Le Parc naturel régional de Brière, créé en 1970, est le deuxième plus grand marais de France, couvrant 56 500 hectares, dont 21 200 hectares de zones humides. Ce territoire, reconnu d'intérêt national voire international, se dote d'une cinquième charte pour la période 2029-2044, un document fondamental qui concrétise un projet ambitieux de protection et de développement durable. La charte est le document de référence qui régit un Parc naturel régional, différente dans chaque Parc.

Le Cadre de la Charte : Un Projet de Territoire Concerté
Une charte de Parc est désormais valable 15 ans. Elle est issue d’une large concertation entre les communes, les intercommunalités, départements et régions du territoire. La charte définit les missions et les objectifs du Parc naturel régional pour quinze ans. Elle consigne les priorités du Parc en matière de protection de l’environnement, d’aménagement du territoire, de développement économique et social, et d’accueil touristique. Elle résume à elle seule le projet du territoire.
Après avoir été soumise à enquête publique, la charte est approuvée par les communes constituant le territoire du Parc (EPCI), la (ou les) Région(s) et Départements concernés. Depuis 1993, les chartes sont opposables aux documents d’urbanisme, ce qui leur permet d'empêcher des projets d’aménagement non compatibles avec leurs objectifs. La charte engage l’État et les collectivités qui la signent, et oriente les politiques publiques et les actions définies en concertation avec les forces vives du territoire. L’objectif est de bâtir collectivement un projet ambitieux pour un développement équilibré du territoire.
Depuis 2012, les Parcs naturels régionaux doivent réaliser une évaluation à mi-parcours de la Charte. Ce processus d'évaluation permet d'ajuster les actions et les objectifs pour garantir l'efficacité du projet de territoire. La charte actuelle arrive à échéance en 2029, ce qui nécessite de redéfinir le cap politique pour ce territoire pour la période 2029-2044. L’enjeu qui ressort des échanges est de mettre le vivant au centre des décisions, comme le rapporte Gaëlle Gasc, cheffe de projet de révision de la Charte.
La Révision de la Charte : Un Débat sur l'Identité et le Périmètre
Le Parc naturel régional de Brière a officiellement lancé le processus de révision de sa charte le 14 mai, lors de son comité syndical. À cette occasion, une synthèse des échanges issus des deux conférences d’élus organisées les 23 avril à Mesquer et le 25 avril à Pont-Château a été présentée. Ces rencontres ont permis aux élus de fixer un premier cap politique pour l’avenir du territoire à l’horizon 2044.
Les élus ont d’abord délibéré sur le périmètre d’étude de la révision de la charte. Ce périmètre constitue l’échelle de réflexion pour le futur projet de territoire. Il a été initialement pensé à l’échelle du bassin versant du Brivet afin de permettre une gestion globale des zones humides en lien avec leur bassin d’alimentation, d'intégrer de nouveaux espaces naturels patrimoniaux (milieux humides, mares, prairies, boisements, landes, sites géologiques remarquables), de conforter les interventions déjà existantes sur ce périmètre (zones de protection spéciale de la grande Brière et des marais de Donges, plan alimentaire territorial, actions éducatives à l’échelle du bassin versant), et d'harmoniser le périmètre avec celui du Syndicat de bassin du Brivet, partenaire privilégié du PNR de Brière.
Cependant, la Région porte un projet sur l’Estuaire de la Loire. Pour ne pas contraindre ce projet, le périmètre d’étude du Parc naturel régional a dû être réduit en partie par rapport à l’échelle du bassin versant initialement proposée. Ainsi, la commune de Lavau-sur-Loire ainsi qu’une partie des communes de Montoir-de-Bretagne, Donges, La Chapelle-Launay et Savenay ne font pas partie du périmètre d’étude délibéré afin de leur laisser la possibilité d’intégrer le projet de l’Estuaire.
Les élus du comité syndical ont néanmoins demandé à l’État d’intégrer dans son avis d’opportunité l’analyse des éléments désormais exclus du périmètre d’études : l’intégralité du site Ramsar marais de Brière, les compartiments hydrauliques de gestion du Brivet, les trois canaux exutoires du bassin versant du Brivet, et la demande explicite de la commune de Lavau de participer à la réflexion de la révision de la charte du PNR de Brière.
Ces deux conférences ont marqué une étape cruciale dans la définition des orientations politiques pour l’avenir du territoire à l’horizon 2044. Le vivre ensemble et le renforcement du lien social ont été des thèmes importants. Ces journées conviviales ont également été enrichies par l’éclairage de deux « grands témoins » experts des parcs naturels régionaux, dont les interventions ont permis d’apporter des perspectives précieuses et inspirantes. La synthèse de ces discussions, qui a permis de dégager les premières orientations politiques, a été présentée aux membres du comité syndical le 14 mai. Cette présentation a permis de partager collectivement les enseignements de ces premières étapes de concertation et de donner le coup d’envoi de la phase suivante de ce processus participatif.
Gaelle Gasc, cheffe de projet révision de la charte, souligne l’importance de cette étape : « Le lancement officiel de la révision de la charte, lors du comité syndical et avec la présentation de la synthèse des échanges qui ont permis aux élus de fixer un premier cap politique, est un moment important. » Il est proposé d'intégrer les communes de Pontchâteau, Prinquiau et Besné au périmètre d'étude et de se positionner sur une extension sur l'ensemble du bassin-versant du Brivet. Le Parc naturel régional de Brière est connu et reconnu en France et en Europe. Né en 1970 dans la douleur, il doit aujourd'hui se tourner vers l'avenir et anticiper les grands enjeux. Pour cela, l'ensemble des élus et des partenaires, appelés à réfléchir à la prochaine charte, devront dessiner des lignes claires.
La question du périmètre fait déjà apparaître des visions différentes. Certains élus parlent de « l'identité briéronne », d'autres de « l'identité d'un territoire ». Avec cette question cruciale : « Où faut-il s'arrêter ? » L'actuel Parc de Brière regroupe 21 communes adhérentes des marais de Brière, du bassin-versant, du Brivet et du bassin du Mès. Le Vert Gilles Denigot a proposé de passer « d'une fonction identitaire à une fonction écologique plus large ». Jean Caillaud se pose la même question : « Nous devons nous demander si notre identité, c'est la Brière, ou si c'est la zone humide. Dans le second cas, on s'élargit ». Gérard Leray et Jean-Louis Lecorre ont peur « qu'en grandissant, le Parc se dilue ». Le président, Charles Moreau, explique que « le périmètre étudié peut être plus étendu au départ de la révision qu'à l'arrivée ». Il défend cependant « une ouverture limitée ».
Vers le nord, les élus ont un avis assez consensuel : « L'extension n'est pas souhaitable ». Le Parc se trouverait « confronté à des complications administratives » (changement de Région et changement de Département). Inclure Camoël, par exemple, reviendrait à négocier avec le Morbihan et aussi la Bretagne. Vers l'ouest, le bassin du Mès est représenté par Assérac et Saint-Molf. La logique voudrait que Mesquer rejoigne le Parc. Le maire a été contacté, « mais par le passé, la commune a déjà refusé à deux reprises son adhésion », poursuit le président.
À l'est, bassin-versant de la Brière, la situation est différente « puisque Pontchâteau, Prinquiau et Besné sont actuellement communes associées et ont vocation à devenir communes adhérentes à l'occasion de la révision de la charte ». À moins que les nouveaux maires en profitent pour faire marche arrière. Concernant Donges, il sera sans doute proposé « une extension de tout ou partie de son territoire vers l'est ». La limite sud du Parc sera toujours délimitée par la voie express. Au-delà, les zones ont vocations à être urbanisées et industrialisées. Les élus se sont mis d'accord, à l'unanimité, pour maintenir le périmètre aux 21 communes et étudier l'extension aux trois communes associées et à Mesquer.
La Préservation des Toitures de Chaume : Un Enjeu Patrimonial et Écologique
Les 2 225 couvertures en roseau, emblèmes de l’identité patrimoniale et touristique du parc, sont un sujet de préoccupation majeur. Environ 65 % d'entre elles sont situées sur le territoire de la communauté d’agglomération Cap Atlantique. La carte postale s’écorne au fil des années en raison de la prolifération d’un champignon sur les toits de chaume en Brière. Ce phénomène très complexe est lié à la présence de micro-organismes qui entraînent des dégradations prématurées des toits.
Depuis 2010, il n’existe plus d’aide financière aux particuliers qui souhaitent rénover leur toiture en chaume de la part du Parc naturel régional. Ils doivent s’adresser directement à l’intercommunalité dont ils dépendent.
Parc de Brière : les toits de chaume en danger
Cap Atlantique a renforcé son soutien auprès des propriétaires face à la prolifération de ce champignon. Un million d’euros a ainsi été fléché sur la période 2022-2026 pour éradiquer le champignon qui gangrène les roseaux. Cependant, depuis, seulement 18 000 € ont été déboursés par la collectivité. Cette dernière confie avoir reçu seulement sept demandes d’aide. Ils n’ont pour l’instant pas répondu présent, regrette-t-on au sein de l’intercommunalité.
Ce reproche a été entendu par les élus de Cap Atlantique. Le 11 avril, ces derniers ont voté à l’unanimité le renforcement du dispositif. On relève notamment la revalorisation de l’aide à la dégradation prématurée de 200 à 225 € HT par mètre carré. La collectivité a également décidé d’introduire la possibilité de recourir à l’aide plusieurs fois pour des ensembles de toiture différents, alors qu’elle n’était jusque-là accordée qu’une seule fois. Grâce à ces aides (versées sous conditions de ressources), la collectivité espère ainsi réceptionner 35 dossiers sur 2024-2025 et une cinquantaine par an à partir de 2025-2026.
Le Parc mène un programme d’actions avec les partenaires afin de mieux comprendre ce phénomène, l’enrayer et garantir la durabilité des toitures. Le climat, notamment la pollution, le changement climatique (hivers doux, taux d’azote…), sont des paramètres qui influent sur le taux d’humidité et la température de la couverture. Ces conditions offrent un environnement favorable au développement de micro-organismes. Ces derniers peuvent accélérer la dégradation naturelle de la couverture et réduire sa durée de vie. Pour limiter ce risque, il est nécessaire que l’ensemble des acteurs concernés - architecte, récoltant, chaumier, propriétaire - puissent maîtriser et contrôler un maximum de facteurs.
Des aides financières sont disponibles pour les propriétaires de chaumières grâce aux politiques d’aides financières de Saint-Nazaire Agglo et Cap Atlantique La Baule-Guérande Agglo. Le Parc met en place un soutien financier pour les propriétaires de chaumières confrontés au phénomène de dégradation prématurée de leur couverture dans le périmètre du Parc naturel régional de Brière. Pour plus de détails, il est possible de contacter le service Cap Info Habitat de Cap Atlantique La Baule-Guérande Agglo au 02 51 75 77 95 (choix 2) ou de consulter le flyer « Présentation aide couvertures chaume ».
Réglementations Spécifiques du Parc de Brière
La Commission Syndicale de Grande Brière Mottière réglemente les usages en Brière dans le but de préserver la tranquillité du site et de protéger les enjeux environnementaux.

Pêche en Brière : Pour pêcher en Brière, un permis de pêche spécifique est requis. Les tarifs appliqués sont issus de délibérations de la Commission Syndicale de Grande Brière Mottière. Ils sont affichés en mairie des 21 communes de Brière et dans les régies de Brière délivrant les cartes. Deux points de vente sont mentionnés : l'Armurerie LABBE à Montoir-de-Bretagne (35 rue Jean Jaurès - 02 40 19 55 39) et le Bureau de Tabac « Le Colvert » à Trignac (27 rue Charles Brunelière - 02 40 61 14 53).
Canoë-Kayak et Embarcations : Le canoë-kayak n'est autorisé que sur une partie du Brivet et sur la Vilaine. Seules les embarcations traditionnelles de type chaland (barque à fond plat) sont autorisées en Brière. Il n'est pas permis de prendre une embarcation autre qu’un chaland (Zodiac, planche à voile, paddle, kitesurf, scooter des mers…).
Salle de réunion de Kerhinet : La salle de réunion de Kerhinet ne peut pas être louée. Elle n’est utilisée que pour des réunions internes et les partenaires du Parc naturel régional de Brière.
Marché de Producteurs de Kerhinet : Ces marchés sont réservés aux producteurs et ont lieu tous les jeudis de juillet à début septembre de 9h à 16h. Les producteurs intéressés pour participer aux marchés de Kerhinet peuvent transmettre leur candidature au Syndicat mixte du Parc naturel régional de Brière. Cette candidature doit se composer d’une lettre décrivant les produits vendus accompagnée de l’attestation MSA et de l’attestation d’assurance des risques professionnels associés à cette activité. Les candidatures sont ensuite examinées lors de la Commission des marchés. En cas d’acceptation, la validation se fera par la signature du règlement du marché auquel le producteur devra se conformer.