L’Art du Tamaris : Techniques de Bouturage et Culture en Bonsaï

Le Tamaris en bonsaï est une essence prisée pour sa délicate floraison rose pâle, qui illumine les mois d’avril et mai. Son feuillage vert vif, à l’aspect touffu et léger, s’accompagne de rameaux souples et élégamment retombants, offrant un charme naturel et aérien. Facile et intéressant à cultiver, le Tamaris est particulièrement adapté aux climats du sud de la France, bien qu’il s’épanouisse également le long de la côte atlantique. Le Tamaris en bonsaï est idéal pour les amateurs cherchant une variété à la fois robuste, décorative et riche en couleurs. Si vous rêvez d’un jardin un peu sauvage, baigné de lumière et bercé par le vent, alors le tamaris pourrait bien devenir votre nouvel allié. Avec ses longues branches souples et sa floraison rose nuageuse, il incarne à merveille l’élégance discrète des paysages littoraux.

Un bonsaï de Tamaris avec sa floraison printanière rose pâle et ses rameaux souples

Caractéristiques botaniques et origine

Les Tamaris sont des petits arbres ou arbustes. L’arbre ou arbuste est originaire d’Asie, Chine et Corée, mais on le retrouve aujourd’hui un peu partout, il est même considéré sans certaines régions du monde comme un envahisseur. Il apprécie un habitat humide avec des sols salins. Haut de 6 à 12 mètres, il peut être conduit en arbre ou bien en arbuste, en cépée, avec de nombreuses branches qui partent de sa souche et atteindra une taille de 6 mètres plus ou moins. Son écorce rougeâtre, brune ou plus sombre encore. Les feuilles sont très fines, de quelques millimètres, et arrêtent vents et embruns. L’inflorescence formée de grappes « plumeuses » de petites fleurs a cinq pétales généralement roses et parfumées.

Le tamaris a été utilisé pendant des siècles comme barrière naturelle contre l’érosion côtière. Ses racines, très étendues, retiennent le sable et stabilisent les sols. Présent naturellement sur nos littoraux, le tamaris est un arbuste à la santé robuste, qui se rit des embruns, de la sécheresse et de la chaleur. De la famille des Tamaricacées, le genre Tamarix compte une cinquantaine d'espèces prospérant naturellement dans les régions côtières ou le long des cours d'eau du sud de l'Europe, d'Afrique du Nord et d'Asie.

Variétés et diversité des espèces

Tamaris de printemps ou tamaris d’été, il existe de très nombreuses espèces près de 90 espèces connues et parmi les plus recherchés au jardin : Tamarix parviflora, Tam. tétandra, ou encore Tam. ramosissima.

  • Tamarix tetrandra (africana) : Se distingue par ses rameaux arqués teintés de pourpre, ses petites feuilles vert clair en aiguilles ou en écailles d'environ 3 mm de long et sa floraison printanière (mai-juin) sur les rameaux de l'année précédente. Fleurs pourvues de quatre pétales, rose pâle à saumoné, réunies en grappes.
  • Tamarix ramosissima : Séduit par sa généreuse floraison estivale en gros bouquets terminaux de fleurs à cinq pétales rose vif (voire rose foncé chez la variété 'Rubra') plus rarement blanches. Floraison estivale sur les pousses de l'année qui s'arquent joliment sous le poids des fleurs. Feuillage vert bleuté.
  • Tamarix gallica : Espèce qui pousse naturellement sur notre littoral méditerranéen et s'est naturalisée sur le littoral atlantique. Floraison en début d'été (mai à juillet selon la région) sur les rameaux de l'année sous forme d'une multitude de fines grappes de fleurettes rose tendre. Port retombant.
  • Tamarix parviflora : Fleurit au cœur du printemps et produit de longues grappes de fleurs rose clair. Port touffu et retombant pendant la floraison.

Schéma illustrant les différences de floraison entre le Tamaris de printemps et le Tamaris d’été

Maîtriser la technique du bouturage

La période de bouturage du tamaris a lieu en fin d’hiver et au printemps. Le bouturage est la technique de multiplication la plus facile et efficace pour obtenir de nouvelles générations. L’opération peut se pratiquer à tout moment de l’année, hors période du gel. Néanmoins, pour garantir le résultat, il est préférable de procéder en fin d’hiver ou au printemps. Cette période est notamment valable pour des boutures sur des branches tendres. Les tiges ligneuses, quant à elles, peuvent se bouturer en décembre.

Quelle que soit la période que vous choisissez, prélevez des boutures d’environ 20 cm de long sur des rameaux sains. Pour les bois tendres, trempez ceux-ci dans une hormone de bouturage pendant au moins 5 minutes pour favoriser l’enracinement. Planter ensuite les boutures dans un terreau spécial bouturage ou un substrat bien drainant composé de terreau et de sable de rivière.

Lors de la mise en terre, le drainage est primordial. Si le terreau est trop compact, il est possible d'y mélanger des petites pierres pour le rendre moins compact et obtenir un drainage adéquat. Il est important de surveiller l'état des pousses : si certaines commencent à "piquer du nez" et à sécher, il faut vérifier l'humidité du substrat. Il est conseillé de ne pas craindre le gel pour les boutures déjà enracinées, tout en restant vigilant sur les conditions de température.

Plantation et soins en pleine terre

La plantation des nouveaux plants de tamaris peut se faire l’automne de l’année qui suit mais aussi jusqu’au printemps. Bien que le tamarix soit un arbuste rustique, la plantation doit se faire uniquement en dehors des périodes du gel. Toutefois, les jeunes plants peuvent résister au froid allant jusqu’à -5°.

Choisissez un emplacement bien ensoleillé. Évitez de l’installer à proximité d’une construction car ses racines profondes et pivotantes risquent de détruire la structure. Cultivez la plante dans un sol bien drainant, profond et léger. Il tolère les sols sableux et rocailleux, mais veillez à lui apporter un peu de nutriments durant ses premières années de plantation. Si nécessaire, allégez le sol avec du sable grossier et une poignée de compost ou de terreau. Tassez fermement avant de terminer par un arrosage généreux.

Réussissez toutes vos boutures !

Pensez également à faire un apport régulier d’eau durant ses années de croissance. En hiver, mettez un bon paillage pour protéger ses racines du gel. Pour les tamaris en haie, mettez un écart d’au moins 1,5 m entre chaque pied. Le tamaris est idéal en bord de mer utilisé dans une haie brise-vent en compagnie d'éleagnus, de pittosporums, de cistes, d'Olearia et d'arbousiers. Il fait aussi beaucoup d'effet en arbuste isolé entouré d'agapanthes et de grands alliums ou en surplomb d'un massif de vivaces ou de rosiers.

Spécificités de la culture en pot et bonsaï

Sa croissance rapide, ses dimensions (minimum 3 m) et sa robuste racine pivotante, qui l'ancre en profondeur et lui permet de résister aux vents violents, sont peu compatibles avec la culture en pot. Cependant, pour une culture en bonsaï, des techniques de taille spécifiques sont nécessaires.

À la plantation, il est possible de rabattre de moitié la végétation du tamaris pour lui donner un port touffu dès la base. Sur un sujet adulte, la taille est utile pour limiter l'ampleur de l'arbuste, pour rectifier sa silhouette ou permettre à sa base dégarnie de se "remplumer". La période de taille varie en fonction de l'espèce de tamaris. Rabattez sévèrement les rameaux de la saison chaude, après la floraison, jusqu’au début de l'automne. Les pousses printanières se développent vers le haut, il faut les ramener vers le bas en les ligaturant de manière pas trop serrée.

Illustration d'un bonsaï de Tamaris avec ligature légère sur les rameaux souples

Il faut offrir au tamaris un sol très drainant, même sablonneux et pauvre. Travaillez le sol en profondeur, au moins trois fois le volume de la motte. Allégez le sol, si nécessaire, avec des matériaux drainants comme des graviers ou de la pouzzolane. Défaites délicatement le chignon de racines et disposez le tamaris de manière que le haut de la motte affleure la surface de la terre. Facilitez la reprise par un arrosage copieux tous les mois pendant l'été qui suit la plantation. Ensuite, le tamaris se montre particulièrement résistant à la sécheresse.

Gestion des sols et entretien courant

Le tamaris aime les sols légers, bien drainés, voire sableux. Le choix du substrat est déterminant, surtout en pot. L'utilisation de sable de rivière ou de graviers permet d'imiter les conditions naturelles de bord de mer où l'arbuste prospère. Contrairement aux végétaux exigeants, le tamaris apprécie les sols pauvres. Il est inutile de fertiliser massivement, un apport léger au moment de la plantation suffit généralement pour les premières années.

La résistance du tamaris aux embruns est due à des glandes excrétrices situées sur ses feuilles, capables de rejeter le sel accumulé. Cette adaptation biologique en fait un sujet de choix pour les jardins de bord de mer, où d'autres essences pourraient périr. En cas de culture en bonsaï, il est essentiel de reproduire une exposition plein soleil, car le manque de luminosité entraîne un étiolement des branches et une floraison médiocre. La taille doit être régulière pour maintenir la densité du feuillage et éviter que les rameaux ne deviennent trop longs et dégarnis à la base. En hiver, si le bonsaï est cultivé dans une région aux hivers rigoureux, une protection contre le gel excessif est recommandée, malgré la rusticité naturelle de l'espèce.

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