Remiremont, surnommée « La Belle des Vosges », est une commune située dans le département des Vosges, en région historique et culturelle de Lorraine. À 400 mètres d'altitude, elle marque l'entrée dans la moyenne montagne du massif des Vosges et représente la ville-centre d'une agglomération de plus de 31 000 habitants, faisant d'elle la troisième agglomération urbaine du département. De par sa situation, Remiremont est également le deuxième plus gros centre administratif du département, juste derrière Épinal. La ville se trouve à l'extrémité sud du Sillon lorrain, un long axe urbanisé traversant le centre-est de la région du nord au sud. Le Sillon lorrain et la plaine d'Alsace appartiennent à la partie française d'une plus vaste zone économiquement forte appelée l'Europe rhénane. Remiremont doit son surnom à son histoire et à son architecture héritée de sa riche et puissante abbaye, ayant été pendant des siècles une principauté ecclésiastique du Saint Empire romain germanique, où la ville se nommait Rümersberg.

L'abbatiale Saint-Pierre, joyau architectural et historique, se dresse en plein centre du quartier appelé « canonial », le quartier abbatial de Remiremont. Cet édifice historique a été créé par Saint Romaric (également connu sous les noms de Romary ou Remiré), celui qui fit don de son propre nom à la ville. L'histoire de cette église-abbaye Saint-Pierre de Remiremont est étroitement liée à celle du Chapitre des Dames Chanoinesses et ce, jusqu’à la Révolution française. Devenue église paroissiale pendant la Révolution, cette ancienne église du Chapitre des Nobles Dames de Remiremont forme le centre du quartier canonial avec ses maisons des chanoinesses et son palais abbatial, ce dernier abritant actuellement la mairie de cette ville des Vosges.
Les Racines Carolingiennes et l'Évolution Architecturale
Fondée à l’époque carolingienne (VIIe-IXe siècle), l'abbatiale Saint-Pierre a été largement modifiée au cours du temps. Les données issues de l'archéologie et des textes d'archives croisées révèlent que trois églises se sont superposées au fil des siècles : l'édifice carolingien, l'édifice roman (XIe siècle) et la période gothique à la fin du XIIIe siècle après un incendie où l'essentiel de l'église du chapitre des nobles dames de Saint-Pierre a été construit. Des fouilles ont d'ailleurs révélé la présence d’une construction antérieure sous le niveau roman de l’église Saint-Pierre.
Au XIe siècle, une seconde église est érigée, dont il nous reste la crypte romane. Pour votre information, cette crypte est tout ce qui reste de la nouvelle église romane du XIIe siècle. On peut y admirer des traces de peintures murales des XIVe et XVe siècles, ainsi que des sarcophages et le cercueil de la bienheureuse mère Alix le Clerc. L'église dispose en effet d’une église souterraine constituée de trois chapelles datant du XIe siècle avec des peintures murales des XIVe et XVe siècles. Une visite guidée dans la crypte est une expérience fascinante qui plonge les visiteurs dans les profondeurs de l’histoire, dévoilant souvent des secrets enfouis depuis des siècles. Les travaux de rénovation menés de 1988 à 2000 ont effectivement permis de reconstituer l’extérieur et l’intérieur de ce patrimoine culturel et religieux, une initiative qui a permis de sublimer les fresques murales de la crypte située dans la partie supérieure de l’église.

Une église gothique est consacrée en 1299 au-dessus de l'église romane, après cent ans de travaux. L'édifice actuel de l’ancienne église abbatiale remonte au 13e siècle. L'église actuelle est de plan basilical et elle est construite en grès. De ce temps témoigne sa nef sobre, mais majestueuse, illuminée d’un décor de rayons de soleil peint sur les clefs de voûte. Le vaisseau central de style gothique compte quatre travées ; il est voûté de croisées d'ogives supportées par des colonnes engagées. La nef est plutôt sobre et austère. À l'est, le chevet laisse percevoir la présence de la crypte dont seules les petites baies sont visibles au ras du sol. Les contreforts accentuent la verticalité de cet espace réservé aux chanoinesses et directement relié au palais abbatial.
Le Clocher à Bulbe Original et les Détails de la Renaissance
De l’époque Renaissance, l'abbatiale garde son portail ouvrant sur la rue de la Franche-Pierre, sculpté de têtes, candélabres et volutes végétales. En 1682, un violent tremblement de terre ruine son clocher gothique, qui ne sera reconstruit complètement qu’en 1805, année où il est coiffé de son bulbe si original. À l'ouest, le clocher-porche est flanqué d'édicules couverts de croupe qui prolongent les bas-côtés et donnent l'impression d'un volume unique d'une grande simplicité. L'élévation de la tour est sobre, marquée par une simplicité du décor et l'usage de l'ordre toscan. Ce clocher à bulbe est l'une des caractéristiques les plus reconnaissables de l'église, offrant une silhouette unique au paysage urbain de Remiremont.

Quant au magnifique chœur décoré de marbre et de gypserie, il date du milieu du XVIIIe siècle. Enchâssés dans un très beau retable, d’antiques crânes nous observent depuis leurs reliquaires. Des vitraux et une grande rosace à l’effigie des saints fondateurs de Remiremont éclairent largement l’église. Accompagnés par un guide conférencier, les visiteurs peuvent se laisser entraîner dans l'histoire fascinante et envoûtante de ces fenêtres translucides qui narrent des récits anciens et sacrés. Chaque vitrail est une œuvre d'art imprégnée de symbolisme, une fenêtre sur le passé de Remiremont qui captive par ses détails minutieux et ses teintes éclatantes. Cette visite permet de découvrir les secrets de fabrication de ces joyaux de verre, d'explorer leurs significations cachées et d'admirer la lumière filtrée qui illumine l'édifice, créant une atmosphère magique et spirituelle.
Au milieu d’autres belles sculptures, on ne manquera pas d’admirer la Vierge romane miraculeuse présentée derrière sa grille dorée. La nef à vaisseau central est flanquée de bas-côtés simples séparés de la nef centrale par 4 piliers qui, à l'origine, conduisaient à l'espace grillagé, réservé aux chanoinesses. Le transept comporte à l'ouest une tourelle recouverte d'un toit en croupe.
L'Histoire du Chapitre des Dames Chanoinesses
Si nous vivions au Moyen Âge, nul doute qu'à la seule mention de Remiremont, tout le monde associerait la ville à son couvent de nobles femmes. L'abbaye de Remiremont est à l'origine un établissement monastique double, avec un couvent pour les hommes (au Saint-Mont) et un pour les femmes (à Remiremont). Mais, bientôt, une abbaye pour femmes remplace les moines solitaires. Vers la fin du XIIIe siècle, on abandonne la règle bénédictine. Ainsi, pour espérer être admises au chapitre des Dames, les damoiselles doivent faire preuve de 16 quartiers de noblesse. Le recrutement était plutôt très mondain, et les Dames de Remiremont menaient une existence qui n’avait rien de rigide et monacal. Leur mère-abbesse était la seule à prononcer des vœux. D’ailleurs, cette noble personne portait le titre de princesse du Saint-Empire. Elle ne relevait que du Pape (pour le pouvoir spirituel) et de l’Empereur (pouvoir temporel). L’abbaye possédait des terres, dont le lac de Longemer dans la Vallée des Lacs.
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Quant aux chanoinesses, elles étaient libres, et même fort libres si l’on en croit d’anciennes chroniques ! On raconte qu’au concile de Remiremont, elles étaient occupées à discuter, non des dogmes de l’église, mais de l’amour et de ses charmes. Leurs seules obligations étaient d’assister à la messe et d’élire la mère-abbesse. L’abbaye s’apparentait en réalité à un séminaire de filles nobles à marier. La mère-abbesse, Catherine de Lorraine (1573-1648), fille du duc Charles III, tenta effectivement de mener à bien quelques réformes. Mais les chanoinesses de Remiremont ne voulaient rien entendre, se demandant pourquoi changer une règle si aimable. La pauvre Catherine dut se résigner et fonder une autre abbaye pour porter ses saintes exhortations.
La Fin de l'Abbaye et son Héritage Aujourd'hui
Toutes les bonnes choses ont une fin, et l’abbaye fit les frais de la Révolution française, dispersant les nobles Dames de Remiremont vers d’autres horizons. Le couvent perdit son existence légale et le 7 décembre 1790, on apposa les scellés sur l’église abbatiale.
Aujourd'hui, l'abbatiale Saint-Pierre de Remiremont regorge de pépites qui en valent clairement le détour. La visite guidée de l’église de Remiremont est un voyage captivant à travers les siècles, explorant un édifice emblématique imprégné d’histoire. Accompagnés d’un guide, les visiteurs découvrent l’architecture remarquable de cet édifice sacré, témoin de multiples influences artistiques et historiques. Cette immersion dans le quartier canonial permet aux visiteurs de comprendre la riche histoire de Remiremont, ainsi que l’importance de ce lieu dans le tissu social et culturel de la région. Pour une visite réussie, sachez que l’Office du Tourisme organise des visites guidées chaque mercredi matin tout le long du mois de juillet et août. Pour les groupes déjà constitués au préalable, un guide est disponible sur demande toute l’année.

La commune de Remiremont compte moins de 9000 habitants (les Romarimontains et Romarimontaines). Le centre historique n’est pas bien grand et une à deux heures suffiront pour la visite, voire plus si vous visitez les deux petits musées. La petite cité vosgienne est réputée pour ses belles arcades fleuries. L’arrondissement de Remiremont s’était distingué en 1792 par l’envoi d’un nombre très élevé de soldats pour la défense de la jeune et fragile République française.
La place de Lattre de Tassigny et la fontaine des Dauphins constituent un autre point d'intérêt. La jolie place est bordée de cafés et restaurants. La duchesse venait régulièrement prendre les eaux non loin de là, à Plombières-les-Bains. Cette grande fontaine comporte un grand bassin circulaire en grès.
Dans le quartier canonial subsistent quatorze maisons de chanoinesses des XVIIe et XVIIIe siècles. Ces belles maisons particulières sont facilement reconnaissables à leur façade classique et harmonieuse. Au-dessus de la porte d’entrée, on peut remarquer le petit fronton où étaient autrefois accrochées les armoiries des différentes familles nobles. L'abbatiale Saint-Pierre de Remiremont doit figurer dans votre liste des lieux à voir dans cette partie de la Lorraine.
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