les 1545 mètres d'altitude du mont Taishan, ce sont 6600 marches qu'il faut gravir.
Le lieu accueille chaque année huit millions de visiteurs. Aujourd'hui, des visiteurs de tous âges viennent y chercher une promesse de longévité et de prospérité. Et surtout repousser leurs limites physiques car l'ascension est exigeante. C'est parti pour 10 km de randonnée pour un groupe d'étudiants venus de Canton à 1800 km de là. La foule se presse sur un sentier balisé ponctué de caméras de surveillance et de haut-parleurs rappelant qu'il est interdit de fumer. L'accès à la montagne coûte près de 15 euros par personne. Et 13 euros de plus pour les plus pressés… qui évitent quelques marches grâce au téléphérique. Au bout de 1300 mètres de dénivelé positif et près de cinq heures pour nos étudiants, les échoppes ne manquent pas. Deux paliers pour admirer avant le toit.

La Porte du Paradis : Symbolisme et défis mécaniques
La route du paradis est pavée de pierre naturelle. Cela aurait pu être un nom pour un livre, mais seulement un coin du monde créé par la nature. Heaven's Gate est situé dans les montagnes Tianmen en Chine, à 1500 m d'altitude et représente le plus grand trou de grotte érodé, façonné par l'érosion du sol. Selon les légendes, l'an 263 marque la chute d'un gros morceau de montagne, créant ainsi une immense cavité - 131,5 m de haut, 57 m de large et 60 m de long - qui a créé cette porte qui semble extraite de scènes bibliques.
Au sommet de la montagne et au bout des escaliers, se trouve un sanctuaire religieux, le temple Tianmenshan, accessible en montant 999 marches en pierre naturelle. Le temple Tianmenshan a été construit en 870 et est considéré comme le centre bouddhiste du Hunan occidental. 999 marches en pierre naturelle menant à Heaven's Gate ne sont pas un nombre aléatoire. Dans la tradition taoïste, c'est le nombre suprême, symbole de l'Empereur ou du Fils du Ciel, créant ainsi encore plus de mystère.
En dehors des 999 marches en pierre et si vous n'êtes pas préparé à une montée aussi longue, vous pouvez sauter dans un bus qui passe sur 99 sinueux. On a l'impression d'être à la frontière entre le royaume divin et le monde humain, la porte du paradis des montagnes Tianmen est un endroit que vous devez visiter et apprécier dans cette vie. Heaven's Gate des montagnes Tianmen est l'une des destinations touristiques les plus populaires en Chine. Outre ses 999 escaliers de pierre qui pourraient vous effrayer, les 99 serpentins s'étendent sur une longueur de 11 km et sont censés prendre vie en prenant la forme d'un dragon blanc. Le chemin le plus rempli d'adrénaline est probablement The Coiling Dragon Cliff, fait de verre et s'étendant le long de la montagne sur 100 m de long et environ 1,6 m de large.
Et si vous considérez que monter 999 marches jusqu'à Heaven's Gate simplement pour profiter de la vue façonnée par la nature est fou, peut-être que la prochaine chose vous semblera encore plus folle : le Dragon Challenge. Land Rover, avec le pilote de course Ho-Pin Tung, a relevé le plus grand défi : accéder aux 99 sinuosités de la serpentine, puis monter les 999 marches menant à Heaven's Gate avec un Land Rover. Au-delà du fait qu'il y a 999 marches, il y a une pente de 45 degrés et à un moment donné vous ne verrez rien devant vous, sauf le ciel et la porte de la montagne. Il faut le voir pour le croire !
Range Rover Sport | Dragon Challenge
L’ascension patrimoniale : La collégiale Saint-Vulfran
« Aujourd’hui, nous allons vous faire grimper au ciel », prévient Gilles Lefeuvre, guide à l’office de tourisme d’Abbeville. Il encadre les visites guidées de la collégiale Saint-Vulfran. Mais avant d’atteindre le fameux ciel, à 56 mètres de hauteur, il faut gravir 296 marches. « La montée se fera en deux paliers, ajoute-t-il. Le premier, à une vingtaine de mètres. Il nous faut emprunter l’escalier du XVe siècle, pas très large, qui a été refait après les bombardements de 1940. »
Dont acte, non sans avoir reçu une lampe de poche, certains passages étant sombres. « Ne cherchez pas à ouvrir les portes ; certaines donnent sur le vide, alerte le guide. C’est moi qui ouvre les portes. » Un visiteur est toutefois mis à contribution pour fermer la marche. Dans l’escalier, on croise des graffitis figés dans la pierre. Beaucoup datent du XIXe. Un architecte « passé dans la région en 1725 » a aussi laissé sa trace. Le premier niveau est atteint au pied de la rosace bleue. Les toits d’Abbeville sont déjà visibles. « Au premier plan, il y a la première phase de la Reconstruction, en pierre. C’est l’œuvre de Jacques Gréber. Autour de la place de l’hôtel de ville, c’est l’architecte Clément Tambuté, avec des briques rouges. »
Au second niveau, la balustrade se trouve à