Le guide complet du bouturage de rosier : techniques et secrets de multiplication

Le rosier est sans doute l’un des végétaux les plus emblématiques des jardins français. Vous avez repéré chez une amie les fleurs d'un magnifique rosier que vous aimeriez bien voir s'épanouir chez vous, alors pourquoi ne pas essayer d'en faire des boutures ? Que ce soit pour créer de nouvelles plantations à moindre coût, multiplier une variété précieuse ou transmettre une rose de famille, le bouturage du rosier est une méthode naturelle, simple et accessible même aux débutants. Le bouturage est une méthode de multiplication végétative qui permet d’obtenir un rosier identique au pied mère. Contrairement au semis, qui donne un individu génétiquement différent, la bouture reproduit à l’identique la variété choisie, y compris sa floraison, sa couleur et sa résistance.

Schéma illustrant les étapes de coupe d'une bouture de rosier

Comprendre le principe du bouturage

Bouturer une plante est tout simplement une technique de multiplication végétative. Elle consiste à prélever une partie de la plante, généralement une tige, et à planter cette partie dans un substrat approprié. Ainsi, la bouture va développer ses propres racines et devenir une nouvelle plante indépendante. Cependant, il faut savoir que ce nouveau végétal va être un clone parfait de la plante-mère, avec ses qualités… et ses défauts ! D'emblée, peut-être est-il judicieux de faire une mise au point : bouturer un rosier est tout à fait possible, à condition que cette opération reste dans un cadre légal uniquement personnel. En effet, créer un rosier demande un travail considérable qu'il est essentiel de respecter. Normalement, pour multiplier un rosier protégé ®, il faudrait obtenir l'accord du créateur.

Les différentes périodes et types de bouturage

Le bouturage de rosier est une technique de jardinier amateur. En effet, les professionnels pratiquent plus la greffe, une technique plus rapide et teintée de réussite. Pour autant, le bouturage est une technique très intéressante, dans le sens où les rosiers obtenus se montrent vigoureux et longévifs. De la technique choisie, dépend la date de bouturage.

  • Le bouturage à bois sec ou bouturage ligneux : pour les tiges âgées et dures, il se fait entre novembre et février sur des rameaux complètement aoûtés.
  • Le bouturage semi-ligneux ou semi-aoûté : il intervient en été, entre juillet et septembre. C'est la technique la plus courante. Les boutures de rosier se font à partir du mois d'août jusqu'à l'automne. Il s'agit d'un bouturage simple.
  • Le bouturage au printemps : en mai-juin, prélevez des boutures en coupant des tronçons de tige d'environ 20 cm de long.

Préparation et réalisation pas à pas

Pour réussir, il faut être à l’aise, car ça peut prendre du temps. Tout d’abord, sélectionnez votre tige en effectuant une coupe nette et légèrement oblique juste en dessous d’un bourgeon. Avec un sécateur, commencer par prélever des rameaux déjà lignifiés, longs de 20 à 25 cm, sur les tiges saines d’un rosier. Coupez la tête, trop tendre, au-dessus de deux feuilles alternes, et coupez environ 15 cm en dessous.

Bouturer des Rosiers 🌹 Quand et Comment faire ? [4 étapes]

Les feuilles sont presque toutes enlevées, coupées proprement, sauf 2 ou 3 folioles bien vertes qui sont laissées. En effet, diminuer la surface foliaire va limiter la transpiration et donc les pertes d’eau de la bouture. Avec un instrument aiguisé, le bas de la bouture est coupé proprement en biseaux. De même, 2 ou 3 scarifications longitudinales de 2 cm sont incisées. On peut aussi décoller parcimonieusement sans la casser un peu de l’écorce souple et verte.

Le rôle des hormones et les alternatives naturelles

La réponse n’est jamais claire, finalement. L’hormone de bouturage peut aider, mais a un effet défavorable lorsqu’elle est trop concentrée. De plus, ces hormones sont vite périmées et sans effet. Ce sera donc à votre jugement. Oui, il est tout à fait possible de bouturer un rosier sans utiliser d’hormone de bouturage chimique. Voici quelques alternatives :

  • L’infusion de saule : riche en acide salicylique, elle stimule la croissance des racines. Faites tremper de jeunes rameaux de saule (qui contiennent des auxines) dans de l’eau pendant 24 à 48 h.
  • Le miel pur : il possède des propriétés antibactériennes et peut légèrement favoriser l’enracinement.
  • L’eau de cuisson des lentilles : elles contiennent des hormones naturelles de croissance.

Plantation et gestion de l'humidité

Utilisez un petit bâton pour forer un trou dans le pot avant d’enfoncer le rameau. Plantez la tige en l'enfonçant de 5 cm environ, dans un petit pot contenant un substrat fait d'un mélange 50/50 de sable et de tourbe blonde. Pour éviter aux boutures de rosier de sécher avec les courants d’air ou de transpirer plus que leur réserve ne le supporterait, les boutures sont enfermées dans un espace clos.

La technique de la bouteille consiste à créer une mini‑serre pour favoriser l’enracinement. Il suffit de couper une bouteille en plastique, de remplir la base de terreau léger et humide, puis d’y planter une tige de rosier fraîchement prélevée. Vous devez garder les pots de vos boutures humides à la chaleur mais pas au soleil : idéalement, une véranda ou une serre que vous aèrerez régulièrement pour éviter le développement de pourritures. Si vos boutures sèchent ou pourrissent, c'est un échec.

Illustration d'une bouture sous une bouteille en plastique faisant office de serre

Le mythe de la pomme de terre

Vous avez peut-être vu circuler l’astuce consistant à planter une bouture de rosier dans une pomme de terre avant de l’enfouir en terre. Cette méthode virale intrigue de nombreux jardiniers. La pomme de terre est riche en eau, en amidon et en nutriments. Dans la pratique, les résultats sont mitigés. Bouturer un rosier dans une pomme de terre n’est pas une méthode miracle, mais elle peut fonctionner dans des conditions bien maîtrisées. Elle est plus intéressante comme expérience ludique ou pédagogique.

Suivi et repiquage

Il faut être patient, parfois l'apparition des premiers boutons peut prendre du temps. Après 6 à 8 semaines, les premières racines sont apparues. Le substrat allégé permet alors de les séparer facilement les unes des autres. Le repiquage doit se faire dans un substrat aéré et dans un pot de petite taille (environ 1 Litre) afin de permettre à votre plante de le coloniser au plus vite.

Pour les boutures de rosier d'été, à l’automne, vous pouvez repiquer dans un pot plus grand ou planter en pleine terre dans une zone protégée du gel. Tous les rosiers ne se valent pas en termes de bouturage. Les rosiers anciens, comme Rosa rugosa ou Rosa gallica, prennent facilement racine. Les rosiers buissons s’enracinent bien à partir de tiges semi-ligneuses. Les rosiers grimpants peuvent aussi être bouturés, à condition de bien choisir les tiges. Il faut prélever des pousses secondaires non fleuries.

Conseils pour les jardiniers urbains

Si vous ne disposez pas d’un jardin, sachez qu’il est tout à fait possible de cultiver un rosier en pot sur un balcon ou une terrasse. Un rosier, même de petite taille, a besoin d’un pot assez profond (au moins 30 cm de haut) et large (30 à 40 cm de diamètre). Préférez un pot en terre cuite ou en plastique résistant aux UV, bien drainé. Mélangez du terreau pour rosiers avec un peu de compost ou d’engrais organique et du sable pour alléger le mélange. Un rosier en pot appréciera un balcon bien exposé, ensoleillé au moins 5 à 6 heures par jour. L’arrosage est plus fréquent qu’en pleine terre, surtout en été. Arrosez dès que la terre sèche en surface, sans jamais laisser le pot baigner dans une soucoupe d’eau stagnante. Un apport d’engrais naturel tous les 15 jours pendant la période de floraison renforce la vigueur du rosier. Multiplier vos rosiers par bouturage est une technique accessible à tous, qui permet de conserver et partager vos variétés préférées.

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