La diversité des bulbes permet d’apporter une richesse quasi sans pareille au jardin. Que ce soit pour leur facilité de multiplication, leur bonne conservation ou pour leurs touches colorées, les bulbes à fleurs sont la solution idéale pour créer facilement un jardin fleuri. Le plus difficile, dans la culture des bulbes, c’est de les choisir ! Ils sont une source d’inspiration immense pour les jardiniers qui trouvent, parmi ces espèces, une incroyable diversité de formes et de couleurs, mais aussi un étalement des périodes de floraison sur l’année entière, depuis les derniers frimas de l’hiver jusqu’aux premières gelées.

Comprendre la nature du bulbe
Qu'est-ce qu'un bulbe ? Un bulbe est un organe de réserve souterrain de la plante, renflé et généralement arrondi. Dans le bulbe de fleur se trouve à peu près tout ce dont la plante a besoin pour germer et fleurir au moment opportun. Fendez un bulbe de fleur en deux et vous le verrez clairement. Dans la partie centrale basale du bulbe, les feuilles entourent un petit bourgeon. Chez de nombreuses espèces, ce bourgeon a déjà l’apparence d’une fleur alors qu’il se trouve encore dans le bulbe ! Le bourgeon est entouré d’une substance blanche et charnue appelée écailles. Dans les vrais bulbes à fleurs, ce sont ces écailles qui contiennent toute la nourriture dont le bulbe à fleurs a besoin pour fleurir et prospérer.
Après sa floraison, la plante peut produire de petites bulbilles près du bulbe principal, sous la terre, afin d'assurer sa dissémination. Peu à peu, le feuillage sèche et le bulbe entre en dormance pendant une période de repos de quelques mois. Les plantes rhizomateuses sont proches, mais forment plus des racines renflées, à l'instar des Iris barbus et des hémérocalles par exemple. D'un point de vue technique, de nombreuses fleurs « à bulbe » populaires ne sont pas du tout produites à partir de véritables bulbes à fleurs. Les crocus et les glaïeuls, par exemple, sont en réalité des cormes, tandis que les dahlias et les bégonias sont en réalité des tubercules.
Le calibre : une mesure de vitalité
Pour la très grande majorité des plantes à bulbe, et toujours pour les bulbes vrais et les cormes, le calibre fait référence à leur taille, et plus particulièrement à leur circonférence, qui est indiquée en centimètres. Il y a cependant quelques exceptions comme les bégonias (calibrés au diamètre), les dahlias (calibrés au poids) ou encore les cannas (calibrés au nombre d’yeux ou bourgeons). Le calibre est en revanche très variable selon les espèces. Il peut aller de 4-5 cm pour un perce-neige par exemple, à plus de 30 cm pour un gros bulbe d’amaryllis !
Il y a souvent un lien direct entre la taille du bulbe et la taille de la fleur. Ainsi, lorsque vous achetez des tulipes par exemple, un bulbe indiqué 10/11 donnera une fleur plus petite qu’un bulbe de tulipe de calibre 12+. Pour d’autres espèces, comme le dahlia, le lien entre calibre et qualité de la floraison est moins direct puisque la nature du sol et qualité de la culture auront leur importance. Cependant, le calibre est corrélé directement à la quantité de réserves présentes dans le bulbe. Plus les oignons sont gros, et plus leurs réserves sont importantes. A variété identique, des bulbes plus volumineux sont l’assurance de fleurs plus nombreuses, ou plus grosses, ou plus belles. Mais également, d’un prix plus élevé !
Les géants du jardin : audace et structure
Il existe un groupe particulier de gros bulbes que nous pouvons utiliser pour donner de l’audace à nos bordures de jardin. Ils poussent en hauteur et fleurissent au printemps ou en été. Chacun de ces bulbes remarquables se distingue non seulement par la forme inhabituelle de ses fleurs, mais aussi par les couleurs qu’il introduit.
La crinole (Crinum x powellii) possède une particularité : ses bulbes énormes d’environ 25 cm de diamètre. Cette plante bulbeuse, dès les beaux jours venus, produit de belles et fortes tiges qui peuvent porter jusqu’à 15 grandes fleurs de plus de 20 cm… Tout simplement spectaculaire ! À la base de ces tiges, une belle touffe de feuilles vert frais, des grandes feuilles simples, pointues et lisses, dressées et retombantes. Le crinole est de culture facile contrairement aux espèces botaniques. Plantez les énormes bulbes en mai. Il faudra les laisser en place par la suite.

Les Crown Imperials sont suffisamment grands pour se démarquer de leur environnement, notamment grâce à leur bouquet audacieux de fleurs en forme de clochettes qui dépassent leur feuillage et les tulipes ou jonquilles voisines. Les Fritillaria imperialis « Rubra », terracotta et vert, et « Lutea » jaune, sont les plus populaires. Fritillaria persica fait passer le spectacle à un autre niveau. Nous avons ici une véritable prima donna. Les tiges florales raides et verticales s’élèvent haut, portant jusqu’à vingt fleurs en forme de clochettes violet prune. Elles pendent vers le bas et, de loin, sont vraiment noires.
Les alliums ont une popularité méritée dans les jardins contemporains. Le plus familier doit être l’allium “Purple Sensation”, avec ses têtes de fleurs violettes caractéristiques en forme de boules de pompons qui se tiennent audacieusement au sommet de tiges nues et rigides pouvant atteindre un mètre de haut. Des cultivars plus grands et ayant donc plus d’impact sont des cultivars tels que Ambassador et Gladiator, mais c’est le moins connu “Summer Drummer” qui requiert votre attention. Il peut atteindre plus de deux mètres de haut et commencera à fleurir à la fin juin et en juillet.
Les Eremurus sont communément appelées Cleopatra’s Needle (Aiguille de Cléopâtre). Des tubercules en forme d’étoile de mer, qui se répandent largement, naissent des touffes vigoureuses de feuilles en forme de lanières au début du printemps. Au début de l’été se dressent de très grands épis de fleurs droites, couverts de fleurs tubulaires étroites qui ressemblent à la queue remuante des renards pour certains et à des goupillons pour d’autres. L’astuce avec ces plantes vraiment spectaculaires est de trouver un endroit abrité dans le jardin qui reçoit le plein soleil au printemps, mais qui est caché par les plantes vivaces voisines après la floraison.
🌷 Comment planter vos bulbes : tulipes, jonquilles, narcisses, jacinthes ?
Les petits bulbes précoces : charme et naturalisation
Les petits bulbes de l'hiver permettent de composer des scènes pleines de charme et de naturel qui donnent de l'intérêt au décor sépia de l'hiver. Ils se glissent dans les bordures de massifs, de plates-bandes ou d'allées qui conduisent à la maison, au potager ou à la boîte aux lettres. Sous les arbres ou les arbustes, à mi-ombre dans le sous-bois, ils constituent rapidement de véritables tapis fleuris qui attirent immanquablement le regard.
Les petits bulbes précoces ne se plaisent pas qu'en pleine terre. Ils font partie des bulbes que l'on plante en automne, de septembre à novembre généralement. Plantation en pleine terre : désherbez et ameublissez le sol avec la binette. Ajoutez des graviers ou de la pouzzolane si la terre est de nature argileuse afin de la rendre plus légère et moins collante en hiver. Vous pouvez aussi placer un peu de sable grossier au fond du trou de plantation. Disposez les bulbes de manière la plus naturelle possible en respectant la distance et la profondeur de plantation de chaque espèce. En général, le bulbe doit être couvert de deux fois sa hauteur de terre.
Parmi les merveilles de cette catégorie, on trouve les Ipheion, les Camassia, les ornithogales, les anémones, ou les scilles. Les fleurs rappellent des marguerites miniatures qui seraient posées sur un feuillage finement divisé comme celui du persil. Placez-les dans la rocaille ou dans des petites auges en pierre. On connaît les corydalis vivaces ou fumeterres qui battent des records de floraison à la belle saison. Cette corydale dite à bulbe plein gagne à être connue avec sa floraison précoce qui jaillit en quelques jours à peine. Ses grappes de fleurs tubulaires rose intense hautes de 15 à 20 cm sont accompagnées d'un beau feuillage finement ciselé.

Cycles de floraison et biodiversité
On regroupe les bulbes en deux catégories : les bulbes de printemps et les bulbes d’été. Un bulbe de printemps est un bulbe qui fleurit à cette même saison, mais les professionnels les appellent aussi "Bulbes d’automne", en référence à leur période de plantation. Ils sont presque tous rustiques, et ont même besoin de froid pour fleurir. On appelle ce phénomène la vernalisation.
La deuxième catégorie regroupe les bulbes à floraison estivale, qui se plantent au printemps et qui fleurissent durant l’été et parfois jusqu’aux premières gelées. Ils sont en général moins rustiques. Les bulbes à fleurs dits « les automnales » seront plantés en fin d’été pour fleurir dès le mois de septembre. Il s’agit des colchiques, des cyclamens, des sternbergias ou encore des crocus safran. Pour finir, on parle de bulbes bi-saison pour ceux qui peuvent être plantés au printemps ou à l’automne, comme les anémones, les renoncules, les lis ou encore les freesias.
Le jardinier a plus d’un intérêt à attirer les abeilles et autres butineurs au jardin. Outre le fait qu’un jardin bourdonnant est la clé de belles récoltes, c’est aussi un geste à portée écologique et environnementale. La gamme des bulbes à fleurs permet de fleurir les jardins du mois de février jusqu’aux premières gelées et représente en cela une ressource importante et continue de nourriture pour les insectes butineurs. Il est ainsi possible de leur offrir une source importante et variée de plantes mellifères en misant sur la diversité des espèces, mais aussi sur l’étalement des floraisons.
Entretien et bonnes pratiques
Pour la plantation en pot, il est impératif que le contenant soit percé de trous de drainage afin d'évacuer l'eau en excès. Utilisez un terreau spécial bulbes ou un mélange de 2/3 de terreau pour géranium allégé de 1/3 de matériaux drainants, comme les billes d'argile. Vous pouvez serrer un peu plus les bulbes qu'en pleine terre (divisez la distance de plantation par deux).
Achetez de préférence vos bulbes en début de saison. Plus ils attendent, que ce soit dans le lieu de vente ou de stockage, plus ils risquent de s’abîmer. Évitez à tout prix les grandes surfaces : éclairage et température élevée font que les bulbes se détériorent très rapidement. Quand vous pouvez contrôler l’aspect des bulbes, choisissez-les bien fermes, de forme régulière, sans blessure, sans trace de pourriture ni tache suspecte. Jamais d’oignons mous, flétris, porteurs de taches plus ou moins brunes, gages de maladies !
Il est important de veiller à laisser jaunir complètement le feuillage avant de le supprimer, une fois la floraison terminée, afin que le bulbe reconstitue ses réserves. Évitez de toucher au feuillage qui permet aux bulbes de reconstituer leurs réserves tandis que les fleurs fanées fécondées par les premiers insectes de l'année vont émettre des graines. Ces graines dispersées alentour participent à la naturalisation des petits bulbes précoces. Les bulbes vont se multiplier sans intervention, les tapis fleuris s'étendre ou coloniser d'autres espaces. Dans une terre particulièrement pauvre, une fertilisation postfloraison pourra les aider à bien refleurir.