Les séquoias, qu'il s'agisse du séquoia géant (Sequoiadendron giganteum) ou du séquoia toujours vert (Sequoia sempervirens), font partie des arbres les plus majestueux et les plus grands au monde, dépassant allègrement les 100 mètres de haut. Ces géants de la terre sont originaires d'Amérique du Nord, notamment des forêts côtières de Californie et de l'Oregon pour le Sequoia sempervirens, également connu sous le nom de redwood. Le gigantisme est une caractéristique frappante de ces espèces. Cultiver soi-même un séquoia géant est une aventure passionnante et tout à fait possible, bien qu'elle nécessite patience et savoir-faire. Cependant, avant de vous lancer, il est crucial de considérer l'avenir de votre arbre : au bout d'une année, votre jeune séquoia devra trouver une terre d'accueil. Les racines d'un séquoia de 20 cm mesurent déjà 1m50 de long. Il est impératif de ne pas planter un séquoia à moins de vingt mètres d'un bâtiment et d'éviter les espaces bitumés, car un espace minimal doit être prévu autour de l'arbre pour permettre aux racines de recueillir les eaux de surface.

Les Différentes Méthodes de Multiplication des Conifères, dont le Séquoia
La multiplication des conifères peut s’effectuer de plusieurs façons, parmi lesquelles le semis, le bouturage, le marcottage et le greffage. Les trois dernières techniques (bouturage, marcottage, greffage) assurent la conformité avec la plante mère, garantissant ainsi les caractéristiques génétiques de l'arbre d'origine. En revanche, le séquoia géant ne se reproduit jamais de façon naturelle en dehors de son milieu d’origine, ce qui rend ces méthodes de culture d'autant plus pertinentes.

La Multiplication par Semis : La Voie Naturelle
La méthode par semis est sans doute la plus « naturelle » et, dans la nature, tous les conifères, à l’exception de quelques cultivars, se multiplient de cette façon. Nous procédons à des essais avec plus ou moins de succès depuis plusieurs années. Un séquoia, même assez jeune, produit une belle quantité de cônes femelles ovoïdes. Ces cônes ont grosso-modo la taille d’un œuf de poule et leur taille varie de 3 à 7 cm pour le séquoia géant, tandis que ceux du Sequoia sempervirens sont beaucoup plus petits, mesurant 1,5 à 2,5 cm de long. Les cônes peuvent rester des années sur l’arbre, en Californie, jusqu’à vingt ans ! Sur l’arbre, ils sont tout verts et fermés. Ces cônes recèlent les graines que vous devrez planter. Un seul cône peut contenir jusqu’à deux cents graines environ. La plupart des cônes que vous trouverez par terre seront bruns et partiellement ouverts, ayant déjà lâché une bonne partie de leurs graines. Sans vérité scientifique absolue, il est conseillé de choisir si possible les plus gros cônes des plus gros/anciens arbres que vous croisez.
Récolte et Préparation des Graines
Pour recueillir les graines, la méthode est simple : placer les cônes dans un plat ou une soucoupe à proximité d’une source de chaleur. Ils s’ouvriront progressivement et vous permettront de recueillir les graines. Cogner délicatement deux cônes l’un contre l’autre au-dessus de votre récipient permet aux graines de s’en échapper peu à peu. Si vous disposez de cônes verts, il suffit d’avoir un peu plus de patience, car ils bruniront tranquillement près de votre source de chaleur en environ deux semaines.

Stratification et Conditions de Germination
La stratification est un processus clé pour de nombreuses graines de conifères, y compris celles des séquoias, car elle imite les conditions hivernales nécessaires à la levée de la dormance. Cette méthode implique de soumettre les graines à une période de froid humide. Les semences passent l’hiver dans de la tourbe humide, ou plus simplement, vous pouvez placer les graines dans un sac en plastique avec du terreau humide et mettre le sac au réfrigérateur pendant environ 4 à 6 semaines.
Il est crucial de ne pas mettre tous vos œufs dans le même panier et de ne pas appliquer le même traitement à toute votre récolte. Le but est de créer un choc thermique et de déclencher la germination par le changement de température. L’idée est de déjà démarrer la germination à froid dans l’obscurité, bien que le risque ici soit d’humidifier de trop et de moisir les graines prématurément.
Pour venir à bout des téguments coriaces de certaines graines, il existe aussi des méthodes plus rudes, appelées scarifications, comme l’emploi de gravier dans une bétonnière ou d’acide pour dissoudre les coques des graines les plus dures. Dans la nature, ce type de traitement existe aussi, puisqu’on raconte que les feux de forêt dans les Montagnes Rocheuses permettent une meilleure levée des graines de Séquoia l’année suivante. La chaleur intense d’un incendie est nécessaire pour libérer les graines, et ces dernières ne germent que sur un sol récemment incendié, riche en cendres et à l'abri de la lumière.
Semis et Soins des Jeunes Plants
Bien que les graines puissent germer toute l’année, les meilleurs résultats s’obtiennent entre février et mai. Préparez des bacs ou des pots à semis avec un mélange idéal de 2/3 de terreau et d'1/3 de sable, car le substrat doit être bien drainé et fertile. Pour le Sequoia sempervirens, un mélange de terreau pour semis, bien drainé et riche en nutriments, est recommandé. Semez les graines de séquoia géant à environ 2,5 cm de profondeur dans le substrat préparé, ou retirez les graines du réfrigérateur et semez-les à une profondeur d'environ 5 mm dans les pots.
Humidifiez la terre en évitant un arrosage excessif ; un pulvérisateur est idéal. Ne noyez pas les graines dans une terre détrempée. Il est aussi important de bien espacer les graines, car les petites racines couvriront un bon périmètre en faible ou moyenne profondeur. Une chaleur intense initiale sur le bac à semis pourrait réveiller les graines.
Les jeunes plants peuvent apparaître rapidement (deux ou trois jours) ou bien plus tard (plusieurs mois) ! Une fois que les premiers plants apparaissent, réduisez drastiquement l’arrosage. Ne pulvérisez pas sur la plante, car les petits séquoias pourrissent très rapidement pour un rien. Essayez d’arroser délicatement à proximité. La racine de votre bébé de deux centimètres en fera facilement trois ou quatre sous terre après quelques semaines.
Le jeune séquoia commence par développer en général quatre, mais parfois trois ou cinq, petites feuilles : ses dicotylédones. Ces feuilles lui servent de garde-manger. Après environ un mois, les premières vraies feuilles apparaissent. À partir de ce moment, vous pouvez envisager de replanter votre bébé si nécessaire, par exemple s’il est né dans une jardinière commune avec d’autres semis. Veillez à maintenir la noix de terre autour du plant lors de ce transvasement, une opération souvent délicate.
Après leur percée, il est recommandé de les mettre au soleil, en évitant l’arrosage abusif ou le coup de soleil prolongé.
La Contrainte Génétique des Graines
Nos expériences d'amateurs ont révélé une contrainte génétique notable. Sans pouvoir présenter ceci comme un fait scientifique prouvé, nous constatons que le rapport de germination entre les graines récoltées de séquoias solitaires (même parmi les plus imposants) et celles de séquoias vivant en groupe est au mieux de 1 à 5. Le séquoia est une espèce monoïque, c'est-à-dire qu'un arbre porte à la fois les cônes mâles et femelles, et il peut se féconder tout seul (autogamie). Néanmoins, la connaissance de l’origine des semences est très importante pour être assuré de la pureté de la variété, le croisement naturel étant fréquent.
Essaie Germination Séquoia Géant V2
La Multiplication par Bouturage : Une Pratique Industrielle Courante
Le bouturage reste la pratique la plus courante en horticulture, notamment de façon industrielle. Cette forme de clonage permet de multiplier par milliers toutes sortes de conifères d’ornement. Les genres les plus bouturés sont les Thuya, les Cupressocyparis, les Chamaecyparis et les Juniperus. Le bouturage peut être utilisé pour d’autres genres comme Cupressus, Picea et Pinus, mais demande des techniques et des moyens plus élaborés, avec un temps d’enracinement plus long, par exemple deux hivers pour les épicéas. Dans notre entreprise, nous réalisons un million de boutures de conifères par an.
Choix du Matériel et Saison Idéale
La meilleure saison de bouturage des conifères se situe en novembre et décembre, à l’arrêt de la croissance végétative. Il est essentiel d'utiliser un rameau sain, coupé au sécateur, prélevé sur une plante de bonne vigueur n’ayant pas souffert de la chaleur estivale ni de la sécheresse. Le feuillage ne doit pas présenter de taches de « rouille », souvent signe de maladies cryptogamiques. La bonne qualité du pied-mère est un critère de réussite pour le bouturage. Pour certains genres comme Juniperus, plus la plante à multiplier est jeune, meilleur sera l’enracinement ; les plantes âgées donnent de moins bons résultats. Les arbustes peuvent être rajeunis par un recépage ou une taille sévère et des soins appropriés (engrais et arrosage), bien que le résultat ne soit pas toujours assuré avec les conifères qui n’apprécient pas ce type de tailles.
Types de Boutures et Préparation
Deux types de boutures peuvent être pratiqués : la bouture de tronçon et la bouture à talon. Le choix dépend du genre à multiplier. La bouture à talon offre une surface cambiale plus importante, car l’émission des racines se fait à proximité des zones profondes de la tige, donc du cambium. Il est possible de faire des blessures le long de la tige de la bouture pour provoquer l’apparition d’un cal préalable à l’enracinement. Pour les conifères caducs (Taxodium), la bouture ressemble alors à une bouture dite de bois sec, de douze centimètres de long et de la grosseur d’un crayon. Pour stimuler la formation du cal d’enracinement, une incision sur un côté (un simple écorçage avec un outil tranchant) est un plus.
L’architecture de la bouture est importante pour la suite de la culture. Une bouture est en effet un petit arbre ou arbuste miniature, et la forme générale de la plante doit se retrouver dans la bouture. Une bouture de conifère élancé sera élancée. Pour les conifères dont les ramules se développent dans un plan horizontal (végétation « plate »), comme Thuya plicata, l’opérateur va chercher une charpente équilibrée (par exemple, trois ramules bien marquées). Dans la plupart des cas, la base de la bouture sera composée de bois marron mature (lignifié), et la partie aérienne sera composée de rameaux « feuillés », puisqu’il s’agit en grande majorité d’espèces à feuillage persistant. La longueur de la bouture peut varier d’une variété à l’autre, douze centimètres étant une moyenne. Pour limiter les problèmes phytosanitaires, la taille du feuillage doit se faire au niveau des « écailles » et non à la poignée.

Utilisation d'Hormones d'Enracinement
L’emploi d’hormone végétale d’enracinement (auxine) s’avère fort utile voire indispensable dans certains cas. L’hormone améliore la qualité et le volume des racines. Dans le commerce, vous trouverez facilement des produits d’enracinement dont la matière active est l’acide beta indole butyrique (AIB). La forme poudre est la plus facile à utiliser, composée de talc et d’une faible quantité d’auxine à des concentrations allant de 0,1% à 2%. Certaines marques incluent des fongicides dans leur préparation. L’utilisation est simple : il suffit de tremper la base de la bouture sur 0,5 cm dans la poudre et de secouer pour faire tomber le surplus. Certaines espèces nécessitent une hormone à forte concentration, comme le Cupressocyparis (1 ou 2%), tandis que d’autres comme Thuya occidentalis ne nécessitent qu’une concentration de 0,1%.
Plantation et Suivi des Boutures
Arrive ensuite la phase de plantation. Vous pouvez planter les boutures en pleine terre, dans un coin de votre potager par exemple, dans une caissette à semis, ou dans un autre support comme des plaques alvéolées ou des pots. Dans tous les cas, la qualité du substrat est essentielle. Votre terreau doit être drainant mais pas séchant, non asphyxiant mais pas non plus trop aéré. Si votre terre de jardin est argileuse, n’hésitez pas à lui incorporer du sable grossier. Pour les supports hors sol, l’idéal est un mélange composé de 75% de tourbe blonde de bonne qualité et de 25% de sable grossier. La tourbe retiendra l’eau nécessaire à la vie de la plante et le sable sera un bon élément régulateur de l’humidité. En arrosant votre lieu de plantation la veille, vous aurez une terre ressuyée de façon idéale. Pour le bouturage de conifères, il est déconseillé d’utiliser des éléments grossiers du type écorce ou fibre de coco, car ils accentuent le phénomène de cal d’enracinement et nuisent à la qualité des racines.
La bouture doit être enfoncée jusqu’au feuillage, et la base de la plante doit être cernée délicatement avec les doigts. Celle-ci sera plantée le plus droit possible. La densité de plantation est un facteur de réussite important : les feuillages doivent se frôler mais ne pas se toucher, créant ainsi un microclimat autour de la culture. La dernière opération de fabrication sera un arrosage fin mais suffisant.
Le suivi de la culture dépendra des moyens à disposition. La méthode la plus simple consiste à couvrir la culture avec un plastique de type polyane placé à 15 cm au-dessus des plantes et supporté par des arceaux. Les conifères sont sensibles aux stress hydriques (le trop comme le pas assez). L’exposition doit éviter les excès de températures et de soleil. Durant la période d’hiver (jusqu’en fin février), il suffit de découvrir la culture lors d’une journée clémente, une fois toutes les trois semaines. Ensuite, selon les conditions climatiques, il faudra aérer de plus en plus souvent jusqu’à complet sevrage. N’oubliez pas les soins habituels de suivi (arrosage, désherbage, engrais). À la fin de l’été, l’enracinement doit être acquis.
La Multiplication par Marcottage : Pour des Variétés Spécifiques
La marcotte peut se pratiquer, à l’occasion, sur certaines variétés pour multiplier à l’unité, notamment chez le particulier. Ce type de multiplication n’est pas pratiqué à l’échelle industrielle. Certains Juniperus, par leur forme naturelle (rameaux rampants), peuvent se prêter à ce genre de multiplication. De même, les conifères à branches souples et à enracinement facile comme les Thuya semblent présenter les qualités d’une bonne réussite en marcottage. Dans la nature d’ailleurs, il n’est pas rare que le Thuja plicata se marcotte spontanément, ce qui lui confère sa silhouette caractéristique, ventrue à la base, et assure une bonne homogénéité de la base lorsqu’il est conduit en haie.
La technique est simple : arquer la branche à marcotter, dégarnir la partie à enfouir sous terre en n’omettant pas de pratiquer une blessure sur la partie posée sur le sol, afin d’induire la réaction de multiplication des cellules préalable à l’enracinement. Fixer le rameau solidement avec un cavalier en fil de fer, recouvrir la partie préparée de terre végétale, arroser et s’armer de patience. Il faut au moins une année pour voir les résultats de la marcotte. Régulièrement, il faut vérifier l’avancement de l’enracinement. L’emploi d’hormones d’enracinement peut être un plus, il suffit alors d’appliquer un peu de poudre sur la blessure avec un doigt humide ou un autre support.
La Multiplication par Greffage : Pour les Récalcitrants et les Sols Spécifiques
Certains conifères sont multipliés par greffage, car par expérience, nous savons qu’ils ne s’enracinent pas ou que leurs racines ne sont pas de qualité suffisante pour permettre à la plante d’avoir une végétation « solide » (par exemple Cupressus, Cedrus, de nombreux cultivars). De plus, l’emploi d’un porte-greffe adapté permet de cultiver certaines plantes dans des sols qui leur seraient interdits autrement. Pour les conifères, l’exemple le plus connu est le Cupressocyparis leylandii qui, greffé sur Cupressus sempervirens, peut pousser dans les sols calcaires.
Le greffage des conifères reste une technique de multiplication délicate. Elle demande des moyens plus importants que pour le bouturage. Il faut une serre ou un châssis, posséder des porte-greffes élevés en godets depuis au moins un an et une grande dextérité. Les porte-greffes sont issus la plupart du temps de semis. Ils sont de la même famille botanique que la variété à greffer mais pas forcément du même genre. On peut greffer du Calocedrus (Libocedrus) sur Thuya par exemple. Le choix des porte-greffes demande des connaissances particulières. Ainsi, le choix des porte-greffes dans la multiplication des pins se fait en fonction du nombre des aiguilles (les pins peuvent avoir les aiguilles groupées par 2, 3, 5 ou 7). Dans le jargon professionnel, on parle de greffer un 2 aiguilles sur un 2 aiguilles (exemple : Pinus sylvestris comme porte-greffe et Pinus sylvestris ‘Fastigiata’ comme greffon). Notre entreprise produit annuellement 15 000 conifères greffés.
Technique de Greffage et Suivi
Le type de greffage le plus utilisé est la greffe en placage sur le côté. Elle se pratique d’octobre à mars. Le porte-greffe est dégarni en base sur 3 ou 4 cm et étêté à 20 cm de haut. Le sujet doit faire en moyenne 0,5 cm de diamètre. Le greffon, choisi sur un pied-mère sain, doit avoir une base mature de couleur marron et doit être légèrement plus fin que le sujet à greffer. La longueur varie selon l’espèce à multiplier (pas plus de 15 cm). La base du greffon est dégagée sur 3 à 4 cm.
La partie la plus délicate est de soulever une languette d’écorce sur la partie dégagée du porte-greffe avec un greffoir ou un cutter. Sur le greffon, l’opérateur va écorcer les côtés opposés avec le même outil et couper la base en biseau. Ensuite, le greffeur va glisser le greffon sous l’écorce du porte-greffe, le biseau en haut. Puis, on va ligaturer l’ensemble en utilisant du raphia ou une attache élastique spécifique. Comme dans le bouturage, le miracle viendra du cambium. Si l’opération est faite avec minutie, celui du greffon sera en contact avec celui du porte-greffe et la cicatrisation pourra se faire. Le suivi de culture est proche de celui de la bouture avec une opération supplémentaire : le sevrage du porte-greffe, à effectuer en mai-juin. Pour les conifères caducs comme le Ginkgo, la greffe à l’anglaise donne de bons résultats.
La Multiplication par Rejets (Suckers) : Une Stratégie Naturelle pour le Sequoia sempervirens
Le Sequoia sempervirens, ou séquoia toujours vert, a une capacité unique à se reproduire par rejets de souche (suckers), particulièrement après une coupe ou un feu. Pour ma part, je n'ai vu réussir que des plans à partir de petits rejets (surgeons) d'un groupe de 2 ou 3 arbres. Cette méthode est en fait une forme de clonage naturel, assurant la fidélité génétique à la plante mère. Les rejets se développent à partir de bourgeons dormants situés sur la souche ou le système racinaire de l'arbre. Le séquoia toujours vert est reconnu pour sa capacité à "se régénérer indéfiniment" par rejets de souche et produit rarement des cultures de cônes dans certaines conditions. Cela explique pourquoi on doit parfois recourir à la multiplication végétative pour produire des ramets pour les plantations d'essai.

Les Séquoias : Deux Espèces Phares et Leurs Spécificités
Les séquoias géant et toujours vert sont souvent confondus, mais ils présentent des différences notables en termes de morphologie, d'habitat et de résilience.
Sequoia sempervirens (Séquoia Toujours Vert ou Redwood)
Le Sequoia sempervirens (D.Don) Endl. (1847), avec ses 18 synonymes retenus dont Sequoia sempervirens var. 'Adpressa', est également appelé séquoia toujours vert ou redwood aux États-Unis. Ce conifère est originaire des forêts côtières de Californie et de l'Oregon. Il peut se vanter d'être l'arbre le plus grand du monde avec son spécimen nommé "Hyperion" situé dans le parc national de Redwood aux États-Unis, qui atteint 116m de haut. Il forme un arbre à la silhouette colonnaire, conique, portant des branches étalées ou même retombantes. Son tronc est proportionnellement beaucoup plus mince que celui du séquoia géant. Son feuillage persistant, aromatique (3 canaux résinifères), est plat et ressemble à celui de l'If (Taxus), d'où son nom. Les feuilles, linéaires, mesurent 15 à 20 cm de long, sont larges et très aplaties, vert foncé dessus et vert bleuâtre au revers. L'écorce est fibreuse, épaisse, spongieuse de 15 à 30 cm, rouge orangée ou brun rougeâtre, profondément fissurée verticalement et surtout ininflammable. Les cônes de cet arbre monoïque sont formés d'une vingtaine d'écailles épaisses cachant des graines, et ressemblent à ceux du séquoia géant mais en beaucoup plus petits (1,5 à 2,5cm de long).
Le Sequoia sempervirens demande beaucoup d'eau. Bien que découvert par le botaniste anglais Archibald Menzies vers 1769, il a été introduit en Europe en 1840 à Saint-Pétersbourg, puis quelques années plus tard en Angleterre par Théodor Hartweg. Il est cultivé en Amérique du Nord pour l'exploitation de son bois brun rouge ou brun foncé à grains très fins, car il est dépourvu de canaux résinifères, recherché comme matériaux de construction, utilisé en ébénisterie et menuiserie. Jusqu'en 1930, son bois était exploité à grande échelle ; à partir de cette date, des parcs furent délimités pour préserver les plus beaux spécimens, longeant la célèbre route 101. Au nord de la Californie, dans le parc national de Redwood (comté de Humboldt) vit un séquoia millénaire de plus de 60 m de haut, d'une circonférence de 40 pieds (12,19 m) surnommé Luna. Grâce à Julia Butterfly Hill, il a échappé à la coupe à blanc prévue suite à des glissements de terrain détruisant l'habitat de 7 familles. Julia a vécu 738 jours (du 10 décembre 1997 au 18 décembre 1999) sur une plate-forme érigée à 50 m pour le sauver de l'abattage par la Pacific Lumber Company et pour sensibiliser le monde entier. Un accord a été obtenu pour que Luna et les arbres sur ce flanc de colline dans un rayon de 1,2 hectare soient préservés à vie. Malheureusement, en novembre 2000, des vandales ont fait deux coupes profondes sur les deux tiers du tronc, le rendant vulnérable. La Sanctuary Forest, avec des experts, a fixé 5 broches de métal et 4 câbles pour le stabiliser.
Le Sequoia sempervirens se cultive en situation abritée et ensoleillée, dans un sol profond, humifère, frais et bien drainé. C'est un arbre qui gagne, esthétiquement, à être planté en isolé, ce qui implique d'avoir un grand jardin idéalement situé en Bretagne ou sur la façade ouest de la France connaissant une pluviométrie plus importante. Les pousses et les jeunes sujets sont sensibles au gel printanier. Cependant, le Sequoia sempervirens présente une meilleure résistance au froid et pâtit moins des gelées dans le nord de la France que le Sequoiadendron giganteum. Des plants provenant du sud de la Californie ont montré une meilleure résistance au gel lors d'essais en France.
Il est à noter que le Sequoia sempervirens possède une écorce fibreuse, épaisse, spongieuse et ininflammable. Son bois est plus précieux que le pin ou le sapin Douglas, offrant une valeur commerciale notable. Sur les meilleurs sites, il peut produire 30 m3 de bois par hectare et par an.
Essaie Germination Séquoia Géant V2
Sequoiadendron giganteum (Séquoia Géant)
Le Sequoiadendron giganteum est le séquoia qui détient le record de volume, son tronc étant beaucoup plus large que celui du Sequoia sempervirens, pouvant atteindre 9 m de diamètre. Son feuillage est composé de petites aiguilles en forme de crochets, de 3 à 15 mm de long. Son écorce, épaisse jusqu'à 60 cm, est rouge orangée ou brun rougeâtre et profondément fissurée, mais surtout ininflammable. Les cônes femelles sont ovoïdes, mesurant 3 à 7 cm, et peuvent rester sur l'arbre jusqu'à 20 ans. Un parfum d'anis se dégage de son feuillage lorsqu'on le frotte.
Le séquoia géant est moins adapté aux climats froids que le sempervirens, mais il est remarquable par sa grande capacité d'adaptation. Il peut pousser dans un sol drainé, acide ou calcaire, mais assez riche. Il demande un sol frais et profond, une terre légèrement acide, un climat tempéré et une humidité atmosphérique régulière. Il est recommandé de le planter en plein soleil, surtout après les premières années, mais en situation abritée des vents desséchants. Les pousses et les jeunes sujets sont sensibles au gel printanier.
Malgré sa taille imposante, le séquoia géant présente un rapport bois/feuillage particulier : le bois de l'arbre ne représente que 6 % de sa masse totale, et il est très efficace pour puiser l'eau grâce à un système racinaire qui se développe surtout en surface. Il peut pomper 2000 litres d'eau par jour et la faire remonter jusqu'à 100 mètres de hauteur. Sa stabilité est assurée par ses troncs réguliers de forme conique.
Les semis naturels sont parfois observés mais ils demeurent rares, nécessitant un sol récemment incendié pour germer. Les feux de forêt permettent une meilleure levée des graines de Séquoia.

Conseils Généraux de Culture et Entretien
Le séquoia est un arbre à la croissance rapide souvent planté dans les jardins botaniques. S'il existe trois grandes espèces de séquoia, l'arbre se décline en de nombreuses variétés moins imposantes et adaptées aux jardins. Avec son feuillage verdoyant et persistant, il donne du cachet tout en offrant un coin d'ombre.
Emplacement Idéal et Besoins Spécifiques
Le séquoia est un arbre à réserver pour les grands parcs et les arboretums. En Europe, par exemple, de très beaux spécimens sont visibles à l'Arboretum des Barres, ainsi qu'à Leighton (Welshpool) dans le centre du Pays de Galles. Le Sequoia sempervirens 'Adpressa', par exemple, a une taille adulte de 6 m, bien moins imposante que les spécimens sauvages.
Un emplacement idéal pour les jeunes plants de séquoia doit être choisi avec soin. Les petites racines devraient couvrir un bon périmètre en faible ou moyenne profondeur. Une fois que les plants ont percé, il est bon de les exposer au soleil, tout en veillant à ne pas les laisser subir un coup de soleil prolongé ou un arrosage abusif.
Le séquoia toujours vert, par exemple, a besoin de beaucoup d'eau. Il est sensible aux stress hydriques, qu'il s'agisse d'un excès ou d'un manque. Durant les premières années, il est préférable de le planter en plein soleil, en évitant toutefois les excès de températures et de rayonnement. Les pousses et les jeunes sujets sont sensibles au gel printanier, ce qui explique pourquoi la zone de rusticité du Sequoia sempervirens est 8-10 (U-K Hardiness H6, USDA zones 7-9).
Problèmes Courants et Protection
Un problème courant peut être une altération de couleur du feuillage, souvent d'origine fongique, mais sans conséquence sérieuse. Le séquoia, avec son écorce ininflammable, peut résister au feu, mais est vulnérable si un incendie brûle la cime ou si la chaleur intense des feux modernes de pinèdes le submerge.
En Californie, le 8 janvier 2017, dans la forêt de séquoias géants du parc d'État de Calaveras Big Trees, le séquoia 'Pioneer Cabin Tree', célèbre pour son tunnel creusé dans son tronc dans les années 1880, n'a pas résisté à une tempête et est tombé, témoignant de la vulnérabilité de ces géants face aux éléments.
Le séquoia géant est le seul grand arbre que la foudre a épargné jusqu'ici, grâce à son écorce isolante.

Études et Recherches sur les Séquoias
Des recherches intensives sur les séquoias sont menées pour comprendre et optimiser leur croissance. Le Sequoia sempervirens (D.Don.) Endl. est étudié à travers des parcelles expérimentales dans divers pays comme les États-Unis (Brookings, Orégon ; Lafayette, Californie), la France (Angers, Dijon, Malissard, Etançon), l'Espagne, la Grande-Bretagne et la Nouvelle-Zélande. Des essais de provenances couvrant toute l'aire du Sequoia sempervirens ont été mis en place.
Les clones provenant des régions sud de la Californie ont montré des taux de croissance plus élevés et une meilleure résistance au gel dans certaines zones d'essai, notamment en France, qu'ils n'auraient pas pu exprimer dans leurs régions d'origine. Les plants de provenances du sud ont généralement mieux réussi dans des régions plus fraîches comme Brookings et Etançon.
En revanche, l'étude à Clemson, Caroline du Sud, a montré un schéma nord-sud de survie, avec des provenances du nord ayant une meilleure survie. Cela indique la complexité de l'adaptation génétique des séquoias à différents climats. Des clones comme ceux provenant du comté de Mendocino, réputés pour leur tolérance au froid, ont été utilisés dans des plantations d'essai.
Des chercheurs ont également étudié les relations entre les traits de croissance et les taux de chaleur métabolique chez les redwoods. Des plants de 20 cm cultivés en conteneurs pendant 6 mois après l'enracinement sont disponibles pour de futures études.
Historique et Conservation
Le Sequoia sempervirens a été découvert par le botaniste anglais Archibald Menzies vers 1769 et introduit en Europe en 1840. Quant au Sequoiadendron giganteum, il est parvenu en Europe en 1853, détrônant le Sequoia sempervirens qui détenait jusque-là le record de hauteur connu en France.
Les séquoias ont une histoire riche, liée à la ruée vers l'or en Californie, où leur bois était exploité à grande échelle pour la construction, notamment pour les mines. Plus tard, des efforts de conservation majeurs ont été mis en place, notamment la création de parcs nationaux le long de la célèbre route 101.
Des figures emblématiques comme Julia Butterfly Hill ont marqué l'histoire de la conservation des séquoias, par son action pour sauver l'arbre "Luna". Le nom "Séquoia" lui-même rend hommage à Sequoya, un chef cherokee loué pour sa force et sa persévérance, qui a notamment créé l'alphabet syllabique cherokee et dont le système d'écriture servira à rédiger la Constitution Cherokee.
Le séquoia est un formidable puits à carbone, capable de stocker des quantités massives de dioxyde de carbone. Un seul arbre peut stocker l'équivalent de 5 500 tonnes de carbone. Cela souligne leur rôle vital dans la lutte contre le changement climatique et l'importance de leur préservation.
