L’art du bouturage appliqué au bouleau et aux espèces de bonsaï

Le monde du bonsaï est une discipline où la patience rencontre la technique. Parmi les nombreuses méthodes de multiplication, le bouturage, appelé « Sashiki » en japonais, occupe une place centrale. Il s’agit d’une méthode très économique pour obtenir de nouveaux arbres. Ce procédé permet d’augmenter le nombre de spécimens ayant les mêmes caractéristiques génétiques que l’original, créant ainsi un clone. Dans le cadre de la culture du bouleau ou d'autres espèces, maîtriser cette technique est essentiel pour tout amateur souhaitant étoffer sa collection sans passer par des investissements coûteux.

Schéma explicatif des étapes de préparation d'une bouture de bois semi-ligneux

Fondements biologiques et principes du bouturage

Une bouture est une section d’un arbre, soit avec des racines, soit la partie aérienne. Les propriétés des cellules végétales permettent de développer les tissus qui leur manquent et de continuer à vivre en tant qu’individus génétiquement identiques à l’arbre mère. Nous utilisons certaines parties de l’arbre originel telles que des rameaux, des branches ou des racines. Cette technique est utilisée par les forestiers et les maraîchers afin d’obtenir des spécimens de qualité, plus résistants et productifs.

Il est important de noter que les auxines naturelles, hormones responsables de la croissance racinaire, sont contenues dans les feuilles, mais c’est surtout dans le bourgeon terminal que l’on retrouve la plus grande concentration. C'est pourquoi, pour optimiser vos chances, il convient de préférer le bout des branches. La plupart des arbres sont facilement reproductibles par bouturage ; il suffit de choisir une branche d’un arbre existant et de la couper.

Préparation et matériel nécessaire

La bouture ne consiste pas à couper une branche n’importe où et à la planter dans la première barquette de bouillasse que l’on a sous la main. Pour réussir, il faut respecter quelques règles strictes.

Utilisez du matériel qui coupe net. Évitez tous les sécateurs qui ont tendance à écraser une partie du tissu de la branche, ce qui empêche les cellules de récupérer et de favoriser les racines. Les lames de votre outil doivent être nettoyées avant utilisation. De l’eau de javel ou de l’alcool font très bien l’affaire. Refaites un nettoyage à chaque fois que vous changez de plante ou d’espèce.

Lorsque vous avez taillé votre rameau, n’oubliez pas de porter avec vous un récipient d’eau. Ce dernier servira à immerger votre branche pour éviter un dessèchement trop rapide. La plante continue à fonctionner et à faire circuler sa sève dans ses différents canaux ; absorber une bulle d’air est ce qu’il y a de plus dangereux pour votre future bouture.

Techniques de coupe et mise en terre

La taille de la bouture devrait être d’environ 5 à 10 cm de long et 2 à 5 mm d’épaisseur. Essayez de conserver 2 ou 3 entre-nœuds en dessous des 2 ou 3 paires de feuilles. C’est à cet endroit que sortiront les prochaines racines. Elles ne sortent jamais au milieu de deux entre-nœuds, donc si votre bouture est longue sans nœud enterré, vous ne donnerez pas à la plante la possibilité de faire des racines.

Ne libèrez pas non plus le cambium de l’écorce pour l’exposer. Rien de tel pour propager des champignons pathogènes et pour créer un stress supplémentaire à votre plantule. Si vous avez fait plusieurs boutures sur une branche, vous vous retrouverez avec des boutures qui ont une coupe au-dessus. N’hésitez pas à retailler les feuilles si ces dernières sont trop grandes, ou essayez de garder les plus petites.

Comment créer un bonsaï ?

Choix du substrat et environnement de culture

Le substrat est le cœur du développement racinaire. La première chose qu’il faut absolument retenir est de ne pas utiliser vos rebuts ou les raclures de fond de tiroir. Un substrat récupéré au fond de vos étagères ne sera jamais bon ; il est souvent infesté de pathogènes et de champignons.

Un bon substrat doit être drainant tout en retenant assez d’eau. Tourbe, perlite, fibre de coco, laine de roche, écorce de pin, etc. : tous ces produits peuvent être utilisés, souvent en mélange. Si vous achetez des sacs de terreau prêts à l’emploi, n’hésitez pas à rajouter de la pouzzolane de petit diamètre pour augmenter le drainage.

Évitez tous les pots de yaourt ou les briques de lait. Utilisez des pots en plastique plein, de bonne qualité, pour éviter que les boutures ne se dessèchent trop vite. Un pot de couleur noire est conseillé. Surtout, choisissez bien votre contenant, car vous ne devrez plus toucher aux boutures pendant des mois. Le déplacement ou la prise en main du pot pour voir si les racines sortent est le meilleur moyen d’empêcher vos boutures de s’enraciner.

Utilisation des hormones et soins post-bouturage

Il existe des substances pour favoriser l’enracinement, comme l’acide indole butyrique (AIB). On trouve également des gels d’enracinement, comme le « ROOTS » ou « ROOTECH », qui contiennent parfois un fongicide utile pour éviter la pourriture de la tige. Trempez le bout coupé de la tige dans les hormones jusqu’au niveau du nœud.

Parfois, nos boutures commencent à gonfler, de nouveaux bourgeons apparaissent. C’est le moment de rester calme et de ne rien faire. L’apparition de bourgeons n’est pas un signe de pousse racinaire, mais reste un bon signal. Le vrai signal est l’apparition de nouvelles feuilles et parfois la sortie de racines sous le pot.

J’attends toujours les beaux jours pour faire mon rempotage de bouture. On peut plutôt parler de transpotage, car il n’est pas question de démonter la motte. Le jeune plant est encore fragile, il faut qu’il se développe. Lorsque les nouveaux bourgeons commencent à ouvrir, placez les boutures progressivement au soleil et enlevez le couvercle.

Illustration d'un système racinaire sain se développant dans un substrat drainant

Spécificités des espèces et perspectives d'avenir

Le printemps et l’été sont les meilleures périodes pour prélever et planter des boutures. Cependant, selon les espèces, il peut arriver que la période de taille et de bouturage ne corresponde pas. Dans le bonsaï, la taille des feuilles d’un arbre caduc, les aiguilles d’un pin, l’écorce, la taille des fruits ou la couleur des fleurs sont des facteurs déterminants pour la qualité d’un spécimen.

Ce procédé nous fait gagner plusieurs années en nous permettant de couper des boutures d’épaisseur parfois très importante, comme les oliviers de 20 ou 30 cm de diamètre qui forment leur système racinaire en un an seulement. Les Satsuki, azalées d’origine japonaise, avec leurs feuilles minuscules et leur feuillage serré, sont le résultat d’un pincement et d’une culture constants, ainsi que d’une sélection génétique drastique.

En pratiquant régulièrement le bouturage, vous apprivoiserez les besoins spécifiques de chaque essence. Que vous travailliez sur un bouleau ou une autre espèce, la persévérance est la clé. À chaque échec, cherchez à améliorer votre technique pour obtenir un taux de reprise acceptable. Une fois les racines émises, le rameau peut poursuivre une existence autonome, marquant ainsi le début d'un futur bonsaï.

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