Le Greffage du Peyotl sur Trichocereus : Une Technique Avancée pour la Culture et la Propagation

Le greffage, cette méthode ingénieuse permettant de joindre deux plantes pour qu'elles ne fassent plus qu'une, offre des avantages considérables pour l'amélioration de la croissance et de la santé d'une plante, tout en facilitant la propagation de formes ou de cultivars désirés. Parmi les cactées qui peuvent grandement bénéficier de cette technique, le Lophophora, plus communément appelé peyotl, occupe une place particulière. Originaire du nord du Mexique et du sud-ouest des États-Unis, ce genre de cactus se distingue par sa croissance lente, un trait qui peut parfois décourager les amateurs. L'usage traditionnel du peyotl par les Premières Nations de ces régions, notamment en médecine, est millénaire. Cependant, la survie de ses populations sauvages est aujourd'hui menacée par le braconnage et la destruction de son habitat, rendant la culture et la propagation en captivité d'autant plus pertinentes.

Grafting Peyote on Trichocereus

Le greffage du Lophophora présente une série d'avantages significatifs. Il permet notamment d'augmenter le rythme de croissance et d'améliorer la vigueur générale de la plante. Étant donné sa croissance intrinsèquement lente, il faut souvent de nombreuses années au peyotl pour atteindre sa maturité. L'association avec un porte-greffe plus vigoureux peut considérablement accélérer ce processus.

Choisir le Porte-Greffe Idéal : La Primauté du Trichocereus

Dans le cas de certaines espèces de Lophophora qui ont tendance à pousser solitaires, le greffage peut également stimuler la production de rejets latéraux, appelés "offsets" ou "pups". Cette capacité à encourager la multiplication est particulièrement précieuse pour propager des formes ou des cultivars spécifiques. Par exemple, la forme panachée du Lophophora williamsii v. caespitosa est fréquemment greffée dans le but d'obtenir une production accrue de ces rejets.

Pour mener à bien cette opération, le choix du porte-greffe est crucial. Si plusieurs options existent, telles que le Trichocereus, l'Hylocereus, le Myrtillocereus ou le Pereskiopsis, le Trichocereus pachanoi, plus connu sous le nom de cactus San Pedro, est une sélection de premier ordre. Sa croissance rapide en fait un substrat idéal pour pallier la lenteur du Lophophora.

Trichocereus Pachanoi cactus

La Technique du Greffage : Une Approche Méthodique

Le processus de greffage du Lophophora, bien que relativement simple en théorie, demande une certaine précision et une légère courbe d'apprentissage. La première étape consiste à sélectionner le cactus qui servira de porte-greffe. Une fois choisi, il faut préparer ce porte-greffe. À l'aide d'un couteau propre et bien aiguisé, on découpe le sommet de la plante pour obtenir une surface de coupe plane. Il est généralement recommandé de réaliser cette coupe assez près du sommet du porte-greffe pour optimiser les chances de succès, bien que dans certains cas, comme avec un cactus San Pedro particulièrement grand, il puisse être nécessaire de couper plus près de la base.

L'observation attentive de la surface de coupe du porte-greffe révélera un motif circulaire au centre de la tige. Cette structure correspond aux faisceaux vasculaires, responsables du transport des nutriments depuis les racines à travers la tige. Le scion, c'est-à-dire la partie de la plante à greffer (dans ce cas, le Lophophora), possède également une structure vasculaire similaire.

Avant de procéder à la coupe du Lophophora, il est impératif de nettoyer à nouveau le couteau pour éviter toute contamination. Ensuite, on retire la base du Lophophora en coupant juste en dessous de sa "tête". L'étape suivante, et l'une des plus critiques, consiste à aligner les faisceaux vasculaires du porte-greffe et du Lophophora. Une fois alignés, on place fermement les surfaces coupées de chaque plante l'une contre l'autre.

Pour assurer une bonne fusion, il est essentiel de maintenir le greffon en place sur le porte-greffe. Diverses méthodes peuvent être employées : du ruban adhésif ordinaire associé à un morceau de plastique pour protéger la plante, du ruban de greffage spécifique, ou encore des élastiques. L'important est d'exercer une pression suffisante pour que les surfaces de coupe restent en contact étroit sans écraser les tissus végétaux.

Après avoir sécurisé le greffon, il faut placer la plante ainsi préparée dans un endroit chaud et sec. Une période d'environ deux semaines est généralement nécessaire pour permettre aux tissus des deux plantes de fusionner. Une fois cette période écoulée, le ruban ou les élastiques peuvent être retirés. Si le greffage a été couronné de succès, la plante peut être traitée comme un cactus normal par la suite.

Il est important de noter que le processus de greffage peut laisser des parties résiduelles des deux plantes. Le sommet du porte-greffe coupé et la base du Lophophora prélevé peuvent tous deux être récupérés et replantés. Pour le porte-greffe, il suffit de le laisser sécher pendant deux semaines avant de le replanter. La base du peyotl, quant à elle, peut être immédiatement replantée et, avec le temps, elle est susceptible de produire de nombreux rejets. Il ne faut pas se décourager si la première tentative n'aboutit pas ; tous les greffons n'acceptent pas le processus.

La Bouture du San Pedro : Une Alternative et Complément

Outre le greffage, la bouture est une autre méthode courante pour multiplier les cactus San Pedro (Trichocereus pachanoi). Cette technique, bien que plus simple que le greffage, demande également une attention particulière pour garantir le succès.

San Pedro cactus cutting

Le processus de bouturage d'un cactus San Pedro implique plusieurs étapes clés. Il faut d'abord choisir une branche saine et robuste sur le cactus mère. À l'aide d'un couteau bien aiguisé et stérilisé à l'alcool, on procède à la coupe de la bouture. Si la bouture est prélevée sur un cactus cultivé en extérieur, il est conseillé de couper en biais. Cette technique permet à la plaie du pied-mère de cicatriser plus efficacement, notamment en cas de pluie, car l'eau ne stagnera pas sur la surface coupée.

Après le prélèvement, la bouture doit impérativement sécher dans un endroit chaud, sec et aéré pendant plusieurs jours, voire une semaine. Cette étape de cicatrisation est fondamentale pour la bouture de cactus, car elle permet à la plaie de se refermer et de former un cal cicatriciel. Ce cal réduit considérablement le risque d'infection une fois la bouture plantée.

Pour la plantation, le choix du pot est important. Il doit être équipé de trous de drainage pour éviter tout excès d'eau, cause fréquente de pourriture. Le pot doit ensuite être rempli d'un substrat spécialement conçu pour les cactus, ou d'un mélange maison assurant un bon drainage et une bonne aération des racines. Un mélange de terreau, de sable et de perlite, comme celui mentionné par un utilisateur (mélange terreau de supermarché/sable breton avec de la perlite dans le fond du pot), est une approche viable.

La plantation elle-même doit se faire avec précaution. La bouture est placée dans un substrat frais mais pas excessivement humide, en veillant à ce qu'elle soit suffisamment enfoncée pour garantir sa stabilité. Le substrat est ensuite légèrement tassé autour de la bouture pour la maintenir droite.

Une période d'attente cruciale suit la plantation. Il est impératif de ne pas arroser la bouture pendant environ 3 à 4 semaines. Ce délai permet à la plaie de cicatriser complètement, minimisant ainsi le risque de pourriture lié à l'humidité.

Lorsque l'arrosage commence, il doit être effectué avec parcimonie. Le substrat doit être légèrement humidifié, mais jamais détrempé. Il est essentiel de laisser le substrat sécher entre chaque arrosage pour prévenir les problèmes de pourriture des racines.

Les boutures de cactus San Pedro s'enracinent plus rapidement dans un environnement lumineux et à une température comprise entre 18 et 30°C. Il est donc conseillé de placer le pot dans un endroit bénéficiant d'une lumière vive, tout en évitant l'exposition directe au soleil durant les premières semaines.

Enfin, il convient de continuer à surveiller la bouture et de lui prodiguer les soins appropriés.

HOW TO GRAFT A CACTUS | HOW TO MAKE GRAFTED CACTI

Expériences et Considérations sur la Consommation

Au-delà des aspects horticoles, certains utilisateurs explorent la consommation de cactus comme le San Pedro ou le peyotl, souvent dans une optique psychotrope. Les témoignages recueillis sur les forums révèlent une diversité d'expériences et d'attentes.

Un utilisateur a partagé son interrogation quant à la meilleure méthode pour consommer un cactus San Pedro (Trichocereus pachanoi) acheté dix ans auparavant. Sa méthode envisagée consistait à le couper près de la base, le peler, le mixer avec du jus de citron et boire le tout. Il cherchait à savoir si ce protocole était bon, comment l'améliorer, et si la coupe de la totalité du vieux plant suffirait pour deux expériences (trips).

D'autres utilisateurs ont réagi à cette interrogation. L'un d'eux a émis des doutes quant à l'efficacité d'une telle quantité pour obtenir un "trip", suggérant que la taille de la bouture était trop petite, surtout pour deux personnes.

Plus tard, cet utilisateur a fait un retour d'expérience après avoir consommé la plus grande partie de son cactus. La méthode employée fut de le peler, de le mixer avec un léger ajout de sucre, le tout transformé en "milkshake". Il a décrit le goût comme "pas si désagréable". Les effets ressentis furent qualifiés de "moyens", avec quelques "déformations visuelles" mais jugées "trop faibles". Il a ajouté que cette consommation avait favorisé la croissance de la plante, et qu'il n'avait plus une forte envie de le manger.

Une discussion a suivi concernant l'identification de la plante. Il a été suggéré qu'il s'agissait plus probablement d'un Trichocereus pachanoi que d'une torche péruvienne. L'équivalence entre "San Pedro" et "Trichocereus pachanoi" a été confirmée, tandis que la "torche péruvienne" correspondrait au Trichocereus peruvianus et la "torche bolivienne" au Trichocereus bridgesii.

La question du dosage et de l'efficacité des effets a été soulevée, avec la suggestion que les effets ressentis par l'utilisateur pourraient être largement dus à un effet placebo, étant donné la petite taille du cactus et la quantité de mescaline probablement très faible. L'expérience de l'utilisateur avec la mescaline remontait à plusieurs années, et il a admis ne pas être un expert en dosage, faisant référence à des expériences passées avec des produits vendus en "head shops" hollandais.

Un autre utilisateur a mentionné l'utilisation occasionnelle de cactus comme adaptogène, consommant une cuillère à café de peau séchée pour un effet "boost/amphétaminique". Il a précisé que même sous-dosé, cet effet est perceptible. Pour une gestion optimale des dosages, il recommande de récupérer la chair extérieure la plus foncée, d'enlever la peau, de laisser sécher, et de commencer par 20 grammes pour évaluer la puissance.

Concernant la culture, la question de la rentrée des cactus en hiver a été abordée. La nécessité de les protéger du gel, surtout lorsque les températures descendent sous zéro entre décembre et mars, a été soulignée, en l'absence de serre chauffée.

Des interrogations subsistent quant à la partie du cactus la plus active. Il a été précisé que pour un dosage faible ou plus élevé, la méthode consiste à enlever les épines, peler la fine couche transparente, et récupérer grossièrement la partie verte située juste sous cette couche, le centre étant considéré comme moins utile.

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