
Le bouturage est une technique fascinante et gratifiante qui permet de multiplier vos plantes préférées, en créant de nouvelles pousses fidèles à la plante mère. Parmi les différentes méthodes de multiplication végétative, le bouturage dans l'eau se distingue par sa simplicité, son côté ludique et son efficacité, en faisant une option idéale pour les jardiniers de tous niveaux, des novices aux plus expérimentés. Certaines plantes n'ont pas besoin de terre pour faire des racines, et cette approche est particulièrement adaptée pour elles. De plus, elle offre l'avantage d'être peu salissante et très économique.
Les principes fondamentaux du bouturage
Bouturer consiste simplement à multiplier une plante mère en une ou plusieurs nouvelles plantes, les fameuses boutures, avec les mêmes caractéristiques que le plant de départ. Contrairement au semis, qui est une multiplication sexuée et peut produire des plantes légèrement différentes de l'original, la multiplication végétative, dont fait partie le bouturage, reproduit fidèlement les plantes appelées alors "plantes-mères". C'est une méthode très souvent pratiquée, et très souvent avec succès, sous différentes formes. Pour réussir une bouture, il convient de déterminer la bonne période pour prélever les rameaux et de prendre conscience de la disposition des tissus capables de générer des racines. C'est juste au-dessous de la couche superficielle de la tige que se situe la plupart du temps cette zone génératrice de racines. Ainsi, plus vous aurez de surface génératrice en contact avec le milieu de culture, plus vous augmenterez la production de racines.
Astuces pour optimiser l'enracinement
Pour favoriser l'enracinement, deux astuces simples peuvent être mises en œuvre. Premièrement, taillez la base de la bouture en biais ou bien effectuez une entaille verticale. De même, à l'emplacement d'un nœud, les assises génératrices sont plus importantes et les tissus plus denses, donc moins sensibles à la pourriture. En principe, on retaille donc les rameaux juste quelques millimètres en dessous d'un tel renflement.
Concernant les hormones de croissance, souvent conseillées, il est préférable d'employer les produits proposés en poudre. Il suffit d'enfoncer la base des boutures dans la poudre avant de les disposer en terre. Les hormones liquides, vu leur concentration, s'avèrent difficiles à doser et sont réservées à un usage professionnel. Un bon enracinement dépend également des conditions de culture. L'idéal est de disposer d'une mini-serre permettant de dispenser un peu de chaleur de fond grâce à une simple résistance électrique. Disposer un contenant à bonne distance d'un radiateur peut palier à cette exigence. Nettoyez toujours consciencieusement et systématiquement vos contenants avec une solution d'eau de Javel avant utilisation afin d'éviter la propagation de champignons pathogènes. Le milieu de culture idéal est composé de tourbe blonde sans engrais mélangée à du sable de rivière, éventuellement de la vermiculite. Une fois installées, les boutures apprécient une atmosphère confinée, à l'étouffée, pour limiter l'évapotranspiration et donc la déshydratation des tissus, ceci jusqu'à leur rempotage. Pensez également à limiter la surface foliaire de vos boutures pour éviter les risques de dessèchement. Supprimez toujours les feuilles sur la portion enterrée et amputez de moitié les autres feuilles.
Le bouturage dans l'eau : une méthode simple et efficace
Le bouturage dans l'eau est la méthode la plus simple, efficace, économique, ludique et particulièrement adaptée pour les jardiniers en herbe, avec une simple extrémité de tige placée dans de l'eau pour déclencher l'apparition de racines. Il est généralement pratiqué pour les lauriers-roses mais aussi certains bégonias et autres plantes d'appartement.
Période idéale pour le bouturage dans l'eau
Le bouturage dans l'eau s'effectue en général entre avril et septembre. Cette période peut varier selon l'espèce concernée, mais pour un certain nombre de plantes d'intérieur, il peut être tenté à un autre moment de l'année. Il est préférable de privilégier la période d’avril à septembre pour réaliser vos boutures en eau.
Matériel nécessaire
Pour bouturer dans l'eau, le matériel est minimaliste : de l'eau (de préférence de l'eau de pluie ou une eau le moins calcaire possible), une plante mère saine, un sécateur désinfecté et un pot transparent. Le récipient transparent, de préférence en verre, et parfaitement propre, est essentiel pour suivre l'évolution des racines et la qualité de l'eau.

Les étapes clés du bouturage dans l'eau
La méthode pour faire des racines à partir d’une branche est très simple et se déroule en plusieurs étapes distinctes.
Étape 1 : Prélever la bouture
Commencez par prélever une tige saine d’une dizaine de centimètres sur votre pied mère. Il faut choisir une tige non ligneuse, qui n’a pas encore fleuri. Dans l'idéal, il faut 3 niveaux de feuilles. À l’aide du sécateur, coupez votre tige en biseau, juste en dessous d’un nœud. Éliminez les feuilles pour ne garder que les feuilles du haut. Si les feuilles sont grandes, coupez-les en deux pour limiter l’évaporation de l’eau et concentrer l’énergie de la tige à la fabrication de racines pour devenir une nouvelle plante parfaitement autonome. Sur la plante mère, choisissez une tige en bonne santé, saine et sans défauts.
COMMENT BOUTURER UN YUCCA ?
Étape 2 : Placer la bouture dans l'eau et ajouter du charbon de bois
Placez votre bouture dans son pot transparent et remplissez-le d’eau jusqu’à ce que plusieurs nœuds soient immergés. C'est justement aux points d'insertion des feuilles que les racines ont naturellement tendance à se former. Un conseil crucial pour le bouturage dans l'eau est d'ajouter un morceau de charbon de bois au fond du récipient. Ce petit ajout est très efficace pour éviter le pourrissement de la tige et maintenir la qualité de l'eau. Il purifie l'eau et permet à la bouture de se développer sans que l'eau ne doive être changée fréquemment. Si vous n’avez pas de charbon de bois, il faudra changer l'eau régulièrement (tous les dix jours par exemple) pour qu'elle reste propre et claire. Certains jardiniers enveloppent le contenant d'une feuille d'aluminium pour maintenir les racines à l'obscurité, ce qui peut également aider.
Étape 3 : Surveiller l'apparition des racines
Mettez votre bouture dans un endroit chaud (environ 19 °C, idéalement entre 18 et 20 °C) et lumineux, mais à mi-ombre si le récipient est enveloppé d'aluminium. Une fois la tige dans l’eau, il ne vous reste qu’à faire preuve de patience. Au bout de quelques temps (ce qui varie d'une plante à l'autre), doivent apparaître sur la tige de petits points blancs, puis nettement des racines. Il faut parfois être patient. Si la tige noircit et que ses feuilles tombent, cela signifie que le bouturage n’a pas réussi. Il faut jeter, tout nettoyer et recommencer.
Étape 4 : Rempoter la bouture
Dès que les racines commencent à sortir, il est crucial de ne pas attendre trop longtemps avant de repiquer votre bouture en terre. Beaucoup de gens attendent que les racines fassent au moins 3 cm avant de les mettre en terre, mais c'est une erreur. Si vous voulez réussir votre bouturage dans l’eau, transplantez votre bouture dès l’apparition des racines, ou quand les racines atteignent quelques centimètres, pour lui permettre de se familiariser avec un espace plus « naturel », à savoir la terre, et de se renforcer.
Pour repiquer votre bouture en terre, procédez comme pour une opération de rempotage de plante. On utilise un contenant de taille moyenne et du terreau de semis. Faites un trou préalable pour ne pas endommager les racines au moment de la plantation, recouvrez de terreau, tassez légèrement et gardez humide jusqu'à voir des signes de reprise. Veillez à ce que le terreau reste humide en permanence, surtout les premières semaines. Espacez les arrosages progressivement, une fois que la plante a bien repris.
Plantes adaptées au bouturage dans l'eau
Toutes les plantes ne se prêtent pas au bouturage dans l’eau. Cependant, de nombreuses plantes d’intérieur se bouturent sans problème dans l’eau. Le bouturage à l’eau peut également servir à multiplier certaines plantes d’extérieur, fleurs ou arbustes.

Quelques exemples de plantes qui réussissent bien en bouturage dans l'eau incluent :
- Lauriers-roses
- Bégonias
- Fuchsias
- Daturas
- Géraniums
- Impatiens
- Hortensias
- Lilas (coupez une branche assez solide, pas une branche verte, et plantez-la directement en terre, ça marche à 99%)
- Lierre
- Menthe
- Sauge
- Aucuba
- Œillets (ne jetez pas les rejets sur la tige ! Coupez-les délicatement et mettez-les dans l'eau pour 3 ou 4 jours. Ensuite, plantez-les en pots ou jardinière, de préférence le long du bord. Réussite à 80%. Ça marche aussi avec les géraniums.)
- Clématites (contrairement aux autres plantes, ces grimpantes forment des racines sur les entre-nœuds des tiges. Pensez auparavant à gratter superficiellement les portions tiges avec une épingle pour initier l'apparition des radicelles.)
Le charbon de bois au jardin : bien plus qu'un simple combustible
Le charbon de bois, évoquant la convivialité des barbecues estivaux, est rarement perçu comme une substance qui pourrait avoir d'autres propriétés que celle de maintenir la braise, et pourtant ! Au jardin, il peut être utilisé de multiples manières. L'utilisation de charbon de bois pour les boutures est un "truc" bien connu des jardiniers. Les restes d'un feu de barbecue suffiront largement, il n'est pas nécessaire d'en acheter. Le charbon de bois est chauffé (et pas réellement brûlé) sans oxygène, ce qui enlève tout ce qui n'est pas minéral.
Usages du charbon de bois au jardin
Outre son rôle dans le bouturage en eau pour prévenir la pourriture et maintenir la clarté de l'eau, le charbon de bois offre d'autres usages surprenants au jardin :
- Purification de l'eau : Comme mentionné, il maintient la qualité de l'eau dans les boutures. L'opacité du récipient prive de lumière les organismes présents dans l'eau et sur la bouture, cela empêche leurs proliférations. Cela dit, le charbon de bois fonctionne suffisamment pour pouvoir s'en passer. Il faut seulement changer le morceau si le temps de bouturage est long.
- Protection des oignons contre les mouches : Pour protéger les oignons des mouches qui pourraient venir les survoler, il faut saupoudrer les plants en juin et en juillet avec du charbon de bois en poudre. Dès que les premiers signes de destruction apparaissent (apparence jaunâtre et maladive), il faut retirer les plants d'oignons sacrifiés et les mettre sur le tas de compost.
- Amélioration du sol : On pourrait penser que vider les restes de charbon de barbecue au potager est une bonne idée pour enrichir la terre. Pourtant, cette habitude part d'une bonne intention mais se révèle souvent désastreuse pour la vie microbienne de votre sol. Le charbon de bois de barbecue, souvent traité avec des produits chimiques, peut nuire à l'équilibre du sol. Préférez du charbon de bois "naturel", provenant de la forêt, sans additifs.
Autres techniques de bouturage
Le bouturage est une technique polyvalente qui se décline sous différentes formes, chacune adaptée à des types de plantes spécifiques et à des périodes de l'année.
Bouturage de rameaux "aoûtés"
On entend par là des tiges qui commencent à se lignifier (à durcir) à leur base, ce qui se produit pour la plupart des plantes herbacées à partir du milieu de l'été. Multipliez ainsi les pélargoniums, les fuchsias et en général de nombreuses plantes semi-rustiques, en août-septembre. Elles seront racinées et rempotées avant l'hiver et se conserveront ainsi hors-gel sans prendre trop de place.
Bouturage en vert
Un peu plus délicat, il se pratique avec des jeunes tiges, en pleine croissance et après le démarrage de la végétation, c'est-à-dire au printemps et début d'été. L'enracinement doit être rapide, en atmosphère chaude et humide. Il est pratiqué pour de nombreuses plantes vivaces et des semi-rustiques (penstémons, fuchsias, verveines-fleurs…). Il a été observé que des boutures disposées près des bords de pots en terre cuite s'enracinent mieux que si elles sont fichées en plein milieu.
Bouturage de racines
Il s'effectue en hiver ou au printemps sur des plantes vivaces à racines charnues et pourvues de nombreux bourgeons : pavots d'Orient, Phlox, Romneya par exemple. Tronçonnez les racines en petits morceaux (pourvus de 2 ou 3 bourgeons visibles) et faites-les raciner dans du sable frais sans forcément de chaleur de fond. Rempotez dans le courant de l'été puis installez en pleine terre en automne.
Bouturage à bois sec
Il est très facile et s'applique à de nombreuses plantes ligneuses, des arbustes, petits fruits ou plantes grimpantes principalement, en fin de végétation. Attendez donc que les feuilles soient tombées naturellement et prélevez des bouts ou sections de tiges (ne pas les positionner à l'envers et, pour ce faire, tailler un des bouts systématiquement en biseau). Bottelez les rameaux puis placez-les dans une jauge de sable frais, au pied d'un mur orienté au nord. Les racines se forment durant l'hiver. Rempotez au printemps puis placez définitivement à l'automne.
Bouturage de feuilles
Employé principalement pour certaines plantes d'appartement telles que bégonias à feuillage, streptocarpus, saintpaulia, sansévière… il consiste à bouturer dans l'eau ou la terre les feuilles de saintpaulia pourvues de leur pétiole ou des tronçons de feuilles de sansévières. Pour les bégonias et streptocarpus, découpez les feuilles en morceaux que vous plaquerez sur un substrat (avec un cavalier ou un petit cailloux) restant bien frais. Placer à l'étouffée.
Bouturage aérien
Vous le pratiquerez sur les philodendrons et ficus d'appartement, en incisant la tige au canif avant de la badigeonner de poudre d'hormones et de l'envelopper dans une gangue de tourbe retenue par un film plastique et des élastiques. L'enracinement est long mais facile.
Le coup de l'ananas
Lorsque vous mangez un ananas, pensez à conserver sa rosette de feuille et une partie de sa base. Enterrez à peine cette dernière dans un pot rempli de terreau mélangé à de la tourbe et du sable. Encapuchonnez le tout avec une poche plastique maintenue par un élastique pour maintenir l'humidité. L'enracinement prend plusieurs mois.
Bouturage de cactées et plantes grasses
Il suffit de laisser sécher les tiges ou feuilles plusieurs jours après le prélèvement, avant de les disposer dans ou sur un mélange très sableux, à peine humide. La réussite est facile.
Autres astuces de jardinage

Le jardinage regorge de petites astuces et de "trucs" transmis de génération en génération, facilitant l'entretien des plantes et la lutte contre les nuisibles de manière écologique.
Protéger les oignons
Pour avoir de gros oignons, pliez sans les casser les tiges des oignons quand elles ont atteint une bonne hauteur. Toute l'énergie se dirigera alors sur le bulbe de l'oignon et non sur les tiges. Également, retirez un peu de terre autour du bulbe pour lui permettre de prendre plus d'expansion. Pour planter des oignons ou des échalotes, la méthode du "bol" est efficace : comme un château de sable, vos oignons et vos échalotes profiteront bien du soleil et il ne faut pas s'inquiéter si la motte où se trouve le plant durcit, elle se brisera en grossissant.
Contre les pucerons
Pour rapidement éliminer les pucerons sans produit chimique, pulvérisez de l'eau à laquelle vous aurez ajouté quelques gouttes de produit vaisselle. C'est très efficace et économique ! Contre les pucerons lanigères (mousse blanche sur les pommiers), prenez de l'alcool à brûler avec un pinceau et badigeonnez les taches de mousse blanches. C'est bon marché mais très efficace. Tous les jardiniers s'accordent pour dire qu'il faut protéger les perce-oreilles (forficule) qui sont un auxiliaire au jardin et au verger car gros mangeur de pucerons. On peut pour cela leur offrir des protections pour leur sauvegarde et ne pas les éliminer. Il joue le même rôle que les coccinelles mais semble souffrir de son aspect et de son nom. Celui-ci viendrait soit de la forme de pince de ses cerques en forme de pince, soit de sa présence au cœur de certains fruits à oreillons (pêche ou abricot).
Améliorer la rétention d'eau
Lors du rempotage, mettez au-dessus du terreau une bonne couche de billes d'argile qui garderont la fraîcheur au pied de la plante. Ces billes peuvent être mélangées au terreau et retiennent l'eau à l'intérieur du pot, ce qui n'empêche pas les arrosages bien sûr ! En cas de panne de billes d'argile, utilisez les noyaux de prunes, mirabelles, cerises, abricots avec lesquels vous avez faits vos confitures (après les avoir rincés et passés en machine à laver dans un filet ou une poche à fermeture éclair bien sûr).
Protéger les jeunes plants
Un truc de grand-père pour protéger les plants de salades nouvellement repiqués des oiseaux est de tendre une ficelle blanche au-dessus de la ligne. C'est plus vite mis en place qu'un filet et tout aussi efficace. Pour planter les élodées et autres plantes immergées, prenez des briques trouées (en général 3 trous) et passez des bouquets de plantes dans ces trous en prenant soin de laisser passer quelques centimètres du côté qui reposera contre le fond de l'étang. Les plantes ne bougeront plus et seront bien présentées. Pour éviter que les oiseaux ne dévorent vos fruits, mettez de l'huile de cade sur un chiffon que vous pourrez accrocher dans vos arbres. L'huile de cade se trouve en pharmacie et les oiseaux n'aiment pas cette odeur.
Accélérer le compostage
Passez la tondeuse sur les feuilles tombées des arbres pour les réduire avant de les mettre dans le compost afin d'accélérer leur décomposition.
Contrôle des nuisibles dans la citerne d'eau
Dans votre citerne d'eau, utilisez de la bouillie bordelaise + un peu de soufre dans un pulvérisateur, vaporisez sur la surface de l'eau, ne pas brasser, vaporisez aussi les parois proches de la surface et renouvelez en fonction de l'infestation pour contrôler les larves de moustiques.
Culture sur grillage
La culture sur grillage est une technique qui apporte un énorme gain de place et fournit des fruits magnifiques pour des plantes comme les melons, potirons, etc. Avant de repiquer les plants semés en godets, enfouissez une ou deux pelles de compost qui nourrira avantageusement la plante. La fameuse bouteille plastique renversée est très efficace, elle protège les feuilles de l'arrosage. Quand un fruit devient trop lourd pour le grillage (potiron), enveloppez-le d'un filet à pomme de terre que vous accrochez à un piquet. Cela évite au fruit de casser la tige sur laquelle il pousse.