Les tuteurs sont incontournables au potager et plus largement au jardin. Ils soutiennent tour à tour les branches trop frêles d’un fruitier vigoureux ou accompagnent la croissance des plantes potagères (tomates, piments…). Mais les qualités d’un tuteur sont multiples ! Il doit être tout à la fois suffisamment discret pour ne pas attirer le regard et durable pour rendre service au jardinier de saisons en saisons. La tomate est très certainement le légume le plus cultivé. Productifs, variés en dimensions, en goûts et apparence de leurs fruits, faciles à cultiver, les plants de tomates sont néanmoins assez exigeants quant à leurs conditions de culture. Outre leurs besoins élevés en matières organiques et en eau, ils ont besoin d’être tuteurés pour maintenir leurs nombreuses tiges et leurs fruits lourds de jus.

L'importance du choix des matériaux pour le tuteurage
Avant de planter ses plants de tomates, il est indispensable de choisir et d’acheter les tuteurs pour les palisser. Bien choisir le matériau du tuteur pour ses pieds de tomates est important. Non seulement il doit être résistant, mais en plus il doit résister à l’humidité du sol puisqu’il y sera planté durant de longs mois.
Les tuteurs en bois et dérivés naturels
Je n’utilise personnellement que des tuteurs en bois issus d’essences naturellement riches en tanins et donc plus résistantes aux champignons, comme le châtaigner ou l’acacia. Deux espèces que je me procure auprès d’une scierie voisine. Bien que moins résistants, j’apprécie également le noisetier et le bambou pour la linéarité de leurs pousses. En revanche, j’évite autant que je peux les tuteurs en pin, même traités, bien trop fragiles à mon goût !
Le tuteur à tomates en bambou est très résistant, la canne du bambou est en effet imputrescible et très dure. Vous l’utiliserez plutôt pour former des tipis ou des portiques, car le bambou étant très lisse, les liens glissent le long du tuteur et ne retiennent pas grand-chose. Le tuteur en bois est un bon choix, à condition de choisir des bois durs, résistants : le châtaignier et l’acacia sont des bois imputrescibles, le noisetier produit des tiges assez fines mais solides et droites. Ce type de tuteur est par contre plus adapté à des installations de relativement faible hauteur, ou à la construction de tipis ou de portiques, comme le bambou. L’écorce du bois est généralement assez rugueuse pour retenir les liens. Par contre il est nécessaire de les désinfecter avant chaque nouvelle utilisation, car le bois peut abriter des agents pathogènes, notamment des spores de champignons.
Ds notre région on utilise beaucoup la canne de provence. Il y a un cannier sur mon terrain qui me fournit en tuteurs divers. L'usage en tuteur pr tomates est traditionnel. En fait, c'est un essai ; j'ai eu des courges du siam qui avaient colonisé des cannes en bord de rivière ds mon précédent jardin. Elles s'étaient "échappées" de mon terrain et j'avais trouvé plein de courges pendues aux cannes et aucune n'avait cassé. C'est quand même solide. Surtout la première année.

Les tuteurs en acier et métaux
A côté des tuteurs en bois, les jardineries proposent des tuteurs en spirales. Ils sont plus onéreux que les homologues en bois mais sont-ils mieux à l’usage pour autant ? L’acier galvanisé est intéressant à plus d’un titre et notamment parce qu’il ne rouille pas et supporte idéalement le mauvais temps. Ces tuteurs spirales en acier galvanisé de la marque WERKA PRO ont été spécialement étudiés pour la pousse des pieds de tomates. En spirale, la plante suit le tuteur durant sa croissance. Percés sur le haut, ces tuteurs permettent aussi de créer une treille à tomates.
Le tuteur en métal offre une solidité à toute épreuve et il résiste bien à l’humidité. Vous avez le choix entre des piquets en acier, qui est un matériau lourd et qui va rouiller assez rapidement, en aluminium, qui ne rouille pas et est très léger. Les fers à béton sont souvent utilisés par les jardiniers, car ils sont peu coûteux et leur surface striée permet une bonne attache des tiges, mais ils rouillent. J’utilise enfin un dernier type de tuteur, plus artisanal : le fer à béton. D’un diamètre minimum de 8 mm (10, c’est mieux encore !), ils sont très résistants, notamment ceux qui sont torsadés.
Méthodes de mise en place et techniques de palissage
Le ou les tuteurs doivent être mis en place avant de planter les tomates. Le risque serait en effet d'abîmer les racines du pied en étant planté plus tard. Les liens ne doivent pas être trop serrés autour de la tige, afin de ne pas écraser et asphyxier celle-ci.
Le tuteurage simple et les structures assemblées
On distingue plusieurs méthodes de tuteurage des tomates. Les tuteurs droits, le plus souvent en bois ou en métal (fer à béton et autres tiges) sont les plus basiques. Les tiges y sont attachées grâce à des liens. Il est possible de choisir une bonne hauteur de piquet pour pouvoir l’enfoncer profondément dans le sol afin de supporter des tiges lourdes de fruits.
- Le portique simple : Il est constitué de piquets plantés en ligne 50 cm l’un de l’autre, reliés entre eux par 2 barres horizontales. Les tomates y sont attachées par des liens. Il est adapté aux plants de tomates non taillés et aux variétés à gros fruits.
- Le portique en V : Il est constitué de 2 lignes de piquets plantés en biais pour que chaque paire forme un V renversé. À la jonction de ces paires se placent un ou plusieurs piquets horizontaux. Ce type de portique est très résistant au vent.
- Le tipi : Il est constitué de plusieurs (3 ou 4) piquets plantés en biais et formant un rond, assemblés par le haut. Très résistant au vent, il est idéal pour les plants non taillés, volumineux et aux gros fruits.

L'alternative de la ficelle
Faire un tuteur tomate avec une ficelle est une technique de tuteurage discrète et rapide qu’utilisent les maraîchers qui cultivent leurs pieds de tomates sous serre. Ils enroulent leur tige principale autour de la ficelle, elle-même attachée à la structure métallique de la serre. La saison précédente, j’avais pris une ficelle en chanvre naturelle, bon marché. Cette dernière s’est rapidement dégradée avec la pluie et le soleil. J’ai dû les remplacer avec de la ficelle bleue qu’il est facile de récupérer gratuitement en quantité quand on habite à la campagne.
Entretien et pérennité des supports
Quelques astuces d’entretien me permettent aussi de prolonger la durée de vie de ces accessoires. Je biseaute par exemple toujours l’extrémité d’un tuteur pour réduire l’effort à l’enfoncement et je la roussis (sans la brûler !) au chalumeau pour augmenter sa résistance. Ensuite, je l’enfonce plutôt à l’envers dans le sol, c’est-à-dire en sens inverse du sens de croissance naturel du bois. Une astuce simple qui limite les remontées d’eau et la prolifération de champignons dans les vaisseaux ligneux.
🌿 Comment entretenir et tailler les tomates ? 🍅
En fin de saison, leur entretien est des plus simples. Je retire juste la terre collée à l’aide d’une brosse métallique et je les range dans un coin de mon abri de jardin. Rassemblés en botte, ils ne prennent vraiment pas de place ! Sous serre, de façon générale, les plants sont taillés sur une ou deux tiges afin de pouvoir continuer à passer dans les allées et faire les récoltes. Pour le tuteurage sous serre, vous pouvez vous équiper d’enrouleurs. Il s’agit d’une bobine de fil réutilisable pour tuteurer les tomates. Il suffit de dérouler la bobine une fois que le plant atteint le plafond afin de continuer à les faire grandir.
Adaptabilité selon les variétés
Toutes les tomates n’ont pas besoin de la même hauteur de tuteur. Les variétés indéterminées bénéficieront de tuteurs à tomates de 1m80, voire 2 m. Un tuteur pour tomates cerises et autres variétés déterminées n’a pas besoin d’être aussi haut, 1m50 est normalement suffisant.
La plupart des tomates ont besoin d’être attachées au fur et à mesure de leur croissance, faute de quoi elles vont s'étaler au sol. Elles prennent alors beaucoup plus de place, les fruits sont difficiles à repérer et à ramasser, les fruits et les feuilles sont plus en contact avec l’humidité du sol, ce qui va favoriser le développement de maladies. Cependant, toutes les variétés de tomates n’ont pas forcément besoin d’être ainsi soutenues. Vous trouverez dans le commerce des variétés à port déterminé et des variétés à port indéterminé. Les premières, à port déterminé, ont une forme légèrement buissonnante, assez compacte. Le tuteur ne leur est pas indispensable, une cage à tomates est plus adaptée, car la croissance de leur tige est limitée. Les tomates cerises, entre autres, ont cette forme buissonnante.

Le palissage demande un peu plus de temps et d’attention mais il permet de nettement gagner de la place au potager. Ainsi, votre plant de tomates prendra de la place en deux dimensions mais restera peu volumineux par rapport à d’autres types de tuteurages. Le principe est simple : on installe des cages en grillages ou fer à béton par-dessus nos pieds de tomates. Cette installation permet de conduire la culture sans taille, ce qui est souvent plus compliqué avec les autres méthodes de tuteurage. Le pendant de cette non-taille est que les plants sont plus denses. Ils sont aussi moins aérés et donc potentiellement plus sujets aux maladies cryptogamiques comme le mildiou. Cette technique fonctionne donc très bien en Italie et dans le sud de la France. Elle sera en revanche moins propice dans la moitié nord du pays.