Le jardinage est un art qui demande patience et observation. Parmi les végétaux les plus plébiscités, les "lauriers" occupent une place centrale dans nos espaces verts, bien qu'il soit crucial de distinguer les différentes espèces pour garantir la sécurité et la réussite de vos plantations. Les bons jardiniers mettent leur expertise à votre disposition afin de vous aider à redécouvrir les bienfaits et d’autres secrets que vous ignoriez de la culture du laurier.

Les spécificités du Laurier-sauce (Laurus nobilis)
Le laurier-sauce, encore appelé laurier noble, est un arbuste aromatique très intéressant autant au jardin qu’en cuisine. Le laurier-sauce est l’une des plantes aromatiques les plus prisées en cuisine, spécialement en bouquet garni. En outre, il peut aussi très bien être utilisé en isolé ou en haie. Si on le laisse se développer librement, il est à même d’atteindre une hauteur d’environ 7 mètres.
Il convient de noter que le laurier-sauce est le seul laurier à être comestible, ce qui n’est pas le cas du laurier rose qui, lui, est toxique. L’un des principaux atouts du laurier-sauce réside dans ses feuilles aromatiques fortement parfumées. La récolte de ses feuilles se fait généralement durant la période allant du mois de mars jusqu’aux premières gelées. La cueillette peut se faire tout au long de l’année. Il se conserve bien une fois séché. Les feuilles anciennes ont un arôme plus fort que les feuilles fraîches. Par conséquent, il est plus judicieux de commencer par cueillir les feuilles les plus anciennes car elles sont plus aromatiques. Il convient également de noter que les feuilles du laurier-sauce peuvent être utilisées aussi bien séchées que fraîches, bien que ces dernières soient plus amères.
Technique de multiplication par bouturage
Pour ce qui est de sa multiplication, la technique la plus rapide et la plus facile qui soit est le bouturage. Il se fait à la fin de l’été, sur des rameaux de l’année précédente. La production de racines sur la bouture peut demander deux mois. Il est conseillé de procéder à un repiquage des boutures deux ou trois mois après leur création dans des petits pots contenant un mélange de deux tiers de terreau et d’un tiers de sable. Il est recommandé de les hiverner entre 10 et 15 °C, puis de les planter en pépinière au printemps.
Bouturer le laurier-sauce à l'étouffée
Entretien et art topiaire
Partant du fait que cette plante est d’origine méditerranéenne, le laurier-sauce n’a nul besoin d’être fréquemment arrosé, excepté ceux qui sont plantés en pots ou en bacs. Toutefois, durant les périodes sèches et au cours de ses premières années, des arrosages occasionnels peuvent s’avérer nécessaires. Un apport en compost, chaque année au printemps, serait aussi le bienvenu. Il est vivement déconseillé de planter votre laurier-sauce en période de gel. Vous pouvez donner la forme que vous désirez à votre laurier-sauce, boule, carré ou autres ; c’est ce que l’on appelle l’art topiaire. Sur les formes en cône ou en pyramide, installez également des piquets.
Le Laurier rose (Nerium oleander) : Un atout méditerranéen
Le laurier rose est un superbe arbuste méditerranéen caractérisé par un feuillage persistant et une floraison généreuse et assez longue. Le bouturage du laurier rose est très facile à réaliser et permet de multiplier vos plants de manière simple et économique. En prélevant une tige sur votre arbuste, en la laissant s’enraciner dans l’eau ou directement dans du terreau, vous garantissez l’apparition de nouvelles racines et donc la naissance d’un nouveau laurier rose.
Méthodologie et sélection des boutures
Traditionnellement, on bouture les lauriers roses en été, juste après leur croissance printanière. C’est la période où les tiges sont suffisamment vigoureuses et où la chaleur favorise l’apparition rapide de racines. Le bouturage est produit à partir d’une jeune pousse prélevée sur une branche qui n’a pas porté de fleurs ni de bouton de fleur. Généralement, il est conseillé de réaliser les boutures mi ou fin d’été, au mois d’août ou bien au mois de septembre.
La sélection de la branche est importante. Contrairement à d'autres variétés où il faut sélectionner une branche dite « aoûtée » (qui devient marron), pour le laurier rose, ce n’est pas le cas. Avant de commencer, une petite astuce : entaillez la base du rameau que vous avez prélevé dans la longueur sur 1 ou 2 cm. Le bouturage est simple sur la partie création de racine, mais la mise en terre est parfois plus délicate. Recouvrez la bouture d’un sachet plastique transparent (type sac congélation) que vous fermerez de manière étanche avec un élastique contre le pot de terre.

Le Laurier palme (Prunus laurocerasus) et les débats sur son impact
En haie ou en massif, le laurier palme forme des buissons épais, aux feuilles coriaces, vert foncé luisant. Sa croissance est rapide. Toutefois, il fait l’objet de discussions passionnées quant à son caractère invasif. Certains observateurs notent que le laurier palme devient très facilement envahissant dès qu’il n’est plus taillé. Sa prolifération se fait par les graines véhiculées par les oiseaux qui les consomment. Le feuillage épais de cet arbuste stérilise les sous-bois en empêchant la lumière de pénétrer. Le laurier palme est donc considéré par certains comme une plante invasive car elle perturbe le milieu, agit sur la disparition d'espèces locales, fait diminuer la biodiversité et transforme les écosystèmes et les paysages.
Pratiques de bouturage pour le Laurier palme
Sur un sujet sain, sans aucune trace de maladie ni de parasite, sélectionnez des rameaux bien formés. Prélevez vos boutures en coupant l'extrémité de ces rameaux, sur une longueur de 15 à 20 cm. Pour diminuer l'évaporation et faciliter l'émission de racines, supprimez, avec le sécateur, la serpette ou le greffoir, quelques feuilles en partant de la base, pour n'en laisser que quatre ou cinq vers le haut. Mettez de la poudre d'hormones de bouturage dans un récipient et trempez la base de la bouture dans cette poudre. Secouez la bouture pour éliminer le surplus. Plantez vos boutures dans ce support de culture et arrosez en pluie très fine. Recouvrez votre plantation avec un châssis ou un film plastique pour que les boutures se trouvent "à l'étouffée". Arrosez régulièrement pour maintenir une atmosphère humide.
Si vous ne pouvez repiquer vos boutures immédiatement après les avoir prélevées, maintenez-les humides en les enveloppant dans du papier mouillé. À cette époque, repiquez avec précaution vos boutures dans des pots remplis de terreau pour semis ou bouturage. Le jardinier amateur est censé pouvoir repiquer la bouture en pleine terre dès que les racines sont bien développées. La nature, qui n’a pas attendu l’homme pour régler ses problèmes, réagit souvent de manière imprévisible face à ces introductions de végétaux. Le choix de planter des haies mixtes, alternant plantes persistantes et caduques à fleurs ou baies, est souvent préconisé pour réduire les déséquilibres écologiques potentiels.