Le basilic (Ocimum basilicum) occupe une place de choix parmi les herbes aromatiques les plus appréciées. Star des plats estivaux, sur une salade de tomates, dans un pesto maison ou parsemé sur une pizza, le basilic séduit par le parfum frais et envoûtant de ses belles feuilles vertes. Cette plante annuelle de la famille des lamiacées trouve ses origines en Inde, où elle est considérée comme sacrée. Très présent dans la cuisine asiatique, le basilic se décline sous de nombreuses variétés. Il présente par ailleurs plusieurs vertus pour la santé : antioxydant, tonifiant, antiseptique, il stimule la digestion et l’appétit, et soulage les nausées.

Les fondements physiologiques et exigences de culture
Bien que le basilic soit une plante pérenne en Asie, sous les climats plus frais il est cultivé en annuelle, à la différence du thym ou du romarin, car il nécessite un climat chaud et ensoleillé toute l’année. En-dessous de 12°C, il entre en pause végétative et est très sensible au froid : le basilic ne tolère d’ailleurs aucune température négative. Les plants de basilic peuvent mesurer jusqu’à 60 cm de haut, avec des feuilles ovales et vertes de 3 cm de long pour la plupart des variétés : certaines se distinguent néanmoins du standard avec des feuilles énormes bombées ou bien très petites et très fines. Comme beaucoup de plantes de la famille des Lamiacées, la tige du basilic est à section carrée.
Les sols frais et bien drainés sont à privilégier pour la culture du basilic même si cette espèce peut s’adapter à tout type de sols à partir du moment où il se réchauffe suffisamment vite au printemps. Pour une germination optimale des graines, la température doit idéalement être comprise entre 25 et 28°C. Le basilic apprécie une exposition ensoleillée et abritée, ainsi qu’un sol riche, bien drainé, mais frais. Il nécessite beaucoup de chaleur et de nombreux arrosages pour prospérer.
Stratégies de semis et multiplication
Il est possible de semer en godets dès février, ou en pleine terre à partir d’avril dans les régions plus chaudes. Le semis peut débuter en avril ou en mai pour les productions de plein champ. Pour réussir vos semis de basilic sous abri, commencez par préparer des godets individuels remplis de terreau fin et bien drainant. Semez une à deux graines par godet, recouvrez légèrement de terreau puis arrosez délicatement. Lors du semis, ne pas recouvrir les graines, saupoudrer simplement d’une poignée de terreau. Faire germer dans une pièce lumineuse à 20 degrés, et éclaircir à l’apparition des premières feuilles.
La culture en pot est possible toute l’année sous serre avec une densité d’environ 40 graines par pot (10/12 cm de diamètre). La densité en culture de plein champ est de 100 plants par mètre linéaire, avec un espacement de 20 à 30 cm entre les rangs. Lors de la plantation en pleine terre, paillez généreusement les pieds pour préserver la terre humide et limiter la pousse des adventices. La multiplication par bouturage est également possible : déposer la bouture dans un bocal rempli d’eau et attendre la formation de racines (2 semaines environ).
Entretien et gestion du cycle de vie
Le basilic est une plante annuelle qui complète son cycle de vie en une seule saison. Même bien entretenu, il commence à décliner lorsque les températures baissent ou lorsqu’il entre en floraison. Quand le plant mesure environ 10 cm, pincer la tige principale afin d’encourager la pousse de tiges secondaires. N’ayez pas peur de tailler souvent votre basilic. Plus il sera coupé et plus il se ramifiera et sa floraison sera retardée.

Il est utile de récolter le basilic au fur et à mesure des besoins, car c’est fraîchement cueillies que les feuilles développent tous les arômes. Pour stimuler la pousse, sectionner la tige complète. Le basilic apprécie une lumière abondante sans être exposé directement au soleil brûlant, surtout en milieu de journée. Il est conseillé de planter les pieds de basilic en lignes espacées de 30 à 40 cm, avec un espacement de 20 à 30 cm entre chaque plant.
La gestion phytosanitaire et les défis climatiques
Le mildiou est sans aucun doute la maladie la plus problématique. Cette maladie cryptogamique est causée par le pathogène Peronospora belbahrii. Les premiers symptômes sont des taches ou zones devenant jaunes, visibles sur la face supérieure des feuilles. Au fur et à mesure de l’avancement de la maladie, grâce à des nuits fraîches et des rosées notamment, les taches se diffusent et tournent au brun. Les conditions favorables sont un haut taux d’humidité, durant une longue période de temps, avec des températures comprises entre 12 et 27°C et peu d’ensoleillement.
La fusariose est une autre maladie qui peut affecter les cultures de basilic, causée par un champignon (Fusarium oxysporum ssp. basilici). Sur les jeunes plants, la fusariose se manifeste par de la pourriture brune au bas des tiges et peut entraîner la mort du plant. Par ailleurs, les racines peuvent pourrir dans un sol pas assez drainé. Un noircissement des feuilles, qui précède souvent leur chute et parfois le dépérissement du plant, est signe d’un arrosage trop abondant. L’oïdium ou la pourriture grise peuvent apparaître sur des plants trop serrés. Un purin de prêle ou une décoction d’ail permettront d’en venir à bout.
Optimisation de la récolte et méthodes de conservation
La récolte est presque exclusivement effectuée avant la floraison car ce sont les feuilles qui sont commercialisées. La récolte du basilic peut commencer lorsque les plants commencent à être assez grands pour supporter la taille. Elle s’effectue généralement au fur et à mesure des besoins, tout au long de l’été et jusqu’en automne, de juin à octobre. Réalisez la cueillette de préférence le matin, avant les heures les plus chaudes.
Basilic : 3 conseils pour le faire pousser correctement | Jardins et Loisirs
Pour récolter correctement le basilic : coupez la tige principale, au-dessus d’une paire de feuilles, en veillant à laisser au moins deux tiers de la hauteur de la plante et en prenant soin de laisser les bourgeons à l’aisselle de la paire de feuilles. Une fois cueilli, il se conserve assez mal frais. Il est possible de faire sécher le basilic, tête en bas, dans une pièce sombre et bien ventilée. Les tiges de basilic se conservent 1 à 2 semaines au réfrigérateur, emballées dans un linge humide.
Le mieux reste sans doute d’en faire un pesto qui se garde ou se congèle très bien. Choisissez de beaux bouquets, lavez, essorez soigneusement sans toutefois abîmer les feuilles, passez les au robot en versant de l'huile d'olive et arrêtez lorsque le mélange forme une pâte. Comme le basilic s’accommode surtout avec les légumes d’été, absents en hiver, vous pouvez préparer de la soupe de pistou et la congeler.
Production de semences et biodiversité
Pour obtenir des semences de basilic de qualité, conformes à la description de la variété multipliée, prévoyez un minimum de 10 plants de la même variété et consacrez-les exclusivement à la production de semences et non à la consommation. Cultivez une seule variété de basilic à la fois ou isolez-les les unes des autres - soit en les distançant d’au moins 500 mètres, soit en installant des voiles de protection sur tous les plants d’une même variété - pour conserver la pureté variétale. Retirez, avant la formation des fleurs, toutes les plantes malades, peu vigoureuses, ou non conformes aux caractéristiques variétales.

Toutes les cultures sont soumises aux influences lunaires et planétaires. Le basilic est un bon voisin des tomates dont il favorise la croissance et la saveur. Installé en parallèle, il les protègera des parasites et maladies. Auprès des carottes et des tomates, il fera fuir mouches et pucerons. Cette herbe aromatique se plaît aux côtés de l’origan, la lavande, le thym, le romarin. Le basilic, à l’arôme puissant et caractéristique, s’utilise depuis des milliers d’années en cuisine, en parfumerie, mais également dans les médecines du monde entier.
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