Comprendre la bordure anti-goutte : Mécanismes de protection et applications techniques

La gestion de l'eau et des flux, qu'il s'agisse de fluides de traitement phytosanitaire ou d'eaux de ruissellement sur les structures bâties, repose sur des principes physiques fondamentaux visant à contrôler la trajectoire des gouttelettes. Le terme « bordure anti-goutte » ou « profil goutte d'eau » désigne, selon le domaine d'application, soit une stratégie de limitation de la dérive des produits phytosanitaires, soit une solution constructive destinée à interrompre le cheminement de l'eau sur les façades.

La gestion de la dérive dans les applications phytosanitaires

Dans le domaine agricole, les mesures pour réduire la largeur minimale de la zone tampon sont capitales. Outre les points de dérive, des points de ruissellement doivent éventuellement être respectés. L'exigence PER (Prestations Écologiques Requises) concernant la réduction de la dérive, conformément au ch. 6.1a.4, annexe 1, OPD, est stricte. Sur les petites parcelles, pour les parcelles d’une largeur maximale de 10 mètres et les parcelles comportant jusqu’à cinq rangées, l’exigence PER de réduction de la dérive est satisfaite si, lors de traitements phytosanitaires avec un gun ou un atomiseur à dos, le jet est dirigé uniquement vers l’intérieur de la parcelle.

Schéma illustrant la trajectoire d'un jet dirigé vers l'intérieur d'une parcelle pour éviter la dérive en bordure

Les instructions de l’OSAV ne contiennent pas de mesures spécifiques pour réduire la dérive lors de l’utilisation de drones. L’exigence de « 1 point contre la dérive », prescrite dans les PER, ne peut donc pas être satisfaite. En ce qui concerne les applications effectuées au moyen de drones, des essais sont actuellement effectués pour examiner la possibilité d’utiliser des buses réduisant la dérive. C’est pourquoi il est prévu, à titre transitoire et jusqu’en 2026 inclus, de ne pas imposer la condition PER de « 1 point contre la dérive » pour les drones. S’agissant des applications aériennes au moyen d’hélicoptères, les exigences actuelles restent valables.

Facteurs influençant la dérive et l'efficacité des traitements

La dérive est un phénomène complexe influencé par plusieurs variables environnementales et techniques. Le vent est le premier facteur : la dérive est nettement plus faible lorsqu’il y a peu ou pas de vent. Lorsque la vitesse du vent est supérieure à 6 km/h, le traitement est autorisé à condition d’être indispensable ; il doit si possible être évité lorsque la vitesse est supérieure 12 km/h. La mesure de la vitesse du vent est effectuée avec un anémomètre.

La taille des gouttes est un paramètre déterminant : elle peut être optimisée par une buse et une pression appropriées. Plus les gouttes sont grosses, plus la dérive est faible. Des essais ont montré que les buses réduisant la dérive permettaient généralement d’atteindre le même niveau d’efficacité de traitement. Par ailleurs, la vitesse de déplacement joue un rôle crucial ; une vitesse de 8 km/h ne devrait pas être dépassée, car des vitesses plus élevées provoquent davantage de remous d’air.

D'autres paramètres climatiques entrent en jeu, comme la température, facteur important pour l’efficacité des PPh (Produits Phytosanitaires). L'humidité du feuillage est également critique : en temps normal, ne traiter que du feuillage sec. Enfin, l'humidité de l’air influence l'application : en dessous de 60 %, le risque d’évaporation augmente et la capacité d’absorption des plantes est moindre. Au-delà de 95 %, le risque que le PPh s’écoule de la plante augmente.

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Des solutions techniques permettent de limiter ces risques. L’installation de porte-buses permet de changer rapidement de buses. Il est aussi possible d'effectuer une adaptation du dosage en fonction du volume foliaire, ou lors de traitements de la haie foliaire ou d'applications au sol contre les adventices. Avec certains systèmes, la bouillie est appliquée simultanément de chaque côté du rang et est recyclée. Une autre barrière verticale, comme une toile d’ombrage ou une haie de protection présentant un degré d’occultation d’au moins 75 % et qui dépasse la culture de 1 m au minimum, peut être utilisée.

Profilé goutte d’eau : protection des façades et menuiseries

En construction, le profil goutte d’eau, également appelé « larmier », « goutte pendante », « casse-goutte » ou « bec », est une composante essentielle pour la pérennité du bâti. Toute fenêtre se compose d'un appui sur lequel repose son dormant, et chaque appui comprend un larmier. Cette goutte d'eau, camouflée sous l'appui et à l'apparence insignifiante, joue un rôle essentiel dans la lutte contre l’humidité qui pourrait, à terme, endommager le système d’ouverture et les matériaux d’une menuiserie.

Mécanisme physique du larmier

Il s'agit d'une sorte d'entaille ou de filet creux aménagé sous l'appui de toute fenêtre, porte ou porte-fenêtre en façade, formant une mouchette pendante. Grâce à cette excroissance creusée en canal, on interrompt dans sa course le cheminement de la pluie en la forçant à tomber verticalement. Stoppée dans son parcours, la pluie ne glisse plus le long des façades ni vers les joints. À l'abri des infiltrations, les murs et les menuiseries restent sains.

Le larmier se présente sous quatre formes principales : en quart-de-rond (forme courante), en demi-rond (à l'ancienne), en triangle (plus moderne) ou en carré (plus rarement). On trouve généralement la goutte d'eau à trois endroits différents : sur le cadre, sur le châssis ouvrant ou sur la maçonnerie.

Schéma technique montrant la coupe d'un appui de fenêtre avec le détail du larmier

Risques liés aux malfaçons

La goutte pendante est indispensable à toute menuiserie en façade. Hélas, des malfaçons sont possibles lors de la pose d'une fenêtre, de son seuil et de sa goutte pendante : un bec obstrué ou, pire, l'absence totale de larmier. La pluie ruisselle alors le long des façades et les conséquences sont catastrophiques : infiltrations d'eau, problèmes d'humidité (champignons, moisissures à l'intérieur d'une maison, pourriture du bois, tâches disgracieuses apparentes). Le cheminement de l'eau vers la maçonnerie fragilise également la structure, provoquant des fissures en façade. En effet, la pluie s'imprègne dans les murs, elle endommage les revêtements intérieurs et fait la part belle à l'apparition de moisissures.

Pour obtenir une goutte d'eau de qualité, il convient de respecter des mesures précises : une hauteur minimale de l'entaille de 6 mm et une distance minimale par rapport au mur non enduit de 4 cm. Il est crucial de bien poser les cadres de fenêtre pour ne pas obstruer les gouttes pendantes. La jonction avec la maçonnerie doit être particulièrement soignée afin d’éviter toute infiltration pluviale. Une bande de mousse asphaltée doit être interposée entre le rejingot - la partie relevée en courbe de l'appui d'une fenêtre dont le but est d'empêcher les infiltrations d'eau - et le seuil de la fenêtre. Cette bande de mousse assure l'étanchéité de la construction. Enfin, le seuil de fenêtre doit être doté de bords légèrement remontants afin d’éviter tout ruissellement d’eau.

Le profil goutte d’eau dans l’isolation thermique par l’extérieur (ITE)

Un profil goutte d’eau est un élément essentiel dans le système d’isolation thermique par l’extérieur (ITE). L’isolation thermique par l’extérieur est une méthode efficace pour améliorer les performances énergétiques d’un bâtiment en le rendant plus étanche et en réduisant les pertes de chaleur. Le profil goutte d’eau est généralement fabriqué en PVC ou en aluminium. Il est conçu de manière à évacuer rapidement l’eau de pluie qui pourrait s’infiltrer derrière l’isolant.

Installation et caractéristiques techniques

Le profil goutte d’eau joue un rôle essentiel dans la protection de l’isolant et de la structure en empêchant l’eau de pluie de s’infiltrer. Il est installé au bas du bâtiment, au niveau du sol, et est fixé directement sur la façade. En plus de protéger contre l’humidité, le profil goutte d’eau peut également servir de finition décorative pour le bas de la façade.

Il existe des variantes spécifiques, comme le profilé à larmier pour obtenir une finition propre dans les constructions d’acrotère isolées ou les sous-couches de balcon, par exemple pour les passages isolés, les dessous de balcons et de linteaux de fenêtres avec différentes épaisseurs de plâtre. On utilise souvent une branche à enduire avec une bande de tissu de fibre de verre cousue résistante aux alcalis. Un profilé de larmier en PVC avec tissu en fibre de verre cousu résistant aux alcalis est idéal pour la transition entre des enduits d’une épaisseur de 14 mm ou plus et des systèmes WDV d’une épaisseur d’enduit de 6 mm ou plus.

L’installation d’un profil goutte d’eau fait partie intégrante du processus d’isolation thermique par l’extérieur. Il est essentiel de choisir un profil de haute qualité qui garantit une protection efficace contre l’humidité. Son installation doit être réalisée avec soin par des professionnels pour garantir une efficacité maximale.

Illustration montrant le montage d'un profilé goutte d'eau sur un système d'ITE

En somme, qu’il s’agisse de la maîtrise des flux de produits phytosanitaires par l'adaptation des buses et des conditions opératoires, ou de la gestion des eaux pluviales par des profils larmiers sur les structures, l'objectif reste identique : diriger le flux pour empêcher l'imprégnation indésirable et protéger l'intégrité du milieu, qu'il soit végétal ou bâti.

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